On entend souvent de la part de nos élites médiatiques, politiques, européistes, la ritournelle suivante : "l'Europe, c'est la paix" ! A voir la photographie du centre d'Athènes ci-dessous, réalisée par thibetian et qui circule depuis hier sur Twitter, on peut en douter. La cause de cette flambée de violence, qui s’apparente à des manifestations insurrectionnelles, dont ont été victimes des dizaines de bâtiments ? Une manifestation d'environ 100.000 personnes, à l'appel des deux grandes centrales syndicales grecques, contre le nouveau plan d'austérité que s'apprêtaient à voter les députés et qui prévoit, entre autres joyeusetés, un réduction de 22 % du salaire minimum qui serait ramené à 586 euros bruts, la suppression de 15.000 emplois publics en 2012, la baisse de certaines retraites et des salaires des fonctionnaires ou encore la réduction du budget de la sécurité sociale. Une énième cure d'austérité infligée à une population qui n'en peut plus de faire des sacrifices et qui a déjà provoqué le départ de 6 membres du gouvernement ! Mais rien n'y a fait, malgré quelques défections, le plan a été adopté à une large majorité peu avant minuit. Il reste maintenant aux élus grecs à affronter la colère de leur peuple et au MRC 08 à espérer que l'accumulation des plans d'austérité ne conduise pas un jour les Français à connaître une situation pareille...
Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI
Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"
lundi 13 février 2012
dimanche 12 février 2012
Chevènement dénonce le débat interdit !
"L’idée de Mme Merkel de considérer les affaires européennes comme des affaires de "politique intérieure" est l’illustration même d’une dérive européiste grosse de dangers. Cette idée est une nouvelle formulation du "droit d’ingérence". Comme chacun sait, on n’a jamais vu les faibles s’ingérer dans les affaires des forts. A l’inverse, on voit Mme Merkel, et à ses côtés M. Sarkozy, bien mal inspiré, tancer la Grèce de très haut pour n’appliquer pas assez vite les recettes déflationnistes conçues par le nouvel "hégemon" (puisqu’on s’exprime ainsi désormais). Mme Merkel s’est aussi immiscée de manière malencontreuse dans la campagne présidentielle française en appuyant M. Sarkozy. L’un et l’autre veulent faire avaler la prétendue "règle d’or" au peuple français, à deux mois de l’élection présidentielle.
Cette potion est absurde : Joseph Stiglitz et Paul Krugmann, deux prix Nobel d’Economie, sans parler de beaucoup de nos économistes parmi les plus chevronnés (Jean-Paul Fitoussi et j’en passe…) ont démontré que la mise en œuvre simultanée de plans de déflation dans toute l’Europe conduirait à une récession générale. Ce point essentiel ne peut-il être débattu ? La zone euro est et reste fragile. Ce n’est pas parce que les banques, inondées de liquidités à trois ans, à un taux de 1%, ont momentanément souscrit des bons d’Etat à 5,8% en Italie que la crise des dettes souveraines est derrière nous. La récession en marche fera sauter les fragiles barrières imaginées par "Merkozy" : croit-on ainsi que le MES (mécanisme européen de stabilité), au capital de 80 milliards d’euros, pourra recueillir par voix d’émissions sur les marchés financiers, les 500 milliards d’euros prévus qui seraient de toutes façons insuffisants pour faire face à un défaut espagnol ou italien ?
Les problèmes structurels (hétérogénéité de la zone euro, écarts de compétitivité insupportables) n’ont pas été résolus. Les écarts de compétitivité se reflètent dans les excédents et les déficits de balances courants des pays membres de la zone euro. Pierre Lellouche citait hier au Sénat le montant de l’excédent automobile allemand en 2011 : 100 milliards d’euros à comparer au déficit français : 5 milliards d’euros. Il y a encore cinq ou six ans, l’automobile était dans la balance du commerce extérieur français un poste excédentaire (environ 10 milliards d’euros en 2005). Ainsi l’automobile représente aujourd’hui près de la moitié de l’écart qui sépare l’excédent global allemand (150 milliards) et le déficit français (70 milliards) : 105 milliards sur 220 milliards. Comment allons-nous remonter cet écart ? A partir de quelles marges financières aujourd’hui écrasées de nos entreprises, de quelles aides publiques aujourd’hui taries, de quelle médecine de cheval, sinon celle d’une austérité à perpétuité inscrite dans le traité européen qui doit être signé le 1er mars prochain ?
