Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"


mercredi 29 février 2012

Le chiffre du jour !

52.600 ! C’est le nombre de personnes qui vivaient en 2009 dans les Ardennes sous le seuil de pauvreté d’après une enquête de l’INSEE Champagne-Ardenne rendue publique il y a tout juste une semaine. Que faut-il penser de ce chiffre ? Pour le MRC 08, trois choses ! La première est qu’il représente 18,6 % de la population du département alors que le taux de pauvreté, c'est-à-dire le pourcentage de personnes vivant avec moins de 954 euros par mois, s’élève à 14,5 % dans la région et à 13,5 % dans la totalité du pays. Les Ardennes sont donc particulièrement touchées par la pauvreté, au point de pointer au 88ème rang des départements victimes de ce fléau, ce qui s’explique certainement par la faiblesse des diplômés du supérieur (18,5 % pour les 20/24 ans contre 25,4 % pour la région et 30,3 % pour l’ensemble de la France) et par le poids très fort des emplois industriels dans l’emploi salarié marchand non agricole qui atteint 40,6 % alors qu’il dépasse de peu les 32 % en Champagne-Ardenne et les 22 % dans l’hexagone.

La deuxième chose est que cette pauvreté est extrêmement marquée puisque son intensité, c'est-à-dire l’écart entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté qui s’exprime en pourcentage, est de 19,6, ce qui signifie que la moitié des 52.600 Ardennais pauvres vivait avec moins de 769 euros par mois. Un chiffre qui classe les Ardennes au peu enviable 75ème rang des départements français et qui résulte sans aucun doute de la conjonction d’un taux de chômage élevé (12,1 %, soit le 8ème le plus défavorable de France) et d’une part de la population vivant avec le RSA socle non majoré (ex RMI) de 5,4 % contre 3,4 % dans l’ensemble du pays. Enfin, la dernière chose qui mérite d’être retenue de cette livraison de l’INSEE est que, avec une augmentation de 1,2 point en un an de son taux de pauvreté, les Ardennes sont, de tous les départements de France métropolitaine, celui qui a été le plus touché, juste derrière la Seine-Saint-Denis. Une performance calamiteuse donc, qui trouve sans aucun doute son origine dans la baisse de 6,6 % des emplois salariés dans le secteur marchand non agricole alors qu’elle n’a été que de 3,3 % au niveau national.                

Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce que le niveau de vie annuel en dessous duquel se situe la moitié des Ardennais ait diminué de 1 % en passant de 17.236 euros à 17.056 euros. Mais derrière cette baisse moyenne, le plus grave est que les inégalités se sont encore accrues puisque la baisse pour les 10 % des habitants les plus modestes a été de 1,9 % alors que les revenus pour les 10 % les plus aisés ont progressé de 1,7 % et représentent désormais 3,2 fois le niveau de vie en dessous duquel se situent les 10 % les plus modestes ! Quant à l’avenir, sans verser dans un pessimisme exagéré, il s’annonce malheureusement encore plus sombre puisque le chômage est reparti à la hausse depuis quelques mois et que le nombre de bénéficiaires du RSA socle non majoré n’a cessé de progresser depuis 2009...

dimanche 26 février 2012

Présidentielles :enfin un programme choc !

jeudi 23 février 2012

Aubrives : l'activité municipale se réduit comme une peau de chagrin !

Vendredi dernier, une séance peu banale du conseil municipal a eu lieu. A son ordre du jour figuraient 17 points, parmi lesquels beaucoup relevaient de la simple information ou du pur formalisme, mais pas tous comme ceux concernant la construction de la pharaonique salle polyvalente à vocation sportive et culturelle ou encore celui destiné à fixer le prix de vente du mètre carré du petit lotissement de 7 parcelles ouvert au lieu-dit La Terre Querelle. Pourtant, seuls 7 conseillers sur 15 s'étaient déplacés pour délibérer ! Une minorité donc, qui a pu décider en toute légalité puisque cette séance ne nécessitait aucun effectif minimal, étant donné qu'elle faisait suite à une première tentative de réunion le samedi 11 février qui n'avait pu se tenir faute, déjà, de quorum. A la décharge des élus absents, on peut mettre l'horaire de la réunion, fixé de façon tout à fait délibéré à 14h00, qui rendait quasiment impossible la présence des conseillers exerçant un travail et permettait ainsi de se retrouver entre copains, ce mot qui fait penser à "coquin" parce que son orthographe commence et finit de la même façon. Par contre, aucune excuse ne saurait justifier leur défaillance du samedi puisque la séance était programmée à 10h00, un horaire tout à fait décent, y compris pour les adeptes de la grasse matinée.

