Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"


lundi 4 juillet 2016

La Grande Bretagne doit enclencher rapidement sa sortie de l'UE !

"L’Assemblée nationale a débattu cette après-midi des suites du référendum Britannique et la préparation du Conseil européen. Si Manuel Valls s’est surtout livré à une condamnation facile et attendue des « populismes », sa déclaration est rassurante sur un point: il a indiqué clairement que la France n’était pas sur la ligne punitive de nombreux responsables européens. Le Premier ministre s’est tenu loin des déclarations délirantes qui occupent le débat depuis quelques jours. Croire que plus douloureuse sera la sortie de la Grande Bretagne de l'Union Européenne, plus dissuasif sera l’exemple pour les autres peuples européens est un réflexe primaire. 

Les citoyens britanniques ont fait leur choix, ils ne doivent pas être traités comme des enfants. Ce choix doit être doublement respecté. D’abord par les institutions européennes. Il ne serait pas étonnant que les discours d’apparence martiale se transforment en une politique de déni. Ensuite par les conservateurs britanniques, dans leurs différentes factions, qui ont choisi une attitude inquiétante depuis l’annonce du résultat. La tentation de faire trainer les négociations voire de revenir d’une manière ou d’une autre sur le vote de dimanche dernier existe. Elle doit être combattue pour une question de principe. Par ailleurs, une Europe déjà malade de l’austérité, des politiques disciplinaires, de l’effondrement de Schengen et du fédéralisme rampant peut-elle se permettre une telle période de flottement ? La France doit appeler la Grande-Bretagne à une activation rapide de la procédure de sortie prévue à l’article 50 du Traité de Lisbonne. 

Le vote britannique implique toutes les démocraties européennes. Ce vote historique doit être suivi d’effets sauf à remettre en cause gravement le pacte démocratique. Enfin, ce vote doit être suivi des bonnes questions pour nous autres, pays membres de l’UE : la crise est profonde et l’Europe telle que nous la connaissions n’a plus d’avenir car elle ne rencontre plus l’adhésion populaire. Pour en sortir, la France doit proposer une Europe de la coopération qui laisse respirer la démocratie et les Etats-nations, plutôt que rêver à « un saut fédéral » dont les conséquences seraient catastrophiques."   

(Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, mardi 28 juin 2016)

samedi 6 juin 2015

"le PS ne peut plus se dire socialiste"

Nice-matin : Quel regard portez-vous sur la gauche française aujourd'hui ? 
Jean-Pierre Chevènement : Elle est aujourd'hui clairement en fin de cycle. Depuis le référendum de 1992 sur le traité de Maastricht et en fait depuis 1983, le Parti socialiste refondé à Epinay en 1971 ne peut plus se dire socialiste, ce que Manuel Valls a d'ailleurs entériné quand il a proposé que le Parti socialiste change de nom. Le PS bénéficie d'une rente de situation institutionnelle : il revient aux affaires quand le rejet de la droite est trop fort, en 2012 par exemple. A défaut de projet social, il propose des réformes sociétales. Depuis 1984, le Front National file sa pelote. Jean-Luc Mélenchon, malgré ses qualités de tribun, a échoué à faire surgir un « Syriza » à la française. Nous allons donc entrer dans une zone de tempêtes politiques. Le monde a profondément changé. Et la gauche française n’a pas su renouveler son offre. 

Pensez-vous que les Frondeurs puissent faire imploser le PS ? 
Les Frondeurs n’ont pas su élaborer un logiciel qui les distingue vraiment de la majorité du PS, notamment sur l'Europe. 

Globalement, comment jugez-vous les trois premières années du quinquennat de François Hollande ? 
François Hollande a hérité d'un pays à la compétitivité très dégradée. Avec le rapport Gallois fin 2013, il a su formuler le bon diagnostic. Mais les mesures prises pour la reconquête de la compétitivité de l'économie française sont insuffisamment ciblées sur l'industrie. De bonnes mesures sont intervenues récemment, comme l'amortissement dégressif des investissements qui peuvent aider nos entreprises à se moderniser. En matière de technologies numériques, nos entreprises sont très en retard sur leurs concurrentes allemandes et italiennes. Emmanuel Macron a formulé un plan intéressant concernant « l'usine du futur ». Mais notre solde commercial manufacturier, la vraie mesure de la compétitivité française, s'est encore dégradé en 2014. L'appareil productif français s'est élimé. Depuis 2009, 1200 usines ont été fermées, 600 à peine ouvertes. La petite reprise actuelle se traduit par un gonflement des importations et une nouvelle dégradation du solde commercial. Il faut des mesures plus énergiques : par exemple exiger de Bruxelles que le « Crédit d'impôt compétitivité emploi » (40 milliards d’euros) soit réservé aux entreprises industrielles et ne bénéficie pas aux banques et aux grandes surfaces qui n'exportent pas. Les exportations, ce sont des biens industriels exclusivement. Par mollesse et par idéologie, nous acceptons la voie sans issue de la « dévaluation interne ».


Comment espérer vraiment sortir de la spirale du chômage ? 
En réindustrialisant le pays à partir de technologies d'avenir et en favorisant réellement les PMI. Ma conviction est qu'on devra procéder à un réaménagement d'ensemble du système monétaire européen. L'hétérogénéité de la zone euro condamne à terme la monnaie unique. Il faut lui substituer une monnaie commune et redonner de la flexibilité à ce système si on ne veut pas enfermer l'Europe dans une stagnation de longue durée. 
Encore faudrait-il qu'il en ait la volonté. 

Il faut, avez-vous écrit, repenser l’Europe vers plus de démocratie. De quelle manière ? 
Oui, il est temps de redresser l'Europe en s’appuyant sur la démocratie. Celle-ci vit dans les nations, là où on s'entend ! Il faut donc trouver un compromis entre le legs communautaire (le marché unique) et la méthode confédérale chère au général de Gaulle. Il faut construire une « Europe européenne » qui puisse se faire entendre entre les USA et la Chine. Une Europe centrée sur l’essentiel (l'économie, l'emploi, la politique extérieure) et bien sûr à géométrie variable, avec les nations volontaires. 

