Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI
Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"
samedi 31 décembre 2011
jeudi 29 décembre 2011
Givet : le faux-débat du conseil municipal sur l’incinérateur a eu lieu !
On disait Claude Wallendorff très affaibli après les révélations sur la mauvaise gestion, aussi bien financière qu’humaine, des 2 maisons de retraites regroupées dans l’association Agespana dont il assure la présidence depuis sa création. On le prétendait en grande difficulté après le succès populaire et médiatique obtenu par les réunions publiques organisées ces six dernières semaines à l’initiative de l’association Vigilance-Givet. On le présentait comme un homme à terre, rattrapé par ses erreurs passées et ses errements actuels, auquel le coup de grâce serait donné, en public de surcroît, à l’occasion de la séance du conseil municipal sur l’incinérateur que l’opposition réclamait à cors et à cris depuis maintenant un an. Visiblement, c’était aller un peu vite en besogne comme l’a montré le déroulement de la séance tant attendue qui a finalement eu lieu hier soir.
Annoncée dans la presse et par l’association Vigilance-Givet comme devant être le moment de vérité pour le conseil municipal de Givet, celui où - après avoir entendu les arguments des porteurs du projet puis de ses détracteurs avant de soumettre les deux camps au feu roulant des questions/réponses - une position officielle sur l’incinérateur serait définitivement adoptée, la réunion, quoique programmée malicieusement en plein milieu des fêtes de fin d’année, a attiré la foule des grand jours puisqu’une centaine de personnes s’étaient déplacées pour écouter les débats dans une salle totalement bondée. Face au maire et à ses principaux adjoints figuraient 2 défenseurs de l’incinérateur, l’industriel Everhardus Jaarsma et son porte-parole Patrice Loubet, et 2 opposants, le Président de Vigilance-Givet Joël Dujeux et son meilleur conseiller technique Sylvain Baumel, lesquels avaient été placés, symbole oblige, à proximité immédiate des conseillers municipaux d’opposition.
Comme il se doit, Claude Wallendorff a rappelé à la nombreuse assistance qu’elle ne pourrait intervenir d’aucune façon dans les débats et qu’elle devrait s’abstenir de toute manifestation d’approbation ou de désapprobation. Puis, il a précisé le déroulement de la séance : 20 minutes accordées d’abord à Vigilance-Givet, autant ensuite pour les porteurs du projet et enfin 20 minutes laissées aux conseillers municipaux pour qu’ils puissent demander des précisions avant que le vote n’ait lieu sur une question bien précise ... à savoir en substance s’ils acceptaient ou non de s’en remettre à l’avis des services de l’Etat sur le projet Pointe EnR. L’opposition s’est alors vivement manifestée pour faire part de son désaccord sur la question posée, qui la mettait dans l’embarras puisqu’elle amenait le conseil municipal à se positionner sur l’action des services de l’Etat et non pas pour ou contre l’incinérateur, ainsi que sur l’inversion de l’ordre de passage initialement envisagé.
S’en est suivi un gros quart d’heure d’échanges parfois véhéments à l’issue duquel le maire Claude Wallendorff a fait savoir qu’il était le seul à pouvoir décider de l’ordre du jour et qu’il n’en changerait pas. Puis, après avoir manié le bâton, il a fait montre d’ouverture d’esprit en acceptant après une brève discussion cousue de fil blanc avec Patrice Loubet d’intervertir l’ordre de passage des intervenants. Une demi-victoire pour l’opposition ? Non, une défaite complète puisqu’elle est tombée dans le piège classique qui consiste à créer sciemment 2 points de friction, puis à reculer sur le moins important afin de mieux faire avaler la plus grosse couleuvre ! Le maître de cérémonie ayant obtenu ce qu’il souhaitait, chacun a alors pu s’exprimer devant des conseillers municipaux extrêmement attentifs et une assemblée dans l’ensemble très calme pour éviter que le huis clos préjudiciable à tout le monde ne soit prononcé.
Pour défendre le projet, Patrice Loubet a d’emblée annoncé qu’il allait faire simple au niveau des chiffres. Puis, il a axé son exposé sur le combustible, qu’il a présenté comme le résultat d’une transformation de sous-produits de l’industrie papetière dont la composition serait toujours la même avec environ 95 % de biomasse et 5 % de plastique. Il a insisté sur l’approvisionnement par voie fluviale, respectueux de l’environnement, tout comme le seraient le transport entre le port et le Pacog qui se ferait à moins de 40 km/h ainsi que les mécanismes de réaction aux risques prévus pour être déclenchés avant le dépassement des seuils de pollution autorisés. Il a aussi affirmé, chose étonnante, "que le projet ne contient aucune innovation technique et que c’est pour ça qu’il est intéressant" ! Ou encore que le procédé prévu à Givet existe déjà à Roermond, aux Pays-Bas, avec "la production d’un combustible comprenant 50 % de plastique et 50 % de biomasse". Par ailleurs, il s’est efforcé de disqualifier le terme d’incinérateur en arguant qu’aucune ordure ménagère ne serait brûlée.
