Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

dimanche 27 avril 2008

La valse des étiquettes


En période d’inflation, les magasins connaissent souvent une valse des étiquettes … ce qui est rarement bon signe pour le consommateur. Il en va de même en période électorale, où certains candidats ont une fâcheuse tendance à brouiller les pistes sur leur couleur politique ... ce qui n’est pas forcément meilleur signe pour le citoyen.

C’est ainsi que Claude Wallendorff, qui s’est ingénié à apparaître comme un candidat sans étiquette lors des dernières élections cantonales et municipales, a certes été classé SE par France 3 et l’Ardennais, mais le Ministère de l’Intérieur et Le Monde ont jugé bon de le ranger parmi les candidats UMP, alors que L’Humanité et Libération en faisaient un DD ( Divers-Droite ). Allez donc vous y retrouver quand vous êtes électeur !

Cependant, la vérité finit toujours par apparaître. La preuve ? Dans son édition d’avant-hier, L’Ardennais a classé le maire de Givet et par ailleurs Conseiller général… Divers-Droite, ce qui correspond de fait aux positions qu’il a prises depuis son élection à l’Assemblée départementale. Gageons cependant que cette valse des étiquettes aura une limite et que personne ne songera jamais à l’étiqueter DG ( Divers Gauche ), et encore moins DR ( Dangereux Révolutionnaire ). Pour sa part, le M.R.C.-08 en restera à l’étiquette qu’il lui décerne depuis longtemps : A.D. ( Apolitique de Droite ).

samedi 26 avril 2008

Défense de la laïcité : les Ardennais s'y mettent.

Hier soir, un évènement politique d’importance avait lieu dans le département. Le vote dans l’urgence par une grande commune de son budget primitif afin qu’il soit retourné à la préfecture dans les délais légaux ? Non ! Alors, une réunion pour essayer de préparer dans les délais ledit budget ? Encore moins ! Il s’agissait en fait d’un meeting à Charleville-Mézières pour défendre la laïcité, qui comme on sait est gravement menacée. Organisé par la Fédération ardennaise de la Libre Pensée et soutenu par la CGT, la FSU, le Parti des Travailleurs, la fédération ardennaise du PCF et le M.R.C.-08, il a réuni près de 80 personnes, parmi lesquels l’ancien député René Visse, deux conseillers régionaux, plusieurs élus dont des conseillers municipaux communistes de Charleville-Mézières… mais nul autre représentant de cette municipalité. Le Grand Orient de France avait de son côté fait parvenir un message verbal de soutien.
L’exposé de Christian Eyschen, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée, a été d’une très grande qualité. Il a rappelé les conquêtes laïques mais aussi les dangers qui menacent aujourd’hui la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat… non sans livrer au passage quelques savoureuses anecdotes. Nous avons ainsi appris que parmi les 6000 religions présentes sur notre planète il y en avait une qui réunissait les adorateurs de l’œuf et de l’oignon ; que la présence du mot « laïcité » dans la constitution portugaise n’empêchait pas le concordat signé par le dictateur Salazar d’être toujours en vigueur ; qu’en revanche des lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat existent dans des pays où on ne les attend pas forcément, comme au Mexique, où depuis 1857 les curés ne peuvent se promener en soutane dans la rue, et aux Etats-Unis, où depuis 1789 il n’y a pas d’Eglise officielle ; qu’il aura fallu attendre 1984 pour que ce pays établisse des relations diplomatiques avec le Vatican ; plus près de nous, que de Gaulle, qui pourtant mettait un point d’honneur à respecter scrupuleusement la loi de 1905, a curieusement laissé nommer en 1964 un département « Seine-Saint-Denis »…
Plus sérieusement, Christian Eyschen nous a aussi dévoilé sa rencontre avec le conseiller de Manuel Barroso pour les affaires religieuses, le Docteur Weninger… par ailleurs membre de l’Opus Dei, qui leur a donné l’explication suivante concernant la constitution rejetée en 2005 : « Les religions, c’est la transcendance, alors que la société civile, c’est l’immanence » - à quoi la Libre Pensée a tout de suite demandé avec malice : « Considérez-vous que nous sommes transcendants comme les religions ou immanents comme les syndicats ? ». La réponse a été sans ambiguïté : la Libre pensée, comme toutes les organisations qu’on préfère ne pas entendre, est transcendante, ce qui pour bien des participants fut une quasi-révélation. Approfondissant son propos, l’orateur a rappelé que la loi de 1905 se rattache aux grands principes de la Révolution française et des Lumières. Son 1er article, qui assure la liberté de conscience, constitue l’idée. Son 2ème article, par lequel « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte » en est l’instrument qui permet de la réaliser. Les tenants de la laïcité ouverte, qui ont placé le Denier du culte sur la liste des associations caritatives bénéficiant d’une déduction fiscale pour les dons, l’oublient facilement, mais l’un ne peut aller sans l’autre. Par ailleurs, il nous a été judicieusement rappelé que le Pape, dont chacun sait qu’il concentre tous les pouvoirs dans son Etat, et qui donne si volontiers des leçons de Droit de l’Homme, pourrait les accorder aussi à ses propres ressortissants, qui n’ont pas le droit de grève ni celui de se syndiquer. Enfin, nous avons eu droit à un rappel à méditer en ces temps de rigueur budgétaire : l’Etat verse 10 milliards d’euros sous formes diverses aux religions, à comparer avec les 49 milliards que rapporte l’impôt sur le revenu ou au déficit de la Sécurité Sociale qui s’est élevé en 2007 à… 9, 5 milliards d’euros.
Le M.R.C.-08 se réjouit de la réussite de ce meeting et espère que le grand rassemblement que la Libre Pensée organisera le 14 septembre 2008, soit deux jours avant la venue du Pape en France, permettra aux citoyens de faire preuve de la vigilance nécessaire quant à l’usage des fonds publics dans une République qui, aux dernières nouvelles, est toujours laïque.

lundi 21 avril 2008

Ardenne Rives de Meuse: une opposition étouffée dans l'oeuf!