Face à la menace terroriste, quelles sont les mesures que le ministre de l’Intérieur que vous avez été aurait prises ? 
Le ministre de l'Intérieur actuel a fait ce qu’il fallait dans son domaine. Mais il faut mettre de la cohérence dans toute notre politique : aimer et faire aimer la France si on veut que les jeunes issus de l’immigration aient vraiment envie de s'y intégrer. Faire respecter par tous la loi républicaine et son esprit. Mettre fin aux incohérences de notre politique étrangère : on ne peut pas prétendre combattre à la fois Daesch et Bachar el Assad en Syrie : entre deux maux, il faut choisir le moindre. En Irak, on a abattu Saddam Hussein : c'était un dictateur certes, mais laïc et moderniste. L'Irak actuel est dominé par les Chiites qui n'ont pas su faire leur place aux Sunnites, ainsi jetés dans les bras de Daesch. Il faut un Irak fédéral si on veut couper Daesch des populations de l'Ouest irakien. Il n'était pas intelligent de plonger la Libye dans le chaos, pour récolter le terrorisme djihadiste au Mali et dans le Sahel et il est paradoxal de le combattre tout en faisant « ami-ami » avec ceux qui le financent. Là encore, il faut mettre de la clarté. Il faut rompre avec ce qu’Hubert Védrine a appelé l'Irreal-politik. Comme disait Jaurès : « Si on veut aller à l'idéal, il faut commencer par comprendre le réel ». 

Le modèle d'intégration à la française est-il en panne ? 
J’ai déjà largement répondu. Ni discrimination ni passe-droit : la loi républicaine pour tous, dans sa lettre et son esprit. L’intégration, ce n’est pas la négation des différences, c'est leur acceptation mais sous le toit des valeurs républicaines communes : la République laïque valorise ce que nous avons de commun (la raison, l'amour de la République et de la France) mais pas ce qui nous différencie (la religion par exemple, du ressort de choix privés). Pour ma part, ayant confiance dans l'avenir de la France, je crois en sa capacité d'intégration. Il faut surmonter la rancœur des uns et le rejet des autres. Il n'y a que la République, la vraie, avec son bonnet phrygien, symbole d'affranchissement, qui puisse le faire. 

Si c'était à refaire, vous seriez encore candidat à la présidentielle de 2002 (5,33 % des voix) ? 
Bien entendu. J'ai ouvert un chemin : celui d'un pôle républicain de salut public. Les propositions que j’ai faites gardent toutes leur pertinence. Plutôt que de s'interroger sur sa ligne politique et sur les erreurs de sa campagne, le Parti Socialiste a voulu faire de Jean- Pierre Chevènement le bouc émissaire de sa défaite. Il va retrouver le même problème en 2017, aggravé par sa cécité : Le Pen était à 17 % en 2002, sa fille est aujourd'hui à 25 %. Il serait temps de s’interroger sur la politique qui a mis le FN à cet étiage !



Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à Nice-matin, vendredi 5 juin 2015

mardi 19 mai 2015

Chevènement : "Hollande méconnaît la spécificité de l'école"

Le Figaro : Vous êtes opposé à la réforme du collège. Pour quelles raisons ? 
Jean-Pierre Chevènement : L’école souffre depuis longtemps d’une incessante « réformite ». Pourtant, l’école a besoin de stabilité. Et les élèves issus de milieux modestes ont avant tout besoin d’une école structurée. Sa mission fondamentale est la transmission des savoirs et des valeurs républicaines. Cela ne va pas sans effort. Or, la « réforme » va toujours dans le même sens : le laxisme, au prétexte de l’ouverture et du « suivi personnalisé ». Cette réforme du collège diminue les horaires des disciplines pour promouvoir des enseignements pratiques interdisciplinaires. Or, il n’y a de véritable interdisciplinarité que sur la base de savoirs disciplinaires maîtrisés. 

Selon François Hollande, « il n’y a pas de raison qu’il y ait du statu quo à l’école, alors qu’il n’y a pas de statu quo dans les entreprises ». Que pensez-vous de cet argument ? 
François Hollande méconnaît la spécificité de l’école : c’est, en France, une institution de la République et non la juxtaposition d’établissements qui définissent eux-mêmes leur projet. Cette thèse, c’était celle de Luc Chatel. Le philosophe Alain voulait faire de l’école républicaine « un sanctuaire ». Nous en sommes loin !

Cette réforme est défendue comme le remède contre les inégalités et la reproduction sociale. N’est-ce pas utopique ? 
L’égalitarisme niveleur est l’ennemi de la démocratie véritable. Revenons à la République des Lumières ! L’« élitisme républicain »consiste à donner à chacun la possibilité d’aller au bout de ses possibilités. 

Najat Vallaud-Belkacem défend-elle bien sa réforme ? 
La ministre donne l’image d’une jeune femme qui a réussi. Je souhaite qu’elle mette son caractère au service d’une conception républicaine de l’école. Je souhaite également qu’elle écoute les conseils donnés de bonne foi et ne se mette pas dans la main de la superstructure du ministère de l’Éducation nationale… 

Parallèlement, les programmes scolaires sont revus. La proposition sur les programmes d’histoire déchaîne les passions. Quelle est votre position ? 
Il n’y a pas de démocratie qui tienne sans un puissant sentiment d’appartenance partagée. Il peut et il doit y avoir un récit national objectif qui rende compte de l’Histoire de notre peuple et lui donne envie de la continuer, en préservant dans les nouvelles générations une raisonnable estime de soi. Comment voudrait-on donner aux jeunes issus de l’immigration l’envie de s’intégrer à un pays qui ne cesserait de se débiner ? 

Dans une récente interview au Monde, Michel Lussault, le président du Conseil des programmes, estime que « l’idée de vouloir faire de l’histoire un roman national est dérangeante ». Qu’en pensez-vous ? 
Michel Lussault semble avoir oublié cette phrase de Michelet : « La France est une personne… » Ni Jaurès, ni De Gaulle, ni Mendès-France n’auraient renié cette pensée. Il confond volontairement « roman national » et « récit national ». Le roman, c’est de la fiction. On ne peut qu’être contre. Mais le récit national, lui, peut être objectif. C’est pourquoi le gouvernement qui, en République, est responsable des programmes, peut demander que le « récit national » ne valorise pas systématiquement des ombres de notre Histoire, mais nous parle de ses lumières et nous rappelle que la Révolution française a fait des juifs des citoyens français comme les autres, et qu’elle a aboli une première fois l’esclavage en 1794. Dans « récit national », ce qui semble gêner Michel Lussault, c’est l’adjectif « national ».  

On sait que le collège va mal. Quelle est l’urgence ? 
Il faut porter les efforts sur l’amont, les apprentissages fondamentaux. Bref, faire ce que François Hollande avait dit qu’il ferait pendant sa campagne.

Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé au quotidien Le Figaro, mardi 19 mai 2015

jeudi 7 mai 2015

Action en justice du MRC contre "les Républicains"

Le Mouvement républicain et citoyen (MRC) a annoncé jeudi s'associer à la démarche "Nous sommes les Républicains", initiée par un groupe d'avocats qui veut saisir la justice contre le choix de l'UMP de changer son nom en "Les Républicains". "En faisant adopter par le Bureau politique de l'UMP le nouveau nom Les Républicains, Nicolas Sarkozy a prouvé que l'idée même de ce qu'est la République lui échappait. Comment ce qui constitue notre bien commun pourrait faire l'objet d'une appropriation par un parti politique ?", dénonce dans un communiqué le MRC de Jean-Pierre Chevènement. "Il existe une différence majeure entre l'attachement et la préemption, entre l'adhésion et la privatisation. Si nous sommes tous attachés à la République, aucun d'entre nous n'en est propriétaire", ajoute-t-il. 

Le MRC estime que "par cette entreprise grossière de marketing politique, reléguant les principes et valeurs au rang de marques, Nicolas Sarkozy affaiblit ce que la communauté des citoyens a de plus précieux et ce qui fait l'identité de la France contemporaine". "A l'irresponsabilité, il ajoute le ridicule par un mimétisme de la vie politique américaine, cadre de référence de celui qui, en tant que président, a brillé par son atlantisme", souligne-t-il. Le MRC "s'oppose fermement à cette démarche dangereuse" et a décidé de "s'associer à l'action en justice du collectif Nous sommes les Républicains pour obtenir la nullité de la marque Les Républicains". 

Un groupe d'avocats a appelé le gouvernement à "agir contre l'accaparement" du terme Les Républicains par l'UMP, dont le bureau politique a adopté mardi ce nouveau nom, indiquant prévoir sinon des actions en justice. Si le gouvernement n'entreprend aucune mesure d'ici "une quinzaine de jours", Me Christophe Léguevaques et trois confrères, Mathieu Boissavy, Joseph Breham et Vincent Fillola, ont indiqué prévoir d'"introduire un certain nombre d'actions juridiques" contre le dépôt de la marque Les Républicains à l'institut national de la propriété industrielle en novembre dernier. Une pétition a été lancée sur le site http://noussommeslesrepublicains.org qui indiquait jeudi avoir recueilli 9.496 signatures.

(dépêche AFP, 07 mai 2015)

mercredi 6 mai 2015

La loi renseignement : un outil, non une panacée !

Avec la loi renseignement, votée ce jour en première lecture, la France se dote d’un outil utile. Celui-ci a le mérite de rechercher l’efficacité en comblant les « trous de la raquette » : possibilité d’écoutes mieux ciblées et plus performantes, meilleure définition de l’intervention des services, renforcement de la surveillance des sites internet grâce à un algorithme, légitimation de techniques nouvelles ou jusqu’ici sans existence légale (Imsi Catcher). En même temps c’est bien d’un outil dont il s’agit et non d’un régime juridique d’exception de type Patriot Act. 

Ce n’est pas là une nuance, c’est une différence considérable. La création d’une commission indépendante chargée d’autoriser et de contrôler les écoutes est une garantie essentielle pour les droits et libertés, renforcée par les larges possibilités de saisine du Conseil d’Etat. On ne le dira jamais assez : ce qui distingue le droit français est un contrôle en amont des actes de police, parmi lesquels figurent les écoutes administratives et l’action des services de renseignement, par un juge spécifique qui est le juge administratif. Ceux qui critiquent ce système au motif que seul le juge judiciaire serait le garant de nos droits et libertés se trompent totalement d’analyse. Le juge judiciaire joue tout son rôle en aval en cas de privation de liberté ou de voie de fait commise par l’administration. 

En dehors de ces cas qui donnent lieu à un contrôle qui intervient nécessairement a posteriori et donc après l’atteinte portée aux droits, il est essentiel de bénéficier d’un contrôle qui puisse intervenir immédiatement. Ce dernier contrôle est le fait d’un juge lui-même très sensible à la protection des droits fondamentaux comme l’a montré la jurisprudence du Conseil d’Etat depuis plus de 60 ans. Au total, c’est une loi « à la française » qui, comme beaucoup de lois qui interviennent dans un domaine sensible, demandera des moyens réels, notamment ceux de la CNCTR, afin que l’application en soit véritablement contrôlée. La loi ne pèche pas par les principes, il ne faudrait pas qu’elle vienne pécher par l’application. De ce point de vue, les assurances données par le gouvernement sont positives. Elles devront faire l’objet d’un suivi vigilant, notamment de la part du Parlement, lui-même héritier d’une tradition de gardien des libertés publiques. 

(Communiqué de Marie-Françoise Bechtel, 1ere vice-présidente du MRC et députée de l'Aisne, mardi 5 mai 2015)

mercredi 29 avril 2015

Chevènement : "L'Allemagne aime la France, mais la France adore l'Allemagne"

Hier soir, lundi 27 avril, au journal télévisé de 20h00 sur France 2 : Un titre m’interpelle : « l’Allemagne aime la France » et surtout le commentaire du présentateur Julian Bugier : « jamais la France n’a autant exporté en Allemagne : 67,7 milliards d’euros en 2014 ». J’avais gardé le souvenir d’un commentaire ironique de mon collègue allemand, Otto Von Lambsdorff me disant, en 1982, devant le déficit commercial français sur l’Allemagne, alors 28,5 Milliards de francs : « Le SME est un système de subventions à l’industrie allemande ».

J’aime beaucoup « les Echos », un journal qui rapporte des faits. Effectivement, dans son édition du 27 avril, je trouve un petit article, en bas de la page 5, intitulé : « Exportations record en Allemagne en 2014 ». Mais à côté un petit graphique apparaît : Evolution de l’écart des échanges commerciaux entre la France et l’Allemagne : les exportations allemandes vers la France atteignent 102 Milliards d’euros en 2014. L’écart qui était de 28 milliards de francs en 1982 a bondi, 32 ans après, à 35 Milliards d’euros (1 euro = 6,57 FF), soit neuf fois plus. Sans commentaires.

Comment pourrait-on illustrer mieux l’effet de la monnaie unique qui renforce les forts et affaiblit les faibles ? L’Allemagne aime la France, certes, mais à ce compte là, la France adore l’Allemagne ! 

