Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

vendredi 28 septembre 2012

Le MRC 08 perd un deuxième pilier...


"Lorsque j’ai rejoint le MRC en 2003, il représentait une des formations les plus novatrices et originales du système politique français. Au courant républicain, il joignait des aspects intéressants des deux autres composantes de la gauche, la social-démocrate et même la radicale. Sur la politique européenne, sur l’éducation, sur l’intégration ou encore sur la politique étrangère, il était le seul à offrir des positions à la fois réalistes et visionnaires. La personnalité de son principal dirigeant, ancien ministre de Mitterrand et candidat aux présidentielles, lui donnait une audience nationale. Cet élan, encore vivace après la percée des présidentielles 2002, était nécessaire, au premier chef, dans le département des Ardennes, où j’ai représenté le mouvement comme trésorier.

Aujourd’hui, après bien des occasions manquées, après surtout l’incapacité de tirer parti de la victoire au référendum de 2005, le retrait prévisible de Jean-Pierre Chevènement de la vie politique laisse d’ores et déjà la place à une nouvelle donne, comme vient d’en témoigner la position du parti sur le budget 2013. Sans préjuger de ce qui sera négocié et décidé dans les mois suivants, l’intégration actuelle à la galaxie socialiste me paraît suffisamment stérile pour que je renonce à lui accorder ma très modeste caution. Je ne désire pas non plus cautionner une éventuelle transformation en un think tank politiquement correct. Sans rien renier de mon estime pour le fondateur du MRC, je démissionne donc de cette formation et consacrerai désormais mon activité militante au Parti de Gauche, qui a l’avantage d’allier l’opposition du MRC à l’Europe libérale et une visibilité nettement plus grande, en particulier lors des grandes échéances électorales".

(communiqué de Boris Spirta, 27 septembre 2012)

mercredi 26 septembre 2012

Le MRC 08 perd sa tête !


"Dans la vie, il est des moments où il faut savoir dire stop ! Depuis mes années de lycée, j’ai toujours été très intéressé par la politique et ce ne sont pas les études d’histoire que j’ai ensuite suivies qui ont atténué mon goût pour ce domaine, bien au contraire. J’ai donc adhéré relativement vite à un parti politique. C’était en 2001 et il s’agissait du MDC, le Mouvement des Citoyens fondé 9 ans plus tôt par Jean-Pierre Chevènement. A ma modeste échelle, j’ai participé à la campagne présidentielle menée l’année suivante par cet homme d’Etat que j’ai toujours admiré pour la profondeur de ses analyses, pour ses prises de position visionnaires et pour son courage politique hors pair. Je l’ai accompagné dans l’aventure du Pôle Républicain. Puis, en 2003, lorsqu’il a fondé le Mouvement Républicain et Citoyen, je l’ai soutenu de mon mieux en créant et en animant dans les Ardennes une antenne de ce nouveau parti politique.

Je me reconnaissais alors pleinement dans le programme de cette formation, qui était la seule à lier la question sociale à la question nationale et qui proposait une refondation républicaine de la France qui ferait passer l’intérêt général avant les intérêts particuliers. Hélas, depuis, le MRC a commis de graves erreurs dans sa stratégie électorale, par exemple en acceptant en 2007 de ne pas présenter de candidats aux élections législatives dans les circonscriptions ayant des sortants socialistes, ou encore en renonçant en 2009 à présenter des listes aux élections européennes alors qu’il avait un message fort et original à défendre. Les résultats ne se sont pas faits attendre : le MRC a vu disparaitre le peu de visibilité qu’il possédait et, surtout, il a perdu le bénéfice du financement public ! Il a alors trouvé une planche de salut en se rapprochant du PS, d’abord prudemment, puis d’une façon de plus en plus décomplexée au point d’en être devenu aujourd’hui ce qu’il faut bien appeler un satellite.

Cette réorientation stratégique a abouti à un positionnement politique difficilement compréhensible par les électeurs puisque les actes du MRC, désormais en grande partie calqués sur ceux du parti à la rose, sont de plus en plus en contradiction avec les belles idées qui figurent dans son programme ! Le dernier exemple en date de ce grand écart est le traité budgétaire européen. Les parlementaires MRC voteront contre, ce qui leur permettra de rester fidèles à l’objectif d’une réorientation de la construction européenne réclamée haut et fort par le parti. Pour autant, comme il l’a déjà annoncé à l’issue de son université d’été, cela n’empêchera pas le MRC de voter le budget 2013. Autrement dit, tout en vouant aux gémonies le nouveau cadre budgétaire imaginé par les plus hautes autorités européennes, il acceptera les mesures contraintes qui seront prises à l’intérieur. Comprenne qui pourra...

Pour ma part, cette position ubuesque est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Même en me forçant, je n’arrive plus à me retrouver dans le comportement actuel du MRC qui me semble n’être qu’une voie sans issue. J’ai donc décidé, en conscience, de démissionner dès aujourd’hui de cette formation politique. Cependant, cela ne signifie pas que je vais arrêter de m’intéresser activement à la chose publique. Bien au contraire ! Je continuerai à le faire en restant moi-même, c’est-à-dire sans ambition personnelle mais avec conviction, en militant désormais à l’intérieur du Parti du Gauche auquel je reconnais, entre autres, deux qualités qui me paraissent fondamentales : son engagement pour une réorientation radicale de la construction européenne en faveur des peuples et une stratégie électorale claire entièrement basée sur la défense d’un programme compréhensible par tous".

(communiqué de Laurent Bouvier, mardi 25 septembre 2012)

lundi 17 septembre 2012

Aubrives : les caisses sont désormais vides !

Samedi dernier a eu lieu une séance du conseil municipal qui a été tout sauf ordinaire. Pourquoi ? D’abord parce qu’elle s’est déroulée moins de 10 jours après la séance précédente, de surcroît à une date pour le moins inattendue puisqu’il s’agissait du 1er jour de la fête patronale. Ensuite parce que son ordre du jour n’était pas plus épais qu’une feuille de papier à cigarette, avec seulement 4 points à traiter. Pourtant, cela n’a pas empêché qu’il y ait foule (façon de parler, bien sûr, tout étant relatif) autour de la table des délibérations puisque 8 élus sur les 14 que compte encore la commune avaient fait l’effort de se déplacer, soit juste assez pour que le quorum soit atteint. Une situation désormais si rare qu’il ne faut surtout pas la passer sous silence !

Evidemment, une telle "affluence" n’était pas fortuite. Elle s’expliquait par le deuxième point de l’ordre du jour, à savoir l’engagement immédiat ou le report de la construction d’une salle polyvalente à vocation sportive et culturelle. Une décision à environ 2,7 millions d’euros TTC qui aurait dû donner lieu à un véritable débat étant donné l’importance des conséquences qu’elle entraînera ! Hélas, ce n’a pas été le cas puisque, malgré la faiblesse des subventions jusqu'alors obtenues (seulement 440.000 euros [environ 25 % du coût des seuls travaux] contre 1.529.202 euros [environ 80 % des mêmes coûts] pour la salle polyvalente d’Auvillers-les-Forges qui a servi de modèle à notre projet) et l’imprécision manifeste du plan de financement exposé qui inclut des recettes encore hypothétiques comme la vente à Bouygues Immobilier pour 260.000 euros des terrains de la Sapinière, il aura fallu moins d’un quart d’heure (5min32 à 19min58) pour que l’autorisation d’engager les travaux soit prise. 

