Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

samedi 31 décembre 2011

jeudi 29 décembre 2011

Givet : le faux-débat du conseil municipal sur l’incinérateur a eu lieu !

On disait Claude Wallendorff très affaibli après les révélations sur la mauvaise gestion, aussi bien financière qu’humaine, des 2 maisons de retraites regroupées dans l’association Agespana dont il assure la présidence depuis sa création. On le prétendait en grande difficulté après le succès populaire et médiatique obtenu par les réunions publiques organisées ces six dernières semaines à l’initiative de l’association Vigilance-Givet. On le présentait comme un homme à terre, rattrapé par ses erreurs passées et ses errements actuels, auquel le coup de grâce serait donné, en public de surcroît, à l’occasion de la séance du conseil municipal sur l’incinérateur que l’opposition réclamait à cors et à cris depuis maintenant un an. Visiblement, c’était aller un peu vite en besogne comme l’a montré le déroulement de la séance tant attendue qui a finalement eu lieu hier soir.

Annoncée dans la presse et par l’association Vigilance-Givet comme devant être le moment de vérité pour le conseil municipal de Givet, celui où - après avoir entendu les arguments des porteurs du projet puis de ses détracteurs avant de soumettre les deux camps au feu roulant des questions/réponses - une position officielle sur l’incinérateur serait définitivement adoptée, la réunion, quoique programmée malicieusement en plein milieu des fêtes de fin d’année, a attiré la foule des grand jours puisqu’une centaine de personnes s’étaient déplacées pour écouter les débats dans une salle totalement bondée. Face au maire et à ses principaux adjoints figuraient 2 défenseurs de l’incinérateur, l’industriel Everhardus Jaarsma et son porte-parole Patrice Loubet, et 2 opposants, le Président de Vigilance-Givet Joël Dujeux et son meilleur conseiller technique Sylvain Baumel, lesquels avaient été placés, symbole oblige, à proximité immédiate des conseillers municipaux d’opposition.

Comme il se doit, Claude Wallendorff a rappelé à la nombreuse assistance qu’elle ne pourrait intervenir d’aucune façon dans les débats et qu’elle devrait s’abstenir de toute manifestation d’approbation ou de désapprobation. Puis, il a précisé le déroulement de la séance : 20 minutes accordées d’abord à Vigilance-Givet, autant ensuite pour les porteurs du projet et enfin 20 minutes laissées aux conseillers municipaux pour qu’ils puissent demander des précisions avant que le vote n’ait lieu sur une question bien précise ... à savoir en substance s’ils acceptaient ou non de s’en remettre à l’avis des services de l’Etat sur le projet Pointe EnR. L’opposition s’est alors vivement manifestée pour faire part de son désaccord sur la question posée, qui la mettait dans l’embarras puisqu’elle amenait le conseil municipal à se positionner sur l’action des services de l’Etat et non pas pour ou contre l’incinérateur, ainsi que sur l’inversion de l’ordre de passage initialement envisagé.

S’en est suivi un gros quart d’heure d’échanges parfois véhéments à l’issue duquel le maire Claude Wallendorff a fait savoir qu’il était le seul à pouvoir décider de l’ordre du jour et qu’il n’en changerait pas. Puis, après avoir manié le bâton, il a fait montre d’ouverture d’esprit en acceptant après une brève discussion cousue de fil blanc avec Patrice Loubet d’intervertir l’ordre de passage des intervenants. Une demi-victoire pour l’opposition ? Non, une défaite complète puisqu’elle est tombée dans le piège classique qui consiste à créer sciemment 2 points de friction, puis à reculer sur le moins important afin de mieux faire avaler la plus grosse couleuvre ! Le maître de cérémonie ayant obtenu ce qu’il souhaitait, chacun a alors pu s’exprimer devant des conseillers municipaux extrêmement attentifs et une assemblée dans l’ensemble très calme pour éviter que le huis clos préjudiciable à tout le monde ne soit prononcé.

Pour défendre le projet, Patrice Loubet a d’emblée annoncé qu’il allait faire simple au niveau des chiffres. Puis, il a axé son exposé sur le combustible, qu’il a présenté comme le résultat d’une transformation de sous-produits de l’industrie papetière dont la composition serait toujours la même avec environ 95 % de biomasse et 5 % de plastique. Il a insisté sur l’approvisionnement par voie fluviale, respectueux de l’environnement, tout comme le seraient le transport entre le port et le Pacog qui se ferait à moins de 40 km/h ainsi que les mécanismes de réaction aux risques prévus pour être déclenchés avant le dépassement des seuils de pollution autorisés. Il a aussi affirmé, chose étonnante, "que le projet ne contient aucune innovation technique et que c’est pour ça qu’il est intéressant" ! Ou encore que le procédé prévu à Givet existe déjà à Roermond, aux Pays-Bas, avec "la production d’un combustible comprenant 50 % de plastique et 50 % de biomasse". Par ailleurs, il s’est efforcé de disqualifier le terme d’incinérateur en arguant qu’aucune ordure ménagère ne serait brûlée.

Pour les opposants, Joël Dujeux a rappelé l’historique du collectif Vigilance devenu association Vigilance-Givet avant d’insister sur le recours à une contre-expertise citoyenne dont les conclusions ont été rendues publiques. Il a ensuite annoncé que la pétition contre l’incinérateur avait recueilli plus de 10.000 signatures, que celle initiée par le corps médical en avait 179 et que près de 1.000 personnes s’étaient déplacées aux différentes réunions publiques. Puis Sylvain Baumel a posé une série de questions ouvertes sur le combustible prévu, sur l’impact sanitaire de l’activité, sur les conséquences pour l’attractivité du territoire ou encore sur les effets cocktail qui n’ont pas été pris en compte. Il a ensuite insisté sur la rupture du lien de confiance avec les élus qui ont longtemps refusé tout dialogue et, après avoir incité à raisonner à long terme plutôt qu’à l’échelle d’un mandat électoral, il a appelé au vu de la question posée les conseillers municipaux à s’abstenir lors du vote.

La parole a ensuite été donnée aux conseillers municipaux. Les premiers à s’en saisir ont été ceux de l’opposition qui se sont d’abord trompés d’interlocuteur en questionnant Claude Wallendorff, qui n’en demandait pas tant en regardant les minutes s’égrener, sur les intérêts du projet pour la ville et sur la vision qu’il avait de l’avenir de Givet. Puis Luc Declef a rectifié le tir en demandant à Patrice Loubet, visiblement dépassé et cherchant son salut dans des études réalisées par des organismes officiels, de répondre aux craintes exprimées par le corps médical concernant la toxicité induite par le projet. La majorité a répliqué par la voix de Michel Porcelli qui a essayé d’abaisser le niveau du débat en affirmant que "la majeure partie de la salle ne connaît pas la chimie" et ne peut donc pas comprendre les propos de Sylvain Baumel, qualifié de "beau parleur". Claude Wallendorff a alors fermé le ban avec la roublardise que le MRC 08 lui connaît en reconnaissant que les opposants au projet avaient posé de bonnes questions et qu’ils avaient bien fait.

