Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"


mardi 21 octobre 2008

Givet: la Sopal ferme à son tour!


Dans la cité de Méhul, tout le monde connaît la Sopal, l'usine du Petit Givet, ne serait-ce qu'à cause de sa très haute cheminée qui constitue un point de repère très pratique et une source de questionnement infini pour ceux qui ont remarqué qu'il ne s'en échappait jamais aucune fumée. Ce monument du patrimoine industriel local, appartenant à la branche Gascogne laminates du groupe landais Gascogne, perpétue la tradition apparue il y a déjà plusieurs siècles de produire de la colle sur les bords de la Houille puisqu'il est spécialisé dans la production de papier gommé dont la principale utilisation consiste à fabriquer des timbres autocollants. Avec un effectif dépassant légèrement les 50 salariés, ce qui en fait le 2ème employeur industriel local, il réalise bon an mal an 100 millions de mètres carré de papier et constitue depuis longtemps une référence dans son domaine.

Depuis 2006 et la réorganisation de la branche Gascogne laminates qui s'était traduite entre autres par la fermeture de la filiale néerlandaise Sopal BV dont le matériel et le portefeuille clients avaient été transférés à l'usine de Givet, l'avenir semblait radieux pour ce fleuron industriel de la Pointe. Pour preuves, une vingtaine d'embauches avait été programmée au cours du 2ème semestre de cette année et le directeur de l'usine n'hésitait pas alors à déclarer que " le groupe Gascogne [était] fermement décidé à développer le site de Givet pour qu'il devienne le site d'excellence des produits gommés". Joignant le geste à la parole, les dirigeants landais avaient mis en place un programme d'investissement de 2 millions d'euros complété par une subvention du Conseil général de 1,5 millions d'euros. En septembre 2007, la Sopal rajoutait même une corde à son arc en se lançant dans la fabrication de papier de sécurité destiné à lutter contre la contrefaçon (comme ce papier qui devient jaune fluorescent lorsqu'on le passe sous une lampe UV ou ce papier filigrané qui présente des dessins visibles seulement à la lumière) avec l'ambition de faire des exportations dans des pays aussi lointains que l'Afrique du sud ou l'Australie.

Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ... jusqu'à ce que les dirigeants départementaux de FO révèlent lors de leur conférence de presse de rentrée que la Sopal n'échappera pas à une nouvelle vague de suppression d'emplois. Pourquoi un tel pessimisme? Mystère! Toujours est-il qu'il a été confirmé au milieu de ce mois par le directeur général de Gascogne laminates qui a déclaré que " le site de Givet génère des pertes de niveau catastrophique depuis 2006" et que "ces derniers mois, le déficit est particulièrement important". Incriminant entre autres des coûts de production trop importants et la faiblesse de la qualité des produits, il annonçait réfléchir "au meilleur scénario possible pour le site de Givet". Depuis le comité d'établissement qui s'est tenu ce matin, on connaît le résultat de ses cogitations: il proposera lors du Comité Central d'Entreprise qui se tiendra le 30 octobre la fermeture totale de l'usine Sopal de Givet avec effet au 31 décembre 2008!

Voici donc le 2ème employeur privé de Givet condamné à mort quelques mois avant la fermeture du CEC qui fera disparaitre son 1er employeur public. La ville s'en remettra-t-elle? Ce sera difficile, mais le MRC-08 pense que la valorisation de l'atout majeur que constitue le port, l'affectation exclusive à Givet des 4 millions d'euros consacrés par l'Etat au contrat de redynamisation du site de défense et la solidarité départementale voire régionale qui viendra inévitablement abonder cette somme constituent des bases qui doivent permettre de sortir de cette passe économique exceptionnellement difficile...

8 commentaires:

titi a dit…

Encore un drame économique pour Givet! Comme si la fermeture du CEC intervenue après celle de Cellatex, de la clinique, de STBI, de Bellevret, d'Allardin et de l'essentiel de la MIG ne suffisait pas, c'est au tour de la Sopal. Mais que va-t-il nous rester à part nos yeux pour pleurer en regardant le désert industriel autour de nous?
Et ont est peut-etre pas au bout de nos malheurs si les rumeurs qui circulent sur Schulmann sont fondées. Il serait grand temps que tous nos politiques, de toutes tendances et de tous niveaux, se retroussent les manches et travaillent ensemble pour faire reconnaître la pointe comme une vraie zone sinistrée à aider en priorité. Quand on trouve 360 milliards pour aider les banques en difficultés, on doit bien pouvoir trouver 360 millions pour aider une région où vivent des gens qui ont le droit comme les autres au travail

Unknown a dit…

Dramatique ce qui arrive à notre pointe!

Je pense qu'il n'y a pas grand chose à faire. La situation géographique, et toutes ses contraintes sont des problèmes que l'argent ne peut pas régler.

Courage à toutes les personnes touchées par cette fermeture.

Vigilant pour l'avenir de la Pointe a dit…

Effectivement, il faut bien reconnaître que la situation géographique de la Pointe n'est pas un atout, et elle le sera encore moins après la construction de la branche ouest de l'A34, mais nous avons tout de même la chance d'avoir un équipement d'avenir sur lequel il faut mettre le paquet: le port!
En attendant, nous sommes bien sûr de tout coeur avec les salariés de la Sopal, d'autant que pour leur plus grand malheur ils ne devraient pas être éligibles au Contrat de Transition Professionnelle. Syndicalistes, politiques, unissez vos efforts et obtenez leur les conditions de départ les moins mauvaises possibles!