Il est d’autant plus choquant qu’un journal comme Le Monde (certes depuis longtemps au cœur du "cercle de la raison" cher à Alain Minc) puisse appeler dans l’éditorial de première page de son édition du 10 février 2012 à "ne pas toucher au pacte budgétaire". "Il ne faut pas rouvrir la négociation sur ce traité" intime Le Monde à François Hollande, à grand renfort d’arguments particulièrement spécieux. Nos bien-pensants vont encore une fois invoquer "la parole de la France" (pour mieux enterrer celle-ci). Deux rappels historiques :
- Le Général de Gaulle n’a-t-il pas subordonné l’entrée en vigueur du traité du Marché Commun, signé en 1957, à l’adoption d’une politique agricole commune (1962) et à la reconnaissance d’un droit de véto (crise de la "chaise vide" en 1965) ?
- Deuxième exemple : le Général de Gaulle s’est-il senti "lié par la parole de la France" quand il a décidé en 1966 le retrait de notre pays des Etats-majors intégrés de l’OTAN (mis en place au début des années cinquante) après la ratification du traité de l’Atlantique Nord ?
On assiste là à un dévoiement par l’Establishment de la politique extérieure de la France. Celle-ci deviendrait ouvertement un carcan destiné à étouffer la voix du peuple français. C’est "le débat interdit". Et après cela, Le Monde viendra dénoncer la montée des "populismes"!
(carnet de Jean-Pierre Chevènement, vendredi 10 février 2012)
jeudi 9 février 2012
lundi 6 février 2012
dimanche 5 février 2012
Quand les anarchistes ardennais faisaient parler d’eux...
Il y a cent dix-huit ans tout juste, la tête d’un Ardennais tombait dans un panier posé au pied d’une guillotine installée devant la prison de la Roquette à Paris. Son nom ? Auguste Vaillant ! Son crime ? Avoir voulu venger son compagnon Ravachol, anarchiste tout comme lui, en attaquant les Bouffe-galette de l’aquarium, au milieu desquels il lança une bombe remplie de clous le 9 décembre 1893. Bien qu’il n’y ait eu aucun blessé grave, un tel attentat commis en pleine Chambre des députés ne pouvait évidemment rester impuni et la Cour d’assises de la Seine condamna le natif de Charleville-Mézières à la peine capitale le 10 janvier, après une instruction pour le moins expéditive. Curieux procédé dans une République qui servait alors de modèle aux démocrates du monde entier, mais en cette période d’attentats qui devait culminer, quelques mois plus tard avec l’assassinat du président Sadi Carnot par Caserio, il fallait faire un exemple ! Au petit matin du 5 février 1894, Vaillant s’approcha donc crânement de celle que l’on nomme parfois ironiquement la Veuve , refusa naturellement les secours de la religion et mourut en criant "Vive l’anarchie".
Dans sa brève existence qui eut la même durée que celle d’un certain Jésus, Vaillant avait passé son temps à trimarder sur les routes de France et d’ailleurs, allant gagner sa vie jusqu’en Algérie et en Argentine. Il refit cependant un court séjour dans ses Ardennes natales en 1878 : aide-puddleur à Sedan puis démolisseur de remparts à Charleville, il y fut condamné à six jours de prison pour grivèlerie, ayant omis de payer une addition de ... 90 centimes dans l’auberge de la veuve Verdavenne située sur la Place ducale. Ce n’est que plus tard, une fois installé en banlieue parisienne, qu’il se mêla aux cercles anarchistes. Pourtant, au même moment, l’Idée florissait déjà dans les Ardennes, avec 200 militants en 1894. Refusant toute participation électorale, ces anars penchaient à l’occasion pour la propagande par le fait. Ainsi, en 1891, trois ouvriers avaient fait exploser des cartouches de dynamite dans les gendarmeries de Charleville et de Revin, puis dans la résidence de l’industriel Deville, ce qui avait valu à chacun sept ans de prison. En 1894, une série d’incendies provoqua la condamnation à douze ans de bagne de Badré-Mauguière, alors conseiller municipal de Revin et distributeur bien connu du journal anarchiste Le Père Peinard.
