Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"


samedi 19 février 2011

La (lamentable) photo du jour !


Les places de stationnement pour les personnes handicapées sont très faciles à reconnaître puiqu’elles sont signalées, soit par un panonceau annonçant que le stationnement est strictement réservé aux véhicules utilisés par des personnes handicapées à mobilité réduite (G.I.G.-G.I.C. et titulaires d’une carte spéciale), soit par le marquage au sol selon la taille d’un ou deux pictogrammes de couleur blanche représentant une silhouette dans un fauteuil roulant. A quoi servent-elles ? A faciliter bien sûr la vie courante et l’intégration dans la société de ceux que la vie n’a pas épargnés, que ce soit à la naissance ou plus tard, et c’est pourquoi le décret 2005-1746 stipule que "sur la voie publique ouverte à la circulation publique, les emplacements de stationnement réservées aux personnes titulaires de la carte de stationnement prévue à l’article L 241-3-2 du code de l’action sociale et des familles sont directement accessibles".

Le contraire donc de ce que l’on peut voir sur cette photo, qui a été prise hier après-midi dans une commune de la Pointe, puisqu’un cône de signalisation a été délibérément posé, sur ordre de l’adjoint au maire chargé des affaires scolaires, devant une place de stationnement pour personne handicapée à mobilité réduite, rendant ainsi son accès impossible sauf à être en état physique de descendre de son véhicule pour le déplacer ! Une véritable aberration, pis un mépris des personnes handicapées, quand on sait que ce cône est resté là, pas seulement quelques minutes mais plusieurs heures des jours durant, sans aucune personne valide à côté pour le retirer si nécessaire et sans aucun travaux pour justifier sa présence. Vous vous demandez certainement où une action aussi honteuse a-t-elle pu se produire ? Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, c’est devant le groupe scolaire Jeanine Lambeau, c’est-à-dire à Aubrives, une commune dont l’exécutif municipal a visiblement une façon très particulière d’aborder la gestion du handicap...

mercredi 16 février 2011

Givet : le projet d'incinérateur commence à battre de l'aile !


Avant-hier, le projet de la construction d’un incinérateur sur le Pacog à Givet a connu un rebondissement, et non des moindres, puisque la commission permanente du Conseil régional a décidé d’annuler une subvention de 30.000 euros qu’elle avait initialement prévu de verser à la SARL Paperpower afin de l’aider à financer une étude de faisabilité ! Cette décision, prise de surcroit à l’unanimité à l’exception de l’abstention des 3 élus du Front National, a été motivée par la non fourniture par la société d’un certain nombre de documents, relatifs entre autres à l’origine et au contenu des déchets, qui lui étaient demandé depuis 2007. Et contrairement à ce que clament les défenseurs du projet, au 1er rang desquels se trouve le sémillant apolitique de Droite et maire de Givet Claude Wallendorff, c’est loin, très loin même, d’être une goutte d’eau au regard des 100 millions d’euros d’investissement prévu.

Pourquoi ? Parce que cette décision a été prise en accord avec l’ADEME, l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, un établissement public placé sous la tutelle de plusieurs ministères – dont celui de l’Ecologie et du Développement Durable – qui a pour mission d’aider à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. Autrement dit, un instrument clé, si ce n’est le plus essentiel, utilisé par les pouvoirs publics pour intervenir dans tout ce qui touche de près ou de loin aux questions environnementales ! De quoi écorner sérieusement, au-delà du montant de la somme en jeu, l’habillage vert que les "industriels" et leurs relais politiques locaux s’évertuent de donner à ce que la presse belge n’hésite pas à appeler sans détour un incinérateur.

Pour le collectif Vigilance, qui avait déjà réussi à casser le mur du silence qui entourait ce projet fumeux, c’est incontestablement une deuxième victoire. C’est la preuve que si la CRE 3 a bien retenu le projet Bioénergie Val de Meuse-Paperpower lors de son appel d’offres de l’an dernier, tous les acteurs institutionnels ne le soutiennent pas pour autant, contrairement à ce qu’affirme le duo Claude Wallendorff-Bernard Dekens, qui se retrouve ainsi le nez face aux contre-vérités qu’ils ont tous deux allègrement claironnées ces derniers mois. Lentement mais sûrement, la lumière est en train de se faire sur ce dossier ! Ce n’est donc pas le moment de baisser la garde, bien au contraire, d’autant que la Communauté de communes vient de confirmer son soutien au projet en décidant, lors de son conseil qui s’est tenu le 30 décembre dernier, d’acquérir pour plus de 50.000 euros une parcelle dépassant 80.000 m2 afin d’y implanter des serres destinées à valoriser la chaleur qu’elle espère voir produite prochainement...

lundi 14 février 2011

Ardenne Rives de Meuse : 3ème édition d'une initiative toujours aussi bienvenue !