Chtiron a dit…

Ca fait peur de voir ça! D'abord le CEC, ensuite la Sopal (Gascogne)! A qui le tour?
Bientôt les deux seules entreprises à faire tourner la pointe seront Tréfimétaux et Schulman... Nos élus ont tout intérêt à sévèrement bouger lors de la venue du Président... Sinon, nous pourrons être sûr que la fermeture de la Sopal ne sera pas la dernière crise d'ici les deux prochaines années.
Et même si ce ne sont que des mots, je donne mon entière compréhension aux salariés de Gascogne.

Guillaume Sarnelli a dit…

Vous oubliez la Centrale, Chtiron. Oubli volontaire ? Je remarque encore une fois, et j'ai du mal à comprendre la portée de cet acte pourtant récurrent, que les grévistes choisissent toujours de boucher le rond-point donnant accès au CNPE de Chooz... C'est quelque chose qui m'échappe...


Dramatique, profondément inquiétant, écoeurant, incompréhensible, inattendu... Il n'est de mot qui puisse résumer l'émoi des Givetois et des Ardennais après l'annonce de la fermeture de la Sopal. Il est cependant plus effrayant encore de faire le sinistre inventaire des entreprises qui ont quitté la Pointe ces deux dernières années... Sans oublier l'inquiétante situation du Lycée Vauban et les rumeurs chroniques autour de Tréfimétaux...
Combien de temps nous faudra-t-il encore nous morfondre devant une situation aussi chaotique ? Combien de temps avant que l'Etat ne se décide à intervenir véritablement ? Il est du devoir de nos élus locaux, je pense ici à Mme Marquet et Mr Vuilque, de porter sur la scène médiatique nationale la situation très alarmante de notre département, et plus spécialement de la Pointe. L'expérience nous a montré que notre bon président, reconverti pourfendeur du capitalisme financier, intervient bien plus rapidement si cela se fait sous l'oeil (bienveillant) d'une caméra de TF1 ou France 2...

Vigilant pour l'avenir de la Pointe a dit…

Mon cher Guillaume, si les salariés en colère bloquent le rond-point de Chooz, c'est parce qu'ils ne sont pas plus stupides que la moyenne et qu'ils ont compris que pour faire parler d'eux, ils doivent provoquer une gêne telle qu'elle sera obligatoirement relayée par les médias. Il est vrai que cette façon d'agir peut susciter de l'énervement de la part de certains usagers, mais perdre quelques dizaines de minutes de travail pour aider des personnes licenciées à faire le deuil de leur emploi et à obtenir un plan social digne de ce nom, cela devrait être humainement supportable ... à condition de ne pas être totalement contaminé par une idéologie libérale que l'on voit d'ailleurs s'effondrer sous nos yeux y compris dans les pays qui ont été à l'origine de sa renaissance au débutdes années 1980

Quant à faire remonter les difficultés de la Pointe par nos élus, c'est effectivement la moindre des choses que l'on peut attendre de nos élus. Mais ne serait-il pas plus judicieux de demander à Claude Wallendorff, conseiller général en exercice, de le faire plutôt qu'à Michèle Marquet? Et pour le faire, faut-il adopter la politique de la chaise vide comme l'a fait ce dernier lors de la visite de Hubert Falco ou Philippe Vuilque à Rethel hier?

Guillaume Sarnelli a dit…

C'est certainement supportable, d'autant plus lorsqu'on s'intéresse de près à la cause davantage qu'à ses effets...
Le blocage du rond-point de Chooz peut-être interprété de différentes façons... Le "coup médiatique", si j'ose dire, peut se faire dans d'autres endroits, avec le même impact. Disons donc qu'il s'agit d'une habitude prise par les salariés en grève ^^. Je vous rassure quant à mon état de santé idéologique, je n'ai pas encore été contaminé par la fièvre libérale, bien que je passe mes semaines à Reims...

Il est vrai qu'on devrait attendre autant, sinon plus, de Claude Wallendorff que de Philippe Vuilque, puisqu'il est maire de Givet, où on trouvait auparavant la MIG, la Sopal, Cellatex et toutes ces usines citées par Titi (J'exprime consciemment un point de vue très givetois et je m'en excuse).

Le député Jean Lassalle n'avait-il pas fait une grève de la faim pour 150 salariés, rencontrant ainsi un large écho médiatique ?

Quant à Madame Marquet, j'ai tendance à en attendre trop de sa part. Madame le Maire de Chooz semble à mes yeux devoir occuper le rôle de représentante de la gauche dans la Pointe, tant le député Vuilque se fait fantomatique en dehors des périodes électorales...

Vigilant pour l'avenir de la Pointe a dit…

Michèle Marquet a joué et continue à jouer ( voire sa réaction lors du dernier conseil communautaire )un rôle de 1ère importance comme représentante de la Gauche dans la Pointe, mais depuis les dernières élections cantonales les choses sont moins simples qu'auparavant. Il semble, pour le peu que l'on puisse en savoir lorsqu'on n'est pas membre du PS , qu'il y a au moins 2 autres membres actifs de ce parti qui ont des ambitions sur ce territoire. C'est une situation intéressante électoralement pour la Droite locale et intéressante intellectuellement pour les autres observateurs de la vie politique de la Pointe...

Quant à la quasi absence de Philippe Vuilque, qui surprend-t-elle veritablement?