Il ne restait plus qu’à passer au vote ! A priori une simple formalité, mais l’opposition a alors choisi de faire un coup (d’éclat) en se levant et en refusant d’y participer au prétexte que ce serait cautionner un simulacre que de se prononcer sur la question biaisée posée par le maire. Sur le fond, on peut difficilement leur donner tort. Mais sur la forme, c’est autre chose ! Puisqu’il s’agissait d’un simulacre de démocratie, pourquoi ont-ils accepté pendant plus d’une heure de siéger ? Pourquoi ont-ils perdu une grande partie de leur temps d’expression à questionner Claude Wallendorff au lieu de pilonner de questions gênantes Everhardus Jaarsma, que personne n’a entendu s’exprimer ? Pourquoi n’ont-ils pas posé la moindre question aux 2 représentants de Vigilance-Givet afin de leur permettre de mieux développer leurs arguments ? Bref, pourquoi avoir apporté de l’eau au piège machiavélique tendu par Claude Wallendorff et dont ils avaient connaissance depuis 5 jours francs plutôt que de le boycotter purement et simplement ou de tenter de l’infléchir en leur faveur en optimisant leurs interventions ? Ces questions trouveront peut-être un jour des réponses, mais dans l’immédiat, le vote s’est traduit par 17 voix pour, 1 abstention et 4 contre. Un résultat qui montre que la majorité n’était pas monolithique et qu’il y avait matière à faire quelque chose de plus constructif...

mercredi 28 décembre 2011

Chevènement : Hollande "doit s'affirmer comme un homme d'Etat"

Jean-Pierre Chevènement, candidat MRC à l'Elysée, a estimé mercredi que son concurrent socialiste François Hollande devait "s'affirmer comme un homme d'Etat" s'il voulait gagner l'élection présidentielle de 2012. "Il faut que François Hollande prenne toute sa dimension et échappe, d'une certaine manière, au projet socialiste, aux accords PS-Verts, qu'il s'affirme comme un homme d'Etat", a lancé l'ancien ministre sur BFMTV-RMC. Selon M. Chevènement, "c'est cela qui peut le faire gagner" mais "pour y parvenir, il faut qu'il fasse encore beaucoup de chemin".

Interrogé sur sa course aux parrainages d'élus pour pouvoir se présenter à l'élection, M. Chevènement, déjà candidat en 2002, affirme être à "la moitié de ce qui (lui) sera nécessaire", soit environ 250 promesses de signatures sur les 500 requises. M. Chevènement, à qui Lionel Jospin a imputé une partie de son échec en 2002, a par ailleurs expliqué qu'il était candidat dans le "but de faire bouger les lignes" et prôné un "protectionnisme européen", notamment pour faire baisser le niveau de la monnaie européenne, à son sens surévaluée par rapport au dollar.
(dépêche AFP, vendredi 28 décembre, 09h21)

samedi 24 décembre 2011

vendredi 23 décembre 2011

jeudi 22 décembre 2011

La photo (révélatrice) du jour !

En ces temps de période pré-électorale où tous les symboles sont bons pour faire connaître son positionnement politique, on pourrait déduire en regardant cette photo que la commune d’Aubrives penche nettement à droite et qu’interdiction est faite à la population d’aller vers la gauche ! D’ailleurs, quand on a entendu comme moi Gilbert Leclercq, en sa qualité de maire, affirmer pendant la séance du conseil municipal consacrée au vote du budget qu’il fallait bien faire avec "le personnel que l’on a, en quantité comme en qualité", comment ne pas le penser ? Itou lorsqu’on a assisté lors de la dernière réunion de l’assemblée communale à la sortie odieusement antisociale contre les employés titulaires du service technique de la commune d’un élu, sans que celui-ci ne soit rappelé à plus de retenue et à davantage de respect envers ceux qui œuvrent sur le terrain. Et ce n’est pas l’éloignement du CCAS de ses missions premières au profit de voyages ou de divertissements, comme le montre la lecture de son compte administratif pour 2010 qui révèle que sur un total de dépenses de 24.440,26 euros seulement 3.050,39 euros ont été consacrés à des aides d’urgence et à des secours, qui inversera ce sentiment. Pourtant, même si la droitisation du comportement et des décisions de l’équipe municipale, derrière laquelle se cache à n’en pas douter l’influence néfaste du sinistre maire de l’ombre, est de plus en plus flagrante, ce cliché n’en est pas le témoin, mais seulement une des traces du passage de la tempête Joachim qu’il conviendrait de réparer au plus vite afin de donner une meilleure allure à l’une des sorties du village...
LB

mercredi 21 décembre 2011

Diplomatie et lois de mémoire…

Depuis le règne de François 1er, la France n’a eu qu’à se louer des relations cordiales qu’elle a entretenues avec l’Empire Ottoman puis avec Ankara et bien sûr elle n'a strictement rien contre les citoyens turcs ou les citoyens français d'origine turque résidant sur son sol. C'est donc avec une grande stupéfaction que beaucoup ont appris la réaction du gouvernement turc à l’annonce du vote de la loi punissant la négation des génocides reconnus par la loi française, qui aura lieu le 22 décembre à l’Assemblée nationale : elle vise notamment, sans le citer explicitement, le génocide arménien de 1915-1916, reconnu par Paris en 2001. Une loi comparable, pénalisant la remise en cause du génocide juif, avait d'ailleurs déjà été votée en 1990.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, n'a ainsi pas hésité à évoquer vendredi dernier des "conséquences graves et irréparables" dans tous les domaines si la loi était votée : rappel de l’ambassadeur et exclusion des entreprises françaises du marché turc, le 5ème à l’exportation pour la France. Aujourd’hui encore, le ministre des Affaires étrangères a jugé la loi "aberrante" et portant atteinte à la liberté d’expression. Paris a été prié de s’occuper de son passé colonial, qualifié de "sale et sanglant" – y compris pour le Rwanda qui ne nous a pourtant jamais appartenu !

Sur le fond, tous les historiens sérieux admettent l’existence de massacres ayant causé la mort d’au moins 850.000 Arméniens, organisés par le gouvernement ottoman en 1915 et 1916, et les qualifient de génocide : de nombreux pays et organisations ont officiellement reconnu le fait, dont les Etats-Unis, le Canada et l’Union Européenne. Cette dernière fait de la reconnaissance du génocide par Ankara un préalable à l’adhésion. De son côté, le code pénal turc nie qu’il y ait eu un génocide ou même des déportations, et permet de condamner ceux qui les évoquent : c’est le droit de la Turquie d’avoir une histoire officielle, mais qu’elle ne vienne pas ensuite donner des leçons de liberté d’expression....

Certes, nous pensons que le projet de loi, soutenu par l’UMP et le PS, aurait pu faire l’objet d’un débat plus approfondi : on aurait pu ainsi se demander si un tribunal correctionnel était le meilleur lieu pour juger de l’Histoire. Nous ne sommes pas non plus favorables aux immixtions dans les affaires internes d’un Etat souverain. Simplement, le gouvernement français a aujourd’hui comme interlocuteur la République turque fondée par Mustapha Kemal en 1920, et non l’Empire ottoman responsable des massacres de 1915 : que nous sachions, la République française n’a jamais réagi aux attaques anglaises contre Napoléon, et l’Allemagne réunifiée ne s’est jamais offusquée de la dénonciation des crimes nazis. Et nous pensons aussi aux sentiments des Français d'origine arménienne…

Nous ne croyons évidemment pas que la France soit dotée d’un passé immaculé : aucun Etat n’en possède ! Nous nous étonnons simplement que la Turquie, désireuse d’entrer dans l’UE, condamne d’emblée les valeurs de son hôte. Ce n’est guère poli ! Quant à menacer de représailles la France si ses représentants élus votent une loi, c’est là un procédé indigne d’un grand pays. Le MRC 08 espère donc que Paris saura traiter les protestations turques comme il a traité celles des Etats-Unis lors de la Seconde Guerre du Golfe en 2003. Sinon, on en arrivera à mettre en cause le brave Woinic pour avoir osé critiquer les algues vertes bretonnes…

Jean-Luc Mélenchon : "c'est Chevènement qui avait raison"

Les campagnes électorales sont toujours pleines d'imprévus et d'évènements exceptionnels. Mais s'il y a bien une chose rare, c'est de voir un homme politique de haut niveau reconnaître avoir eu tort. Dimanche soir, BFM TV recevait le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon. Au détour d'une question sur le traité de Maastricht, ce dernier a fait un mea culpa dans les règles de l'art, alors qu'il était face à Mélanie Delattre, aux alentours de la 7ème minute sur cette vidéo qui ne reprend qu'une partie de l'entretien :

"- Cette Europe ranime les nationalismes. Cette Europe est une Europe des compétitions.
 - Oui mais à l'époque vous disiez : "On va mettre du politique face au libéralisme, face à L'europe des marchés". Vous n'avez pas l'impression que c'est un échec ? Et aujourd'hui comment on va mettre de la politique ?
 - Là, vous touchez juste. C'est un échec absolu. Tous ceux qui, comme moi, ont cru à l'époque qu'on allait mettre de la politique se sont fait rouler. C'est Chevènement qui avait raison ! C'est le contraire qui s'est passé. On a ouvert, en grand, le pouvoir absolu à la finance."