Vendredi dernier, le nouveau Conseil de la Communauté de Communes issu des élections municipales de mars a élu son bureau pour les 6 années à venir. La présidence est revenue après le retrait volontaire de Marcel Vigneron qui l’exerçait depuis 2001 à Bernard Dekens maire de Vireux-Wallerand connu entre autres pour avoir été le suppléant du très sarkoziste Boris Ravignon aux élections législatives de 2007. Les 10 vice-présidences ont été attribuées dans l’ordre à Marcel Vigneron (Rancennes), Daniel Tournay (Fromelennes), Michel Porcelli (Givet), Jean-Claude Jacquemart (Ham sur Meuse), Pierre Marchand (Fépin), Brigitte Anciaux (Montigny sur Meuse), Michèle Marquet (Chooz), Alain Clément (Vireux-Molhain), Michel Hubert (Hargnies) et Jean Blanchemanche (Fumay).
Le MRC 08 constate avec satisfaction qu’avec six vice-présidents issus du canton de Givet et quatre de celui de Fumay, l’équilibre démographique a été globalement respecté. De la même façon, le choix de Michel Porcelli pour l’EPAMA et les sapeurs pompiers et de Michel Hubert pour le parc naturel régional nous parait relever du simple bon sens : cela correspond à leurs compétences et à leur localisation géographique. Quant à l’élection de Bernard Dekens à la présidence, nous en voyons aussi la logique, le Viroquois étant situé au centre géographique de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse.
Cependant, en écaillant le vernis et en passant à une analyse plus approfondie de ce nouveau bureau, tout observateur un tant soit peu au fait des jeux de coulisses de la chose politique pourra constater 3 éléments troublants. Le 1er est que Bernard Dekens n’a pas été perdant en laissant le champ libre à l’apolitique de Droite Claude Wallendorff pour les élections cantonales. Certains parlent déjà de Yalta de la Pointe et nous nous garderons bien de les blâmer. Le 2ème est que la politique d’ouverture vers les éléments les moins solides de la Gauche déjà initiée avec succès au sommet de l’Etat par Nicolas Sarkozy a été reprise avec le même résultat à l’échelon communautaire : en acceptant d’occuper deux vice-présidences et d’aller ainsi à l’encontre de l’attitude adoptée depuis peu par leur parti au sein du Conseil général, les socialistes Jean Blanchemanche et plus encore Michèle Marquet se sont d’eux-mêmes retirés de l’opposition. Le 3ème élément qui doit encore plus satisfaire son auteur est que la seule division qui s’est faite jour au sein du Conseil communautaire a opposé 2 personnalités de gauche pour l’obtention de la dernière vice-présidence.
De toute évidence, l’avenir sera paisible pour la majorité communautaire qui s’expose au pire à quelques abstentions de mécontentement, mais certainement pas à des votes contre. Le gagnant de ce jeu est déjà identifié. Quant à ceux qui auraient espéré une compensation, gageons dès maintenant qu’elle risque d’être très inférieure à leurs attentes. Ce qui est certain en tout cas, c’est que les électeurs, comme toujours en démocratie, auront le dernier mot lorsque leur tour viendra…

dimanche 20 avril 2008

Une nouvelle dynastie républicaine ?

Du temps de l’Empereur Napoléon, c’était le Sénat qui choisissait les députés. Dans les archives, on a conservé les motifs des nominations pour l’année 1813 : « Un fils dans les gardes d’honneur, un parent chez Madame mère, a logé l’Impératrice, sa nomination fera plaisir à l’Empereur : apte à être législateur ». A l’époque, c’était la guerre et on allait rondement.
Sous la République, les choses se font de façon plus civile et plus feutrée, mais rien n’a fondamentalement changé. Du reste, il est tout à fait naturel que les hommes politiques placent leur confiance dans le cercle familial, les liens du sang ou d’alliance s’avérant plus solides que des amitiés politiques toujours révocables, même au bout de trente ans. Vous comprendrez aisément, Mesdames et Messieurs les contribuables, l’argent public est si dur à gagner qu’on ne peut le confier au premier venu…
Sans remonter au mariage de Jacques Chirac avec la nièce de l’aide de camp du général de Gaulle, on peut citer pêle-mêle le fils de Mitterrand, le gendre de Le Pen, la femme de Jacques Toubon, ou celle de Jack Lang, et l’on sait que la tradition continue aujourd’hui son petit bonhomme de chemin. C’est donc sans étonnement excessif que le M.R.C.-08 a pris connaissance de l’élection de Miguel Leroy comme Président de la Communauté de communes de la région de Signy-le-Petit. Lui aussi paraît apte aux plus hautes fonctions : ses brillantes études et sa parfaite connaissance des dossiers le démontrent, son mariage le confirme. Après avoir pris son envol comme assistant du Président du Conseil général Benoît Huré puis comme attaché parlementaire du sénateur Benoît Huré, aujourd’hui, à 32 ans, il est Président d’une Communauté de communes… correspondant au canton du Conseiller général Benoît Huré. De toute évidence, l’époux de Fabienne Huré se sent bien au sein de sa famille. Souhaitons que ses nombreuses qualités le mènent toujours plus haut, et notamment vers les mandats glorieux que ne manquera pas de quitter un jour le futur retraité Benoît Huré. Il est en effet très possible que les électeurs continuent à confirmer, par leurs votes, les choix familiaux et que les générations suivantes connaissent à leur tour un destin politique. Avant toutefois que Neuville-lez-Beaulieu ne soit rebaptisé Huréville ou Huréland, il convient d’avertir ses habitants que l’alternance a parfois du bon.