Jeudi dernier, 10 février, jour du 2ème anniversaire de la signature du Contrat de Redynamisation du Site de Défense de Givet ou encore de l'entrée de Bernard Dekens dans le petit monde de La Beuquette sous le nom de "Nanar Coupdesang", la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, présidée par ce dernier, a organisé pour la 3ème année consécutive la présentation de ses voeux aux conseillers municipaux des 17 communes qui la constituent. Sur les 263 participants potentiels, à peine une petite cinquantaine avait fait le déplacement, ce qui justifie sans doute, plus que la volonté affichée de ne pas perturber la projection d'une séance du film "Rien à déclarer", que la soirée, contrairement aux deux éditions précédentes, n'a pas eu lieu dans la grande salle de l'espace de spectacles le Manège à Givet, totalement surdimensionnée avec ses 350 places, mais dans celle plus modeste du Richat à Fromelennes. Après quelques mots de bienvenue prononcés avec humour et grande aisance par Pascal Gillaux, le 1er magistrat de la commune, un diaporama de 1h15 a été projeté afin de retracer les réalisations faites en 2010 par l'intercommunalité et de présenter les principaux projets de l'année en cours.

Comme d'habitude, mais j'imagine mal quelqu'un s'en plaindre en ces temps de marasme économique, le début du montage a été consacré aux actions économiques menées par la Communauté de communes. Après une présentation détaillée des 3 zones d'activités, qui ont vu le démarrage des entreprises New Allardin (7 emplois) et Fumacienne de mécanique (11 emplois) ainsi que la construction d'un bâtiment en blanc et l'ajout de 2 cellules à l'hôtel d'entreprises, le projet de "valorisation de biomasse végétale" sur le Pacog a été longuement décrit : il comprendra, "s'il aboutit", une unité de fabrication de combustible (Paperpower) et une unité de cogénération de biomasse (Bioénergie Val de Meuse) qui occuperont 10 hectares, soit un quart de la superficie de la zone d'activités de Givet ; l'ensemble sera relié au port par une voie lourde en site propre de 1,6 kilomètres permettant, non seulement le cheminement annuel des 126.000 tonnes de déchets importées et des 30.000 tonnes de résidus inutilisables qu'il faudra réexporter, mais aussi la diminution du volume de CO2 émis par les norias de poids-lourds ; quant à la chaleur produite, elle sera valorisée dans des serres situées à moins de 5 kilomètres de l'usine afin de limiter sa déperdition ; enfin, pour répondre aux "quelques interrogations" de la part des voisins belges, la Communauté de communes s'est engagée à tenir une réunion publique à Hastières. Une parfaite démonstration de lobbying, ou pour parler plus simplement de propagande, qui n'aura convaincu que les personnes dont les capacités de réflexion et l'esprit critique dépassent à peine ceux d'un moineau !

L'accent a ensuite été mis sur le développement du port, dont on a appris, entre autres, qu'il a reçu 193.000 tonnes en 2010 et qu'il en a expédié 157.000. Puis, il a été rappelé que la collecte des déchets, dont 4.838 tonnes a été réalisée en déchèteries et 961 tonnes en tri sélectif, avait coûté 2.269.886 euros, soit 104,46 euros par habitant. Une coquette somme donc, qui a donné lieu à une affirmation méritant incontestablement de figurer dans le bêtisier de l'année : elle ne pèse pas sur la population étant donné qu'il s'agit d'un "service gratuit financé par l'impôt local" ! Ce fut alors au tour des actions menées dans le domaine touristique d'être listées (visite du château de Hierges par 1.918 personnes, entretien de 10 sentiers VTT et de 3 sentiers pédestres d'une longueur totale de 212 kilomètres, aménagement du camp romain de Vireux, gestion de l'après tempête au parc TerrAltitude,...), puis de celles relevant de la formation et de la vie sociale (octroi de 276.279 euros à des étudiants dans le cadre du dispositif ACCES, création d'un Espace Métiers Transfrontalier, accueil de 4.462 caravanes sur l'aire dédiée aux gens du voyage,...) et enfin de celles relatives à la solidarité aux communes (construction de nouvelles voiries d'intérêt communautaires et surtout redistribution de 13.300.988 euros aux 17 communes membres).