Voir un dirigeant politique de ce calibre reconnaître ses torts et louer les analyses de l'un de ses concurrents à l'élection suprême, voilà un geste d'une noblesse et d'une élégance rares. Une réaction qui mérite d'être saluée, même s'il aura fallu près de 20 ans pour que les analyses défendues avec une constance sans faille par Jean-Pierre Chevènement soient reconnues à leur juste valeur. Le MRC 08 espère maintenant qu'il faudra moins de temps pour que ses analyses et ses propositions actuelles, sur la surévaluation de l'euro qui nous pénalise considérablement et sur sa nécessaire mutation en monnaie commune au cas où l'Allemagne refuserait de transiger sur le rôle de la Banque centrale Européenne, sur l'indispensable réindustrialisation de la France pour sauvegarder son système social, sur la reprise en main des institutions bancaires et financières, sur la construction d'une Europe réaliste, qui ne nous offre pas pour seul horizon une austérité à perpétuité, qui respecte enfin les Nations qui la composent et qui ne brade pas leur souveraineté, soient entendues à leur tour... 

mardi 20 décembre 2011

Encore des postes d'enseignants supprimés en 2012

Victor Hugo avait l’habitude de dire : "ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons". Visiblement, ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement puisqu’avec une constance qui ne faiblit pas, ce sont à nouveau plus de 14.700 postes d’enseignants qui seront supprimés l’an prochain à travers tout le pays ! Sans surprise, l’académie de Reims n’échappe pas à la saignée avec une prévision de 153 postes en moins dans le primaire et de 177 dans le second degré. Pis, avec une baisse de 2,1 % du nombre de ses enseignants contre 1,5 % au niveau national, elle fait partie des 10 académies les plus touchées. 

Face à une telle annonce, la colère et l’indignation ne peuvent qu’être au rendez-vous, d’autant que notre académie est l’une de celles qui a le plus besoin de l’effort de la Nation. Et ce n’est pas l’argument cent fois rabâché de la lutte contre le déficit public qui rendra plus acceptable cette politique scandaleuse et indigne d’un gouvernement de la République. Quand il s’agit de l'avenir des jeunes générations qui constituent les forces vives de demain, c’est une vue à long terme qui s’impose et non pas cette logique de boutiquier qui est incapable de se projeter au-delà de l’horizon tracé par les agences de notation.

Nos enfants ne sont en rien responsables des ravages de la désindustrialisation, de l’euro fort et du libre-échange généralisé qui nous condamnent aujourd’hui à un chômage de masse et à son corollaire financier, le déficit public. Ce n’est pas à eux de payer les erreurs passées et actuelles de nos élites ! C’est pourquoi le MRC 08 condamne ce nouveau tour de vis du Ministère de l’Education nationale, qui s’apparente de plus en plus à un Ministère de la Liquidation nationale, et se déclare d'ores et déjà solidaire des prochains mouvements de protestation qui seront organisés par les syndicats à partir de la rentrée scolaire.

dimanche 18 décembre 2011

Ardenne Rives de Meuse : la représentation des communes a été modifiée !

Si en philosophie la question du couple égalité/équité fait partie des sujets les plus anciens et les plus débattus, c’est aussi le cas en politique. Dans la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse dont les abondantes ressources financières font l’objet de tant de convoitises, au point que certains n’hésiteraient pas à en forcer l’entrée pour pouvoir accéder au tiroir-caisse, on a tranché depuis le début cette question en optant pour l’égalité : ainsi, chacune des 17 communes qui la constituent est représentée au sein du conseil communautaire par 2 délégués titulaires et 2 délégués suppléants ! Ce mode de représentation que d’aucuns jugent depuis longtemps simpliste, voire politiquement intéressé puisqu’il donne aux petites communes rurales majoritairement de droite un poids disproportionné par rapport à leur importance démographique, trouve son origine dans la volonté de ces mêmes communes rurales de ne pas être écrasées par les communes les plus peuplées, au premier desquelles figure Givet. Il répond donc à une logique tout à fait compréhensible, qui est d’ailleurs celle utilisée au sein du Sénat des Etats-Unis dans lequel les 563.626 habitants du Wyoming pèsent autant que les 37.253.956 de l’Etat de Californie.

Toutefois, cette représentation égalitaire étant désormais interdite par l’article 9 de la loi du 16 décembre 2010 sur la réforme des collectivités territoriales qui prévoit que la composition des conseils communautaires doit impérativement tenir compte de la population, Ardenne Rives de Meuse s’est retrouvée dans l’obligation de modifier la représentation des communes au sein de son organe délibérant qui devra compter entre 38 et 41 délégués. Pour se faire, elle n’avait pas le couteau sous la gorge puisqu’elle disposait d’un délai allant jusqu’au 30 septembre 2013. Pourtant, afin d’anticiper une éventuelle modification de son périmètre dans le cadre de la réforme de la carte intercommunale, elle a préféré agir vite ! Ainsi, le Bureau d’Ardenne Rives de Meuse a abordé le sujet dès le 10 août dernier et a proposé 3 schémas entre lesquels devait trancher le conseil de communauté du 30 septembre : 4 délégués pour la seule commune de plus de 6.000 habitants, 3 pour les 4 communes possédant entre 1.500 et 6.000 habitants, 2 pour celles de moins de 1.500 habitants, soit un total de 40 délégués ; 6 délégués pour la seule commune de plus de 6.000 habitants et 2 pour les 16 autres, soit un total de 38 délégués ; 4 délégués pour la seule commune de plus de 6.000 habitants, 3 pour les 2 communes possédant entre 2.000 et 6.000 habitants, 2 pour celles de moins de 2.000 habitants, soit un total de 38 délégués.

Un choix en réalité peu évident puisque chacun des 3 schémas avait l’inconvénient de permettre à 8 communes seulement, c'est-à-dire à une minorité, d’obtenir la majorité des voix au sein du conseil communautaire. En plus, si le premier avait l’avantage de créer dans le Viroquois (6 délégués) situé au centre du territoire de l’intercommunalité un pôle intermédiaire entre l’ensemble Givet-Fromelennes-Rancennes (8 délégués) situé au nord et l’ensemble Fumay-Haybes (6 délégués) situé au sud, le deuxième schéma permettait de rester très proche de la logique égalitaire qui avait prévalu jusqu’alors et le troisième schéma avait pour lui de s’appuyer sur le seuil administratif distinguant les villes des villages. Sans compter que la commune de Fromelennes avec ses 1.094 habitants pouvait légitimement s’estimer flouée d’être rangée dans la même catégorie que Charnois (82 habitants) plutôt que dans celle de Vireux-Molhain (1.711 habitants) ! Le sujet fut donc retiré en séance de l’ordre du jour du conseil communautaire du 30 septembre et l’ouvrage remis sur le métier, ce qui a abouti à la proposition d’un 4ème schéma : 4 délégués pour la seule commune de plus de 6.000 habitants, 3 délégués pour les 5 communes possédant entre 1.000 et 6.000 habitants, 2 pour celles de moins de 1.000 habitants, soit un total de 41 délégués.