(billet d'actualité de Jean-Pierre Chevènement)

lundi 20 avril 2015

Chevènement : "Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire"

Marianne : La France ne mérite t-elle pas d'être aimée, car elle est le lieu par excellence où se déploie l'idée républicaine ? 
Jean-Pierre Chevènement : Aujourd'hui, il est banal de se dire républicain, mais la cohérence même du concept échappe à la plupart. « La République est un grand acte de confiance », disait Jaurès. Or, aujourd'hui, les citoyens n'ont plus confiance dans l'intégrité des responsables politiques, et les responsables politiques ont perdu leur confiance dans le civisme des citoyens. J'ai été beaucoup attaqué pour avoir souligné qu'en matière de politique économique européenne la droite et la gauche conduisaient des politiques également désastreuses. Bien entendu, des différences existent entre ces deux familles politiques, mais les dirigeants qui sont issus de l'une comme de l'autre acceptent identiquement le corset européen qui limite leur marge d'action, y compris en dehors de l'économie. Un exemple lourd de sens : en Ukraine, les Européens, sous l'influence d'une partie des responsables américains, de Joe Biden à la CIA, se laissent entraîner à un affrontement qui eût été et serait encore parfaitement évitable avec la Russie. Ils conditionnent la levée des sanctions à l'application stricte des accords de Minsk dont la partie ukrainienne refuse de mettre en œuvre le volet politique (élections locales, révision constitutionnelle en vue de décentraliser le pays). On nous a dit : « L'Europe, c'est la paix ! » Ne serait-ce pas la guerre froide, et même parfois la guerre chaude, avec cette volonté purement idéologique d'exporter ses normes pour, ultérieurement, frayer la voie à l'Otan ? Pour remonter le courant, la France et l'Allemagne ont inventé le « format Normandie », mais celui-ci ne nous affranchit pas des décisions prises à 28. Or, l'européisme conduit à l'inféodation, c'est-à-dire à l'effacement de la France. Est-ce vraiment l'Europe qui a découragé les Français d'aimer la France ? 

N'est-ce pas plutôt le fait que l'identité française soit devenue une « identité malheureuse » ? 
Je rejoins cette analyse, car, pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire. Et connaître notre histoire. Savoir nous mouvoir dans la longue durée est une aptitude que nous avons perdue. Il faut dire que les technologies, notamment numériques, concourent à l'hyperindividualisme libéral, au court-termisme et à la dictature de l'émotion, bref à un « évidement » de la démocratie, comme l'a bien montré Marcel Gauchet. En fait, deux phénomènes se conjuguent : l'européisme, dans sa fonction anesthésiante, est la conséquence de l'effondrement de la France – un effondrement qui, avant d'être civilisationnel, est politique. Après la Première Guerre mondiale, la France n'a plus trouvé dans la Russie un allié de revers ; les États-Unis, retournant à l'isolationnisme, ont refusé d'honorer la garantie donnée par Wilson à Clemenceau ; et l'Allemagne, restée en vertu du principe d'autodétermination contenu dans les 14 points de Wilson, la puissance principale en Europe, a choisi, avec Hitler, de surenchérir sur sa défaite de 1918. La manifestation du 11 janvier a montré que l'idée républicaine s'est diffusée très largement dans le corps social. Deux cent vingt-six ans après la Révolution de 1789, tout ce qui a contribué à l'isolement et à l'effacement progressifs de notre pays sur la scène européenne n'a pas porté atteinte aux « ressorts » essentiels de notre nation. 

Justement, sortons-nous d'une longue séquence d'autodépréciation ? 
Cela me paraît vraisemblable, mais la bataille n'est pas gagnée : les tenants du french bashing ne désarment pas. Le 11 janvier, avec les 47 chefs d'Etat et de gouvernement étrangers venus témoigner leur solidarité au peuple français, a constitué un sursaut magnifique, empreint de dignité, confirmant l'attachement des Français à la liberté ainsi que la permanence du rayonnement de notre pays. Le défi que nous jette le terrorisme djihadiste est une menace de longue durée. Il faut armer la République pour en triompher. Les valeurs qu'elle représente doivent être traduites en actes. Rien ne sera possible tant qu'on ne rebattra pas les cartes de la construction européenne. Le cadenassage européen par des textes néolibéraux à valeur quasi constitutionnelle (Acte unique, Maastricht, Lisbonne) nous prive de notre liberté d'action. L'européisme, en renvoyant la France a un passé dépassé, sape l'estime de nous-mêmes sans laquelle notre peuple, pas plus que tout autre, ne pourrait continuer son histoire. Contre cette tendance à l'amnésie généralisée, contre toutes les doctrines de la désappartenance et de la table rase, nous devons renouer avec la longue durée de notre histoire et travailler à sa transmission active. La redécouverte du politique, si elle a lieu, sera la résultante des chocs inévitables qui nous attendent. Avant 1940, Aragon « conchi[ait] l'armée française », mais après le traumatisme de l'occupation nazie, il célébrait « [s]a France »'. Tout n'est donc peut-être pas perdu si nous savons bâtir une alternative républicaine pour en finir avec le néolibéralisme.

(Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à Marianne, vendredi 17 avril 2015)

vendredi 17 avril 2015

Les chevènementistes tendent la main à Nicolas Dupont-Aignan !

"Lors du conseil national du MRC (Mouvement Républicain et Citoyen), de dimanche dernier, l'ancien ministre, Jean-Pierre Chevènement, a souhaité rompre l'alliance, souvent naturelle, avec le Parti Socialiste. L'idée : se rapprocher des républicains de droite. Un petit caillou dans le pied pour le PS qui retrouvera, peut-être, en face de lui, un nouveau Pôle Républicain... 

On ne les entend plus beaucoup mais ils sont toujours là dans la classe politique. Avec leurs élus, devenus rares, ou par la voix de leur leader spirituel, Jean-Pierre Chevènement, les républicains du MRC essaient d'influencer, depuis plus de 10 ans, la gauche et le Parti Socialiste. Avec un certain échec, reconnaît d'ailleurs le Président d'honneur du MRC. Alors que son futur congrès (prévu pour juin) se prépare et qu'il n'est plus que l'ombre de lui-même (le MRC revendique environ 1000 adhérents) le MRC a vu les différentes motions s'opposer ou se rejoindre lors du conseil national de ce dimanche. Avec un constat inquiétant qui relève du dilemme, personne n'étant dupe au MRC : le mouvement existe encore parce qu'il a soutenu le Parti Socialiste en 2007 et en 2012 et obtenu ainsi des accords électoraux. Ainsi, depuis 2012, trois députés MRC cohabitent au sein de la majorité et tentent tant bien que mal d'influencer la majorité. Mais plutôt anti-libéral, anti-européiste et étatiste, le MRC se sent très éloigné des positionnements du gouvernement. Mais quelle logique adopter pour le MRC ? 

1) Faire comme Jean-Luc Mélenchon, faire scission avec la majorité et se situer dans l'opposition quitte à se présenter contre le PS lors des élections ? Ce pari s'annonce risqué pour l'avenir des élus du MRC. 

2) Rester au sein de la majorité, obtenir des élus mais accepter ainsi le social-libéralisme et la construction européenne ? Cela ne serait pas cohérent avec les valeurs du chevènementisme.