Une légèreté dont on n’a pas fini de payer le prix puisqu’il est désormais acté que la construction de cette salle sans parking va engloutir la quasi-totalité de l’autofinancement communal pour les 3 années à venir ! En clair, cela signifie qu’il sera impossible de procéder à des travaux conséquents de voirie, contrairement à ce qui avait été promis entre autres aux riverains de la rue du Père George, de la rue des orsières, de l’impasse Faure et de l’impasse Ravel. De la même façon, aucun aménagement pour mettre les bâtiments communaux en conformité avec les normes d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite ne pourra être réalisé alors qu’il s’agit d’une obligation. Quant au pôle scolaire qui a été annoncé à grand renfort de tambours et de trompettes, il restera pour ce mandat du domaine du rêve. Enfin, cerise sur le gâteau si je puis dire, quelle que soit l’équipe municipale qui sera élue en 2014, elle ne disposera de quasiment aucun moyen financier pour la première année de son mandat ! Une véritable catastrophe pour la commune dont notre bon maire, qui nous a encore gratifiés d’une sortie pitoyable, portera l’entière responsabilité....
LB

 

Le MRC votera le budget 2013, mais pas le traité européen


Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a indiqué dimanche que son parti soutiendrait le président François Hollande et son gouvernement "en votant le budget" 2013, mais que ses parlementaires n'approuveraient pas le traité budgétaire européen. "Nous soutenons François Hollande les yeux ouverts, avec le désir d'œuvrer à son succès", a-t-il déclaré lors de l'Université d'été du MRC réunie à Belfort. Selon l'ancien ministre, le MRC votera le budget "par loyauté", pour donner "du temps à François Hollande pour qu'il élargisse ses marges de manoeuvre". 

En revanche, les quatre parlementaires MRC n'approuveront pas le traité budgétaire européen (TSCG) qui "retire aux Parlement nationaux la maîtrise de la dépense publique", a-t-il poursuivi lors de son intervention transmise à l'AFP. "Ce que nous voulons, c'est une Europe refondée dans la démocratie des nations et pas un 'machin' pseudo-fédéral où un soit disant 'ministre européen des Finances' nous dicterait notre politique", a souligné le sénateur de Belfort. 

Evoquant le rapprochement annoncé des groupes aéronautiques européens EADS et BAE Systems, il s'est interrogé sur ses conséquences pour la France et les moyens dont elle disposera pour "peser encore" au conseil d'administration d'EADS. "C'est à ces questions qu'il faut répondre pour défendre convenablement les intérêts français et européens. Sinon EADS sera dominé par un axe américano-germanique", a-t-il estimé. 

Rappelant que le MRC a soutenu François Hollande dès le premier tour de la présidentielle, le président du mouvement, Jean-Luc Laurent, a estimé pour sa part que "la crise de la zone euro se niche dans le concept même de monnaie unique". Le traité européen, "ce sont des procédures douteuses au service d'une politique économique absurde, et qui est déjà caduque au moment où l'Allemagne comme la France entrent en récession", a estimé le député du Val-de-Marne. Le prochain congrès du MRC doit se tenir les 15 et 16 décembre à Paris.

(dépêche AFP, dimanche 16 septembre)

jeudi 13 septembre 2012

Et si le nucléaire permettait de développer le photovoltaïque ?

"Le gouvernement souhaite – à juste titre – développer les énergies renouvelables. Mais aujourd’hui 80% des panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine, dans des conditions désastreuses pour l’environnement. Et l’Allemagne est en train de revoir sa politique de subvention des prix de rachat de l’énergie photovoltaïque, tandis que les sociétés de fabrication de panneaux de ce pays connaissent des difficultés. Or, le prix des panneaux constitue plus de la moitié du coût d’une installation. Il y a donc urgence à développer une véritable filière industrielle en France. 

« Comme elle a su développer la filière nucléaire en son temps, qui est une industrie d’avenir et offre une électricité moins chère et moins polluante, la France est très bien placée pour développer le photovoltaïque. Elle peut et doit se servir de la rente nucléaire pour en assurer le financement. C’est bien sûr vers la complémentarité entre les différentes filières, le nucléaire et les renouvelables, qu’il faut s’orienter, plutôt que sur une guerre stérile entre ces deux formes de production d’électricité » déclare Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et député du Val-de-Marne. 

A l’occasion de la conférence environnementale, le MRC, composante de la majorité gouvernementale, invite le gouvernement à conserver l’indépendance énergétique de la France et à agir pour permettre le développement d’une filière française de technologie et de production photovoltaïque".

(communiqué de presse du Mouvement Républicain et Citoyen, 13 septembre 2012)

mercredi 12 septembre 2012

Chevènement : "il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne"


Le Pays: L’université d’été du Mouvement républicain et citoyen aura lieu à Belfort dans une semaine. Comment se porte le MRC aujourd’hui? 
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du MRC: Le MRC se porte bien, il a triplé le nombre de ses députés : il en avait un, il en a trois. Et nous avons la liberté d’expression et de vote à l’intérieur du groupe « socialiste, républicain et citoyen ». Nous sommes dans la majorité présidentielle, désireux d’assurer sa réussite, même si nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne. 

Lors de l’université d’été, il sera forcément question du départ du MRC d’Étienne Butzbach, le maire de Belfort. 
En aucune manière. Le MRC continue. Il a ses analyses politiques solidement étayées et qui ne vont pas être remises en question par une défection individuelle. 

Tout de même, cela change la donne à Belfort. 
C’est vrai, depuis 1977, la Ville de Belfort a toujours été animée par une majorité Ceres*, MDC (Mouvement des citoyens) ou MRC. Mais le MRC est toujours présent. 

Et entend bien le rester ? 
Oui, clairement. La démarche d’Étienne Butzbach n’obéit qu’à un électoralisme à courte vue. Ce n’est pas en changeant de maillot en milieu de partie qu’on peut figurer à coup sûr dans l’équipe gagnante. Étienne Butzbach devait tout au MRC, son écharpe de maire et la circonscription dans laquelle il a été candidat au mois de juin dernier. Il s’est disqualifié à mes yeux pour conduire une liste d’union de la gauche en 2014. Cela dit, le MRC a toujours eu le souci de l’intérêt général, il défend les intérêts de la population et il s’efforcera de faire en sorte que la municipalité élue en 2008 puisse aller jusqu’à son terme.
S’agissant de la désignation de la tête de liste pour les prochaines élections municipales, c’est l’affaire des partis politiques de gauche, en admettant qu’ils parviennent à s’entendre, chose souhaitable. 

Vous avez soutenu François Hollande durant la campagne présidentielle. Que pensez-vous de l’action gouvernementale ? 
Je pense qu’il faut donner à François Hollande et au gouvernement le temps nécessaire pour traduire leur projet dans la réalité. Il devrait être possible grâce aux emplois d’avenir et au contrat de génération, d’infléchir la courbe du chômage au début de l’année prochaine. Cela dit la réorientation de la construction européenne est pour l’essentiel devant nous. 

Vous êtes contre la ratification du traité budgétaire européen, ratification que veut le PS. 
Je vous rappelle que le Mouvement des citoyens s’est créé en 1992 au moment de la ratification du traité de Maastricht parce que nous considérions que le choix de la monnaie unique était assez grave pour légitimer notre départ du Parti socialiste. Je pense que la suite a confirmé nos analyses. La crise actuelle n’est pas d’abord la crise de la dette, c’est une crise structurelle qui tient aux défauts inhérents à la monnaie unique elle-même. 
Les déséquilibres commerciaux entre Europe du nord et Europe du sud, dont la France, sont très difficiles à résorber dans le cadre d’une zone euro qui rend impossible les dévaluations. Or l’austérité à perte de vue n’est pas une solution au moment où les risques de récession s’accumulent de tous côtés. 