Quant à la décision, conformément à la volonté affichée par le Président Bernard Dekens d’aller vite afin de parer à tout imprévu toujours possible, elle a été prise lors du conseil communautaire qui s’est tenu le 30 novembre. L’unanimité sur un sujet aussi sensible étant a priori inenvisageable, le vote s’est déroulé à bulletin secret de façon à limiter les inévitables rancœurs qui en découleraient et il s’est soldé par 22 voix pour le 1er schéma, soutenu par la majorité du Bureau de la Communauté, contre 0 pour le 2ème, 8 pour le 3ème et 4 pour le dernier. Le couperet est donc tombé, permettant à partir des prochaines élections municipales de 2014 aux 3 villes de l’intercommunalité, ainsi qu’à Vireux-Molhain et surtout à Vireux-Wallerand – la commune dirigée par Bernard Dekens rétrogradée depuis 2 ans dans la catégorie des simples villages – mais pas à Fromelennes d’avoir au sein du conseil communautaire une représentation supérieure aux 12 autres communes. Pour le MRC 08 qui est bien conscient que le choix à faire n’était pas simple, la solution retenue n’est pas la pire. Cependant, elle porte en germe un certain nombre de risques de dérive qu’il faudra veiller à empêcher, comme par exemple la tentation pour les 3 principaux pôles de population qui détiendront à eux-seuls une majorité des délégués d’imposer systématiquement leur volonté et leurs intérêts au reste des communes, ce qui pourrait se traduire entre autres par une modification intéressée du seuil de population nécessaire pour entrer dans la catégories des bénéficiaires des aides aux voiries d’intérêt communautaire...     

vendredi 16 décembre 2011

La fable de François et du chevesne(ment)

La raison du plus fort est toujours la meilleure,
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un chevesne se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
François survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la Présidence en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler l’élection ?
Dit le candidat plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- François, dit le chevesne, que Ta Sérénité
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas allant
Dans les sondages,
Plus de vingt points au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent en aucune façon
Je ne puis troubler l’élection.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que Paris t’offrit l’appartement !
- Comment l'aurais-je fait si je suis innocent ?
Reprit Chevesne, je tette encor ma mère.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point. - C'est donc un de ta liste :
Car vous ne m'épargnez guère,
Toi et tes bons souverainistes
Lionel me l'a bien dit : il faut que je le venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
François l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

jeudi 15 décembre 2011

Chevènement à Hollande : "gare à l'éloignement des couches populaires"

Le Monde : En officialisant votre candidature, le 5 novembre, vous avez dit que celle-ci devait servir à "faire bouger les lignes". Un mois plus tard, les lignes ont-elles bougé?
Jean-Pierre Chevènement : Oui, mais pas dans le bon sens. Sur l'accord signé entre les socialistes et les Verts, j'observe certes que François Hollande a pris quelque distance. Mais je reste très inquiet sur les éventuelles fermetures de réacteurs qui, dans un contexte de crise économique gravissime, n'ont pas de sens. Sur la crise de l'euro, la plupart des candidats n'ont pas pris conscience qu'elle résulte du vice constitutif de la monnaie unique et des écarts croissants de compétitivité entre des pays très différents, et non pas seulement de politiques budgétaires laxistes. Nous avons un euro surévalué qui écrase notre compétitivité. Or, le compromis trouvé à Bruxelles ne dit rien sur la nécessité d'une politique de change qui ramènerait l'euro à sa parité de lancement. 

Que pensez-vous des récentes prises de position de François Hollande sur l'Europe?
Il a évoqué le rôle que doit jouer la Banque centrale européenne i[[BCE]]i pour intervenir sur le marché de la dette et soutenir la croissance, ce qui est positif. Mais il ne s'est pas assez étendu sur les conditions qui permettraient un retour à la croissance, à savoir une vraie politique de change, un plan d'investissement à l'échelle européenne et une relance salariale qui tienne compte des écarts de compétitivité entre les pays.

Pourquoi, selon vous, M. Hollande n'en a-t-il pas dit davantage?
Parce que son entourage est monocolore. Autour de lui, il n'y a qu'une école de pensée, ceux que j'appelle les "maastrichtiens". Or, il ne faut pas oublier que près de 60% de l'électorat de gauche a voté non au Traité constitutionnel européen en 2005. Et que, même en 1992, une majorité des électeurs de gauche était contre Maastricht. J'espère que François Hollande tiendra sur sa volonté de renégocier le traité que préparent i[[la chancelière allemande]]i Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Pour ma part, je suis favorable à la tenue d'un référendum. 

M. Hollande n'en a pas parlé...
Cela ne m'a pas échappé. 

Qu'avez-vous pensé des déclarations d'Arnaud Montebourg, dont vous faites souvent l'éloge, comparant Angela Merkel à Otto von Bismarck?
Bismarck était un grand homme d'Etat. Si Montebourg faisait référence à sa politique de rapprochement avec la Russie, c'était assez justifié : c'est ce que font les Allemands aujourd'hui en arrêtant leurs réacteurs nucléaires pour acheter du gaz aux Russes et leur vendre des produits industriels. Je trouve d'ailleurs que la coopération avec la Russie est une bonne chose: dans notre monde multipolaire, il faut rapprocher la Russie de l'Europe occidentale tout entière et pas seulement de l'Allemagne. 

M. Montebourg évoquait surtout le danger d'une renaissance du nationalisme allemand...
L'Allemagne a beaucoup évolué. Sur sa conception de la nationalité, par exemple: depuis 1999, elle a adopté une sorte de droit du sol qui ressemble au nôtre. Pour le coup, nous sommes loin de Bismarck. D'une façon générale, il ne faut pas idéologiser notre relation avec l'Allemagne. Ce que je constate, c'est le fait que nous avons passé un compromis déséquilibré avec un pays qui conduit à une politique de type mercantiliste excessivement rigide en matière salariale et budgétaire et intransposable aux autres pays. Avec les Allemands, l'amitié n'exclut pas la franchise. Au contraire, elle la commande. 

Vous ménagez beaucoup plus François Hollande que Lionel Jospin en 2002. Que pensez-vous de sa campagne?
Il tient compte d'une crise qui, malheureusement, a validé mes analyses de 2002. Le plus grand danger pour lui serait de laisser se recréer la même distance qui s'était creusée avec les couches populaires. Dix millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté. Beaucoup d'autres sont inquiets pour l'avenir de leurs enfants et aspirent à la sécurité sous toutes ses formes. Ces Français-là, on ne peut se contenter de les traiter de "beaufs". Quand j'entends des gens se disant de gauche soutenir que ces Français-là, en votant pour le Front national, "ne font qu'exprimer ce qu'ils sont", je suis scandalisé. 

Pensez-vous que Marine Le Pen a pris la mesure de l'enjeu que constitue l'électorat populaire?
Elle a une stratégie de récupération très habile. Elle reprend, au plan social, un discours que, de prime abord, on pourrait trouver dans la bouche d'hommes ou de femmes de gauche, certes sur un mode démagogique. Mais je ne peux oublier que le FN a comme thème central, depuis l'origine, le rejet des immigrés. Je trouve cela odieux, car les immigrés effectuent souvent les tâches les plus pénibles. 