Cette situation hors norme, qui s'était déjà produite au mois d'août et qui pose un gros problème en terme de représentativité de la population, n'a cependant pas empêché de traiter les affaires inscrites à l'ordre du jour, sauf deux qui ont été retirées en cours de séance. Parmi elle, une était pourtant d'importance, à savoir la fixation du prix de vente des terrains du futur lotissement qui ne fait pas l'unanimité puisque certains, menés par notre bon maire, voudraient l'établir à un niveau élevé afin de dégager des bénéfices immédiats pour la commune alors que d'autres, dont je fais partie avec - une fois n'est pas coutume - l'adjoint aux fêtes et aux dépenses en hausse permanente qui en était tout étonné, préféreraient le limiter au prix de revient afin que les 7 parcelles trouvent rapidement preneur et permettent ainsi à la commune de bénéficier de dotations plus élevées et de nouvelles taxes d'habitation. Le dossier, qui aurait pu se terminer par un désaveu s'il avait été mis aux voix, a donc été renvoyé à plus tard ! Quant aux autres qui, il est vrai, ne posaient dans l'ensemble pas de problème particulier, ils ont été expédiés en à peine 45 minutes.

Le premier sujet, de loin le plus important, a été l'actualisation du dossier de demande de subvention pour la construction de la salle polyvalente à vocation sportive et culturelle. Il a permis à Touthankamon, pardon je voulais dire à notre bon maire, d'abattre ses cartes et de révéler que le coût total du projet s'élève, avant les inévitables surcoûts que connaissent tous les grands chantiers, à 2.761.504 euros TTC. Une somme particulièrement élevée pour une commune comme Aubrives, qui compte maintenant moins de 900 habitants, et qui devrait être financée à 50 % par autofinancement et pour le reste par d'hypothétiques subventions ou plus probablement par un recours à l'emprunt ! En clair, cela signifie d'une part, que la dette communale est appelée à augmenter alors qu'on ne connait toujours pas toutes les conséquences financières de la réforme de la taxe professionnelle et de celle des collectivités locales, et d'autre part que toutes les opérations de rénovation de la voirie qui ont été annoncées à grand renfort de tambours et de trompettes, et parfois de réunions avec les habitants, n'auront pas lieu afin de réserver les ressources de la commune à ce projet outrancièrement démesuré. Les riverains de la rue des Orsières et de celle du Père Georges, ceux des impasses Ravel et Faure ainsi que les usagers de la route de Mérivière, qui ressemble de plus en plus à une voie de communication comme on en trouve en Afrique, doivent donc savoir que les travaux qui leur avaient été promis n'auront pas lieu.


Pour le reste, cette séance, qui m'a permis de rappeler à quelques esprits obtus que le rôle d'une commission - fût-elle celle des travaux - est seulement de donner un avis indicatif et non pas de décider à la place de l'ensemble des élus, a été l'occasion d'apprendre que le règlement d'affouage avait été retoqué par le contrôle de la légalité alors que c'était exactement le même que celui qui était appliqué depuis 1991. Faut-il y voir la preuve que notre commune fait l'objet d'une surveillance renforcée de la part de la Préfecture ? Certains diront que non, mais pour moi, allez savoir pourquoi, ça ne fait aucun doute ! Elle a aussi permis de prendre 3 mesures tout à fait positives : l'acquisition d'un vitrail de Georges-Armand Favaudon mis en vente par un commerçant givetois qui confirme que l'oeuvre de cet artiste fait partie intégrante du patrimoine de la commune ; le rétablissement du bus permettant d'aller deux fois par mois à la zone commerciale Rives d'Europe qui avait été suspendu le 26 novembre 2011 alors que j'avais été le seul à voter pour son maintien ; sans oublier, cerise sur le gâteau, l'annonce de la réduction des marges de sécurité dans la section de fonctionnement du budget afin d'augmenter le transfert de crédit à la section d'investissement que j'avais réclamé haut et fort lors du vote du budget 2011 avant de subir les sarcasmes d'une horde ignorant le B.A.BA de la comptabilité publique. Inutile de dire que les membres présents de cette meute d'aboyeurs étaient particulièrement gênés aux entournures et auraient préféré que je ne leur rappelle pas le passé. Hélas pour eux, ce ne fut pas le cas parce qu'il est temps maintenant, 4 ans après le début de leur mandat, qu'ils comprennent que lorsqu'on prend une position, on doit l'assumer...
LB