Il est, de nouveau, question du non-cumul des mandats voulu par le président Hollande. Certains élus socialistes se sont prononcés contre l’application immédiate de cette règle. Quelle est votre position ? 
Je n’en fais pas une affaire. Je ne détiens, pour ma part, qu’un seul mandat mais je considère par expérience, que le fait d’avoir exercé un mandat de maire m’a été très utile dans tout le cours de ma vie politique. Je n’aurais pas fait passer la loi sur l’intercommunalité – qui va concerner l’ensemble des communes – si je n’avais pas été longtemps président du district de l’agglomération belfortaine. 

Vous évoquez votre mandat de sénateur. Vous représenterez-vous lors des prochaines sénatoriales, en 2014 ? 
J’y ai réfléchi. Je ferai connaître le moment venu ma réponse. Sachez qu’elle est déjà dans ma tête. 

(entretien de Céline Mazeau avec Jean-Pierre Chevènement pour le journal Le Pays, 09 septembre 2012)

dimanche 9 septembre 2012

Aubrives : un dernier conseil municipal très inquiétant !

Samedi 1er septembre, à 10h00, le conseil municipal d’Aubrives était convoqué pour une séance ordinaire avec, à l’ordre du jour, 11 points seulement dont aucun ne devait a priori donner lieu à de longues discussions. Une reprise en douceur donc pour l’assemblée communale, après la première trêve estivale à avoir été respectée depuis le début du mandat, qui devait logiquement voir la très grande majorité des édiles municipaux prendre place autour de la table des délibérations. Hélas, il n’en a rien été puisque, pour la énième fois en moins de deux ans, le quorum n’a pas été atteint avec seulement 6 élus présents (un record !) sur les 14 que compte encore le conseil municipal ! J’écris bien 14 et non pas 15, comme lors de la dernière réunion, étant donné que, depuis, une conseillère municipale a démissionné, écœurée qu’elle était, pour reprendre les termes figurant dans le courrier notifiant sa décision, par "les méthodes autoritaires et le manque chronique de débats contradictoires" ainsi que par "l’engagement de poursuites judiciaires à l’encontre d’un habitant du village [...] avec les deniers de la municipalité".

Une nouvelle séance a donc été convoquée. Pour quand ? Pour le jeudi 6 septembre, un jour qui en valait bien un autre, à 09h30, un horaire qui lui n’en valait pas un autre puisqu’il empêchait de fait la quasi-totalité des élus encore actifs (économiquement parlant, bien sûr) d’y participer ! Une maladresse, diront certains. Mais pour moi, qui suis maintenant habitué aux méthodes du grand ordonnateur du conseil municipal, c’était à n’en pas douter un choix délibéré destiné à se débarrasser de la présence du gêneur de service que je suis. Jolie tentative en vérité, mais totalement ratée puisque j’ai pu me libérer pour participer à cette réunion qui a rassemblé, en tout et pour tout, 5 élus, soit beaucoup moins que le public qui comptait une grosse douzaine de personnes. Cependant, le quorum n’étant pas indispensable pour cette deuxième convocation, la réunion a pu légalement avoir lieu et elle a duré un peu plus d’une heure, comme le montre l’enregistrement intégral ci-dessous auquel j’ai procédé et que je laisse en libre accès pour la complète information des personnes intéressées.

Que faut-il retenir de cette séance ? Avec l’arrivée de la modernité dans la vie municipale d’Aubrives, chacun pourra se faire sa propre opinion ! Mais, à mon avis, quatre points méritent d’être relevés. Le premier, que je considère comme un moment d’anthologie, a été l’intervention aussi agressive que stupide de Monsieur Hassani, l’adjoint bien connu pour sa propension à dépenser futilement les deniers publics, afin que je cesse tout enregistrement des séances du conseil municipal. Une injonction à laquelle je n’ai évidemment pas donné suite tout en lui communiquant, difficilement étant donné son comportement détestable, les fondements juridiques permettant l’utilisation des moyens audiovisuels pour assurer la publicité des débats (1min34" à 5min32"). Le deuxième point a été l’annonce, brève mais sans équivoque, que la délibération prise le 11 juillet, visant à utiliser l’assurance de la commune pour poursuivre en justice un habitant bien connu du village pour sa probité et les multiples services qu’il a rendus, a été déclarée illégale par les services préfectoraux (6min58" à 8min57"). Pire qu’un désaveu pour notre bon maire qui était bien penaud en faisant cette révélation, une véritable claque qui aura peut-être pour vertu de lui faire remettre les pieds sur terre !

Quant au troisième point, ça a été la vente d’une parcelle dans le nouveau lotissement communal ainsi que de l’immeuble sis 59 et 61 rue du général Sarrail, ce qui fera rentrer dans les caisses de la commune une somme d’environ 100.000 euros qui ne sera pas de trop pour boucler le financement du projet de salle polyvalente à vocation sportive et culturelle (10min55" à 14min52"). Enfin, le dernier point conséquent a été l’octroi de subventions pour un total d’environ 10.000 euros à 9 associations, qui ont toutes obtenu ce qu’elles demandaient, voire plus, à l’exception notable d’Espace Loisirs qui, cette année encore, a fait les frais de ce qui ressemble à de vieilles rancœurs personnelles qu’il faudra un jour se décider à dépasser (34min53" à 42min28"). Au total, cette séance du conseil municipal aura donc confirmé le désintérêt croissant d’un nombre de plus en plus grand d’élus pour les affaires du village. Elle aura aussi montré, avec son ordre du jour squelettique, que la vie municipale est en train de se réduire telle une peau de chagrin. Enfin, elle aura apporté la démonstration que les élus aux affaires doivent plus que jamais être surveillés afin de les empêcher de prendre des décisions illégales. Bref, rien de réjouissant, bien au contraire...
LB

Chevènement sur Arnault : "les élites ne croient plus en la France"

Jean-Pierre Chevènement, sénateur MRC et ancien ministre, a estimé samedi qu'en demandant la nationalité belge, Bernard Arnault montrait que "les élites françaises ne croient plus en la France". "Bernard Arnault, en demandant la nationalité belge, vient de mettre en lumière le principal problème qui se pose à notre pays : les élites françaises, dans leur immense majorité, ne croient plus en la France", a dit le fondateur du Mouvement républicain et citoyen dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Cette situation n'est pas nouvelle, poursuit-il, nous l'avons déjà rencontrée dans les années 30", affirme encore M. Chevènement. "Redonner confiance en la France est une tâche très actuelle. Elle interpelle la gauche aujourd'hui au pouvoir, elle constitue en tous domaines la clé du redressement", conclut l'ex-ministre
(comuniqué AFP, samedi 08 septembre)

jeudi 6 septembre 2012

Chevènement ne votera pas le traité budgétaire européen


Le sénateur MRC Jean-Pierre Chevènement a déclaré mercredi qu'il ne voterait pas le traité budgétaire européen mais qu'il "encouragera le gouvernement à aller plus loin". Dans une interview accordée à Public Sénat, l'ancien ministre du gouvernement Jospin et candidat à la présidentielle de 2002 a déclaré: "Je vous dis clairement, comme les députés MRC l'ont déjà annoncé, moi en tant que sénateur, je ne le voterai pas non plus. Mais je le ferai d'une manière positive pour encourager le gouvernement à aller plus loin". 

Plus tôt dans la journée le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, avait incité les députés PS à ratifier le texte mais certains opposants comme le député parisien Pascal Cherki étaient restés sur leurs positions. Jean-Luc Laurent, président du MRC (Mouvement républicain et citoyen, fondé par Jean-Pierre Chevènement) et député apparenté au groupe socialiste, avait affirmé sans surprise à quelques journalistes que les parlementaires MRC voteraient contre ce traité. 
(dépêche AFP, mercredi 05 septembre 2012)

lundi 3 septembre 2012

C'est reparti pour une année !