Vous ne décollez pas dans les sondages, vous semblez isolé. Cherchez-vous des signatures?
Les militants du Mouvement républicain et citoyen ont déjà réuni 300 promesses de signatures i[[sur les 500 necéssaires]]i. C'est vrai que je n'ai pas structuré, comme en 2002, des comités de soutien dans tout le pays. Il s'en crée spontanément. Une campagne, c'est d'abord un candidat avec son expérience et sa réflexion. Je mène une campagne argumentée pour élever le débat. J'observe par exemple que MM. Sarkozy et Hollande ont repris mes idées sur le rôle que doit jouer la BCE pour casser la spéculation et ranimer la croissance en Europe. C'est un début. Continuons le combat ! 

Vous mettez Sarkozy et Hollande sur le même plan?
Non, je suis un homme de gauche indépendant. Je constate quand même que le second rejette le traité qu'a préparé le premier. 

Vous fixez-vous une date pour un éventuel réexamen de l'opportunité de votre candidature?
Non, je suis soucieux de garder jusqu'au bout une certaine souplesse. 
(Propos recueillis par Thomas Wieder, édition du 15 décembre 2011)

mardi 13 décembre 2011

lundi 12 décembre 2011

Chevènement suggère un "referendum sur le traité européen"

Jean-Pierre Chevènement, candidat à la présidentielle, a suggéré dimanche la tenue d'un référendum sur le projet de traité négocié jeudi à Bruxelles, afin que le peuple "décide si nous devons accepter d'abandonner la souveraineté budgétaire après la souveraineté monétaire". "Il est évident que ce traité, d'abord ne répond pas à l'urgence, ensuite n'est pas conforme à la Constitution: il faudrait normalement organiser un référendum pour décider si nous devons accepter d'abandonner la souveraineté budgétaire après la souveraineté monétaire", a affirmé le président d'honneur du MRC, invité de 12-13 Dimanche sur France 3. Selon lui, le président Nicolas Sarkozy "n'a pas obtenu de contreparties suffisantes aux concessions considérables qu'il a faites" à l'Allemagne sur la discipline budgétaire des Etats de l'Union. 

L'ancien ministre a estimé que "François Hollande a bougé sur un point: il a, me semble-t-il, rejeté le traité européen qu'a mitonné M. Sarkozy. Ca, c'est positif, parce que je défends la souveraineté budgétaire et fiscale de la France, qui est la condition de son indépendance". Le candidat PS ne s'est pas encore exprimé personnellement sur ce projet de traité, mais des responsables de son équipe de campagne l'ont fortement critiqué. "Maintenant", Jean-Pierre Chevènement souhaiterait "que François Hollande mette davantage l'accent sur la cherté de l'euro et que les perspectives fédérales qui sont les siennes soient quelque peu adoucies". "Je crois à une confédération européenne, je pense qu'il faut aller vers une plus grande solidarité" entre les Etats de l'Union, a-t-il rappelé. 

Le candidat du MRC s'est appesanti sur "l'euro surévalué, qui pèse sur notre compétitivité, qui explique les délocalisations, la désindustrialisation", sujet qui, a-t-il dit, "n'est pas traité" par l'accord de Bruxelles. "Il faut une monnaie moins chère, mettre la croissance, et non pas la récession, au programme", a-t-il encore soutenu.  
(dépêche AFP, dimanche 11 décembre, 13h50)   

mercredi 7 décembre 2011

Une tempête dans un verre d’eau pressurisé...

Ce lundi, quelques militants de l'organisation écologiste Greenpeace, usant d'un procédé déjà utilisé à plusieurs reprises en France, ont escaladé le dôme du réacteur  nucléaire de Nogent-sur-Seine et se sont dissimulés sur le site de Cruas dans le but de montrer les insuffisances des dispositifs de sécurité des centrales françaises. D'après les propos tenus dans l'édition de hier du quotidien Le Monde par Dominique Minière, directeur du parc nucléaire d'EDF, plusieurs militants auraient aussi tenté en vain de pénétrer dans d'autres centrales. Parmi celles-ci figure celle de Chooz B, dont les Ardennais se souviennent encore que la décision de sa construction, prise par l'Etat en 1982, avait donné lieu à des heurts sévères entre les forces de l'ordre et des écologistes belliqueux. Cette fois-ci, conformément à l’angélisme bien-pensant qui caractérise la philosophie de Greenpeace, cette tentative d'intrusion n’a pas dégénéré en actions violentes. Pour autant, même en l'absence de brutalité, cette violation programmée d'un périmètre sécurisé est grave, tout comme le serait, par exemple, une mise sur écoute illégale de militants écolos qui, après tout, se ferait là aussi sans violence.

Le MRC 08 condamne donc avec la plus grande fermeté cette action de Greenpeace qui, par ses stratégies occultes et son financement particulièrement opaque, illustre parfaitement le jugement de Jean-Pierre Chevènement sur la "secte fanatique" constituée par les Verts qui cherchent à imposer leurs pratiques aux non croyants, et notamment aux Etats. Toutefois, il n'y a pour le moment pas encore péril en la demeure,  puisque les pouvoirs de nuisance de la Vertitude restent limités à Paris et à quelques quartiers abandonnés par le bon peuple, non pas en raison d'une radioactivité excessive, mais à cause des loyers prohibitifs qui y sont pratiqués et que seule l'élite boboïsante peut se permettre d'acquitter ! Les Ardennais n'ont donc rien à craindre à brève échéance et, n'en déplaise à Eva Joly ou à Cécile Duflot,ce n'est pas demain la veille qu'on leur retirera le privilège de pouvoir admirer de près ou de loin les castors qui ont fait depuis peu leur retour dans le département.

Quant à ceux qui voudraient nous faire un mauvais procès en nous reprochant d'être contre la protection de l'environnement, nous leur répondons par anticipation qu'ils se trompent lourdement comme l'a montré notre engagement précoce contre l'implantation d'un incinérateur à rebuts de papier à Givet ! Simplement, nous considérons en conscience que la défense aveugle de la cause de la nature est aussi stupide que l’exploitation incontrôlée des ressources non renouvelables. D’autant que les appels mystiques à "Sauver la planète" se révèlent, à l’usage, peu rationnels : honnêtement, qu’on nous explique en quoi la Terre est essentiellement supérieure à Vénus, ou la chimie du carbone à celle du phosphore (dont certains cerveaux verts manquent d’ailleurs cruellement…). Dans le même ordre d’idées, nous attendons que les écolos nous montrent comment les Africains pourront se passer de révolution verte et d’OGM à court et moyen terme. Qu’on nous dise aussi par quelle opération du Saint-Esprit (pardon : de Gaïa…) la France peut faire l’économie du nucléaire dans un avenir proche. Et enfin, dans la perspective de la révolution énergétique qu'elle prône, qu’Eva Joly publie d’urgence un plan de reconversion précis pour les salariés de la filière, notamment dans la Pointe où il faudra plus que de la rhétorique et des bons sentiments pour le faire accepter…

samedi 3 décembre 2011

Aubrives : un conseil municipal pour pas grand chose !

Samedi dernier, jour peu commun mais susceptible de permettre à une majorité d'élus d'être présents et d'éviter ainsi les déboires connus au mois d'août, à 9h30, horaire peu commun également mais pratique pour ceux qui sont astreints sans discussion possible à des permissions de sortie limitées, s'est tenue ce qui sera très certainement la dernière réunion du conseil municipal pour cette année. A l'ordre du jour figuraient, une fois n'est pas coutume, non pas 4 ou 5 sujets mais pas moins de 18 ! Un véritable conseil donc en perspective qui, à défaut d'avoir attiré les foules, a bénéficié de la participation de 9 élus sur 15 et de l'écoute particulièrement attentive de 3 non-élus, parmi lesquels trônait celui que certains commencent à appeler ouvertement "l'éminence grise" ou le "maire de l'ombre".