La transition était toute trouvée pour amener le discours de Bernard Dekens qui, après avoir rappelé que la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse avait été constituée à l'origine par les seules communes ayant accepté les inconvénients - notamment financiers - induits par la construction de la centrale nucléaire de Chooz B, a répété une nouvelle fois sa position vis-à-vis de la volonté de Revin d'intégrer de gré ou de force l'intercommunalité : c'est non, définitivement non et il a expliqué longuement pourquoi ! Ce n'est ni par égoïsme, ni par esprit politique ou partisan, mais simplement parce que les recettes apportées par l'entrée de Revin (environ 500.000 euros de dotations de l'Etat) seraient dérisoires au regard des transferts financiers qui en découleraient, comme la contribution supplémentaire au Service Départemental d'Incendie et de Secours qui s'élèverait à elle seule à 330.000 euros. Autrement dit, l'intégration de Revin obligerait, soit à augmenter fortement la fiscalité pour maintenir les services publics de qualité dont bénéficie aujourd'hui la population de l'intercommunalité du 1er au 3ème âge, soit à diminuer les compétences actuelles pour ne pas taxer davantage des habitants dont le potentiel fiscal est inférieur à celui des Revinois. Deux perspectives inacceptables pour Bernard Dekens, comme me semble-t-il pour tout élu conscient que les dotations reversées par la communauté de communes représentent parfois jusqu'à 75 % des recettes municipales, qui a conclu en exhortant Revin à regarder du côté des 3 autres intercommunalités qui la bordent.
LB

samedi 12 février 2011

"relève ton front, mon frère" !


"C'est toujours un moment de grande émotion que de voir un peuple prendre en mains directement son destin. Et quel peuple ! Le peuple égyptien millénaire, cœur vivant du monde arabe tout entier. "Relève ton front, mon frère !". L'appel de Nasser au peuple égyptien il y a un demi siècle, retentit dans la révolution égyptienne aujourd'hui.

Comment la France, héritière des idéaux de la Révolution de 1789, ne sympathiserait-elle pas de tout cœur avec cet élan ?

Les Français forment le vœu ardent que le peuple égyptien trouve son chemin vers la démocratie. Celle-ci est un régime de responsabilité. Pour ma part, j'ai grande confiance dans les réserves de générosité et d'humanisme qui sont dans le cœur du peuple égyptien, ami du peuple français. Celui-ci saura, j'en suis sûr, ne pas lui ménager son soutien dans la voie qu'il a choisie".
(Jean-Pierre Chevènement, 12 février 2011)

lundi 7 février 2011

Aubrives : les projets sont toujours aussi nombreux, mais le « feu sacré » n’y est plus !


Vendredi dernier, à 18h00, un horaire permettant de rester dans le cadre de la "permission de 20h00" à laquelle un certain élu municipal, et non des moindres, est désormais astreint pour des raisons privées que je m’interdits de développer ici, la 1ère réunion de l’année du Conseil municipal a eu lieu. A l’ordre du jour figuraient 11 points qui portaient essentiellement sur les dossiers d’investissement à présenter au titre de la programmation des subventions pour 2011. Tous les élus présents, soit 9 sur un total de 15, étant convaincus du caractère indispensable des aides financières extérieures pour mener à bien les projets de la municipalité, les débats ont été très courts - à peine plus d’une heure – et ils se sont déroulés dans une sérénité certes peu habituelle mais ô combien bienvenue !

En plus des demandes déjà faites en vain l’an dernier, concernant la réalisation d’un parking à la place de la ruine Cudeaux, la démolition de la maison Lourson qui défigure l’entrée du village, la réfection des impasses Debussy-Ravel-Faure et l’aménagement d’un parking derrière la salle Paul Hustin, qui ont été renouvelées avec l’espoir qu’elles seront cette fois satisfaites, 4 nouveaux dossiers ont été déposés. Le plus conséquent, et de loin puisqu’il porte sur la coquette somme de 3.367.691 euros TTC, est celui de la construction d’une salle polyvalente à vocation sportive dont on a appris qu’elle abritera aussi un poste de gestion de crise (!) équipé entre autres d’un standard téléphonique qui pourra être contacté par l’intermédiaire d’un numéro indigo spécifique. Les autres concernent la réalisation d’une voie de liaison entre les rues Viénot et Poulenc, la réfection de 3 petites rues du centre du village (Père Georges, Orfèvres et Moulin) et le lancement d’un diagnostic de sol pour la réhabilitation de l’ancienne décharge.