Avant le grand rush demain dans les établissements d'enseignement public des Ardennes  des 10.230 écoliers qui sont attendus en maternelle, des 15.900 qui sont inscrits dans les classes élémentaires, ainsi que de 11.600 collégiens et de quelques 10.000 lycéens, c'est aujourd'hui la rentrée des enseignants et des autres personnels de l'Education Nationale ! Beaucoup de ces agents de la fonction publique qui ont vilipendés par le gouvernement précédent, dont le travail a été systématiquement dénigré et dont les fonctions ont été rabaissées attendent beaucoup de cette première rentrée qui a été officiellement placée sous le signe du changement. L'avenir leur donnera-t-il raison ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais la réponse ne saurait maintenant tarder...

vendredi 31 août 2012

PS, Verts, MRC : quelle majorité présidentielle ?


"Le MRC rappelle que, composante de la majorité présidentielle, il a signé le 9 mars dernier un accord politique avec le PS. Ce texte qui n’a pas été passé à la hâte n’a pas moins d’existence politique que l’accord PS-Verts. Le MRC considère que le contrat de législature entre le PS et le MRC apporte une synthèse mûrie, responsable et débattue que ce soit en matière d’énergie, de développement économique ou de vision de l’avenir de l’Europe. 

C’est pourquoi les députés du MRC, membres de la majorité présidentielle, prendront leurs responsabilités lorsque ces questions viendront en débat en se déterminant en fonction de l’intérêt général. En tout état de cause ils considèrent que le gouvernement dirigé par Jean-Marc Ayrault, héritier du bilan désastreux du quinquennat précédent, n’a aucunement démérité dans la confiance globale qu’ils lui font, même s’ils maintiennent un écart de vues sur la question du TSCG que les parlementaires n’approuveront pas".

(communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen, 31 août 2012)

mardi 28 août 2012

Toujours plus haut, hélas !


Sur le front de l'emploi, la situation est calamiteuse puisqu'en juillet le nombre de chômeurs de catégorie A (c'est-à-dire n'ayant exercé aucune activité au cours des 30 derniers jours) a augmenté en France pour le 15ème mois consécutif ! Avec 41.300 personnes de plus, soit la plus forte hausse depuis 3 ans, il atteint 2.987.000 et se rapproche  dangereusement du cap symbolique des 3 millions. Si l'on inclut les demandeurs d'emploi appartenant aux autres catégories, le chiffre atteint le niveau astronomique de 4.733.000 personnes. Quant aux Ardennes, elles ne sont pas en reste avec une hausse de 1,3 % en juillet ayant porté le nombre des privés d'emploi à 15.373. Des chiffres catastrophiques donc, qui imposent au gouvernement de sortir de son semi-immobilisme et de prendre d'urgence des mesures fortes comme par exemple l'augmentation du taux de l'impôt sur les sociétés pour les entreprises qui licencient alors qu'elles font des bénéfices... 

jeudi 23 août 2012

Le changement, c'est pour quand ?


"Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Une fois de plus, cet adage se vérifie. Et sur de nombreux sujets, peuchère ! Il avait dit qu’il n’y aurait pas de démantèlement des campements des Roms sans proposition d’une alternative. Il y a démantèlement sans alternative proposée comme dans la Sarkozie. Il avait dit dans la proposition n°11 « …Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction… ». Aujourd’hui, il fait annoncer par le ministre chargé des relations avec le Parlement que le traité tel qu’il a été produit par Sarkozy et Merkel sera proposé en l’état. Pour le reste, le gouvernement demande du temps : big bang fiscal, blocage des prix du carburant, loi d’assainissement des banques pour séparer les activités de dépôt des activités spéculatives, doublement du plafond du livret A, caution solidaire pour le logement des jeunes, etc. Accordons-lui ce temps mais nous y reviendrons !

Mais le pire est ailleurs. La triple crise économique, financière et de la dette publique continue de se développer. Les taux d’intérêt à 10 ans des pays du sud de l’Europe (Grèce, Italie, Espagne, Portugal) et de l’Irlande repartent à la hausse. Les politiques austéritaires font chuter la demande intérieure des 5 pays précités pour un montant bien supérieur aux gains allemands. La contraction de la demande intérieure de ces 5 pays est de 11,1 % depuis 2007. Alors que les gains pour l’Allemagne dans la même période ne sont que de 5,4 % dans la même période et pour la France de 1,5 %. On voit bien là que la zone euro va dans le mur car le PIB des 5 pays précités est très nettement supérieur à celui de l’Allemagne. D’ailleurs, la zone euro est entrée en récession avec un recul du PIB zone euro de 0,4 % sur un an. Après les mille milliards de prêts à 3 ans pour les banques européennes délivrés par la Banque centrale européenne (BCE) les 31 décembre 2011 et le 1er mars 2012, la demande correspondant aux besoins pour la Grèce, l’Espagne et de l’Italie est d’environ mille milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2012. Et comme en plus il y a la crise de profitabilité et de compétitivité de l’économie réelle capitaliste européenne, les nuages vont donc continuer à s’amonceler.

Et là, on se heurte à une réalité qui a été masquée pendant longtemps, c’est que l’ordo-libéralisme - rameau du néolibéralisme mondial - développe un intégrisme politico-religieux autour des fondamentaux de sa doctrine, d’une façon encore plus régressive que les autres variétés du néolibéralisme. L’acceptation des « élites » européennes de reprendre les fondamentaux de l’ordo-libéralisme allemand est aujourd’hui mortifère. La dépolitisation totale de l’économie, la coordination économique uniquement réalisée par les prix, l’économie sociale de marché et la concurrence libre et non faussée, la limitation du rôle de l’État à la définition et à la protection des règles du jeu avec interdiction d’intervenir dans l’économie réelle, la stabilité monétaire comme primat contre les intérêts des salariés, la suppression des conventions collectives, la croyance dans la non-interdépendance des pays de la zone euro, l’ethos luthérien de la souffrance nécessaire du peuple, sont autant de piliers de cet ordo-libéralisme qui va nous entraîner dans une crise longue et dramatique sur le plan social. A moins qu’une vigoureuse campagne d’éducation populaire ne se développe pour organiser les ruptures nécessaires face à cette évolution. A-t-on d’autres choix ? Mais où sont les bases d’appui pour cela ? Où sont les volontés pour ne pas se laisser endormir par les ronrons des diverses organisations ?"
(ReSPUBLICA n°691 / le journal de la Gauche Républicaine, laïque, écologique et sociale / la chronique d'Evariste) 

jeudi 16 août 2012

Syrie : Chevènement dénonce "les professionnels de l’ingérence"


Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a dénoncé mercredi les "professionnels de l'ingérence" qui poussent, selon lui, la France "à intervenir militairement" en Syrie, dans une déclaration à l'AFP. "La Syrie n'est ni la Tunisie ni l'Egypte. C'est un pays plongé dans une guerre civile inspirée et alimentée de l'extérieur", estime-t-il.

Selon l'ancien ministre de la Défense, "des professionnels de l'ingérence poussent aujourd'hui la France à intervenir militairement, fusse par la seule voie aérienne, en violation de la légalité internationale et au côté de pays dont les ambitions et les intérêts ne sont pas les nôtres". "Le précédent libyen ne saurait être invoqué", déclare-t-il. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU de mars 2011 a, selon lui, "été interprétée au-delà de son objectif proclamé -la protection des civils-, jusqu'à un changement de régime dont l'une des conséquences a été la déstabilisation du Mali". 