jeudi 17 avril 2008

La vérité finit toujours par percer

A l'image de tous les partis politiques, le MRC surveille comme le lait sur le feu les mesures ou les positions adoptées par le gouvernement, les partis adverses et même ceux avec lesquels il entretient des relations plus ou moins cordiales. Ce travail de veille, indispensable à une bonne compréhension de la situation politique, aboutit souvent à quelques discussions qui permettent d'animer le Conseil national, voire le Bureau national, mais il va rarement au-delà. Cependant, lorsque l'affaire est d'importance, elle peut donner lieu à une réaction officielle qui prend la forme d'un communiqué de presse. Ainsi, les instances dirigeantes du MRC ont-elles décidé cette semaine de prendre leur plus belle plume et d'adresser aux agences de presse qui le relayeront auprès des autres médias le texte suivant:
"Dans la foulée de la privatisation tous azimuts et des désengagements financiers de l'Etat en tout genre, le Ministre de l'Education Nationale, Xavier Darcos (de concert avec la Ministre des Finances, Christine Lagarde) a pris subrepticement la décision de créer un "Fonds spécifique" pour les écoles privées, destiné à favoriser l'ouverture de classes d'écoles confessionnelles dans les quartiers dits "sensibles". Dans le même temps au motif de "caisses vides de l'Etat", le gouvernement très libéral de François Fillon affecte la suppression de fonctionnaires du Service Public au premier chef à l'Education Nationale ! Le Mouvement Républicain et Citoyen s'élève vigoureusement contre cette politique de dégradation programmée de l'Enseignement Public et s'oppose à cette nouvelle atteinte à la Laïcité, principe de base de la République, que constitue le financement d'Etat pour une augmentation de postes en quartiers "sensibles" dans le privé, corrélatif à une baisse drastique de postes dans l'Education Nationale. Le Mouvement Républicain et Citoyen demande aux députés et sénateurs de gauche de réagir au plus vite à cette remise en cause de la Laïcité républicaine."
Vous vous demandez sûrement pourquoi le MRC-08 qui s'est jusqu'ici volontairement limité à des informations départementales, voire cantonales pendant les élections et même locales lorsqu'il a une connaissance de la situation suffisante reprend aujourd'hui cette information nationale. Peut-être même êtes-vous en train de penser perfidement que nous n'avons plus rien à dire et que nous nous contentons, comme un bon nombre de blogs, de reproduire ce qui figure sur les sites nationaux. Vous auriez grand tort! Si nous vous faisons part de ce communiqué de presse, c'est tout simplement pour montrer que lorsque le Conseil général des Ardennes alloue le 06 octobre 2006 une subvention de 196.386 euros aux collèges Saint-Rémi et Saint-Jean-Baptiste à Charleville-Mézières, Saint Louis à Vouziers, Mabillon à Sedan et Sainte Thérèse à Rethel ou lorsqu'il décide d'attribuer le 23 fevrier 2007 la somme de 18.738 euros au lycée agricole privé sous tutelle de l'enseignement catholique de Maubert Fontaine, il est guidé par des motivations qui doivent au moins autant à son positionnement politique très à Droite qu'à sa volonté d'aider à la réussite scolaire de tous les élèves ardennais. Le masque est tombé, l'argument pédagogique n'était qu'une argutie, comme il l'est d'ailleurs dans les efforts acharnés pour obtenir la fermeture des petits collèges publics ardennais...

lundi 14 avril 2008

La refondation de la gauche présentée par son initiateur


Ce 21 juin, ce sera jour de liesse en France et dans plusieurs dizaines de pays à travers la planète. Pourquoi? Parce que c'est la fête de la musique, pardi, une des rares réalisations symboliques prises par le gouvernement d'union de la Gauche entre 1981 et 1984 à avoir réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui. Pour les adhérents, les militants et les élus du MRC, la joie sera encore plus grande puisqu'il s'agira du jour où Jean-Pierre Chevènement, la boussole républicaine en qui nous avons toute confiance pour nous tracer le chemin à suivre et nous donner les repères indispensables à l'élaboration de notre réflexion, quittera sa fonction honorifique de Président d'Honneur du MRC pour prendre celle de Président de ce parti.