De beaux projets donc, dont je suis prêt à parier, n’en déplaise à notre bon maire et à son quarteron d’adjoints, que certains en resteront au stade des intentions comme c’est déjà le cas cette année pour la construction du fameux pôle scolaire ou encore la réfection de la rue des Orsières dont ils nous rebattaient tant les oreilles l’année dernière ! Quant au reste de la séance, elle a été marquée par le report à une date ultérieure de la reprise de la signalisation du village, par le quasi abandon du projet de construction d’un rond-point sur la place de l’église et par la revente de la cacahuète, pardon je voulais dire de la balayeuse, qui avait été acquise à grand renfort de publicité en 2008 à une entreprise qui, le hasard faisant bien les choses, comptait déjà parmi ses salariés un de nos adjoints. Mais au-delà de ces quelques décisions, je retiendrai surtout de cette réunion le sentiment d’abattement, de lassitude et de découragement de l’exécutif municipal qui commence certainement à se rendre compte qu’entre les rêves claironnés à tous vents et la réalité, il n’y a pas simplement un petit fossé, mais un véritable gouffre qu’il est bien difficile de franchir...
LB

dimanche 6 février 2011

Charlemont : l’Etat fuit lâchement ses responsabilités !


En 2008, la terrible nouvelle était tombée : dans le cadre de la réorganisation de l’armée française, le Centre d’Entrainement Commando de Givet, situé dans la forteresse de Charlemont, allait être fermé. D’un trait de plume, plus d’une centaine d’emplois militaires et trente emplois civils étaient appelés à disparaître dans la Pointe à horizon d’un an. Un vrai choc pour un territoire déjà lourdement touché par les fermetures d’usines à répétition, que l’Etat avait alors décidé d’atténuer en mettant en place pour 3 ans, reconductible une fois par un avenant d’une durée de 2 ans maximum, un Contrat de redynamisation de Site de Défense pour lequel il a mobilisé très exactement 4.994.310 euros.

Dans ce cadre, et grâce à l’appui financier des autres collectivités territoriales, un catalogue assez complet de mesures a été élaboré pour renforcer l’attractivité du canton de Givet afin d’y faciliter l’installation de nouvelles activités. Parallèlement, dès la 1ère visite en septembre 2008 du secrétaire d’Etat Hubert Falco dans la cité de Méhul, le gouvernement s’était engagé à assurer l’entretien et la sécurité de l’immense forteresse 90 hectares avec 31 bâtiments entourés par plus de 5 kilomètres de rempart – jusqu’à sa reprise par un ou plusieurs investisseurs privés ou publics, ce qui représente au bas mot une dépense de 500.000 euros par an. Un bel effort financier donc, que l’on peut considérer comme une juste compensation pour le traumatisme causé !

Malheureusement, la forteresse de Charlemont étant inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1927, ses falaises faisant partie de la réserve naturelle de la Pointe étant classées Natura 2000, ses sols présentant des risques importants de pollution pyrotechnique et les constructions y étant interdites dans l'état actuel du PLU, les repreneurs potentiels crédibles ne se sont pour le moment pas encore bousculés au portillon et rien ne dit qu’ils le feront à l’avenir. Face à cette situation, l’Etat a donc décidé de limiter les frais en annonçant qu’il ne signerait pas de convention avec un futur acquéreur. En clair, cela signifie que l’oiseau rare, s’il est trouvé un jour, devra prendre en charge les coûts d’entretien ! Vu les sommes en jeu, tout le monde comprendra que c’est pratiquement mission impossible.

La forteresse de Charlemont court ainsi le risque de tomber petit à petit en ruine et de ressembler, à terme, à celle du Mont d’Haurs. Triste perspective que seule la mairie ou la Communauté de communes pourrait éviter en acquérant le site pour l’euro symbolique et en s’engageant à conclure une convention, portant entre autres sur les frais d’entretien, avec d’éventuels futurs porteurs de projets privés. Une triple peine en somme puisque après avoir perdu l’activité économique générée par le CEC et les animations qu’il assurait comme le feu d’artifice annuel et le festival de musique militaire, les collectivités locales devraient maintenant mettre largement la main à la poche pour compenser le désengagement éhonté d’un Etat sans scrupule qui n'hésite pas à refiler la patate chaude sans crier gare. Pour le MRC 08, c’est non seulement inadmissible, c’est indigne, mais hélas tout à fait révélateur de la politique du gouvernement qui promet beaucoup mais tient très peu...

mercredi 2 février 2011

Fromelennes : KME va supprimer au moins 60 emplois !