Après l'adoption du procès-verbal des 3 séances précédentes, trois sujets ont fait l'objet de quelques débats. Le premier a été l'attribution au cabinet Agence 3 Arches, pour un montant de 155.750 euros, du marché de maîtrise d'oeuvre pour la réalisation d'une salle polyvalente à vocation sportive et culturelle à laquelle je me suis opposé. D'après certains dont j'ai pu entendre les persiflages murmurés mais pas assumés, ce serait parce que je suis contre le projet. Hélas pour eux, ils ont tort ! C'est seulement parce que je n'ai pas pu avoir de réponse précise à 3 questions qui n'étaient en rien anodines : pourquoi les documents distribués ne comprenaient aucun plan, même sommaire, de la construction envisagée ? Comment le coût de la salle a-t-il pu être réduit de 1 million d'euros pour une surface maintenue, elle, à 1.780 m2 ? A combien s'élèveront approximativement les coûts de fonctionnement, qui ne se limiteront pas comme notre bon maire semble naïvement le croire aux seules dépenses de chauffage, que la collectivité devra supporter pendant des décennies ? Dans ces conditions, j'ai considéré que recruter dès maintenant un maître d'oeuvre était prématuré et revenait à engager en aveugle la commune. Je l'ai refusé et j'estime que tout élu véritablement soucieux de la bonne utilisation des deniers publics aurait dû en faire de même !

Le deuxième sujet qui a donné lieu à quelques échanges a été la modification des modalités du compte épargne temps des 8 salariés titulaires de la mairie afin de leur permettre de bénéficier des opportunités apportées par le décret du 20 mai 2010. Un point on ne peut plus technique donc et qui aurait dû passer comme une lettre à la poste. Pourtant, ce n'a pas été le cas puisqu'un conseiller municipal qui fut, à l'époque où il était encore comptabilisé comme actif, militaire de carrière en a profité pour dire tout le mal qu'il pensait du travail à ses yeux beaucoup trop léger effectué par les 2 titulaires du service technique. Une sortie ahurissante et totalement déplacée qui aurait dû amener leur employeur à rétablir dans leur dignité ces salariés honteusement salis ! Ce ne fut hélas pas ce qui s'est passé puisque Gilbert Leclercq n'a pas bronché, ce qui a laissé la désagréable impression qu'il cautionnait les propos tenus par l'antisocial de service. Enfin, le dernier sujet à avoir suscité des débats a été la proposition de conclure un contrat avec une vétérinaire de Givet pour stériliser les chats sans propriétaire. A priori plutôt bonne, cette idée s'est heurtée à la crainte d'une majorité des élus présents que le coût global de cette opération de gestion de la population féline ne soit excessif, étant donné que la castration d'un mâle serait facturée 80,25 euros et l'ovariectomie dune femelle 160,50 euros. Il a donc été décidé de recenser les propriétaires de chats souhaitant avoir recours à ce procédé ainsi que les chats errants avant d'adopter une position définitive.

A part ça, le conseil municipal a pris connaissance de quelques informations, comme le rapport annuel sur le prix et la qualité du service public de l'eau. Il a aussi décidé d'acquérir auprès des 4 propriétaires volontaires leurs parts parmi les 23 qui constituent la place de la cantine afin de pouvoir procéder plus tard à sa remise en état. Il a reconduit à l'identique le règlement de l'affouage pour l'année 2012 et il a fait le choix, sage, de maintenir inchangée à 0,32 euro/m3 la redevance d'assainissement. Enfin, après avoir fait preuve de générosité dans l'octroi de subventions à 8 associations majoritairement non-aubrivoises, le conseil a décidé, sur proposition de l'adjoint chargé des réjouissances au coût en constante augmentation, j'ai nommé Mustafa Hassani, de suspendre à compter du 1er janvier le bus mis en place le 27 novembre 2010 pour permettre aux Aubrivois(es) de se rendre au centre commercial Rives d'Europe deux mercredis par mois. Une décision prise à la majorité, puisque j'ai voté contre étant donné qu'elle pénalise des personnes qui ont pris l'habitude d'utiliser ce service mis en place à grand renfort de tambours et de trompettes. Au total, cette séance ne fut donc pas inutile, mais elle aurait pu être infiniment plus intéressante si elle avait permis de traiter les très nombreux sujets abordés et réglés par la Commission des Travaux qui a la fâcheuse tendance à se transformer en un conseil municipal bis...
LB   

jeudi 1 décembre 2011

Givet : le mensonge autour du projet d'incinérateur a enfin cessé !

Depuis que le collectif Vigilance s'est constitué en juin 2010 pour faire part de ses interrogations, puis de son opposition à la construction d'une unité industrielle destinée à brûler un combustible fabriqué à partir de rebuts de papeteries, les défenseurs du projet, au 1er rang desquels figure le duo Claude Wallendorff-Bernard Dekens, se sont efforcés de le présenter sous un aspect rassurant. Pour se faire, ils ont martelé, dans leurs discours comme dans leur médiocre prose distribuée sous forme de tracts dans toutes les boîtes aux lettres de Givet, qu'il s'agissait d'une "unité de production d'énergie à partir de biomasse", d'une "chaudière biomasse" ou encore, comme vous pouvez le voir sur le panneau lumineux ci-dessous, d'une "usine biomasse". Un véritable bourrage de crâne qui commençait à porter ses fruits ! Heureusement, cette entreprise délibérée d'endormissement des consciences a fait pschitt lorsque, à l'occasion de la première réunion officielle organisée par les autorités dans le cadre de l'enquête publique, la représentante départementale de la DREAL  a fait savoir que le projet n'était officiellement rien d'autre qu'un incinérateur

Cette mise au point, qui a bouleversé la donne, n'a pas laissé le choix aux partisans de la construction. Ils ont dû revoir en urgence leur stratégie de communication et opter pour plus de transparence et moins de manipulation ! Ce retournement à 180 degrés s'est traduit par exemple par la distribution à grande échelle dans les communes belges de Doisches et de Hastières d'un tract appelant la population à venir participer à la deuxième réunion officielle qui s'est tenue mardi dernier. Il s'est aussi concrétisé, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, par la diffusion d'un message plus neutre sur les panneaux lumineux de la commune. Pour le MRC 08 qui a toujours considéré qu'une information libre, honnête et de qualité était indispensable au bon fonctionnement de la démocratie, y compris locale, c'est un progrès qu'il convient de souligner et de saluer. Il reste maintenant à espérer que toutes les questions qui ont été posées lors de la dernière réunion trouveront des réponses précises afin que tous les éléments soient réunis pour le débat argumenté, complet et serein auquel les habitants de Givet et des environs ont légitimement droit...

dimanche 27 novembre 2011

Téléthon 2011 : la générosité au service d'une bonne cause !

Fondé en 1986, le Téléthon, manifestation par excellence de générosité, a obtenu en un quart de siècle bien des victoires ! Il a notamment permis de faire sortir de l'oubli les maladies rares, qui étaient jusqu'alors quasiment inconnues du grand public, de changer notre regard sur le handicap et d'initier des avancées dans la recherche génétique. Mieux, il a contribué à la mise en place de traitements dont l'efficacité est aujourd'hui unanimement reconnue. C'est donc une oeuvre utile qui se déroulera cette année les 2 et 3 décembre prochains. Pour cette 25ème édition qui bénéficiera du parrainage de l'humoriste Gad Elmaleh, les dirigeants ont vu grand et espèrent réussir le pari d'organiser 25.000 animations à travers toute la France. Pour y parvenir, ils pourront compter sur le soutien des 6 chaînes du groupe France Télévisions qui participeront ensemble pour la 1ère fois aux 30 heures de direct du marathon télévisuel. 