Un simple changement d'intitulé, êtes-vous certainement en train de penser. Lourde erreur! Il s'agit en fait d'un retour plein et entier au sein de la classe politique. Pour quoi faire, il a fait son temps et il ferait mieux de laisser sa place à des acteurs politiques plus jeunes, ricanent déjà certains. Encore une fois, ce serait une analyse trop hâtive puisque ce retour n'est motivé par aucune ambition personnelle (ce genre de dérive ne l'a jamais contaminé, pas plus qu'il ne contaminera les membres du MRC-08, quoi que puisse en dire certains qui manient volontiers l'anathème avant de faire usage de leur éventuelle capacité de réflexion) mais par la volonté de permettre à la Gauche de sortir enfin d'une situation intenable qui l'amène à remporter les élections locales tout en perdant toutes les élections à portée nationale. Cela s'appelle la refondation de la Gauche, et lorsqu'on vient du MRC on y ajoute le qualificatif de "républicaine". Beaucoup sont dubitatifs sur cette perspective et pensent qu'il s'agit d'une chimère qui ne verra jamais le jour. Ce serait oublier l'histoire de la Gauche française, qui a déjà su se refonder pour s'adapter à un nouveau contexte à 4 reprises: en 1905 avec la création de la SFIO, en 1936 avec la mise en place du Front populaire, en 1944 avec le programme du CNR qui n'a rien perdu de son actualité et enfin en 1971 avec le Congrès d'Epinay qui a permis la naissance du Parti Socialiste en partie grâce à l'action d'un certain Jean-Pierre Chevènement. L'Histoire ne se répète jamais, c'est vrai mais il est des instincts de survie que le temps ne peut altérer. Nous faisons le pari de ce réflexe naturel, et nous invitons tous ceux que ce concept de Refondation républicaine de la Gauche intéresse ou intrigue à cliquer sur le lien suivant qui reproduit une interview donnée sur ce thème à la chaîne internationale France 24:

samedi 12 avril 2008

Aubrives: les choses sérieuses devraient enfin pouvoir commencer


Hier soir, avec un peu de retard sur les communes avoisinantes, le Conseil municipal d'Aubrives s'est réuni pour la première fois depuis son installation et la désignation du maire ainsi que des 4 adjoints. Cette réunion devenait urgentissime puisque, d'après un courrier envoyé par Marcel Vigneron, Président de la communauté de communes Ardenne Rives de Meuse le 11 mars 2008, la désignation des délégués au sein de cette instance financièrement vitale devait avoir lieu au plus tard le vendredi 11 avril 2008 ... c'est à dire hier! L'ordre du jour étant particulièrement léger et les délibérations le plus souvent réduites à l'entérinement de décisions prises en amont au cours de réunions informelles qui ne sont pas sans rappeler les plus grandes heures du centralisme démocratique, la séance a été expédiée en à peine plus d'1h30. Est-ce à dire qu'elle a été inutile? Non, bien au contraire.

D'abord, à mon initiative, le procès-verbal de la réunion du 21 mars a subi quelques corrections (tiens, voilà un terme qui devrait rappeler des souvenirs à certains...) d'orthographe et de formulation. Certains ont vu dans cette volonté de défendre la belle langue de Voltaire un zèle déplacé destiné seulement à "chipoter". Ils ont eu grand tort, il fallait seulement y voir, en plus du respect dû à la population qui a le droit de lire des documents officiels convenablement rédigés, une réponse à la révélation qui m'avait été faite par notre premier magistrat le soir de son élection de l'existence d'un "racisme anti-profs" (sic) dans l'esprit de quelques personnes nous entourant. La tentation était forte de réactualiser les arguments de ceux qui seraient rongés par cette haine remontant sans aucun doute à leur scolarité. Je n'y ai pas résisté!

Ensuite, les 20 commissions municipales (vous avez bien lu, 2 fois 10, alors qu'elles ne sont que 5 à Haybes qui compte pourtant 2 fois plus d'habitants, 8 à Revin pour une population de plus de 8.000 habitants et 10 à Givet pour 7.000 habitants) ont été constituées: certaines ont bien sûr été plus demandées que d'autres, et pour ma part j'ai pu intégrer la commission du personnel communal, celle de l'accessibilité des personnes à mobilité réduite, celle des biens communaux ainsi que le Comité des anciens. Cela me semble représenter une charge de travail déjà bien conséquente pour un actif. Puis est venu le moment de désigner les délégués communaux au sein des structures intercommunales. Le centralisme démocratique ayant joué à plein son rôle, la répartition ne laissait aucune place au suspense. Par respect pour la population qui s'était déplacée et pour faire vivre le pluralisme sans lequel aucune véritable démocratie ne peut exister, j'ai toutefois fait acte de candidature pour la fonction de 2ème délégué communautaire contre le candidat pré-désigné et par ailleurs 1er adjoint: le résultat du vote à bulletin secret était prévisible, une défaite, mais ce qui l'était moins ce sont les 3 voix qui se sont portées sur mon nom. La fin de la séance a été consacrée à l'acceptation groupée sans discussion digne de ce nom possible des délégations consenties au maire et à quelques questions diverses d'importance assez secondaire.

Que faut-il retenir de cette séance de transition? A mon avis, quatre choses! La 1ère est qu'il y a de gros progrès à faire d'urgence dans la façon de s'adresser à tout conseiller municipal dont je rappelle qu'il est un élu de la population: s'entendre dire qu'en cas de demande d'explication sur un sujet à l'ordre du jour il n'y a qu'à écrire un courrier au maire est non seulement inacceptable sur la forme, mais dangereux sur le fond puisque cela revient à interdire la publicité des débats. La 2ème est que lorsqu'on a décidé d'aller à contre-sens de son temps et de pratiquer le centralisme démocratique qui a pourtant été rejeté il y a déjà plus de 15 ans dans les poubelles de l'Histoire, la moindre des choses serait de le faire correctement: comment peut-on déclarer que la Commission des Travaux s'est rendue sur le terrain pour répondre à une demande par ailleurs justifiée de certains habitants il y a quelques jours alors qu'elle n'a été mise en place que hier soir? La 3ème est qu'il faut toujours raisonner en dynamique: ainsi, une personne qui a été élue en mars avec le plus de voix au 1er tour et qui a recueilli les suffrages unanimes des conseillers municipaux pour devenir adjoint peut en avril se retrouver devant la surprise d'avoir au sein du Conseil municipal 3 voix contre lui. Rien n'est jamais définitivement acquis, les électeurs le savent et se chargent assez souvent de le rappeler à leurs représentants. Enfin, la 4ème est qu'une fois le verdict des urnes tombé, il faut savoir arrêter l'affrontement électoral et rentrer dans une phase plus constructive: cela vaut pour les vaincus qui ne doivent pas chercher à obtenir par l'intermédiaire d'associations un 3ème tour, mais encore plus pour les vainqueurs qui doivent comprendre que leur victoire ne leur donne pas tous les droits, mais les assujettit au contraire à beaucoup de devoirs. Dans cette optique, la demande en fin de séance d'un audit des comptes de la commune me paraît être plus qu'une maladresse, une véritable faute politique qui ne peut qu'aboutir à une crispation et à une volonté de vengeance de l'équipe municipale sortante indirectement accusée de détournement d'argent. L'effet diviseur est garanti, le gain financier douteux, par conséquent je ne m'y associerai d'aucune façon. Par contre, je me demande si une opposition constructive et vigilante n'aurait pas été utile à la bonne gestion des deniers municipaux et n'aurait pas donné plus de force au débat démocratique. Pour le moment, je constate qu'elle n'existe pas, mais il ne faut jamais désespérer de rien!