Finalement, c'est bien Jean-Pierre Chevènement qui tranche publiquement sans demi-mesure. Sans le dire, l'idée d'un nouveau Pôle Républicain le convainc. Réunir ainsi comme en 2001, les républicains des deux rives. Jean-Pierre Chevènement est même formel : "au fond, sur le programme, nous n'avons pratiquement aucune différence avec le parti de Nicolas Dupont-Aignan (note : Debout La France). Là où on a une légère opposition c'est sur le thème de l'immigration." C'est dit. Il va jusqu'à demander, aux instances de son parti, d'entamer les discussions avec les républicains de l'autre rive. Une rupture donc avec les alliances habituelles, menées depuis 2002, avec le PS lors des élections présidentielles, législatives et locales. 

L'ancien ministre reconnait volontiers que ces alliances ont été réalisées dans l'inquiétude de maintenir des élus étiquetés MRC. D'ailleurs, Jean-Pierre Chevènement n'est pas naïf : Le discours du Bourget de 2012 du candidat François Hollande, il n'y a jamais cru (comme l'ensemble de ses adhérents). Les chevènementistes ont bien espéré que François Hollande rompe avec la présidence de Nicolas Sarkozy. Mais le refus du Président de renégocier, quelques mois après son arrivée au pouvoir , le Pacte budgétaire européen, donnait le ton de la politique menée. Une politique qui n'irait pas du tout dans le sens des chevènementistes. Le MRC souhaite maintenant rebondir. Et son salut ressemble bien à celui d'une réconciliation avec la Droite gaulliste. Une alliance pas si étonnante en temps de crise. Jean-Pierre Chevènement veut rappeler l'histoire : celle où la France s'est relevée après la 2nde guerre mondiale grâce à l'union des gaullistes, des communistes et des forces républicaines".

(Bastien G, Agoravox)

mardi 4 juin 2013

Un nouveau blog à consulter sans modération !

799 articles de qualité certes inégale, 1.218 commentaires, 80.863 visiteurs uniques et 103.072 pages vues, voilà en quelques chiffres le bilan de ce blog au terme de ses 5 ans d'existence ! Chacun en pensera ce qu'il voudra, mais pour un support de communication qui n'avait d'autre ambition que d'apporter quelques éclaircissements et points de vue sur des sujets départementaux, tout en relayant de temps en temps les prises de position nationale d'un petit parti politique, c'est loin d'être ridicule. D'ailleurs, certains internautes assidus ont fait savoir qu'ils se sentaient déjà un peu orphelin de leur lecture quotidienne. Qu'ils se rassurent, ils pourront continuer à lire sur la toile les interventions sur des sujets locaux de leur plumitif favori en cliquant ici 

vendredi 28 septembre 2012

Le MRC 08 perd un deuxième pilier...


"Lorsque j’ai rejoint le MRC en 2003, il représentait une des formations les plus novatrices et originales du système politique français. Au courant républicain, il joignait des aspects intéressants des deux autres composantes de la gauche, la social-démocrate et même la radicale. Sur la politique européenne, sur l’éducation, sur l’intégration ou encore sur la politique étrangère, il était le seul à offrir des positions à la fois réalistes et visionnaires. La personnalité de son principal dirigeant, ancien ministre de Mitterrand et candidat aux présidentielles, lui donnait une audience nationale. Cet élan, encore vivace après la percée des présidentielles 2002, était nécessaire, au premier chef, dans le département des Ardennes, où j’ai représenté le mouvement comme trésorier.

Aujourd’hui, après bien des occasions manquées, après surtout l’incapacité de tirer parti de la victoire au référendum de 2005, le retrait prévisible de Jean-Pierre Chevènement de la vie politique laisse d’ores et déjà la place à une nouvelle donne, comme vient d’en témoigner la position du parti sur le budget 2013. Sans préjuger de ce qui sera négocié et décidé dans les mois suivants, l’intégration actuelle à la galaxie socialiste me paraît suffisamment stérile pour que je renonce à lui accorder ma très modeste caution. Je ne désire pas non plus cautionner une éventuelle transformation en un think tank politiquement correct. Sans rien renier de mon estime pour le fondateur du MRC, je démissionne donc de cette formation et consacrerai désormais mon activité militante au Parti de Gauche, qui a l’avantage d’allier l’opposition du MRC à l’Europe libérale et une visibilité nettement plus grande, en particulier lors des grandes échéances électorales".

(communiqué de Boris Spirta, 27 septembre 2012)

mercredi 26 septembre 2012

Le MRC 08 perd sa tête !


"Dans la vie, il est des moments où il faut savoir dire stop ! Depuis mes années de lycée, j’ai toujours été très intéressé par la politique et ce ne sont pas les études d’histoire que j’ai ensuite suivies qui ont atténué mon goût pour ce domaine, bien au contraire. J’ai donc adhéré relativement vite à un parti politique. C’était en 2001 et il s’agissait du MDC, le Mouvement des Citoyens fondé 9 ans plus tôt par Jean-Pierre Chevènement. A ma modeste échelle, j’ai participé à la campagne présidentielle menée l’année suivante par cet homme d’Etat que j’ai toujours admiré pour la profondeur de ses analyses, pour ses prises de position visionnaires et pour son courage politique hors pair. Je l’ai accompagné dans l’aventure du Pôle Républicain. Puis, en 2003, lorsqu’il a fondé le Mouvement Républicain et Citoyen, je l’ai soutenu de mon mieux en créant et en animant dans les Ardennes une antenne de ce nouveau parti politique.

Je me reconnaissais alors pleinement dans le programme de cette formation, qui était la seule à lier la question sociale à la question nationale et qui proposait une refondation républicaine de la France qui ferait passer l’intérêt général avant les intérêts particuliers. Hélas, depuis, le MRC a commis de graves erreurs dans sa stratégie électorale, par exemple en acceptant en 2007 de ne pas présenter de candidats aux élections législatives dans les circonscriptions ayant des sortants socialistes, ou encore en renonçant en 2009 à présenter des listes aux élections européennes alors qu’il avait un message fort et original à défendre. Les résultats ne se sont pas faits attendre : le MRC a vu disparaitre le peu de visibilité qu’il possédait et, surtout, il a perdu le bénéfice du financement public ! Il a alors trouvé une planche de salut en se rapprochant du PS, d’abord prudemment, puis d’une façon de plus en plus décomplexée au point d’en être devenu aujourd’hui ce qu’il faut bien appeler un satellite.