Ils pourront aussi compter sur une multitude de nouvelles initiatives locales, comme celle très sympathique organisée par Bruno Bisseux à Hierges, dans la Pointe des Ardennes. Au programme, en plus d'un marathon-crêpes de 24 heures qui commencera vendredi à 18h00 dans la salle des fêtes, il y aura entres autres 3 visites de ce magnifique village médiéval par le spécialiste incontesté des lieux, André Majewski, et 2 tombolas dont l'une permettra, pour le modique prix de 2,5 euros, de gagner une lithographie du désormais célèbre peintre local Jean-Paul Surin. De quoi combler à la fois son estomac et son esprit ! Alors, n'hésitez pas et venez en nombre participer à cette initiative méritante qui permettra, à sa modeste échelle, d'enrayer la baisse substantielle des dons que connait le Téléthon depuis maintenant deux ans...      

samedi 26 novembre 2011

"Le triple A de Sarkozy, c'est triple zéro"

Comment on réindustrialise la France avec des coûts de production supérieurs à nos concurrents ou aux pays émergents ? 
Jean-Pierre Chevènement: Il faut corriger cette différence de coût par une différence de productivité. Nous possédons des atouts, des facilités techniques qui n'existent pas ailleurs. Il faut les valoriser. Par ailleurs, la politique de l'Euro fort nous défavorise. Avec une monnaie trop chère, nos industriels sont tentés d'investir à l'étranger. Mais rien n'est inéluctable : si l'on retrouve de la croissance, ce dont nous sommes tout à fait capables, il n'y a aucune raison de délocaliser. L'industrie est la locomotive qui tire le reste. Mais nous sommes confrontés à la politique désastreuse de la monnaie forte. Moi je me propose de remettre la gauche et la France à la hauteur. Le triple A de Sarkozy, c'est triple zéro. Il ne propose que l'austérité à perpétuité. Quant à François Hollande, il est mal entouré. Son bras droit Michel Sapin est sans doute compétent en matière budgétaire mais pour le reste, il ne saurait distinguer le MOX du sucre en poudre.

Pourriez-vous renoncer à votre candidature ?
Je me suis porté candidat par devoir, c'est une épreuve difficile que je m'inflige. Je veux faire bouger les lignes mais pour l'instant, elles ne bougent pas dans le bon sens. Après, toute campagne a ses dynamiques. En 2007, je m'étais retiré sur la base d'un accord politique.

À Toulouse, un jeune homme s'est fait assassiner dans le quartier de La Reynerie. Qu'inspire ce fait divers au père de la police de proximité ?
En matière de sécurité, la situation s'est dégradée. Les Français peuvent juger sur pièces. Une bonne connaissance de la population, c'est la base de la police de proximité. Lorsque j'étais ministre de l'Intérieur, j'avais nommé Jean-Pierre Havrin directeur de la sécurité publique de Haute-Garonne pour la mettre en place. Je regrette que Nicolas Sarkozy l'ait supprimée. La police ne doit pas se réduire à la seule BAC mais recouvrir un spectre plus large : discussion, prévention et répression.

Vous avez fondé le Ceres, l'un des courants du Parti socialiste auquel a adhéré Pierre Cohen. Quels souvenirs en gardez-vous ?
D'excellents souvenirs. J'entretiens du reste des relations très amicales avec le maire de Toulouse.

(Propos recueillis par Sébastien Marti, vendredi 25 novembre 2011)

jeudi 24 novembre 2011

Chevènement dans le mode spirituel et spiritueux sur la "fée verte" Eva Joly

Jean-Pierre Chevènement, candidat à la présidentielle, a ironisé jeudi sur les relations compliquées entre les prétendants socialiste et écologiste, François Hollande et la "fée verte" Eva Joly. "Je souhaiterais que la fée verte continue d'inspirer Verlaine et pas François Hollande", a dit M. Chevènement à la presse à Toulouse. Il faisait référence à l'absinthe, aussi appelée "fée verte", dans laquelle de grands artistes comme le poète Paul Verlaine cherchaient l'inspiration au 19ème siècle. 

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et sénateur du Territoire de Belfort n'a pas été tendre avec l'accord récemment conclu entre le PS et Europe écologie - les Verts pour 2012. "Quand je lis le texte de l'accord PS-Verts, je sursaute sur beaucoup de points, par exemple l'européanisation du siège permanent de la France à l'Onu, ça ne tient pas debout", a-t-il dit. Néanmoins, "quel que soit le je ne sais qui" auquel François Hollande serait opposé au second tour de la présidentielle, M. Chevènement votera Hollande s'il est bien au second tour. "Mais j'aimerais que, si c'était moi, Hollande aussi me soutienne", a-t-il ajouté. 

Interrogé sur la possibilité qu'il retire sa candidature au profit du candidat socialiste, M. Chevènement a rappelé avoir dit qu'il était "candidat pour faire bouger les lignes. Pour le moment, elles bougent, mais pas dans le bon sens. Donc il faudra redresser tout cela, je le dis en toute amitié". Dans l'éventualité où les "lignes" bougeraient à sa convenance à gauche, il a rappelé qu'il avait retiré sa candidature à la présidentielle de 2007 "sur la base d'un accord politique". M. Chevènement dit avoir recueilli presque 300 signatures pour sa candidature.
(dépêche AFP, jeudi 24 novembre, 15h50)

dimanche 20 novembre 2011

Givet : et la vérité sur le projet d’incinérateur fut !

Coup de théâtre dans le dossier de l’implantation à Givet, à deux petits pas de la frontière belge, d’un ensemble industriel constitué d’une usine destinée à transformer des rebuts de papeteries en un combustible jusqu’alors jamais utilisé – l’Apic - et d’une unité ayant pour mission de le brûler afin de produire de l’électricité et de la chaleur ! Présenté par les porteurs du projet, par le maire de Givet, par le président de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse et par leurs nombreux affidés comme étant un projet totalement vert s’inscrivant parfaitement dans le Grenelle de l’environnement, cette installation a fait l’objet depuis 18 mois d’un plan méthodique de communication dans lequel il était appelé, selon les circonstances et les publics visés, "unité de valorisation énergétique à partir de biomasse végétale" ou plus simplement "usine biomasse". Un argument très tendance qui, cumulé à la grosse trentaine d’emplois susceptible d’être créée, devait balayer toute opposition à la mise en route de ce complexe industriel.

Seulement, même au fin fond de la France, même dans un bassin d’emplois fortement sinistré, on peut trouver des gens qui ont les idées claires et qui sont capables de réfléchir ! C’est pourquoi un groupe de citoyens s’est constitué en collectif pour dénoncer les zones d’ombre entourant le projet et mettre en garde contre les nombreux dangers que la construction de ce qui ressemblait à s’y méprendre à un banal incinérateur ne manquerait pas d’entraîner, que ce soit sur le plan environnemental, sanitaire ou économique. Tour à tour moqué, vilipendé voire dénigré pour ne pas dire calomnié dans des tracts signés par le duo Dekens-Wallendorff et distribués aux frais du contribuable, il n’a pas cédé aux pressions et a mené contre vents et marées un important travail d’information des populations de part et d’autre de la frontière. Depuis le 07 novembre, date de l’ouverture de l’enquête publique sur l’installation de l’ensemble industriel, ce collectif est même passé à la vitesse supérieure en organisant une série de rencontres dans diverses localités.