mercredi 22 février 2012

Fromelennes : quand les syndicats osaient tenir tête à la direction !

Le 1er avril 1904, la loi Millerand-Colliard, qui réduisait à dix heures la journée de travail pour tous les salariés des entreprises employant des enfants de moins de dix-huit ans, devait entrer en vigueur. Pour y échapper, la Compagnie française des métaux, qui gèrait depuis 1892 à Fromelennes l’usine de cuivre située au lieu-dit Flohimont et ses mille ouvriers, décida le 13 avril 1904 de licencier les 50 jeunes qu’elle employait. Cette mesure brutale, à une époque où le travail des enfants était malheureusement une nécessité pour beaucoup de familles, suscita une émotion tellement forte que 800 métallurgistes votèrent immédiatement la grève ! Bien sûr, le mouvement reçut le soutien du syndicat local, dirigé par Léon Warzée, qui venait de s’affilier à la CGT, ainsi que de la Fédération des travailleurs socialistes des Ardennes, fondée par Jean-Baptiste Clément, et du camarade Varède, rédacteur en chef du Socialiste Ardennais.

Cependant, comme 700 Belges, venant surtout de Winenne et de Felenne, travaillaient à l’usine, la direction de Flohimont se concerta avec les bourgmestres et les curés de ces villages frontaliers pour les inciter à reprendre le travail. Une initiative couronnée de succès puisque 400 d’entre eux cédèrent aux injonctions et acceptèrent de se désolidariser de la grève à condition d’être escortés jusqu’à l’usine par des gendarmes belges, puis français. Evidemment, ce revirement ne fut pas du goût des travailleurs français qui formèrent chaque jour un comité d’accueil à la frontière. La tension monta ainsi d’un cran, à tel point qu’un soir, au retour des ouvriers, le peloton belge ouvrit le feu sur les grévistes. Puis, ce furent les forces de l’ordre françaises, logées et nourries dans l’usine même, qui chargèrent d’innocents promeneurs de retour du bal de Fromelennes : l’échauffourée fit un blessé et il fallut l’intervention du maire socialiste local, Désiré Marchal, pour rétablir le calme.

Souscriptions, meetings et conférences de soutien se succédèrent alors de Charleville à Dinant ! Le 16 mai, Paul Varède, accompagné du cégétiste parisien Andrieux, s’exprima dans la salle du gymnase à Givet devant plus de mille personnes qui entonnèrent l’Internationale. Mais malgré cet élan remarquable, le directeur de l’usine, Jules Mensier, refusa de céder. Tout juste accepta-t-il de verser une compensation aux 50 jeunes licenciés, en se réservant le droit de l’annuler à la moindre grève des ouvriers de Flohimont. Les syndicalistes de la CGT ne baissèrent pas les bras pour autant et, à la mi-juin, accompagnés par les deux députés socialistes des Ardennes - Albert Poulain et Elisée Lasalle – ainsi que par le leader socialiste Aristide Briand, ils rencontrent à Paris le Président du Conseil Emile Combes, après une intervention discrète mais efficace de Jaurès lui-même. La direction accepta alors un compromis, offrit une indemnité raisonnable aux 50 jeunes, et le travail reprit à la fin du mois de juin.