Face à la répression, les militants n’hésitaient pas non plus à faire le coup de poing, comme à Revin en 1892 lorsqu’un quart d’œil, c'est-à-dire un commissaire de police, de Vireux qui surveillait discrètement une conférence fut reconnu et molesté par trois des assistants, dont le bouillonnant ferronnier Gustave Bouillard. Parallèlement, sur le plan des idées, les "Sans Patrie" de Charleville et les "Déshérités" de Nouzon dénonçaient sans surprise en bloc les singes et leurs bagnes, les roussins et leurs matraques, les dévots ratichons, et même les galonnards du 128ème d’Infanterie, "le beau régiment des bourgeois de Givet", dont les soldats étaient appelés à la désertion. A l’occasion, ils ne ménageaient pas non plus les "possibileux", autrement dit les socialistes, qu’ils décrivaient ainsi : "Voilà, mon vieux Peinard, ce que les socialos pisse-froid ont fait des ouvriers ! Des résignés à Revin, des votards à Nouzon et à Charleville des lèche-culs." Dans toute la vallée de la Meuse , il n’y a que dans la Pointe de Givet qu’ils étaient relativement discrets, présence d’une importante garnison oblige, même si un dénommé Adolphe Balle, surnommé Ravachol, disciple de Jean-Baptiste Clément et poète à ses heures, résida un temps à Flohimont comme revendeur de journaux.
L’élan anarchiste ardennais se prolongea ensuite avec la fondation en 1903 par Fortuné Henry d’une communauté libertaire à Aiglemont, l’Essai, qui connut une belle notoriété nationale ! Hélas, si cette généreuse expérience reçut l’aide des ouvriers de Nouzonville, elle pâtit de la présence de quelques repris de justice et elle prit fin dès 1908. Depuis, les tenants des idées libertaires n’ont pratiquement plus fait parler d’eux dans le département, sauf à l’occasion de mouvements sporadiques. Mais les Ardennes ont bel et bien été une terre d’anarchie. Dans ce contexte, pour le MRC 08, il serait choquant et pout tout dire particulièrement incongru que la 2ème circonscription du département, qui comprend essentiellement la vallée de la Meuse , devienne en juin prochain une terre d’énarchie avec l’élection du si propret et du si bien-pensant Boris Ravignon dont nous rappelons que son principal titre de gloire est d’être sorti en 2002 de cette prestigieuse école à formater les esprits...
(Nous remercions Dominique Petit pour l’aide apportée à la rédaction de cet article et nous vous invitons à consulter son site http://anardennais.joueb.com/)
mercredi 1 février 2012
Givet : la commissaire-enquêtrice a rendu un avis très réservé sur le projet d’incinérateur !
Après l’enquête publique sur le projet d’incinérateur qui s’est déroulée du 07 novembre au 17 décembre 2011, soit pendant une durée exceptionnellement longue de 41 jours afin de prendre en compte la forte mobilisation du public, l’avis de la commissaire-enquêtrice était attendu avec une grande impatience ! Initialement prévu pour être rendu le 20 janvier, il a été finalement déposé sur le bureau du Préfet le 26 janvier et depuis hier, il est consultable sur le site en ligne de la préfecture des Ardennes. Constitué d’un rapport circonstancié de 34 pages, dont les 25 premières se limitent à un simple rappel des grandes lignes du projet et à la description de l’organisation et du déroulement de l’enquête, de conclusions motivées de 11 pages et de nombreuses annexes dont la plus intéressante est le procès-verbal des observations associé au mémoire en réponse du porteur du projet, il est comme il se doit pour ce genre de document sans la moindre complaisance.
Tous les protagonistes sont passés à la moulinette de la critique ! Les opposants au projet, bien sûr, auxquels il est reproché de ne pas avoir parfaitement respecté la démocratie, en étant venus aux réunions publiques pour les perturber, et d’avoir instrumentalisé l’enquête à des fins idéologiques et/ou politiciennes. Mais aussi le président de l’association Vigilance-Givet, Joël Dujeux, qui est présenté justement, mais pas innocemment, comme étant déjà candidat pour les élections municipales de 2014 à Givet. Sans oublier le porteur du projet qui aurait cumulé les insuffisances, par exemple en ne démontrant pas la fiabilité de la valorisation agricole envisagée, et les élus à qui il est rappelé qu’ils auraient dû organiser en amont une consultation avec la population et les associations pour créer un climat plus apaisé. Enfin, même si la démocratie n’y trouve pas son compte, la presse locale en prend pour son grade puisqu’elle est montrée du doigt pour avoir relayé "quasi quotidiennement et parfois de façon peu objective" les évènements qui se sont déroulés.