Cette réorientation stratégique a abouti à un positionnement politique difficilement compréhensible par les électeurs puisque les actes du MRC, désormais en grande partie calqués sur ceux du parti à la rose, sont de plus en plus en contradiction avec les belles idées qui figurent dans son programme ! Le dernier exemple en date de ce grand écart est le traité budgétaire européen. Les parlementaires MRC voteront contre, ce qui leur permettra de rester fidèles à l’objectif d’une réorientation de la construction européenne réclamée haut et fort par le parti. Pour autant, comme il l’a déjà annoncé à l’issue de son université d’été, cela n’empêchera pas le MRC de voter le budget 2013. Autrement dit, tout en vouant aux gémonies le nouveau cadre budgétaire imaginé par les plus hautes autorités européennes, il acceptera les mesures contraintes qui seront prises à l’intérieur. Comprenne qui pourra...

Pour ma part, cette position ubuesque est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Même en me forçant, je n’arrive plus à me retrouver dans le comportement actuel du MRC qui me semble n’être qu’une voie sans issue. J’ai donc décidé, en conscience, de démissionner dès aujourd’hui de cette formation politique. Cependant, cela ne signifie pas que je vais arrêter de m’intéresser activement à la chose publique. Bien au contraire ! Je continuerai à le faire en restant moi-même, c’est-à-dire sans ambition personnelle mais avec conviction, en militant désormais à l’intérieur du Parti du Gauche auquel je reconnais, entre autres, deux qualités qui me paraissent fondamentales : son engagement pour une réorientation radicale de la construction européenne en faveur des peuples et une stratégie électorale claire entièrement basée sur la défense d’un programme compréhensible par tous".

(communiqué de Laurent Bouvier, mardi 25 septembre 2012)

lundi 17 septembre 2012

Aubrives : les caisses sont désormais vides !

Samedi dernier a eu lieu une séance du conseil municipal qui a été tout sauf ordinaire. Pourquoi ? D’abord parce qu’elle s’est déroulée moins de 10 jours après la séance précédente, de surcroît à une date pour le moins inattendue puisqu’il s’agissait du 1er jour de la fête patronale. Ensuite parce que son ordre du jour n’était pas plus épais qu’une feuille de papier à cigarette, avec seulement 4 points à traiter. Pourtant, cela n’a pas empêché qu’il y ait foule (façon de parler, bien sûr, tout étant relatif) autour de la table des délibérations puisque 8 élus sur les 14 que compte encore la commune avaient fait l’effort de se déplacer, soit juste assez pour que le quorum soit atteint. Une situation désormais si rare qu’il ne faut surtout pas la passer sous silence !

Evidemment, une telle "affluence" n’était pas fortuite. Elle s’expliquait par le deuxième point de l’ordre du jour, à savoir l’engagement immédiat ou le report de la construction d’une salle polyvalente à vocation sportive et culturelle. Une décision à environ 2,7 millions d’euros TTC qui aurait dû donner lieu à un véritable débat étant donné l’importance des conséquences qu’elle entraînera ! Hélas, ce n’a pas été le cas puisque, malgré la faiblesse des subventions jusqu'alors obtenues (seulement 440.000 euros [environ 25 % du coût des seuls travaux] contre 1.529.202 euros [environ 80 % des mêmes coûts] pour la salle polyvalente d’Auvillers-les-Forges qui a servi de modèle à notre projet) et l’imprécision manifeste du plan de financement exposé qui inclut des recettes encore hypothétiques comme la vente à Bouygues Immobilier pour 260.000 euros des terrains de la Sapinière, il aura fallu moins d’un quart d’heure (5min32 à 19min58) pour que l’autorisation d’engager les travaux soit prise. 

Une légèreté dont on n’a pas fini de payer le prix puisqu’il est désormais acté que la construction de cette salle sans parking va engloutir la quasi-totalité de l’autofinancement communal pour les 3 années à venir ! En clair, cela signifie qu’il sera impossible de procéder à des travaux conséquents de voirie, contrairement à ce qui avait été promis entre autres aux riverains de la rue du Père George, de la rue des orsières, de l’impasse Faure et de l’impasse Ravel. De la même façon, aucun aménagement pour mettre les bâtiments communaux en conformité avec les normes d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite ne pourra être réalisé alors qu’il s’agit d’une obligation. Quant au pôle scolaire qui a été annoncé à grand renfort de tambours et de trompettes, il restera pour ce mandat du domaine du rêve. Enfin, cerise sur le gâteau si je puis dire, quelle que soit l’équipe municipale qui sera élue en 2014, elle ne disposera de quasiment aucun moyen financier pour la première année de son mandat ! Une véritable catastrophe pour la commune dont notre bon maire, qui nous a encore gratifiés d’une sortie pitoyable, portera l’entière responsabilité....
LB

 

Le MRC votera le budget 2013, mais pas le traité européen


Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a indiqué dimanche que son parti soutiendrait le président François Hollande et son gouvernement "en votant le budget" 2013, mais que ses parlementaires n'approuveraient pas le traité budgétaire européen. "Nous soutenons François Hollande les yeux ouverts, avec le désir d'œuvrer à son succès", a-t-il déclaré lors de l'Université d'été du MRC réunie à Belfort. Selon l'ancien ministre, le MRC votera le budget "par loyauté", pour donner "du temps à François Hollande pour qu'il élargisse ses marges de manoeuvre". 

En revanche, les quatre parlementaires MRC n'approuveront pas le traité budgétaire européen (TSCG) qui "retire aux Parlement nationaux la maîtrise de la dépense publique", a-t-il poursuivi lors de son intervention transmise à l'AFP. "Ce que nous voulons, c'est une Europe refondée dans la démocratie des nations et pas un 'machin' pseudo-fédéral où un soit disant 'ministre européen des Finances' nous dicterait notre politique", a souligné le sénateur de Belfort. 

Evoquant le rapprochement annoncé des groupes aéronautiques européens EADS et BAE Systems, il s'est interrogé sur ses conséquences pour la France et les moyens dont elle disposera pour "peser encore" au conseil d'administration d'EADS. "C'est à ces questions qu'il faut répondre pour défendre convenablement les intérêts français et européens. Sinon EADS sera dominé par un axe américano-germanique", a-t-il estimé. 

Rappelant que le MRC a soutenu François Hollande dès le premier tour de la présidentielle, le président du mouvement, Jean-Luc Laurent, a estimé pour sa part que "la crise de la zone euro se niche dans le concept même de monnaie unique". Le traité européen, "ce sont des procédures douteuses au service d'une politique économique absurde, et qui est déjà caduque au moment où l'Allemagne comme la France entrent en récession", a estimé le député du Val-de-Marne. Le prochain congrès du MRC doit se tenir les 15 et 16 décembre à Paris.