M. Chevènement rappelle que le président François Hollande "a plusieurs fois souligné que la France n'interviendrait pas en dehors d'un résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies". "La politique de la France repose sur des principes et aucune campagne d'opinion ne doit l'en faire dévier", affirme-t-il.

Selon le sénateur du territoire de Belfort, "la politique de changement de régime a été pratiquée en Irak" par l'ancien président américain George Bush en 2003, mais "elle ne saurait aujourd'hui recevoir la caution de la France". Dans le quotidien Le Monde, l'écrivain et essayiste Bernard-Henri Lévy, en pointe lors de l'intervention occidentale en Libye en 2011, a notamment lancé mardi un appel à une action militaire aérienne en Syrie.
(dépêche AFP, mercredi 15 août)

vendredi 3 août 2012

Le nouvel opium du peuple ?

mercredi 1 août 2012

Le chiffre du jour

15.163 ! C’est le nombre de chômeurs de catégorie A, c’est-à-dire n’ayant exercé aucune activité au cours du mois écoulé, que comptait le département des Ardennes au 30 juin. Que faut-il penser de ce chiffre qui a été rendu public jeudi dernier lors de la livraison par Pôle Emploi de sa batterie mensuelle de statistiques ? Pour les plus optimistes, qu’il n’est certes pas bon, puisqu’il est en hausse de 2,1 % sur un mois et de 11,1 % sur un an, mais qu’il reste acceptable étant donné qu’il représente environ 12 % de la population active ardennaise contre plus de 14 % dans des départements comme l’Hérault ou le Nord. Pour les plus pessimistes, qui ne manqueront pas de rappeler qu’il correspond peu ou prou aux populations cumulées de Rethel et de Revin qui sont tout de même les troisième et quatrième villes du département, qu’il est calamiteux puisque, avec une hausse sur un an supérieure de 3,3 % à celle connue par l’ensemble du pays, il accentue encore l’écart qui nous sépare déjà dramatiquement de la moyenne nationale. Quant au MRC 08, qui se situe entre les 2 catégories précédentes, il considère que ce chiffre, incontestablement mauvais, n’est pas une surprise mais seulement le reflet inévitable du poids plus élevé qu’au niveau national de l’industrie - tout particulièrement de la sous-traitance automobile et de la métallurgie - dans l’économie ardennaise (26 % contre 20 %) alors que ce secteur est celui qui est le plus touché par la crise. Dans ces conditions, nous voyons mal, hélas, les raisons qui permettraient d’espérer une amélioration rapide sur le front de l’emploi dans le département...

mardi 31 juillet 2012

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Le 31 juillet 1914, il y a tout juste 98 ans aujourd'hui, le premier conflit mondial faisait sa première victime en France : Jean Jaurès, qui tombait sous les balles du nationaliste d'extrême droite Raoul Villain ! Dix millions de morts plus tard, en novembre 1924, alors que son assassin honteusement déclaré innocent par la cour d'assise de la Seine coulait des jours tranquilles sur l'île d'Ibiza, cet immense penseur, ce philosophe du socialisme et de la République, cet historien de la Révolution française, ce tribun, cet homme du peuple, entrait au Panthéon. Depuis, il n'a cessé de servir d'exemple aux hommes et aux femmes de progrès qui ne confondent pas l'amour de leur pays avec la haine des autres, le patriotisme avec le nationalisme. Pourtant, une question demeure. Pourquoi a-t-il été tué ? Parce qu'il tentait de s'opposer au monstre de la guerre industrielle et exterminatrice qui déferlait sur l'Europe bien sûr, mais pas seulement comme vous pourrez l'entendre sur cette reprise très instructive par le groupe Zebda de l'excellentissime chanson de Jacques Brel... 

dimanche 29 juillet 2012

Aubrives : un dernier conseil municipal agité !

En exclusivité à Aubrives, pour ceux qui sont intéressés par la vie municipale ou encore pour ceux qui ne sont pas indifférents à la dérive dictatoriale en cours, voici l'enregistrement sonore intégral du dernier conseil municipal qui a eu lieu le 11 juillet ! Pour l'écouter, c'est très simple, attendez que le téléchargement soit effectué (environ 5 minutes) puis cliquez sur *lire*. Et si vous manquez de temps, ce n'est pas grave, les cinq premières et les cinq dernières minutes suffisent largement pour avoir un bon aperçu du ton et de la teneur des propos qui ont été tenus...
LB

Rafle du Vel d’Hiv : Chevènement pas d’accord avec Hollande

Le président d'honneur du MRC Jean-Pierre Chevènement s'est dit lundi en désaccord avec les propos du président François Hollande pour qui la rafle du Vel d'Hiv avait été commise "par la France", ce qui revient selon lui à "faire comme si Pétain était la France".

"Le président Hollande, dans son discours du 22 juillet, a malheureusement omis de dire que les crimes commis par les policiers et les gendarmes français, lors de la rafle du Vel d'Hiv, l'ont été sur l'ordre de l'Etat français de Vichy collaborant avec l'Allemagne nazie", relève le sénateur du territoire de Belfort, sur son blog. "C'est occulter les accords passés avec la gestapo par René Bousquet, alors secrétaire général de la police, agissant pour le gouvernement de Vichy. C'est faire comme si Pétain était la France et comme si le véritable coup d'Etat opéré le 10 juillet 1940 par un gouvernement de capitulation n'avait pas existé", argumente-t-il.

M. Chevènement rappelle que "deux présidents de la République, Charles de Gaulle et François Mitterrand, avaient tenu sur la ligne selon laquelle l'Etat français de Vichy n'était ni la République ni la France". Selon le fondateur du MRC, "la France a besoin de retrouver confiance en elle-même" et "ne pourra le faire que sur la base d'une conscience claire de son Histoire". "La vérité exige que le débat continue", ajoute-t-il.
 
"Nous devons aux martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver la vérité sur ce qui s'est passé il y a 70 ans" et "la vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France", a déclaré dimanche le chef de l'Etat, à l'occasion du 70e anniversaire de la rafle de juillet 1942.

(dépêche AFP, lundi 23 juillet)

Où s'arrêtera la casse de l'industrie française ?

mardi 17 juillet 2012

Aubrives : la dérive dictatoriale s'accentue fortement !

Mercredi dernier a eu lieu une réunion du conseil municipal d'Aubrives. Programmée à 18h00, un horaire raisonnable susceptible de satisfaire le plus grand nombre, elle comportait 25 points à l'ordre du jour, parmi lesquels certains étaient très importants pour la commune (il y en a un qui portait sur le choix d'entreprises pour des travaux d'un montant de 1.654.451 euros HT !) et d'autres concernaient directement des habitants bien connus des Aubrivois(es), ce terme de "bien" s'appliquant autant à leur notoriété qu'à leur probité qui n'est plus à démontrer. Tout était donc réuni pour qu'il y ait affluence à cette réunion. Cela a-t-il été le cas ? Oui et non ! Non, parce qu'il n'y a eu autour de la table des délibérations que 8 élus sur les 15 que compte la commune, soit juste de quoi atteindre le quorum, ce qui - vous le lirez plus tard - n'a pas été sans conséquence. Oui, étant donné que plus de 20 habitant(e)s s'étaient déplacés pour écouter les débats et poser des questions aux élus après la réunion, ce qui constitue le chiffre le plus élevé depuis la 1ère réunion du mandat au cours de laquelle l'exécutif municipal (le maire et les 4 adjoints) avait été élu.