Aujourd’hui, on sait que ce travail n’a pas été vain puisque jeudi dernier, lors de la première réunion organisée par le commissaire enquêteur, la représentante de l’unité territoriale Ardennes de la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), a décidé de remettre les pendules à l’heure en rappelant au porteur du projet que "le ministère [de l’Ecologie] n’a jamais considéré l’Apic comme de la biomasse [mais seulement] comme co-combustible à partir de biomasse". Par conséquent, l’installation envisagée ne peut se prévaloir de la dénomination de "chaudière biomasse" mais relève dans la nomenclature actuelle des installations classées de la catégorie des "incinérateurs". Voilà qui est clair et net et qui devrait mettre un terme à un débat sémantique dont on se rend compte maintenant qu’il n’avait pour seul objectif que de faire prendre à la population de Givet et des environs des vessies pour des lanternes ! L’opération de désinformation visant à présenter l’installation envisagée sous un faux aspect ayant fait pschitt, l’honnêteté intellectuelle voudraient que ceux qui l’ont orchestrée fassent leur mea culpa. Le feront-ils ? Il faut l’espérer, mais le MRC 08 n’y croit absolument pas, hélas... 

vendredi 18 novembre 2011

Chevènement prédit la mutation de l'euro en monnaie commune

L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, candidat à l'élection présidentielle, a estimé jeudi dans une interview à Sud Ouest que l'euro allait "tôt ou tard" passer du statut de monnaie unique à celui de monnaie commune, avec le retour dans chaque pays d'une monnaie propre. "Je pense que nous serons contraints d'appliquer tôt ou tard le plan B. A savoir une mutation organisée de l'euro de son statut actuel de monnaie unique vers celui de monnaie commune, l'euro servant aux grands échanges internationaux et chaque pays revenant en interne à une monnaie propre, fluctuante et renégociée chaque année au niveau européen", affirme le sénateur de Belfort, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC). 

Derrière la situation actuelle "se pose le problème majeur de la souveraineté et de la démocratie", ajoute M. Chevènement qui s'interroge: "Va-t-on construire une Europe post-démocratique, où les dirigeants seront désignés par l'urgence budgétaire comme c'est déjà le cas en Italie et en Grèce?". Pour lui, les solutions passent par "une monnaie moins chère, une mobilisation pour faire redécoller la croissance en réindustrialisant le pays, un retour à la souveraineté nationale et la mise en place d'une Europe réaliste". 

M. Chevènement n'exclut pas, par ailleurs, de se retirer de la compétition présidentielle au profit de François Hollande: "J'apprécierai le moment venu. Tout candidat peut, par définition, se retirer. Y compris François Hollande s'il devait par exemple être moins bien placé que moi", lance-t-il. Le candidat reconnaît qu'il lui sera "difficile de se faire entendre" et il observe les attaques dont il est l'objet depuis l'annonce de sa candidature, notamment sur son appartement parisien, qui est un logement social. 

Enfin, M. Chevènement réitère que l'accord entre le PS et EELV sur le nucléaire est "infaisable". "Entre ce qu'elle nous rapporte à l'export et les économies qu'elle nous procure, la filière nucléaire pèse 12 milliards d'euros par an. Ce n'est pas sérieux de vouloir la démanteler quand le problème numéro un du pays est le déficit de 75 milliards de la balance commerciale", assure-t-il.
(dépêche AFP, jeudi 17 novembre, 14h03)

jeudi 17 novembre 2011

Chevènement : "la France risque de devenir un simple parc d'attraction"

Le sort de la monnaie unique se joue en Italie. Ce pays doit lever 300 milliards d'euros en 2012 à un taux qui dépasse 6 %. Intenable. Le remplacement d'hommes politiques élus par des technocrates européens non élus, MM. Monti en Italie comme Papadémos en Grèce (à quand M. Trichet à Matignon ?) ne réglera rien. En effet, les ressources disponibles du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), soit 250 milliards d'euros, sont radicalement insuffisantes pour faire face à la montagne de dettes des pays « sous tension » (plus de 3.000 milliards d'euros) et particulièrement au risque d'un défaut italien. Le fameux « effet de levier » évoqué par le sommet européen de Bruxelles du 24 octobre 2011 pour multiplier les ressources du FESF par cinq a fait long feu : le « véhicule spécial » qui devait embarquer des « émergents » (Chine, Brésil, etc.) pour venir au secours de la monnaie unique est rentré vide du sommet du G20 à Cannes. 

Après l'Italie, la France est en première ligne, compte tenu de la forte exposition des banques françaises dans la péninsule. Le gouvernement français a fait une proposition intéressante : transformer le FESF en banque, pour l'adosser aux ressources théoriquement illimitées de la Banque centrale européenne. C'eût été le seul moyen de casser la spéculation pour, ensuite, relancer la croissance sur notre continent. Devant le refus allemand, la proposition française a été malheureusement retirée. Ceux qui nous parlent de « saut fédéral » nous dissimulent qu'il débouche sur un espace disciplinaire et une mise sous tutelle que les peuples n'accepteront pas, car les technocrates européens ne pourront pas supprimer les élections En fait, nul ne veut voir que le vice constitutif de la monnaie unique est d'avoir méconnu les réalités nationales : on ne peut pas transférer la souveraineté monétaire de dix-sept pays si différents par leurs structures économiques, politiques et mentales à une Banque centrale indépendante calquée sur le modèle de la Bundesbank allemande. Là est le péché contre l'esprit. Et tant qu'on n'aura pas pris en compte les réalités nationales on ne résoudra pas durablement la crise de l'euro. 

Il n'y a aujourd'hui que deux chemins : soit on change l'architecture de la monnaie unique en étendant les prérogatives de la Banque centrale, soit on essaie de rectifier l'erreur initiale en revenant à l'idée de monnaie commune autrefois prônée par Pierre Bérégovoy. Si la position du gouvernement allemand sur le rôle de la Banque centrale demeure inchangée, nous allons vers une dissociation de la zone euro à laquelle il vaudrait mieux se préparer pour en limiter les effets négatifs et ainsi préserver l'unité du marché européen. C'est le sens de la proposition que j'ai faite d'une mutation de l'euro de monnaie unique en monnaie commune. L'euro redeviendrait ce qu'était l'ECU, c'est-à-dire un panier de monnaies nationales dont les parités seraient périodiquement négociées pour tenir compte des écarts de compétitivité entre les pays. L'euro resterait la monnaie de transaction pour les échanges extérieurs. Les monnaies nationales seraient réservées aux échanges internes. Ainsi, un pôle européen respectueux des nations prendrait forme entre les Etats-Unis et la Chine. Le cours de l'euro serait fixé par les marchés. Il serait sans doute moins surévalué qu'aujourd'hui : cela redonnerait de l'air à la croissance et à l'investissement en Europe. 

Le risque majeur pour la France, si l'Italie et l'Espagne devaient reprendre leur liberté monétaire, serait de rester collée à l'Allemagne dans une petite zone euro réduite à un noyau dur - Allemagne, Benelux, Autriche, France, comme le proposaient, en 1994, MM. Schäuble et Lammers. Ce qui reste de l'industrie française ne résisterait pas à une nouvelle surévaluation de l'euro, conjuguée avec la dévaluation compétitive des pays du Sud. Or, malheureusement, les discours du président de la République (« il faut en tout point imiter l'Allemagne ») aussi bien que le tropisme des européistes benêts au sein du Parti socialiste nous enfermeraient dans ce cul-de-sac historique : la France, ayant abandonné sa base productive, deviendrait un parc d'attractions à l'extrémité du continent eurasiatique, où viendraient se reposer des guerriers économiques fatigués, allemands, chinois, japonais, américains, etc. Elle sortirait de l'Histoire. Je demande fermement que les candidats qui ambitionnent d'exercer la plus haute charge de l'Etat refusent clairement la perspective de cette petite zone euro qui serait tout simplement la fin de la France. 
(Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans les échos, mercredi 16 novembre)