Pour les opposants, Joël Dujeux a rappelé l’historique du collectif Vigilance devenu association Vigilance-Givet avant d’insister sur le recours à une contre-expertise citoyenne dont les conclusions ont été rendues publiques. Il a ensuite annoncé que la pétition contre l’incinérateur avait recueilli plus de 10.000 signatures, que celle initiée par le corps médical en avait 179 et que près de 1.000 personnes s’étaient déplacées aux différentes réunions publiques. Puis Sylvain Baumel a posé une série de questions ouvertes sur le combustible prévu, sur l’impact sanitaire de l’activité, sur les conséquences pour l’attractivité du territoire ou encore sur les effets cocktail qui n’ont pas été pris en compte. Il a ensuite insisté sur la rupture du lien de confiance avec les élus qui ont longtemps refusé tout dialogue et, après avoir incité à raisonner à long terme plutôt qu’à l’échelle d’un mandat électoral, il a appelé au vu de la question posée les conseillers municipaux à s’abstenir lors du vote.
La parole a ensuite été donnée aux conseillers municipaux. Les premiers à s’en saisir ont été ceux de l’opposition qui se sont d’abord trompés d’interlocuteur en questionnant Claude Wallendorff, qui n’en demandait pas tant en regardant les minutes s’égrener, sur les intérêts du projet pour la ville et sur la vision qu’il avait de l’avenir de Givet. Puis Luc Declef a rectifié le tir en demandant à Patrice Loubet, visiblement dépassé et cherchant son salut dans des études réalisées par des organismes officiels, de répondre aux craintes exprimées par le corps médical concernant la toxicité induite par le projet. La majorité a répliqué par la voix de Michel Porcelli qui a essayé d’abaisser le niveau du débat en affirmant que "la majeure partie de la salle ne connaît pas la chimie" et ne peut donc pas comprendre les propos de Sylvain Baumel, qualifié de "beau parleur". Claude Wallendorff a alors fermé le ban avec la roublardise que le MRC 08 lui connaît en reconnaissant que les opposants au projet avaient posé de bonnes questions et qu’ils avaient bien fait.
Il ne restait plus qu’à passer au vote ! A priori une simple formalité, mais l’opposition a alors choisi de faire un coup (d’éclat) en se levant et en refusant d’y participer au prétexte que ce serait cautionner un simulacre que de se prononcer sur la question biaisée posée par le maire. Sur le fond, on peut difficilement leur donner tort. Mais sur la forme, c’est autre chose ! Puisqu’il s’agissait d’un simulacre de démocratie, pourquoi ont-ils accepté pendant plus d’une heure de siéger ? Pourquoi ont-ils perdu une grande partie de leur temps d’expression à questionner Claude Wallendorff au lieu de pilonner de questions gênantes Everhardus Jaarsma, que personne n’a entendu s’exprimer ? Pourquoi n’ont-ils pas posé la moindre question aux 2 représentants de Vigilance-Givet afin de leur permettre de mieux développer leurs arguments ? Bref, pourquoi avoir apporté de l’eau au piège machiavélique tendu par Claude Wallendorff et dont ils avaient connaissance depuis 5 jours francs plutôt que de le boycotter purement et simplement ou de tenter de l’infléchir en leur faveur en optimisant leurs interventions ? Ces questions trouveront peut-être un jour des réponses, mais dans l’immédiat, le vote s’est traduit par 17 voix pour, 1 abstention et 4 contre. Un résultat qui montre que la majorité n’était pas monolithique et qu’il y avait matière à faire quelque chose de plus constructif...
mercredi 28 décembre 2011
Chevènement : Hollande "doit s'affirmer comme un homme d'Etat"
Jean-Pierre Chevènement, candidat MRC à l'Elysée, a estimé mercredi que son concurrent socialiste François Hollande devait "s'affirmer comme un homme d'Etat" s'il voulait gagner l'élection présidentielle de 2012. "Il faut que François Hollande prenne toute sa dimension et échappe, d'une certaine manière, au projet socialiste, aux accords PS-Verts, qu'il s'affirme comme un homme d'Etat", a lancé l'ancien ministre sur BFMTV-RMC. Selon M. Chevènement, "c'est cela qui peut le faire gagner" mais "pour y parvenir, il faut qu'il fasse encore beaucoup de chemin".
Interrogé sur sa course aux parrainages d'élus pour pouvoir se présenter à l'élection, M. Chevènement, déjà candidat en 2002, affirme être à "la moitié de ce qui (lui) sera nécessaire", soit environ 250 promesses de signatures sur les 500 requises. M. Chevènement, à qui Lionel Jospin a imputé une partie de son échec en 2002, a par ailleurs expliqué qu'il était candidat dans le "but de faire bouger les lignes" et prôné un "protectionnisme européen", notamment pour faire baisser le niveau de la monnaie européenne, à son sens surévaluée par rapport au dollar.
(dépêche AFP, vendredi 28 décembre, 09h21)
samedi 24 décembre 2011
vendredi 23 décembre 2011
jeudi 22 décembre 2011
La photo (révélatrice) du jour !