La séance a commencé, comme le veut l'usage, par l'adoption des procès-verbaux des séances précédentes. Une simple formalité lorsque ces documents reflètent l'esprit des propos qui ont été échangés et des faits qui ont eu lieu, bref lorsqu'ils ne travestissent pas la vérité ! Hélas, comme ce n'était pas le cas, j'ai été amené à demander plusieurs rectifications dont je ne sais toujours pas si elles ont été prises en compte étant donné que notre bon maire, visiblement très mal à l'aise, a fait procéder au vote avant que les choses ne soient bien claires pour tout le monde. Puis, le premier magistrat a fait savoir qu'il souhaitait répondre aux questions sur le compte administratif 2011 que j'avais formulées au cours de la séance précédente et auxquelles il n'avait alors pas pu répondre.

Il a ainsi affirmé, en substance, que le dépassement de près de 20 % de la ligne "alimentation" ne lui posait aucun problème puisqu'il résulterait, d'une part, de dépenses imprévues mais acceptables comme celles générées par l'assemblée générale des pêcheurs de la Coyenne, et d'autre part, d'un avoir de 210 euros. Itou pour celui de 17% de la ligne "fêtes et cérémonies" qui s'expliquerait par l'achat de coussins de fleurs lors du décès d'habitants de la commune et par l'organisation de vins d'honneur lors des fêtes patriotiques, et qui n'aurait pas dû être relevé étant donné que le total de cette ligne ne représente que 1,09% des recettes communales. Bien sûr, chacun pensera ce qu'il voudra de ces explications, mais pour ma part, je les estime choquantes, ne serait-ce que parce que la Coyenne - même si elle est subventionnée par la commune - n'est pas une association aubrivoise et parce qu'elles font l'impassse sur des dépenses autrement plus importantes que l'achat bien compréhensible de coussins de fleurs comme, par exemple, les voeux du maire dont le coût a largement dépassé les 4.000 euros...

L'examen des points inscrit à l'ordre du jour a alors pu commencer. Le premier a porté sur la sélection des entreprises auxquelles seront confiés les travaux de construction de la salle polyvalente à vocation sportive et culturelle. 18 entreprises, majoritairement ardennaises, ont été retenues pour ce grand projet communal qui semble malheureusement en être encore au stade de l'ébauche puisque son coût total, parking compris, n'a pu être communiqué de façon précise par notre bon maire malgré mon questionnement insistant. Il a été ensuite question, entre autres, d'une proposition d'achat des terrains communaux de la Sapinière par Bouygues Immobilier afin d'y construire un lotissement de 40 maisons pour les agents EDF de la centrale de Chooz. Ce projet est a priori tout à fait positif pour notre commune, puisqu'il est susceptible de faire repartir à la hausse le nombre des habitants, mais il comporte une lacune de taille : son prix net, c'est-à-dire en prenant en compte les travaux qui resteront à la charge de la commune, n'est pas connu avec précision. Un comble pour une opération qui concerne le patrimoine communal, mais qui n'a fait réagir personne malgré les efforts que je n'ai pas manqué de déployer.

Le reste de la séance a surtout été marqué par l'examen de 2 sujets impliquant bien malgré eux des habitants de la commune reconnus pour les nombreux services qu'ils y ont rendus depuis plusieurs décennies. Le premier a porté sur l'engagement d'une régularisation des limites de la parcelle AB n°7 que les propriétaires, d'après les dires de notre bon maire, auraient accru de 25% au détriment du domaine public communal. Si cela était vraiment le cas, une telle démarche s'imposerait bien sûr, d'autant que le temps (cela fait 40 ans que la parcelle a été achetée) ne change rien à l'affaire puisque le domaine public est inaliénable. Mais entre la version défendue par les propriétaires, acte notarié et extrait de la modification du cadastre de 1996 à l'appui, et celle mise en avant par le premier magistrat en utilisant, entre autres, une copie du même acte notarié opportunément tronquée puisque la page la plus importante n'y figurait plus, c'était le jour et la nuit ! Je suis donc monté au créneau, d'abord pour faire savoir haut et fort qu'il était scandaleux d'avoir communiqué aux élus des documents incomplets, puis pour demander qui supporterait le coût de cette régularisation. Sentant le vent du boulet se rapprocher, notre bon maire a alors eu la prudence de botter en touche et de reporter le point aux calendes grecques.

Le deuxième de ces sujets, qui était le dernier point de l'ordre du jour, a porté sur la prise en charge par l'assurance protection juridique souscrite par la commune des frais générés par l'action en justice qu'a décidé de mener le premier magistrat contre un de ses administrés qui l'aurait interpelé, affirme-t-il,  avec des "propos outrageants" à l'issue du dernier conseil municipal. Pour ceux qui comme moi ont assisté à cette séance et ont pu voir tout le mépris dont a fait preuve vis à vis de l'assistance le premier magistrat qui a préféré fuir dans son bureau plutôt que de répondre aux questions de ses administrés, une telle demande était choquante ... d'autant que la personne visée a respecté un silence absolu pendant toute la séance du conseil et que l'intervention orale qu'elle a effectuée après sa clôture, pour ferme qu'elle ait été, a été marquée par une grande mesure dans les propos et beaucoup de respect dans le ton.

La discussion s'annonçait donc houleuse ! Pourtant, il n'en a rien été. Pourquoi ? Tout simplement parce que notre bon maire, usant d'une méthode plus digne d'une dictature aux abois que d'une démocratie apaisée, a décidé de s'asseoir sur le droit d'expression dévolu aux conseillers municipaux en refusant la parole à tous ceux qui la lui demandaient. Il a donc mis au vote, sans que la moindre délibération n'ait pu avoir lieu, sa demande et a réussi à obtenir une courte majorité. J'écris bien "il a mis au vote", ce qui signifie que Gilbert Leclercq, pourtant directement intéressé par l'affaire en discussion, a participé au semblant de délibération en faisant fi de l'interdiction qui figure lorsqu'un tel cas se produit dans le Code Général des Collectivités Territoriales. Ce faisant, il a commis non pas une simple erreur, voire une faute, mais une illégalité dont il va devoir maintenant rendre compte devant les autorités compétentes. Quant à la décision prise, je ne vois pas comment elle pourrait être appliquée puisque Gilbert Leclercq aurait dû quitter la table des délibérations au moment de son examen par le conseil municipal, ce qui réduisait de fait le nombre des élus physiquement présents à 7, soit moins que le quorum, et rendait ainsi impossible son adoption.

Au total, cette séance a donc été marquée par le franchissement d'un nouveau pas dans la dérive dictatoriale que je dénonce depuis longtemps. Un pas d'autant plus grave qu'il concerne cette fois-ci, non pas seulement la forme, mais aussi le fond des décisions ! Un pas que personne ne pourra nier étant donné que j'ai procédé, conformément à ce qui est permis par la jurisprudence en vigueur, à un enregistrement sonore intégral de la séance que je mettrai en ligne très bientôt...
LB

samedi 14 juillet 2012

mardi 10 juillet 2012

Saint-Etienne-à-Arnes : une abomination ne doit pas en faire oublier une autre !

Le petit village ardennais de Saint-Etienne-à-Arnes, situé à proximité immédiate du département de la Marne, fait bien malgré lui la une des médias depuis samedi dernier. Pourquoi ? Parce qu’une profanation du cimetière militaire, où reposent 12.541 corps de soldats allemands tombés pendant la Première Guerre Mondiale, y a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi avec la dégradation de 51 croix dont 43 ont été cassées, 5 emmenées dans un lieu inconnu et 3 fondues. Une telle action, réalisée à seulement 37 kilomètres de la ville de Reims où devait se dérouler le lendemain en grande pompe la commémoration du cinquantenaire de la réconciliation franco-allemande, ne pouvait évidemment pas passer inaperçue. Elle a donc défrayé la chronique, ce qui était certainement l’objectif recherché par les auteurs de cet acte inqualifiable, et suscité en des termes souvent très vifs une condamnation unanime à laquelle le MRC 08, qui a toujours été attaché au respect absolu de tous les lieux de mémoire, se joint sans la moindre réserve.