Ce conflit mémorable, à l’issue duquel la résistance des ouvriers et des syndicalistes avait réussi à faire plier la puissante Compagnie française des métauxest resté bien au-delà de la Pointe comme un des plus beaux exemples de solidarité ouvrière. Aujourd’hui, l’usine de Flohimont existe toujours, elle travaille toujours le cuivre et elle est encore le principal site industriel du canton de Givet. Mais les comparaisons avec le passé s’arrêtent là puisqu’elle appartient désormais au groupe italien KME et que ses effectifs dépassent à peine les 300 salariés. Quant à la combativité dont ses représentants syndicaux avait su faire preuve, elle semble avoir disparu comme le montrent l’acceptation en juillet 2011 par les représentants du personnel d’un plan social ayant entraîné 70 suppressions d’emploi ou encore leur silence assourdissant alors que la direction vient d’annoncer une spécialisation du site qui se traduira par la disparition de la moitié de la production. Autres temps, autres mœurs, dit-on, mais en ce cas précis, le MRC 08 ne peut que regretter fortement cette évolution dont les victimes sont les salariés et l'emploi industriel déjà bien amoché de la Pointe...

lundi 20 février 2012

Rond-point Aubrives/Hierges : faudra-t-il un mort avant de réagir ?

Dans le cadre du contrat de redynamisation du site de défense de Givet, un rond-point a été construit à l'intersection de la RD 8051 et des routes menant à Aubrives et à Hierges afin de sécuriser cet endroit considéré à raison comme accidentogène. Depuis son ouverture au cours de l'automne 2011, les automobilistes venant de ces 2 villages riverains et souhaitant prendre l'ancienne RN 51 dans la direction de Vireux n'ont eu qu'à se féliciter de cet aménagement puisque, maintenant, ils peuvent s'engager sur cet axe sans avoir la peur au ventre.

Par contre, ce sentiment n'est certainement pas partagé par les usagers de la route venant de Givet dont plusieurs ont traversé directement le giratoire en passant par le terre-plein central au lieu de le contourner, comme en témoignent les traces de pneus que l'on peut parfois y découvrir au petit matin. Un automobiliste s'est même carrément retrouvé dans la pâture située en contre-bas ! Depuis, des glissières de sécurité ont été installées par le Conseil Général, mais rien n'y fait, les accidents continuent. Ce matin, comme vous pouvez le voir sur les photos ci-dessous, c'est un poids-lourd qui n'a pas réussi à freiner à temps et qui s'est immobilisé sur le terre-plein central. Aucune victime n'est à déplorer, mais tout le monde imagine sans peine ce qui se serait passé si une voiture avait été engagée sur le giratoire au moment de l'accident.

Pour le MRC 08, il y donc maintenant urgence à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher qu'un drame ne se produise. Cela suppose que le Conseil Général, au lieu de nier la réalité du danger actuel - comme il l'a fait en affirmant le 02 janvier 2012 dans un courrier transmis au conseiller général du canton que "les éléments verbaux recueillis sur les circonstances des accidents mettent en cause des habitués qui auraient pu ne pas prêter attention à la modification d'une infrastructure familière" - accepte de la reconnaître et se décide enfin à financer les quelques travaux qui assureraient une meilleure sécurité de ce rond-point par ailleurs bienvenu. Certes, cela a un coût, mais ne dit-on pas que, comme la santé, la sécurité n'a pas de prix...

vendredi 17 février 2012

Grèce : témoignage édifiant d'une Française qui y vit depuis 20 ans !

"(…) À lire la une du Monde, vous ne risquez pas la sur-information à propos de la Grèce. Donc, les chefs des 3 partis soutenant le gouvernement non élu de Papadimos (ex-Goldman Sachs, ex-gouverneur de la Banque Centrale de Grèce…), à savoir : Papandréou (Pasok), Samaras (Néa Dimokratia, droite), Karatzaferis (Laos, extrême-droite) se sont réunis, pour faire semblant de négocier (on savait depuis le départ qu’ils diraient oui à toutes les exigences de la Troïka). Résultat des courses (j’en oublie forcément) :