LB

jeudi 10 avril 2008

La Gauche ardennaise retrouve une jeunesse


Il y a quelques jours, "l'Ardennais" se faisait l'écho dans ses colonnes de la naissance à Charleville-Mézières à l'initiative de Florian Glay d'une antenne des MJS. Ces trois lettres, qui signifient Mouvement des Jeunes Socialistes, pourraient a priori faire penser qu'il s'agit d'une organisation regroupant les adhérents les plus jeunes du PS. En réalité, il n'en est rien! Il s'agit d'un mouvement politique de Gauche totalement indépendant du PS, qui a ses idées et sa liberté. Il est ouvert à tous les jeunes de progrès qui s'intéressent à la chose publique mais qui n'ont pas encore franchi le pas de l'adhésion à un parti politique.

Pour le MRC-08, cette naissance est une excellente chose. Elle peut contribuer à enrayer la dépolitisation croissante de notre jeunesse, dont la Gauche est électoralement la grande perdante et qui affaiblit insidieusement mais de façon continue notre système politique. Elle est susceptible d'amener les formations politiques à s'intéresser de plus près aux problèmes concrets de la jeunesse et par phénomène d'entrainement aux problèmes concrets de toutes les couches de la population, ce qui réduirait la fracture qui s'est créée entre les partis de Gauche et l'électorat populaire. Surtout, elle est à même de renforcer les passerelles entre les organisations de la Gauche ardennaise, ce qui dynamisera sans aucun doute le dialogue dont celles-ci ont plus que jamais besoin pour proposer à la population une véritable alternative crédible

Nous conseillons donc vivement à ceux qui souhaitent un rebond durable d'une Gauche en phase avec le peuple et dotée d'une vraie perspective d'avenir de se rendre sur le blog http://www.mjs08.skyrock.com/ et de le faire vivre en y laissant des messages de soutien ou des propositions permettant à nos politiciens en herbe de parfaire leur réflexion. Quant à ceux qui n'auraient pas l'énergie nécessaire pour taper l'adresse en intégralité, aucun problème: ils n'ont qu'à cliquer sur le lien situé en bas à droite (cet emplacement n'est qu'un hasard dû à la seule technique) de cette page...


Conseil général: un emballement très critiquable de la fiscalité


Le Conseil général des Ardennes a voté, lors de sa dernière séance, une augmentation des impôts départementaux de 5%. Cette hausse a été justifiée par Benoît Huré, Président du Conseil général, par la nécessité de compenser la baisse des dotations allouées par l'Etat ainsi que par l'obligation de faire face à des dépenses sociales élevées du fait du maintien du nombre de Rmistes et de l'augmentation des bénéficiaires de l'APA.

Ces arguments, pour incontestables qu'ils soient, amènent le MRC-08 à faire 2 remarques. Benoît Huré, en sa qualité de Président du Conseil général, regrette la baisse des dotations de l'Etat, mais en sa qualité de sénateur UMP des Ardennes vote sans sourciller le budget proposé par le gouvernement qui est à l'origine de cette baisse. Faire une chose à Paris et se plaindre de ses conséquences dans les Ardennes, est-ce cohérent? A l'évidence NON, mais pour sortir de cette contradiction, il faudrait avoir la volonté de défendre en toutes circonstances la population que l'on représente. Hélas, le vote en faveur de la ratification du traité européen en février avait déjà démontré que cette attitude n'est pas d'actualité.

La 2ème remarque est que le calendrier électoral n'est décidemment pas sans incidence sur les décisions budgétaires. Ainsi, en 2007, après avoir accepté une hausse de la fiscalité départementale à peine plus faible que celle de cette année, le Conseil général, voyant se rapprocher à grands pas les élections cantonales, avait jugé bon de revoir nettement à la baisse cette augmentation en fin d'année. Joli exemple de mesure populaire, mais aussi de cadeau intéressé comme le montre ce vote d'une hausse, une fois les élections passées, de près du double de l'inflation. S'il fallait une preuve que les intérêts particuliers sont parfois une composante essentielle des prises de décision, nous l'avons!