En ces temps de période pré-électorale où tous les symboles sont bons pour faire connaître son positionnement politique, on pourrait déduire en regardant cette photo que la commune d’Aubrives penche nettement à droite et qu’interdiction est faite à la population d’aller vers la gauche ! D’ailleurs, quand on a entendu comme moi Gilbert Leclercq, en sa qualité de maire, affirmer pendant la séance du conseil municipal consacrée au vote du budget qu’il fallait bien faire avec "le personnel que l’on a, en quantité comme en qualité", comment ne pas le penser ? Itou lorsqu’on a assisté lors de la dernière réunion de l’assemblée communale à la sortie odieusement antisociale contre les employés titulaires du service technique de la commune d’un élu, sans que celui-ci ne soit rappelé à plus de retenue et à davantage de respect envers ceux qui œuvrent sur le terrain. Et ce n’est pas l’éloignement du CCAS de ses missions premières au profit de voyages ou de divertissements, comme le montre la lecture de son compte administratif pour 2010 qui révèle que sur un total de dépenses de 24.440,26 euros seulement 3.050,39 euros ont été consacrés à des aides d’urgence et à des secours, qui inversera ce sentiment. Pourtant, même si la droitisation du comportement et des décisions de l’équipe municipale, derrière laquelle se cache à n’en pas douter l’influence néfaste du sinistre maire de l’ombre, est de plus en plus flagrante, ce cliché n’en est pas le témoin, mais seulement une des traces du passage de la tempête Joachim qu’il conviendrait de réparer au plus vite afin de donner une meilleure allure à l’une des sorties du village...
LB
mercredi 21 décembre 2011
Diplomatie et lois de mémoire…
Depuis le règne de François 1er, la France n’a eu qu’à se louer des relations cordiales qu’elle a entretenues avec l’Empire Ottoman puis avec Ankara et bien sûr elle n'a strictement rien contre les citoyens turcs ou les citoyens français d'origine turque résidant sur son sol. C'est donc avec une grande stupéfaction que beaucoup ont appris la réaction du gouvernement turc à l’annonce du vote de la loi punissant la négation des génocides reconnus par la loi française, qui aura lieu le 22 décembre à l’Assemblée nationale : elle vise notamment, sans le citer explicitement, le génocide arménien de 1915-1916, reconnu par Paris en 2001. Une loi comparable, pénalisant la remise en cause du génocide juif, avait d'ailleurs déjà été votée en 1990.
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, n'a ainsi pas hésité à évoquer vendredi dernier des "conséquences graves et irréparables" dans tous les domaines si la loi était votée : rappel de l’ambassadeur et exclusion des entreprises françaises du marché turc, le 5ème à l’exportation pour la France. Aujourd’hui encore, le ministre des Affaires étrangères a jugé la loi "aberrante" et portant atteinte à la liberté d’expression. Paris a été prié de s’occuper de son passé colonial, qualifié de "sale et sanglant" – y compris pour le Rwanda qui ne nous a pourtant jamais appartenu !
Sur le fond, tous les historiens sérieux admettent l’existence de massacres ayant causé la mort d’au moins 850.000 Arméniens, organisés par le gouvernement ottoman en 1915 et 1916, et les qualifient de génocide : de nombreux pays et organisations ont officiellement reconnu le fait, dont les Etats-Unis, le Canada et l’Union Européenne. Cette dernière fait de la reconnaissance du génocide par Ankara un préalable à l’adhésion. De son côté, le code pénal turc nie qu’il y ait eu un génocide ou même des déportations, et permet de condamner ceux qui les évoquent : c’est le droit de la Turquie d’avoir une histoire officielle, mais qu’elle ne vienne pas ensuite donner des leçons de liberté d’expression....
Certes, nous pensons que le projet de loi, soutenu par l’UMP et le PS, aurait pu faire l’objet d’un débat plus approfondi : on aurait pu ainsi se demander si un tribunal correctionnel était le meilleur lieu pour juger de l’Histoire. Nous ne sommes pas non plus favorables aux immixtions dans les affaires internes d’un Etat souverain. Simplement, le gouvernement français a aujourd’hui comme interlocuteur la République turque fondée par Mustapha Kemal en 1920, et non l’Empire ottoman responsable des massacres de 1915 : que nous sachions, la République française n’a jamais réagi aux attaques anglaises contre Napoléon, et l’Allemagne réunifiée ne s’est jamais offusquée de la dénonciation des crimes nazis. Et nous pensons aussi aux sentiments des Français d'origine arménienne…
Nous ne croyons évidemment pas que la France soit dotée d’un passé immaculé : aucun Etat n’en possède ! Nous nous étonnons simplement que la Turquie, désireuse d’entrer dans l’UE, condamne d’emblée les valeurs de son hôte. Ce n’est guère poli ! Quant à menacer de représailles la France si ses représentants élus votent une loi, c’est là un procédé indigne d’un grand pays. Le MRC 08 espère donc que Paris saura traiter les protestations turques comme il a traité celles des Etats-Unis lors de la Seconde Guerre du Golfe en 2003. Sinon, on en arrivera à mettre en cause le brave Woinic pour avoir osé critiquer les algues vertes bretonnes…
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