(dépêche AFP, dimanche 16 septembre)

jeudi 13 septembre 2012

Et si le nucléaire permettait de développer le photovoltaïque ?

"Le gouvernement souhaite – à juste titre – développer les énergies renouvelables. Mais aujourd’hui 80% des panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine, dans des conditions désastreuses pour l’environnement. Et l’Allemagne est en train de revoir sa politique de subvention des prix de rachat de l’énergie photovoltaïque, tandis que les sociétés de fabrication de panneaux de ce pays connaissent des difficultés. Or, le prix des panneaux constitue plus de la moitié du coût d’une installation. Il y a donc urgence à développer une véritable filière industrielle en France. 

« Comme elle a su développer la filière nucléaire en son temps, qui est une industrie d’avenir et offre une électricité moins chère et moins polluante, la France est très bien placée pour développer le photovoltaïque. Elle peut et doit se servir de la rente nucléaire pour en assurer le financement. C’est bien sûr vers la complémentarité entre les différentes filières, le nucléaire et les renouvelables, qu’il faut s’orienter, plutôt que sur une guerre stérile entre ces deux formes de production d’électricité » déclare Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et député du Val-de-Marne. 

A l’occasion de la conférence environnementale, le MRC, composante de la majorité gouvernementale, invite le gouvernement à conserver l’indépendance énergétique de la France et à agir pour permettre le développement d’une filière française de technologie et de production photovoltaïque".

(communiqué de presse du Mouvement Républicain et Citoyen, 13 septembre 2012)

mercredi 12 septembre 2012

Chevènement : "il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne"


Le Pays: L’université d’été du Mouvement républicain et citoyen aura lieu à Belfort dans une semaine. Comment se porte le MRC aujourd’hui? 
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du MRC: Le MRC se porte bien, il a triplé le nombre de ses députés : il en avait un, il en a trois. Et nous avons la liberté d’expression et de vote à l’intérieur du groupe « socialiste, républicain et citoyen ». Nous sommes dans la majorité présidentielle, désireux d’assurer sa réussite, même si nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne. 

Lors de l’université d’été, il sera forcément question du départ du MRC d’Étienne Butzbach, le maire de Belfort. 
En aucune manière. Le MRC continue. Il a ses analyses politiques solidement étayées et qui ne vont pas être remises en question par une défection individuelle. 

Tout de même, cela change la donne à Belfort. 
C’est vrai, depuis 1977, la Ville de Belfort a toujours été animée par une majorité Ceres*, MDC (Mouvement des citoyens) ou MRC. Mais le MRC est toujours présent. 

Et entend bien le rester ? 
Oui, clairement. La démarche d’Étienne Butzbach n’obéit qu’à un électoralisme à courte vue. Ce n’est pas en changeant de maillot en milieu de partie qu’on peut figurer à coup sûr dans l’équipe gagnante. Étienne Butzbach devait tout au MRC, son écharpe de maire et la circonscription dans laquelle il a été candidat au mois de juin dernier. Il s’est disqualifié à mes yeux pour conduire une liste d’union de la gauche en 2014. Cela dit, le MRC a toujours eu le souci de l’intérêt général, il défend les intérêts de la population et il s’efforcera de faire en sorte que la municipalité élue en 2008 puisse aller jusqu’à son terme.
S’agissant de la désignation de la tête de liste pour les prochaines élections municipales, c’est l’affaire des partis politiques de gauche, en admettant qu’ils parviennent à s’entendre, chose souhaitable. 

Vous avez soutenu François Hollande durant la campagne présidentielle. Que pensez-vous de l’action gouvernementale ? 
Je pense qu’il faut donner à François Hollande et au gouvernement le temps nécessaire pour traduire leur projet dans la réalité. Il devrait être possible grâce aux emplois d’avenir et au contrat de génération, d’infléchir la courbe du chômage au début de l’année prochaine. Cela dit la réorientation de la construction européenne est pour l’essentiel devant nous. 

Vous êtes contre la ratification du traité budgétaire européen, ratification que veut le PS. 
Je vous rappelle que le Mouvement des citoyens s’est créé en 1992 au moment de la ratification du traité de Maastricht parce que nous considérions que le choix de la monnaie unique était assez grave pour légitimer notre départ du Parti socialiste. Je pense que la suite a confirmé nos analyses. La crise actuelle n’est pas d’abord la crise de la dette, c’est une crise structurelle qui tient aux défauts inhérents à la monnaie unique elle-même. 
Les déséquilibres commerciaux entre Europe du nord et Europe du sud, dont la France, sont très difficiles à résorber dans le cadre d’une zone euro qui rend impossible les dévaluations. Or l’austérité à perte de vue n’est pas une solution au moment où les risques de récession s’accumulent de tous côtés. 

Il est, de nouveau, question du non-cumul des mandats voulu par le président Hollande. Certains élus socialistes se sont prononcés contre l’application immédiate de cette règle. Quelle est votre position ? 
Je n’en fais pas une affaire. Je ne détiens, pour ma part, qu’un seul mandat mais je considère par expérience, que le fait d’avoir exercé un mandat de maire m’a été très utile dans tout le cours de ma vie politique. Je n’aurais pas fait passer la loi sur l’intercommunalité – qui va concerner l’ensemble des communes – si je n’avais pas été longtemps président du district de l’agglomération belfortaine. 

Vous évoquez votre mandat de sénateur. Vous représenterez-vous lors des prochaines sénatoriales, en 2014 ? 
J’y ai réfléchi. Je ferai connaître le moment venu ma réponse. Sachez qu’elle est déjà dans ma tête. 

(entretien de Céline Mazeau avec Jean-Pierre Chevènement pour le journal Le Pays, 09 septembre 2012)

dimanche 9 septembre 2012

Aubrives : un dernier conseil municipal très inquiétant !

Samedi 1er septembre, à 10h00, le conseil municipal d’Aubrives était convoqué pour une séance ordinaire avec, à l’ordre du jour, 11 points seulement dont aucun ne devait a priori donner lieu à de longues discussions. Une reprise en douceur donc pour l’assemblée communale, après la première trêve estivale à avoir été respectée depuis le début du mandat, qui devait logiquement voir la très grande majorité des édiles municipaux prendre place autour de la table des délibérations. Hélas, il n’en a rien été puisque, pour la énième fois en moins de deux ans, le quorum n’a pas été atteint avec seulement 6 élus présents (un record !) sur les 14 que compte encore le conseil municipal ! J’écris bien 14 et non pas 15, comme lors de la dernière réunion, étant donné que, depuis, une conseillère municipale a démissionné, écœurée qu’elle était, pour reprendre les termes figurant dans le courrier notifiant sa décision, par "les méthodes autoritaires et le manque chronique de débats contradictoires" ainsi que par "l’engagement de poursuites judiciaires à l’encontre d’un habitant du village [...] avec les deniers de la municipalité".