mardi 8 avril 2008

Refondation de la gauche: les choses partent bien

Après le Conseil national tenu par le MRC dimanche dernier à l'issue duquel la proposition avait été faite de créer un grand parti de toute la Gauche, regroupant à la fois son aile gestionnaire et son aile contestataire, les réactions n'ont pas tardé. Dès lundi, les principaux journaux nationaux se sont fait l'écho de cette proposition, avec pour la plupart des commentaires dubitatifs, voire ironiques. Il faut croire qu'ils connaissent bien mal la classe politique, comme le montre la prise de position très positive du PS dès lundi, rendue publique par l'AFP dans la dépêche suivante:

Accord du PS avec le MRC pour «une accélération du travail commun» à gauche
Le PS s'est déclaré lundi d'accord pour une "accélération du travail commun à gauche", au lendemain de la prise de position du MRC de Jean-Pierre Chevènement en faveur de "la constitution d'un grand parti de la gauche". "Nous partageons avec lui la préoccupation que la gauche se réunisse et se mette au travail autour de ses comités de liaison ou de structures fédératrices dès que cela sera possible", a affirmé le secrétaire national Bruno Le Roux lors du point de presse hebdomadaire du parti. "Nous partageons cette nécessité d'accélération du travail commun à gauche. Nous prendrons avec lui et avec d'autres les initiatives permettant d'accélérer ce travail commun à gauche", a ajouté le responsable PS. Réuni dimanche, le conseil national du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a exprimé "la volonté du MRC de s'inscrire dans un processus de refondation républicaine par la création d'un grand parti de toute la gauche", en soulignant que "cette refondation ne saurait en aucun cas être confondue avec une adhésion au PS". Président d'honneur du MRC, M. Chevènement avait pris position en ce sens au lendemain du second tour de l'élection présidentielle de 2007.

l'avenir du MRC enfin clarifié!

"To be or not to be?", voilà les termes exacts de la question que Jean-Pierre Chevènement avait posé à l'automne dernier devant un bureau national du MRC, en précisant que la réponse serait apportée à l'issue de la séquence électorale de mars 2008. Ce passage devant les électeurs était donc crucial pour l'avenir de notre formation politique, et de son antenne ardennaise, le MRC-08. Il est maintenant derrière nous et le choix fatidique a donc pu s'effectuer. Il l'a été dimanche dernier par le Conseil national du MRC qui était pour la circonstance réuni à la mairie du Kremlin-Bicêtre. Les débats ont commencé par un un tableau sans complaisance des résultats obtenus lors des scrutins municipaux et cantonaux: 2 mairies perdues au profit du PS (Les Ulis et le XIème arrondissement de Paris), 4 postes de conseillers généraux perdus au profit du PS (2), de l'UMP (1) et d'un sans étiquette et une représentation municipale minorée dans plusieurs mairies, dont celle très symbolique de Paris. Voilà pour l'aspect négatif des choses! La rubrique "positif" n'est cependant pas apparue vide: toutes les autres mairies ont été conservées, notamment celle très symbolique de Belfort après un duel au 1er tour avec le PS remporté haut la main avec 33% des voix contre 13%, quelques mairies ont été gagnées comme celle de Séné en Bretagne (il faut bien penser à son éventuelle future université d'été!) et 3 postes de conseillers généraux ont été conquis au détriment de l'UMP (2) et d'un sans étiquette sortant; des conseillers municipaux ont fait leur entrée dans des dizaines de conseil, permettant ainsi au MRC d'avoir dorénavant des élus dans près d'une soixantaine de département.
Ce tableau nuancé, en dessous des objectifs fixés (le maintien de nos positions et la conquête de nouvelles), n'a toutefois loin de déshonnorant eu égard à la bipolarisation croissante du système politique français. La question posée à l'automne pouvait donc être tranchée en toute connaissance de cause. 2 possibilités ont été ouvertes par Jean-Pierre Chevènement: l'autodissolution, qui à ses yeux aurait de la grandeur, ou un nouveau départ sur des bases totalement différentes. Après un débat politique moins houleux que celui auquel on pouvait s'attendre, la 1ère hypothèse a été rejetée sans ambiguïté. Un intervenant s'est même permis de détourner un slogan de mai 68 en "autodissolution, piège à cons"! Restait donc la 2ème possibilité: un nouveau départ. Mais sur quelles bases et pour faire quoi? La réponse a été apportée par Jean-Pierre chevènement lui-même, qui a proposé une réforme de nos statuts lui permettant de passer de la fonction honorifique de Président d'honneur à celle beaucoup plus active de Président et qui a demandé la tenue d'un Congrès extraordinaire du MRC en juin pour se prononcer sur un texte appelant à la création d'un grand parti de Gauche, réunissant à la fois son aile protestataire et son aile gestionnaire. Ce projet, écartant tout retour sous quelle que forme que ce soit au sein du PS, a été présenté comme extrèmement difficile, mais nécessaire du fait de la fin en cours du cycle d'Epinay. Il doit servir d'électro-choc pour réveiller une Gauche accumulant les défaites nationales, en fondant sa reconstruction sur une réflexion ambiteuse et crédible, susceptible de la faire renouer avec les classes populaires, et mettant au second plan les questions de personnes et les ambitions présidentielles de certains.
Ce projet a été mis sur la table, au propre comme au figuré. Evidemment, il n'était pas question de se prononcer sur le fond du texte avant une lecture attentive et une discussion avec tous les adhérents. Mais, sur le principe de la réunion d'un Congrès extraordinaire destiné à l'entériner après les inévitables modifications qu'il subira, il n'y avait aucune difficulté. Le vote des membres du Conseil national le confirma puisqu'ils ont accepté à l'unanimité (chose très rare dans notre mouvement) la proposition de celui qui devrait être bientôt notre Président. Il reste maintenant à permettre cette refondation de la Gauche, ce qui passera par une campagne de popularisation en septembre et par l'établissement de contacts directs et loyaux avec toutes les formations politiques qui constituent cette grande famille. La balle est lancée, que ceux qui veulent la saisir ne s'en privent pas...