Le cimetière militaire allemand n’est cependant pas le seul lieu de mémoire qui existe à Saint-Etienne-à-Arnes. Comme pratiquement toutes les communes de France, ce village possède aussi un monument aux morts sur lequel est inscrit le nom de ses habitants tombés pour le pays depuis le premier conflit mondial. Bien plus habituel que l’immense cimetière militaire, il passe beaucoup plus inaperçu ! Il n’empêche qu’il a lui aussi été victime d’une profanation puisque, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, une croix gammée a été taguée sur ses marches apparemment dans la nuit de mercredi à jeudi au moment où une pluie de tags et d’inscriptions nauséabondes faisait son apparition en plusieurs endroits du village. Cette action est certes moins spectaculaire que celle qui a touché les tombes des soldats allemands, et rien ne prouve qu’elle ait été commise par les mêmes énergumènes, mais elle n’en est pas moins dans sa logique aussi grave et donc tout autant inacceptable.

Pourtant, elle n’a pas entraîné la même vague de réprobation. Faut-il en déduire que tous les lieux de mémoire n’ont pas la même valeur ? Le MRC 08 espère que ce n’est pas le cas, et pour sa part, il tient à condamner avec la même fermeté les deux actions en espérant que la justice mettra rapidement le grappin sur leurs auteurs et fera preuve à leur égard d’une sévérité exemplaire...  
   

lundi 9 juillet 2012

Un chamboule-tout particulièrement apprécié !

C'était hier à l'occasion du deuxième repas champêtre organisé par l'association des Amis de Vireux-Rive-Gauche ! Afin d'occuper la cinquantaine de participants une fois l'heure de la digestion venue, quelques activités avaient été prévues. Parmi elles figuraient bien sûr des jeux de cartes, des parties de pétanque qui n'ont pu avoir lieu du fait des caprices de la météo et un chamboule-tout, que vous pouvez découvrir ci-dessous, qui a rencontré un grand succès aussi bien auprès des petits que des grands. Avec de la part de ces derniers une remarque qui est revenue très souvent : maintenant que les deux principaux membres de la fameuse bande des 5 UMP bien connue des habitants de la Pointe ont été mis hors d'état de nuire, il va falloir terminer le travail en éliminant lors des prochaines élections les trois qui restent...  

dimanche 8 juillet 2012

"Un sommet en trompe-l'oeil" pour l'économiste Jacques Sapir

Un succès remarquable, ce sommet ? Autant pour l’euro que pour François Hollande, rien n’est moins sûr. D’après l’économiste Jacques Sapir, seule la croissance pourra permettre à la zone euro de respirer… Et c’est une simple bouffée d’air qui a été décidée à Bruxelles. Pas de quoi sabler le champagne pour les peuples européens.

"Le sommet de Bruxelles qui s’est déroulé dans la nuit du 28 au 29 juin est vendu au grand public comme un remarquable succès du Président Français, M. François Hollande, face à la Chancelière Allemande, Mme Merkel. Il aurait imposé son pacte de Croissance et surtout, avec les Premiers Ministres Espagnol et Italien, «sauvé» l’Euro en amenant l’Allemagne à accepter des concessions importantes pour faciliter la situation financière de l’Espagne et de l’Italie.

La mise en scène a été soignée. Les marchés financiers ont réagi très positivement dans la journée du vendredi 29 juin, et l’Euro, qui était jusque-là plutôt à la baisse, s’est redressé de 2%. Dans la foulée, François Hollande a donc annoncé que la France ratifierait le pacte de stabilité voulu par l’Allemagne.

Pourtant, si l’on y regarde de plus près, la situation apparaît comme nettement moins favorable, tant pour le Président française que pour l’euro. Prenons pour commencer le fameux pacte de croissance. Son montant est parfaitement dérisoire. Avec 120 milliards d’euros à dépenser sur 3 ans, qui peut penser que cela pèsera sur l’économie de la zone euro, dont la richesse totale (le PIB) est d’environ 12 000 milliards ? De plus, sur ces 120 milliards, 55 étaient prévus de longue date en tant que fonds structurels et 35 milliards avaient été prévus en décembre dernier quand on avait annoncé l’accroissement des moyens de la Banque européenne d’investissements. Les fameux «projects bonds» ne porteront que sur…4,5 milliards.

En fait, il n’y a guère que 30 milliards d’argent frais sur ces 120 milliards, qui seront de toute manière bien insuffisants face à la situation économique de la zone euro. La pacte de croissance apparaît ainsi dans sa réalité : un prétexte pour faire voter le pacte de stabilité exigé par l’Allemagne ! François Hollande ne se contente pas de se parjurer, il se ridiculise.

Et pourtant, nous aurions bien eu besoin d’une véritable initiative de croissance, car la situation économique est grave. Oublions la Grèce et le Portugal d’ores et déjà en dépression, même s’il convient de garder en mémoire que cette dépression a des aspects tragiques dans les deux pays. L’Espagne était en récession depuis la fin de l’année dernière. Mais, depuis deux mois, tous les signes d’une aggravation apparaissent. Le PIB de l’Espagne va reculer sans doute de 1% sur l’année, voire plus.

L’Italie est, elle aussi, en train d’entrer en récession sous l’impact des mesures d’austérité décrétée par Mario Monti. Elle aussi s’apprête à connaître un recul du PIB. La France enfin, qui tablait sur une croissance de 1,5% pour 2012, ne connaîtra que 0,4% de croissance au mieux en 2011. En réalité, l’économie française est déjà en stagnation, le pouvoir d’achat recule, et les perspectives pour 2013 sont constamment révisées à la baisse.

La simultanéité de ces contractions de l’activité économique en Europe aura nécessairement un effet cumulatif. Le chômage a déjà explosé dans certains pays. Il connaîtra une forte hausse en France d’ici à la fin de cette année car 350 000 emplois au minimum sont directement menacés.

Il est pourtant clair que seule la croissance, et l’inflation doit-on ajouter, pourraient sortir la zone euro de la crise d’endettement actuelle. Or, ce qui a été décidé à Bruxelles est une bouffée d’oxygène pour des pays aux abois. L’Espagne devra trouver 280 milliards d’Euros d’ici à décembre 2012.

L’Italie aura besoin de 600 à 750 milliards (sur une dette totale de 2000 milliards) si les achats de sa dette par ses propres banques ne reprennent pas. Certes, les pays de la zone Euro ont décidé que l’Espagne comme l’Italie pourraient directement emprunter auprès du Mécanisme Européen de Stabilité (le MES), que ce soit pour recapitaliser les banques ou pour racheter leur dette. Mais, le montant de ce dernier n’est que de 500 milliards d’Euros.

On peut donc faire l’addition : d’un côté 280 milliards plus 600 milliards, soit un total de 880 milliards, et de l’autre simplement 500 milliards. Même si l’on décide, ce qui se fera vraisemblablement, d’ajouter au MES le reliquat des sommes détenues par le Fonds Européen de Stabilité Financière (le FESF), soit environ 150 milliards d’Euros, on n‘atteint que 650 milliards. Nous sommes loin du compte.

L’accord de Bruxelles de la nuit du 28 au 29 juin permettra de tenir jusqu’à la fin octobre, voire au début du mois de novembre, mais pas au-delà, et ceci à supposer que nul autre pays de la zone Euro ne demande brutalement de l’aide entre temps. Nous arrivons ici à l’extrême fin des moyens disponibles.