Implantée le long de la Houille à Flohimont, un petit village rattaché administrativement à la commune de Fromelennes, l’usine KME est incontestablement un monument de l’industrie de la Pointe. Par son ancienneté d’abord puisqu’elle est la lointaine descendante d’un moulin à blé converti en 1817 en laminoir pour fabriquer des plaques de laiton et de zinc avant que les frères Estivant, des industriels givetois, ne le rachète en 1841 et le spécialise dans la fabrication d’objets divers en cuivre. Mais aussi par ses dimensions puisque sur le site de 50 hectares qu’elle occupe, dont 8 sont couverts, on trouve entre autres un bâtiment de tuberie industriel d’une longueur de 650 mètres, une cheminée d’une hauteur de 82 mètres ( !) qui veille telle une sentinelle sur les alentours depuis 1912 et un château d’eau d’une capacité de 500 mètres-cube. Sans oublier par son poids économique puisque, même si elle ne joue pas dans la catégorie de la centrale nucléaire de Chooz, elle fait partie des établissements exceptionnels, dont les contributions fiscales sont écrêtées pour le plus grand profit d’un certain nombre de communes, et fait travailler 370 salariés, ce qui en fait le 1er employeur privé de la Pointe.

Un établissement remarquable donc à tous points de vue, ce qui n’a pas empêché son dernier propriétaire français, l’entreprise nationalisée Péchiney, de le céder en 1987 au groupe italien SMI devenu entre temps, grâce à sa fusion avec Tréfimétaux et KM-Kabelmetal en 1995, le 1er transformateur mondial de cuivre. De quoi lui offrir de belles perspectives d’avenir, disait-on alors à l’époque ! Hélas, la réalité a été bien différente puisque l’entreprise, désormais spécialisée dans la fabrication de tubes industriels, pour la climatisation et la réfrigération, de tubes sanitaires pour le bâtiment et de billettes pour sa propre consommation mais aussi pour celle des usines de Niederbrück en Alsace et de Kirley en Angleterre, a connu de très sérieuses difficultés entre 2002 et 2005 qui l’ont contraint à procéder à plusieurs vagues de licenciements. Cette mauvaise passe a cependant été utilisée pour mettre en place, dès le début de 2003, une charte des valeurs destinée, d’après les dires du directeur du site, à "favoriser les actions collectives, proactives et pertinentes" et à créer les conditions pour rester "unis, flexibles, compréhensifs et disponibles". Bref, un nouveau mode de management basé non plus sur le "directif", mais sur le "participatif".

Cet accord original et efficace a permis à l’usine d’être considérée par ses propriétaires comme un site d’avenir. Ils y ont donc investi plus de 5 millions d’euros entre 2006 et 2008, en y implantant notamment, respect des normes environnementales oblige, un nouveau dépoussiéreur et un système de filtration de l’eau de refroidissement chargée en noir de carbone. Le début d’un nouvel âge d’or ? Malheureusement non puisque la crise économique a entraîné dès 2009 une baisse de la production d’environ 30 %, obligeant l’entreprise à recourir au chômage partiel une semaine par mois à partir du mois d’avril. Depuis, la situation ne s’est pas améliorée et la direction a annoncé à la fin de la semaine dernière qu’elle allait procéder à une restructuration du site en centralisant toute la production sur un seul atelier au lieu des 2 existant actuellement. L’objectif est bien sûr de diminuer les coûts fixes en rationalisant les moyens, mais cela ne se fera pas sans casse sociale puisqu’on parle déjà de la suppression d’une grosse soixantaine d’emplois ! Certes, il ne devrait pas y avoir de licenciements secs, mais seulement des départs volontaires de salariés bénéficiant de mesures d’âge dont les modalités exactes seront connues en avril.

Pour le MRC 08, si cette méthode pour alléger les effectifs est humainement acceptable, elle n’en conduira pas moins à diminuer encore l’emploi salarié dans la Pointe, qui n’avait pas besoin de ce mauvais coup après les fermetures récentes de la Sopal, du CEC et d’Ardenity. C’est donc une bien mauvaise nouvelle pour les commerces et les services locaux ! Espérons maintenant que la disparition programmée d’un des 2 ateliers de KME n’est pas le prélude à la disparition d’une des 2 productions de tubes réalisées dans cette usine si chère au cœur des locaux qu’ils avaient été 1518 à se déplacer pour la visiter lors de la journée "portes ouvertes" organisée en septembre 2008...