lundi 7 avril 2008

Aubrives: l'excellence culturelle à la portée de tous


Dans l'esprit de beaucoup, l'accès à la culture (petite précision à l'adresse de ceux qui ont du mal à s'y retrouver dans les différentes acceptations d'un terme: je ne parle pas de l'ensemble des opérations propres à tirer du sol les végétaux utiles à l'homme et aux animaux domestiques ... mais de l'ensemble des facultés de l'esprit qui permettent de développer le sens critique, le goût et le jugement) n'est possible que dans ces endroits très pollués et grouillant d'habitants stressés couramment dénommés villes, ou encore métropoles, megapoles, mégalopoles par les géographes, voire aires urbaines ou éventuellement pôles urbains par les statisticiens de l'INSEE. Ce préjugé est ancien et solidement ancré, mais il est faux! Aubrives, modeste bourgade entouré d'un écrin de verdure lui permettant de bénéficier d'un air pur, en a apporté une éclatante démonstration ce week-end.

Samedi après-midi et toute la journée de dimanche, à l'initiative de l'association Espace Loisirs et de son dynamique et par ailleurs très sympathique président Régis Lenoble admirablement épaulé par Claude Stroppa, l'un de nos plus talentueux artistes locaux, la 5ème édition de l'exposition de peinture appellée "Esquisse" s'y est tenue. Commencée en 2004 avec seulement 7 peintres, cette belle initiative connaît un succès croissant comme le montre la présence cette année de 25 artistes régionaux. La salle d'exposition était d'ailleurs totalement remplie d'oeuvres d'art, à tel point que la question du lieu d'exposition pour l'année prochaine se pose déjà! Beaucoup de personnes d'Aubrives et des communes environnantes se sont rendues à cette manifestation gratuite: certaines ont été dubitatives devant quelques tableaux, mais la plupart a apprécié la qualité d'ensemble très élevée. Cette exposition se solde donc par un nouveau succès et démontre que lorsqu'on a la chance de bénéficier de bénévoles actifs et imaginatifs l'accès à l'art n'est pas réservé aux nantis. Bravo à Régis Lenoble et à toute son équipe qui nous ont offert en prime une belle surprise en annonçant leur volonté de créer cette année un atelier de peinture, encadré par des artistes locaux, à destination des jeunes et des moins jeunes. Je suis convaincu que cette initiative qui recevra à n'en pas douter l'approbation de tous ceux qui s'inscrivent dans l'héritage des Lumières et des révolutionnaires utopistes du début du siècle passé trouvera un écho favorable de la part de la municipalité. En tout cas, elle le mériterait.

Samedi soir, l'association Florilège a apporté sa contribution à ce week-end culturel par l'intermédiaire de sa troupe Arlechino qui a proposé son gala annuel intitulé "du rire aux larmes". Devant un public de 200 personnes remplissant totalement la salle Maillard, magnifique exemple de l'esprit paternaliste qui animait une partie du patronat français au début du siècle dernier. Plusieurs dizaines de comédiens parfois rongés par un trac bien compréhensible ont joué une vingtaine de saynètes souvent de grande qualité. A titre personnel, j'ai tout particulièrement apprécié celle de l'animateur de quartier s'évertuant à faire jouer des scènes de la Révolution française à des jeunes, ainsi que celle des chauffeurs de bus scolaires livrant leurs réflexions sur la société moderne et ses défauts supposés. La réussite de tous ces sketchs témoigne du travail en profondeur qui a été accompli par les acteurs, qui possèdent tous des qualités certaines, voire un talent incroyable comme cette "petite peste" se déhanchant sur les notes de pretty woman. La soirée a été pour moi, et à n'en pas douter pour une immense partie des spectateurs, un véritable moment de bonheur. Merci à mesdames et messieurs Grasser et Bortolussi pour le travail formidable qu'ils effectuent en toute discrétion et dans un bénévolat absolu en direction des jeunes auxquels ils ouvrent des possibilités d'épanouissement et en faveur de l'ouverture de la culture au plus grand nombre. Félicitation aussi pour l'organisation au profit des membres de l'association d'un voyage au musée du Louvre: certes, ils ont peu de chance d'y rencontrer Carla, mais ils y feront connaissance avec des beautés que le temps ne pourra ni flétrir, ni faner.

Dans la vallé de la Meuse, on connaissait déjà Haybes la jolie. Avec un peu de persévérance et d'encouragement, on connaîtra peut-être bientôt Aubrives la culturelle. C'est du moins le souhait que je fais.