De plus, ces besoins financiers ont été calculés sans tenir compte de la baisse, relative ou absolue, des recettes fiscales qu’engendre la récession. Il est donc prévisible que les besoins de financement des différents pays se révèleront plus élevés que ce qui est aujourd’hui calculé. Les opérateurs sur les marchés financiers sont d’ores et déjà parfaitement capables de s’en rendre compte. Après l’euphorie issue du succès du sommet européen viendra le temps du doute, puis celui du pessimisme devant l’inadéquation des montants disponibles face aux besoins. La spéculation sur les taux d’intérêt reprendra dès cet été et nous serons à nouveau confrontés à une nouvelle crise à l’automne 2012.

À ce moment-là, on aura cédé sur le fond à l’Allemagne, en acceptant de ratifier le pacte de stabilité sans que cette dernière ne s’engage réellement à financer les déficits que la politique allemande a contribué à créer. Dès lors, nous n’aurons plus le choix qu’entre violer ce pacte avant que l’encre ne soit encore sèche ou nous enfoncer dans une logique de dépression, en suivant ainsi le chemin de toutes les politiques déflationnistes à commencer par l’exemple tragique de la déflation allemande du 1930 à 1932. François Hollande tient-il donc à être le Président qui imposera à la France un taux de chômage de 15% à 20% ? Veut-il entrer dans l’histoire sous les mêmes huées que le Chancelier Brüning en Allemagne, le Président Hoover aux Etats-Unis, ou – plus proche de nous – M. Papandréou ?

Pour l’essentiel, depuis des mois, nous repassons toujours par le même chemin. La zone Euro connaît une crise grave, qui débouche sur un sommet, où l’on trouve des solutions provisoires à la crise de liquidité mais qui sont assorties de mesures d’austérité qui renforcent en réalité la crise de solvabilité des pays européens. Après un répit de quelques semaines, ou de quelques mois, la crise réapparaît et l’on recommence. Ce sommet des 28 et 29 juin était en réalité le 19e !

Mais à chaque fois, la situation est plus dégradée, notre tissu industriel se délite un peu plus et notre endettement s’accroît. L’absence de solution de fond condamne les mesures d’urgence à n’avoir d’efficacité que pour un temps de plus en plus réduit.

Les hommes politiques et les financiers ont pu sabler le champagne vendredi. Les lendemains de fête seront très amers pour les peuples d’Europe".
(Merci à Joël Lopes du MRC 77 pour la communication de cet excellent article paru le 02 juillet 2012 dans Marianne 2)

vendredi 6 juillet 2012

Et maintenant, quel avenir pour "L’Union-L’Ardennais" ?

Issu de la scission en 1982 en deux entités distinctes de l’immense empire de presse constitué par le papivore Robert Hersant afin d’échapper à la toute nouvelle loi anti-concentration dans ce secteur, le groupe Hersant Média, qui ne prit cette dénomination qu’en 2006, s’était considérablement développé en rachetant en 2003 la société Comareg, spécialisée dans l’édition de journaux gratuits de petites annonces, puis en 2007 les titres du groupe Lagardère diffusés dans le sud-est de la France ("La Provence", "Var Matin", "Nice Matin", "Corse Matin"). Un grand bond en avant, financé à hauteur de 200 millions d’euros par endettement bancaire et de 80 millions par un emprunt obligataire contracté auprès des actionnaires familiaux, qui offrait à GHM la perspective de devenir un groupe structurant de la presse quotidienne régionale en France !

Pensez donc, avec 27 journaux édités en France métropolitaine et en outre-mer, un chiffre d’affaire jamais atteint jusque-là de 926 millions d’euros réalisé par 7.500 salariés et la transformation de la Comareg en formidable machine à cash contribuant pour 35 millions d’euros aux 64  millions de résultat d’exploitation de l’ensemble du groupe, GHM était en 2007 une référence dans son secteur qui en faisait rêver plus d’un. Malheureusement, l’effondrement du marché publicitaire dans la presse écrite à partir de l’été 2008 et l’apparition sur internet de "pure players" spécialisés dans les petites annonces comme Le Bon Coin ou SeLoger, a pris à contre-pied le groupe et a  transformé son nouveau joyau en un tonneau des Danaïdes précipitant GHM dans des pertes abyssales de 82 millions d’euros en 2009 et 217 millions en 2010.

Cette situation calamiteuse a mis le groupe dans l’incapacité de rembourser la première échéance de sa dette bancaire et l’a amené, pour combler ses pertes d’exploitation, à vendre "Le Journal de la Réunion" en avril 2009, Médiapost en mai 2010 ainsi que sa participation de 27 % dans "L’Est Républicain" en octobre 2010. Un remède de cheval des plus amers qui s’est révélé hélas insuffisant ! C’est pourquoi GHM a dû procéder à la fin 2011 à la liquidation pure et simple de Comareg, avec à la clé 1.650 licenciements, soit le plus grand plan social de l’année en France. Parallèlement, pour sauver ses journaux métropolitains qui pouvaient encore l’être, le groupe a ouvert en octobre 2011 des négociations avec le groupe belge Rossel afin de créer une société commune détenue paritairement dans laquelle GHM apporterait son pôle Champagne-Ardennes-Picardie ("L’Union-L’Ardennais", "L’Est Eclair", "Libération Champagne" et "L’Aisne Nouvelle") et ses journaux du sud-est tandis que Rossel mettrait dans la corbeille "La Voix du Nord" et "Le Courrier Picard".

Une excellente idée en soi puisque ce rapprochement, qui aboutirait à un tirage journalier de 900.000 exemplaires, permettrait de mutualiser les moyens et ainsi de retrouver l’équilibre financier ! Seulement, le groupe Rossel y a mis une condition impérative : la restructuration préalable avant le 15 juin du pôle CAP avec 275 licenciements, dont 37 journalistes, sur les 641 salariés de la structure. Cette exigence a fait l’effet d’une douche froide et elle a entraîné des discussions à répétition, qui ont permis de reporter la date butoir et de ramener le nombre de licenciés à 220, dont une grosse vingtaine de journalistes. Encore fallait-il que les délégués du personnel, majoritairement issus de la CGT, donnent leur aval à cette petite amélioration acceptée lors d’un referendum par 97,6 % des 47,6 % de salariés ayant accepté de voter.

Pour se faire, les comités d’entreprise extraordinaires des différentes branches du pôle CAP ont été réunis le 25 juin et, à la surprise de beaucoup, ils ont refusé le plan de restructuration proposé par le groupe belge. Celui-ci en a pris acte en faisant logiquement savoir qu’il ne souhaitait plus donner suite au projet de rapprochement envisagé. L’avenir du pôle CAP en général et de "L’Union-L’Ardennais" en particulier est donc plus sombre que jamais ! A priori, il devrait être identique à celui du pôle Normandie de GHM qui a été placé en redressement judiciaire en février dernier et qui risque fort d’être liquidé à l’issue de la période de redressement qui s’achèvera le 20 juillet. Une perspective que le MRC 08 juge terrible pour les Ardennes, qui ont besoin pour un bon fonctionnement démocratique d’une presse locale de qualité, et particulièrement angoissante pour les 641 salariés dont les emplois sont ouvertement menacés et qui ne bénéficieront pas dans le cadre d’une procédure judiciaire du versement de 30 mois de salaire au titre d’indemnités auquel s’était engagé le groupe Rossel.

A moins qu’un repreneur de dernière minute, comme par exemple le premier groupe français de presse régionale EBRA propriétaire entre autres de "l’Est Républicain", "Les Dernières Nouvelles d’Alsace", "Le Dauphiné Libéré" et "Le Progrès", ne se fasse connaître...