Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

vendredi 29 août 2008

Un peu d'humour...

mardi 26 août 2008

Vers une gestion économe des deniers publics?

30 000 euros! Voilà la somme que consacrait annuellement la Communauté de communes des Trois cantons aux voyages à l'étranger de certains de ses dirigeants. Ces déplacements au Canada, au Gabon et en Hongrie, dont l'objectif était soit de nouer des liens commerciaux soit d'aider au développement, coûtaient donc chaque année l'équivalent de 2 emplois à plein temps rémunérés au SMIC... avec des retombées pour le moins incertaines. C'est donc très logiquement que ces voyages aux frais de la princesse ont fait débat, dans la population qui a choisi lors des élections cantonales de mars de renvoyer dans ses foyers Michel Marchet, le Conseiller général de Carignan qui présidait jusqu'alors la Communauté de communes, et parmi les élus à tel point que Jean-Luc Warsmann, le nouveau président de cette intercommunalité, a décidé de les supprimer.
Le MRC-08 se réjouit vivement de cette décision qui a été annoncée quelques jours seulement après l'abandon du projet de construction d'un pont à haubans inutilement somptueux à Givet. Nous espérons que ces deux volte-face augurent d'une gestion plus raisonnable ou plus raisonnée des deniers publics dont on ne rappellera jamais assez qu'ils proviennent pour partie des impôts payés par une population qui n'a rien de richissime. Si tel était le cas, nous souhaiterions toutefois que cette nouvelle façon d'aborder les dépenses soit étendue aux aides accordées aux entreprises afin d'éviter de connaître à nouveau des scandales comme ceux de Thomé-Génot, Lenoir et Mernier ou encore GTS Automotive. Et puisque nous en sommes à ouvrir des pistes, nous suggérons aussi qu'une partie de l'argent économisé sur la construction du pont de Givet serve à abonder les 4 millions d'euros si chichement promis par l'Etat dans le cadre du Contrat de site dont bénéciera cette ville pour “compenser” la fermeture du CEC.

dimanche 24 août 2008

A quand le deuxième pont de Givet?


Traditionnellement, nos décideurs, qu’ils soient politiques, économiques ou autres, profitent courageusement de la démobilisation temporaire de la population pendant les congés d’été pour annoncer les mesures déplaisantes. Cette année n’aura pas dérogé à la règle pour le plus grand malheur des habitants de Givet avec l’officialisation en juillet de la fermeture du C.E.C. et tout récemment de l’abandon du projet de construction d’un pont à haubans sur la Meuse. Ce somptueux ouvrage d’art de plus de 200 mètres de long, soutenu par un mat unique de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, imaginé en 1996 par le Conseil général pour marquer de façon spectaculaire l’entrée sur le territoire français, ne verra donc pas le jour malgré l’enthousiasme quasi généralisé qu’il avait suscité et les attentes de plus en plus grandes des automobilistes.

En soi, cet abandon n’est pas une mauvaise chose s’il permet la construction d’un autre pont aussi fonctionnel mais moins coûteux. Ce serait un signe de bonne gestion des deniers publics qui serait particulièrement bienvenu en ces temps de baisse du pouvoir d’achat. Mais il faudrait que le nouveau projet soit rapidement adopté et que les travaux ne soient pas reportés aux calendes grecques. Pour cela, le MRC-08 suggère à Claude Wallendorff, le Conseiller général-maire de la cité de Méhul, de faire jouer le fameux carnet d’adresses qu’il avait mis en avant lors des dernières élections cantonales. Bien sur, cela suppose que le revirement du Conseil général ne soit pas dû à l'attitude de son nouveau membre lors de l’achat de Woinic… ce dont nous ne doutons d’ailleurs pas.

jeudi 14 août 2008

L’insécurité routière instrumentalisée?