LB

samedi 5 avril 2008

Meeting départemental pour la défense de la laïcité

Au cours des derniers mois, le Président de la République et certains ministres se sont attaqués ouvertement à la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat. C'est la raison pour laquelle au niveau national des organisations, des associations et des partis politiques, dans le strict respect de leur indépendance et de leur liberté de comportement, ont décidé de se rassembler et de se mobiliser pour défendre la laïcité de l'Etat, ainsi que celle de l'école qui souffre d'une affectation croissante des fonds publics aux écoles privées. L'objectif de cette mobilisation est d'empêcher une remise en cause d'acquis démocratiques fondamentaux qui aboutirait à un retour en arrière de plus de 100 ans!
Dans les Ardennes, l'initiative de ce rassemblement a été prise, ce qui ne devrait surprendre personne, par la fédération de la Libre Pensée et de son bouillonnant président Alain Tournafol. Elle a très vite reçu l'appui de 3 organisations de Gauche, à savoir le Parti des travailleurs, la fédération ardennaise du PCF et le MRC-08, puis de 2 syndicats, en l'occurence la CGT et la FSU. D'autres organisations suivront peut-être. En attendant leur venue, cette mobilisation s'est déjà traduite par la rédaction d'un appel commun à la défense de la laïcité, par la diffusion d'un tract à plusieurs d'exemplaires et par une audience auprès de la préfète des Ardennes.
La prochaine étape de cette mobilisation aura lieu vendredi 25 avril avec la tenue à 18h00 à l'Hôtel de ville de Mézières d'une réunion publique qui sera animée par Christian Eyschen, secrétaire général de la Fédération Nationale de la Libre Pensée. L'entrée est bien sûr libre et nous invitons tous les républicains attachés au principe de la laïcité à venir nous y rejoindre pour écouter les belles paroles de notre orateur, mais aussi pour alimenter le débat qui suivra en nous faisant part de leurs réflexions et de leurs expériences.

jeudi 3 avril 2008

Givet: ce jeudi a été chaud!

Une fois n'est pas coutume! Givet, petite ville située à l'extrémité nord de la Pointe des Ardennes et classée malgré tous ses efforts d'embellissement par l'INSEE dans la catégorie des pôles ruraux, a vu sa quiétude troublée par un mouvement social ... double. Le 1er a débuté à 07h30 lorsque les salariés de l'entreprise MIG qui ont appris récemment le licenciement pour motif économique de 9 des 23 emplois de leur usine, ceux du service fonderie de bronze qui constitue le coeur de l'activité du site, ont pris possession des abords de la porte de France et ont bloqué la totalité du trafic sur l'ancienne RN 51 qui constitue le seul lien routier vers le sud, c'est à dire vers le reste du pays, la Méditerranée et ses plages, mais surtout pour les travailleurs locaux vers la centrale nucléaire de Chooz qui est de loin le plus gros employeur du secteur. Ce blocage total a entraîné des perturbations importantes qui ont cependant été réduites par la réactivité des gendarmes qui se sont rappelés leurs anciens cours de géographie et ont mis en place un itinéraire de contournement par Rancennes et le Petit Chooz, initiative en soi louable mais hélas un peu gâchée par une lecture trop hative de la couleur de l'axe routier figurant sur les cartes IGN: il s'agit d'une route étroite dont une partie irrégulièrement entretenue, donc d'un axe non prévu pour absorber un trafic important à double sens, ce qui a provoqué des croisements périlleux entre automobiles et encore plus entre automobiles et petits camions auxquels personne n'avait jugé bon d'interdire temporairement la circulation; les nerfs des conducteurs en ont souffert, mais moins que bon nombre de rétroviseurs dont le remplacement fera le bonheur des garagistes locaux. ce blocage a été levé vers 09h00, apparemment lorsque les interlocuteurs demandés par les grévistes sont enfin arrivés sur place pour renouer les fils d'un dialogue qui semble plus que jamais nécessaire.

Le 2ème mouvement social de la journée, très différent dans ses motivations et dans son déroulement, a été à peine plus tardif puisqu'il a commencé à 07h50 lorsque plusieurs dizaines de lycéens de la cité scolaire Vauban ont décidé de répondre positivement à l'appel lancé par la FIDL et l'UNL et ont refusé d'aller en cours. Leur objectif était de dénoncer les milliers de suppression de poste d'enseignant à la rentrée 2008, qui entraîneront inévitablement une dégradation des conditions d'enseignement et des classe plus chargées. La déclinaison concrète à Givet de cette mesure nationale est déjà connue: les cours dispensés dans les séries L et ES seront regroupés dans plusieurs disciplines, ce qui laisse entrevoir à court terme la disparition d'une de ces 2 filières, et par conséquent l'appauvrissement de l'offre pédagogique d'un établissement dont tout le monde sait qu'il connaît une baisse constante et de plus en plus préoccupante pour sa survie de ses effectifs. Les lycéens grévistes se sont d'abord regroupés devant les grilles de l'établissement et ils ont confectionné avec les moyens du bord des panneaux et des banderoles pour exprimer leurs revendications. Certaines mauvaises langues (la vérité consisterait à dire les éléments les plus antisociaux de la Pointe!) ont d'ailleurs remarqué quelques fautes d'ortographe et s'en sont moqués au lieu de comprendre que ce n'était que la manifestation des défauts de notre système éducatif. Puis, se rendant compte qu'un attroupement invisible de la population et inaudible n'avait aucune efficacité, ils ont décidé de faire prendre l'air à des instruments de musiques divers et variés, mais toujours bruyants, et de se montrer dans les rues adjacentes. Ils ont ainsi donné de la visibilité à leur action sans tomber dans le piège qui aurait consisté à bloquer la circulation et à créer ainsi du mécontentement à leur égard. Jolie démonstration de leur capacité d'adaptation et de leur refus de la résignation qui frappe trop souvent les adultes chargés de leur servir de modèle.

Le MRC-08 est bien conscient des désagréments que de tels mouvements sociaux peuvent engendrer. Cependant, il tient à apporter son soutien aussi bien aux salariés de l'entreprise MIG dans leur combat pour la défense de leurs emplois et la survie à moyen terme de leur usine qu'aux lycéens de la cité scolaire Vauban dans leur engagement pour le maintien d'un service public d'enseignement de qualité, qui est le seul moyen susceptible d'établir une égalité entre ceux qui sont bien nés et les autres et de préserver à long terme la compétitivité économique de la France