  1. suppression des conventions collectives, tout le monde à la même enseigne, élargissement de la dérégulation, emploi à temps partiel, conditions d’embauche spéciales pour les - de 25 ans (voir + bas)
  2. baisse de 22 % du salaire minimum (le portant à 600 euros bruts ; soit env. 480 nets) cela influe sur TOUTES les primes (enfants, mariage, diplômes…) qui s’ajoutent éventuellement au salaire de base et sont calculées à partir du salaire min.
  3. 10 % de baisse en plus pour les - de 25 ans (donc salaire de base à 527 euros bruts pour eux, moins de 400 euros nets, à condition bien sûr de travailler à plein temps).
  4. gel du salaire minimum pour 3 ans (jusqu’en 2015)
  5. gel des primes à l’ancienneté tant que le chômage ne sera pas à moins de 10 % (les calendes grecques, quoi)
  6. baisse de 2 % des cotisations sociales en 2012, et de 13 % en 2013
  7. baisse des grilles des salaires dans la fonction publique (et bien sûr ce n’est pas la première)
  8. baisse de 15 % des retraites complémentaires (pour toutes les retraites complémentaires, quel que soit le montant total perçu par les retraités)
  9. la question des retraites principales reste ouverte
  10. baisse de 15 % des retraites principales à DEI (équivalent d’EDF), OTE (le téléphone) et dans les banques nationalisées ou semi
  11. suppression directe de 15.000 postes dans la fonction publique, et de 150.000 (par non-reconduction de postes après retraites, etc.) d’ici 2015.
Les enfants font cours dans des écoles sans chauffage, on attend toujours les livres (mais cela paraît franchement anodin comparé à tout le reste), pour faire des examens à l’hôpital, il faut avancer les frais (et être remboursé à 70 %, si la caisse de Sécu existe encore à la date du remboursement…) et comme on ne paie pas nos impôts divers (on est imposable à partir de 5.000 euros par an…, + impôt sur la propriété, et bon nombre de Grecs, pauvres par ailleurs, sont propriétaires, etc., etc.)… on nous fait une ponction à la source sur nos salaires. Mon dernier salaire (janvier, sans la ponction automatique d’environ 30 euros pour impôts, et avant les baisses annoncées aujourd’hui) était de 758 euros. Byzance, quoi. Mon loyer est de 320 euros, le fuel est à 1,06 euro le litre, l’essence à 1.69 (dans le meilleur des cas), le pain à 1.60 le kg, les patates à 0.8, le lait à 1.2 …

Dans les médias, on subit une offensive de propagande incroyable (“c’est dur, mais il faut ça pour se sauver”, “c’est l’occasion de mettre de l’ordre avec tous ces tricheurs”, etc.), et ceux, pas nombreux et seulement dans les médias alternatifs, boycottés et censurés systématiquement, qui affirment qu’il faut dire non, refuser ce prêt et tout ce qui va avec, et retourner à la drachme qui nous permettrait enfin de nous remettre debout (parce que tant qu’on est ficelés par la monnaie commune, on ne peut rien faire, sinon être plongés encore un peu plus dans la récession), sont accusés de folie, communisme, enfin bref de tous les maux de l’humanité.

Le gouvernement NON ÉLU et placé là au mépris de la constitution signe un arrêt condamnant la Grèce pour les 50 prochaines années (ce n’est pas une exagération). C’est systématique, organisé, délibéré, et ça fonctionne. Les Allemands, après avoir retiré leur demande de placer un proconsul en Grèce (ça a provoqué un tollé, même chez les Allemands !), insistent pour que soit créé un compte spécial, destiné au service de la dette, et géré… par eux (les créanciers). On ne précise nulle part qu’ils veulent, c’est un fait, que ce compte soit alimenté non seulement par le prêt à venir, mais aussi par les recettes de l’État, si besoin est. Ça a un nom : colonisation.

On va monter à Athènes avec Christos, on ne sait franchement pas trop pour quoi faire, encore, je vous tiendrai informés. Je sais que vous faites tout ce que vous pouvez pour faire passer les infos, continuez, c’est la première chose à faire, on a vraiment besoin de votre soutien".

(publié par Marie-Laure Veilhan dans ReSPUBLICA, le journal de la gauche républicaine, laïque, écologique et sociale, édition du 17 février 2012)

mardi 14 février 2012