A peine arrivé dans les Ardennes, le nouveau préfet, Jean-Francois Salvy, a pris connaissance des derniers chiffres de la sécurité routière. Qu’y a-t-il découvert? Une horreur absolue, pour ne pas dire une monstruosité ou une abomination, puisque depuis le début de l’année le nombre des accidents a augmenté au point de provoquer une envolée de 140% des morts. Face à cette situation, le nouveau venu a donc décidé de faire de la lutte contre l’insécurité routière sa priorité, ce qui signifie que les policiers et les gendarmes, qui ont déja consacré plusieurs milliers d’heures depuis le début de l’année aux contrôles routiers, augmenteront encore leurs actions dans ce domaine et que la prévention, presentée comme la seule méthode susceptible de permettre des progrès durables, sera renforcée.
Que faut-il penser de cette priorité annoncée à grand renfort de trompettes? A priori, il s’agit d’une bonne chose puisqu’elle permettra de diminuer le nombre des victimes de la route ou plutôt de ses utilisateurs. Mais à bien y regarder, on ne peut s’empêcher de constater que le nombre d’accidents est passé de 96 à 97 et que celui des victimes est de 12. Certes, cela fait toujours 12 de trop et nous déplorons ces pertes et la peine causée aux familles, mais de là à en faire le mal numéro 1 des Ardennes, il y a un pas qu’il semble difficile de franchir. Il existe d’autres fléaux au moins aussi graves, comme les maladies cardio-vasculaires, qui sont particulièrement importantes dans notre département dont il ne faut pas oublier qu’il est le premier de France pour l’obésité, le suicide des jeunes ou encore les cancers. Sans parler de la baisse de 1000 habitants que connaissent les Ardennes chaque année, de la désindustrialisation persistante et de l’insécurité sociale croissante.
Dans ce contexte, cette priorité ostensiblement affichée à la lutte contre l’insécurité routière semble bien excessive aux yeux du MRC-08. A moins qu’il ne s’agisse d’un écran de fumée destiné à détourner l’attention de la population. De toute facon, il est probable que la diversité et la gravité des maux que subit notre département se révèleront progressivement aux yeux du préfet. Espérons que cette révélation arrive vite, afin de permettre la mise en place rapide de solutions adaptées.

lundi 11 août 2008

Heurs et malheurs de Rivea

Dans la Rome antique, il était commun de dire que la roche tarpéienne n’est jamais très loin du Capitole, autrement dit que lorsque l’on a atteint un sommet le risque de connaître des difficultés sérieuses, voire définitives, est particulièrement élevé. Le centre aqualudique Rivéa, la merveille des merveilles présentée par certains comme capable à lui seul de résoudre toutes les difficultés économiques de la Pointe, vient hélas bien malgré lui de confirmer cette vieille maxime. En l’espace de quelques jours, il a connu 3 évènements majeurs de nature tout à fait différente. Le 1er a été la clôture de son deuxième exercice qui s’est soldé par 124.930 entrées, soit 5,3% de plus que l’année précédente. Un bon chiffre donc, même s’il est très éloigné de l’augmentation de 15% avancée par les services de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse sur ce blog pendant la campagne des élections cantonales. Cependant, à qui ne s’arrête pas à la surface des choses et entre dans les détails comptables, il n’aura pas échappé 3 éléments : le 2ème exercice comportait 366 jours, soit 5 de plus que le 1er qui n’avait débuté que le 05 août 2006 ; les 11 derniers mois de l’année comptable ont été marqués par une stabilité des entrées qui ne progressent donc globalement que grâce à la fréquentation du mois d’août 2007 ; le mois de juillet dépasse légèrement celui de l’année passée uniquement du fait du nombre élevé d’entrées provenant des centres aérés (1767 contre 12 !). Corrigée de ces éléments exceptionnels, la hausse apparente se transforme en une baisse de 2,3% des entrées sur les 11 derniers mois. Ce bilan n’a rien de catastrophique, mais il est loin d’être suffisant pour diminuer la perte d’exploitation estimée lors de l’ouverture à 500.000 euros par an.
Le 2ème évènement a été le changement du prestataire de services puisque Récréa a cédé la place à Vert Marine depuis le 17 juillet. Le nouveau gestionnaire s’étant engagé à redynamiser le site givetois, ce remplacement confirme que les résultats ne répondent pas aux attentes. Le nouveau venu pourra s’appuyer sur une solide expérience dans le domaine, acquise grâce à la gestion de 39 piscines et centres aqualudiques en France, sans compter diverses patinoires, sites touristiques et équipements sport-loisirs, attirant au total 5 millions d’usagers pour un chiffre d’affaires estimé de 50 millions d’euros. Cette expertise ne sera pas de trop pour rendre plus attractif un équipement construit à grands frais et limiter ainsi l’inévitable perte annuelle. Quant au dernier évènement qui a fait la une de notre quotidien départemental, il s’agit de l’incendie qui a eu lieu dans la nuit du 4 au 5 août, provoqué par un dysfonctionnement électrique. Au-delà des usagers qui perdent quelques journées de trempette, tous les contribuables, qui se souviennent que Rivéa a coûté plus de 11 millions d’euros, déploreront cette interruption de l’exploitation, qui aux dernières nouvelles devraient durer au moins jusqu’au 13 août. Ce coup dur en pleine saison touristique ne contribuera pas à améliorer les comptes de l’établissement. C’est fort regrettable et il faudrait être bien idiot pour penser une seconde le contraire.
Cependant, tout en faisant la part des accidents toujours possibles, le MRC 08 se doit de constater que les résultats sont très médiocres pour un équipement de ce coût et de cette qualité, et dont beaucoup de villes pourtant plus grandes ne disposent pas. Puisse cette désillusion annoncée faire abandonner à la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse son goût pour les projets pharaoniques, et en premier lieu la réhabilitation du fort Condé dont les retombées s’annoncent très aléatoires

vendredi 8 août 2008

Que la fête soit belle!