Une nouvelle séance a donc été convoquée. Pour quand ? Pour le jeudi 6 septembre, un jour qui en valait bien un autre, à 09h30, un horaire qui lui n’en valait pas un autre puisqu’il empêchait de fait la quasi-totalité des élus encore actifs (économiquement parlant, bien sûr) d’y participer ! Une maladresse, diront certains. Mais pour moi, qui suis maintenant habitué aux méthodes du grand ordonnateur du conseil municipal, c’était à n’en pas douter un choix délibéré destiné à se débarrasser de la présence du gêneur de service que je suis. Jolie tentative en vérité, mais totalement ratée puisque j’ai pu me libérer pour participer à cette réunion qui a rassemblé, en tout et pour tout, 5 élus, soit beaucoup moins que le public qui comptait une grosse douzaine de personnes. Cependant, le quorum n’étant pas indispensable pour cette deuxième convocation, la réunion a pu légalement avoir lieu et elle a duré un peu plus d’une heure, comme le montre l’enregistrement intégral ci-dessous auquel j’ai procédé et que je laisse en libre accès pour la complète information des personnes intéressées.

Que faut-il retenir de cette séance ? Avec l’arrivée de la modernité dans la vie municipale d’Aubrives, chacun pourra se faire sa propre opinion ! Mais, à mon avis, quatre points méritent d’être relevés. Le premier, que je considère comme un moment d’anthologie, a été l’intervention aussi agressive que stupide de Monsieur Hassani, l’adjoint bien connu pour sa propension à dépenser futilement les deniers publics, afin que je cesse tout enregistrement des séances du conseil municipal. Une injonction à laquelle je n’ai évidemment pas donné suite tout en lui communiquant, difficilement étant donné son comportement détestable, les fondements juridiques permettant l’utilisation des moyens audiovisuels pour assurer la publicité des débats (1min34" à 5min32"). Le deuxième point a été l’annonce, brève mais sans équivoque, que la délibération prise le 11 juillet, visant à utiliser l’assurance de la commune pour poursuivre en justice un habitant bien connu du village pour sa probité et les multiples services qu’il a rendus, a été déclarée illégale par les services préfectoraux (6min58" à 8min57"). Pire qu’un désaveu pour notre bon maire qui était bien penaud en faisant cette révélation, une véritable claque qui aura peut-être pour vertu de lui faire remettre les pieds sur terre !

Quant au troisième point, ça a été la vente d’une parcelle dans le nouveau lotissement communal ainsi que de l’immeuble sis 59 et 61 rue du général Sarrail, ce qui fera rentrer dans les caisses de la commune une somme d’environ 100.000 euros qui ne sera pas de trop pour boucler le financement du projet de salle polyvalente à vocation sportive et culturelle (10min55" à 14min52"). Enfin, le dernier point conséquent a été l’octroi de subventions pour un total d’environ 10.000 euros à 9 associations, qui ont toutes obtenu ce qu’elles demandaient, voire plus, à l’exception notable d’Espace Loisirs qui, cette année encore, a fait les frais de ce qui ressemble à de vieilles rancœurs personnelles qu’il faudra un jour se décider à dépasser (34min53" à 42min28"). Au total, cette séance du conseil municipal aura donc confirmé le désintérêt croissant d’un nombre de plus en plus grand d’élus pour les affaires du village. Elle aura aussi montré, avec son ordre du jour squelettique, que la vie municipale est en train de se réduire telle une peau de chagrin. Enfin, elle aura apporté la démonstration que les élus aux affaires doivent plus que jamais être surveillés afin de les empêcher de prendre des décisions illégales. Bref, rien de réjouissant, bien au contraire...
LB

Chevènement sur Arnault : "les élites ne croient plus en la France"

Jean-Pierre Chevènement, sénateur MRC et ancien ministre, a estimé samedi qu'en demandant la nationalité belge, Bernard Arnault montrait que "les élites françaises ne croient plus en la France". "Bernard Arnault, en demandant la nationalité belge, vient de mettre en lumière le principal problème qui se pose à notre pays : les élites françaises, dans leur immense majorité, ne croient plus en la France", a dit le fondateur du Mouvement républicain et citoyen dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Cette situation n'est pas nouvelle, poursuit-il, nous l'avons déjà rencontrée dans les années 30", affirme encore M. Chevènement. "Redonner confiance en la France est une tâche très actuelle. Elle interpelle la gauche aujourd'hui au pouvoir, elle constitue en tous domaines la clé du redressement", conclut l'ex-ministre
(comuniqué AFP, samedi 08 septembre)

jeudi 6 septembre 2012

Chevènement ne votera pas le traité budgétaire européen


Le sénateur MRC Jean-Pierre Chevènement a déclaré mercredi qu'il ne voterait pas le traité budgétaire européen mais qu'il "encouragera le gouvernement à aller plus loin". Dans une interview accordée à Public Sénat, l'ancien ministre du gouvernement Jospin et candidat à la présidentielle de 2002 a déclaré: "Je vous dis clairement, comme les députés MRC l'ont déjà annoncé, moi en tant que sénateur, je ne le voterai pas non plus. Mais je le ferai d'une manière positive pour encourager le gouvernement à aller plus loin". 

Plus tôt dans la journée le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, avait incité les députés PS à ratifier le texte mais certains opposants comme le député parisien Pascal Cherki étaient restés sur leurs positions. Jean-Luc Laurent, président du MRC (Mouvement républicain et citoyen, fondé par Jean-Pierre Chevènement) et député apparenté au groupe socialiste, avait affirmé sans surprise à quelques journalistes que les parlementaires MRC voteraient contre ce traité. 
(dépêche AFP, mercredi 05 septembre 2012)

lundi 3 septembre 2012

C'est reparti pour une année !

Avant le grand rush demain dans les établissements d'enseignement public des Ardennes  des 10.230 écoliers qui sont attendus en maternelle, des 15.900 qui sont inscrits dans les classes élémentaires, ainsi que de 11.600 collégiens et de quelques 10.000 lycéens, c'est aujourd'hui la rentrée des enseignants et des autres personnels de l'Education Nationale ! Beaucoup de ces agents de la fonction publique qui ont vilipendés par le gouvernement précédent, dont le travail a été systématiquement dénigré et dont les fonctions ont été rabaissées attendent beaucoup de cette première rentrée qui a été officiellement placée sous le signe du changement. L'avenir leur donnera-t-il raison ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais la réponse ne saurait maintenant tarder...