Mais l’essentiel n’est pas là, il se trouve dans l’avis formulé par la commissaire-enquêtrice après avoir pris connaissance, d’une part des 1.347 remarques laissées par les 643 personnes qui se sont exprimées par l’intermédiaire du registre d’enquête publique - soit directement par écrit, soit en déposant un courrier ou une lettre-pétition - et d’autre part des propos qui lui ont été tenus lors des diverses réunions qu’elle a organisées. Un avis qui refuse d’être "un point de vue idéaliste sur ce type de création de site industriel" mais qui se veut "pondéré et réaliste". Par conséquent, il est "réservé", ce qui réglementairement se formule de la façon suivante : "avis favorable assorti de conditions suspensives" qui devront impérativement être levées, faute de quoi l’avis deviendrait automatiquement défavorable ! Un oui si donc, un oui très conditionnel puisque les conditions suspensives sont tout de même au nombre de 26...
Parmi elles, certaines sont de simples formalités, comme l’engagement écrit de ne jamais faire fonctionner l’unité Bioénergie Val de Meuse sans utiliser de filtres, ce qui devrait réjouir le porteur de projet auquel tout espoir n’a pas été enlevé. Mais ce n’est pas le cas de toutes les mesures imposées par la commissaire-enquêtrice, à commencer par les obligations de lever toutes les réserves émises par l’autorité environnementale dans son avis du 31 août 2011 et de lancer une tierce expertise par un cabinet d’experts accepté au préalable par le Préfet. De quoi ragaillardir les opposants au projet, d’autant que les contrôles devront être nettement plus importants que ceux initialement envisagés, avec notamment la mise en place à proximité du site d’une centrale de contrôle de la qualité de l’air et d’un réseau de 3 stations de collecte des poussières. Pour le MRC 08, les jeux ne sont donc pas encore faits et même si la construction de l’incinérateur sera beaucoup plus difficile que certains l’espéraient dans un passé récent, elle est encore possible. Par conséquent, il ne faut surtout pas baisser la garde...
Chevènement annonce son retrait de l'élection présidentielle
"Ayant pu exercer, autant que je le pouvais, le rôle pédagogique que je m'étais assigné, et n'ayant plus aujourd'hui les moyens de continuer ma campagne, je décide de retirer ma candidature à l'élection présidentielle. Je continuerai cependant, demain comme hier, à faire entendre ma voix pour servir la République", a précisé l'ancien ministre, 72 ans, dans un communiqué.
"Dans les temps difficiles qui sont devant nous, rien n'est plus important que de maintenir un recours républicain. J'indiquerai bien sûr, le moment venu, le candidat à l'élection présidentielle auquel, les yeux ouverts, j'apporterai mon soutien", ajoute le fondateur du Mouvement Républicain et Citoyen. En se déclarant candidat à l'Elysée, M. Chevènement - qui avait obtenu 5,3% des suffrages à la présidentielle de 2002 - avait dit vouloir "faire bouger les lignes".
Dans son communiqué, il rappelle les quatre "enjeux majeurs" pour la période qui s'ouvre : "monnaie moins chère que l'euro actuel" pour réindustrialiser le pays, organiser la croissance en Europe, souveraineté budgétaire et fiscale restant entre les mains du parlement français, "redresser l'Europe à partir des nations".
(dépêche AFP, 1er février 2012, 09h16)
"Dans les temps difficiles qui sont devant nous, rien n'est plus important que de maintenir un recours républicain. J'indiquerai bien sûr, le moment venu, le candidat à l'élection présidentielle auquel, les yeux ouverts, j'apporterai mon soutien", ajoute le fondateur du Mouvement Républicain et Citoyen. En se déclarant candidat à l'Elysée, M. Chevènement - qui avait obtenu 5,3% des suffrages à la présidentielle de 2002 - avait dit vouloir "faire bouger les lignes".
Dans son communiqué, il rappelle les quatre "enjeux majeurs" pour la période qui s'ouvre : "monnaie moins chère que l'euro actuel" pour réindustrialiser le pays, organiser la croissance en Europe, souveraineté budgétaire et fiscale restant entre les mains du parlement français, "redresser l'Europe à partir des nations".
(dépêche AFP, 1er février 2012, 09h16)
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