Le voici donc venu, ce 08/08/08 tant attendu, date symbolique choisie par le Conseil général pour célébrer la fête des Ardennes dans un département où les occasions de rires se font de plus en plus rares. Bien que le temps soit pour une fois à la pluie, le climat économique temporairement à la déprise et que la concurrence de la cérémonie d’ouverture des JO avec ses milliards de téléspectateurs s’annonce rude, l’ambiance sera sans aucun doute des plus joyeuses! Bien sûr, il y aura quelques ronchonneux, mais vous ne trouverez pas parmi eux les membres du MRC 08 qui se joindront d’autant plus volontiers à la fête que les Ardennes ont bien besoin d’opération de promotion publique et que Woinic est une bestiole bien sympathique.

L’apothéose de notre photogénique sanglier sur son socle de lumière de Saulce Monclin-Faissault, après un périple de quatre jours fertile en péripéties, en sera évidemment le point d’orgue, mais bien d’autres évènements, 52 au total, auront lieu dans tout le département, du Vouzinois à la Pointe et du pays d’Yvois à celui de Signy le Petit. Beaucoup se prolongeront d’ailleurs les deux jours suivants. Du feu d’artifice prévu pour le match Sedan-Nîmes, que les visiteurs seraient mal venus de gagner, à la fête du lac des Vieilles-Forges en passant par les deux concerts de Charleville, les activités sportives et culturelles et autres marches aux flambeaux comme à Revin, il y en a bien trop pour que nous nous amusions à les énumérer tous mais nous ne saurions trop conseiller à la population ardennaise et à leurs innombrables invités d’y participer, étant donné que la prochaine occurrence de ce type ne se produira pas avant le 8 août 3008. Gageons toutefois que notre brave Woinic sera toujours là pour la voir et qu’il aura ainsi fait la démonstration de son indestructibilité.

mercredi 6 août 2008

Carte scolaire: la fin programmée d'une belle avancée républicaine


La chose est désormais acquise : la carte scolaire, créée en 1963 par Charles de Gaulle et qui consistait à affecter obligatoirement les élèves d’un secteur géographique donné dans l’établissement scolaire le plus proche du domicile principal de leurs parents afin de favoriser la mixité sociale et accessoirement la gestion des flux et des moyens, sera supprimée en 2010. Comme tant d’autres, cette conquête sociale, imaginée et mise en œuvre par un homme que personne ne peut suspecter d’être un fervent adepte de l’égalitarisme mais qui avait une conception élevée de l’intérêt général, n’a pas résisté à l’ouragan sarkozyste qui se révèle infiniment plus dévastateur que les vagues libérales l’ayant précédé depuis 1986. Le riche et le pauvre ne seront donc plus obligés de se côtoyer dans l’Ecole de la République, pas plus d’ailleurs qu’ils ne sont contraints de le faire dans les casernes de l’armée française depuis une grosse dizaine d’années.
Cependant, cette mesure ayant suscité des réactions hostiles de nombreux parents d’élèves et de la toujours très influente FCPE, elle a été étalée dans le temps. Ainsi, à la rentrée prochaine, il n’est question que d’un aménagement partiel avec des possibilités de dérogation accrues et des délais assouplis. Mais le cap est clairement fixé : sous prétexte que le système donnait lieu de temps en temps à quelques absurdités et qu’une minorité de parents s’efforçait par tous les moyens de le contourner, il est condamné au profit d’une pseudo-liberté d’affectation dont on sent bien qu’elle profitera essentiellement aux nantis et non aux personnes à revenus modestes. Qui peut sérieusement croire que ces dernières auront les moyens d’offrir à leurs enfants une place au soleil dans le lycée prestigieux de leurs rêves ainsi que le logement qui va nécessairement avec ? Les dérives que connaît actuellement la carte scolaire seront donc maintenues, voire amplifiées, mais les adversaires de la mixité sociale auront la conscience plus légère et ils pourront bénéficier du soutien enthousiaste des proviseurs des lycées et collèges de centre-ville tout heureux de choisir enfin leur public, quitte à s’acheter une bonne conscience en sélectionnant quelques rejetons méritants issus de quartiers en difficulté.
Dans le département, cette suppression bénéficiera sans aucun doute à des établissements comme les lycées Sévigné et Chanzy à Charleville, sans parler de Clémenceau ou Jaurès à Reims qui verront affluer les demandes de parents d’élèves ardennais. Mais dans des sites scolaires moins prestigieux comme à Revin, à Givet et dans le sud du département, le MRC 08 est prêt à parier que cette pseudo-liberté encouragera la fuite des lycéens et des collégiens, ce qui aura pour effet de supprimer des filières d’abord, des établissements ensuite. En 1963, de Gaulle avait voulu en finir avec le secondaire à deux vitesses. Grand dessein qui hélas est aujourd’hui détricoté au profit d’une opération programmée de désaménagement du territoire…