Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

vendredi 31 décembre 2010

mardi 28 décembre 2010

Givet : Ardenity à son tour en liquidation judiciaire !


La rumeur qu’une entreprise était sur le point de déposer son bilan courait avec insistance depuis plusieurs semaines dans la Pointe. Elle est maintenant hélas confirmée, au-delà de toutes les inquiétudes, puiqu’on vient d’apprendre que le tribunal de commerce de Sedan a prononcé le 09 décembre non pas la mise en redressement judiciaire mais carrément la liquidation judiciaire d’Ardenity ! Cette société, née en juillet 2007 de la reprise de Sorochimie, le 1er producteur européen d’acide sulfanilique – une poudre chimique intermédiaire destinée à la production d’agents de blanchiment pour l’industrie papetière et à la fabrication d’adjuvants béton, de colorants textiles et alimentaires ainsi que d’éléments médico-pharmaceutiques -, par l’entreprise industrielle américaine Trinity basée en Caroline du Nord est donc morte, dans un silence assourdissant qui laisse pantois lorsqu’on songe qu’elle livre 22 salariés aux affres du chômage !

Certes, depuis sa fondation à la fin de 1990, la vie de ce spécialiste de la chimie de base a été tout sauf un long fleuve tranquille. Après une montée en puissance qui lui avait permis de multiplier par 4 le nombre initial de ses salariés, il avait dû faire face à une forte concurrence chinoise et indienne. Cela l’avait contraint en mai 2001 à un 1er dépôt de bilan, suivi d’un redressement judiciaire puis, en avril 2003, de la mise en place d’un plan de continuation. La situation s’était alors un peu améliorée, mais pas assez aux yeux des actionnaires majoritaires qui ont préféré céder leur participation à Trinity, l’un de leurs principaux clients. A priori, ce choix, qui s’était immédiatement matérialisé par l’adoption du nom Ardenity (un mot-valise destiné à montrer à la fois l’enracinement de l’entreprise et la gratitude envers les nouveaux dirigeants) et d’un nouveau logo (un sanglier [emblème ardennais]de couleur bleu [référence aux Pierres Bleues de Givet] entouré de jaune foncé [évocation de la production d’acide sulfanilique]) était judicieux puisque les nouveaux propriétaires avaient pu, grâce à l’aide du Conseil régional et du CRITT, investir 750.000 euros dans la modernisation de l’outil de travail, permettant ainsi à la production annuelle de passer de 3.600 tonnes à 4.800 tonnes en ne travaillant plus que 5 jours sur 7 au lieu de 7 jours sur 7.

L’entreprise semblait donc repartie sur de bons rails. Malheureusement, c’était sans compter avec la crise économique qui a entraîné en 2008 un effondrement brutal de son chiffre d’affaire de 5,7 millions d’euros à seulement 1,8 millions (- 68 % !) et le remplacement d’un bénéfice net de 336.000 euros par une perte nette de 195.000 euros. Pour faire face à cette situation, Ardenity s’était résolue en janvier 2009 à arrêter sa production d’acide sulfanilique pur à usage de la chimie fine et à licencier 3 salariés. Pour quels résultats ? Une remontée en flèche de son chiffre d’affaire qui s’est approché des 5 millions d’euros en 2009, mais aussi une multiplication par 4 du déficit brut d’exploitation, une flambée du ratio d’endettement (dettes financières /fonds propres) à 1,06 contre 0,50 en 2007 et surtout un creusement de la perte nette à 210.000 euros ! Une situation intenable donc, malgré la louable intervention de la Communauté de communes qui n’a pas hésité à injecter 250.000 euros dans l’entreprise en lui rachetant en décembre 2009 l’un de ses 2 bâtiments, qui rendait inévitable l’issue fatale que nous connaissons aujourd’hui.

Pour le MRC 08, cette fermeture en toute discrétion d’Ardenity, qui contredit les propos doucereux sur la situation économique du département tenus par le Préfet lors de sa dernière conférence de presse, est un mauvais coup supplémentaire porté au tissu industriel givetois qui ne cesse de se réduire tel une peau de chagrin. C’est aussi la confirmation de l’urgence qu’il y a à élaborer une réflexion collective sur la revitalisation économique de la Pointe, qui passera nécessairement par la poursuite du développement du port de Givet et par l’encouragement à l’installation d’activités susceptibles de donner une image attractive à ce territoire meurtri…

dimanche 26 décembre 2010

Les Ardennes, terra incognita du réchauffement climatique !


Avant même que l'hiver ne commence, les températures sont descendues en dessous des normales saisonnières, très en dessous même, au point de passer en deçà de la barre fatidique des 1° Celsius. La conséquence n'a pas tardé : les épisodes neigeux se sont succédé, recouvrant nos forêts, notre vallée, nos champs, nos villes et villages d'un abondant manteau blanc pour le plus grand bonheur des enfants ... et pour le plus grand malheur des automobilistes, transformés au choix en naufragés de la route, en accidentés pestant contre le manque de réactivité des pouvoirs publics, en retardataires à répétition désorganisant les process de production parfaitement cadencés ou en piétons forcés. Avec le début officiel de l'hiver, la situation ne s'est pas améliorée, bien au contraire, battant en brèche tous les discours sur le réchauffement climatique dont les médias, toujours en quête de peurs millénaristes, ne cessent de nous rebattre les oreilles.

Évidemment, devant les doutes des citoyens lambda qui commencent à se multiplier, les experts dûment patentés de la nouvelle vulgate des temps modernes vont nous expliquer, avec science à défaut de conscience, qu'il ne faut pas confondre météorologie et climatologie, court terme et long terme, horizon humain et horizon planétaire. Flairant tout le bénéfice financier pouvant être obtenu de cette mise au point, de fins politiques, dont le MRC 08 ne fera pas partie, ne manqueront pas, alors, d'apporter à ces propos la légitimité démocratique dont ils sont dépourvus et de proposer, pourquoi pas, la mise en place d'une contribution fiscale sur la neige à l'image de l'impôt sécheresse de 1976, voire, puisqu'on utilise du sel pour dégager les routes, un retour à la gabelle et aux gabelous. Bref, puisque la taxe carbone a été retoquée l'année dernière, une variante permettant de renflouer les caisses de l'Etat en faisant cracher au bassinet les malheureux contribuables que nous sommes !


mercredi 22 décembre 2010

"La France est-elle finie ?" : le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement


La politique, la vraie, ce n'est pas de l'opportunisme et des coups médiatiques dans le seul but d'arriver aux fonctions et de faire parler de soi. C'est avant tout des convictions basées sur une analyse en profondeur des problèmes existants et la proposition de solutions réalistes. C'est mettre entre parenthèse son intérêt personnel pour se mettre efficacement au service de l'intérêt général. Une fois encore, c'est ce que fait Jean-Pierre Chevènement en proposant sans langue de bois ses réflexions sur le passé et sur l'avenir de la France dans un livre qui sortira le 05 janvier 2011 : "la France est-elle finie ?"

Présentation du livre
La France va-t-elle se résigner à sortir définitivement de l’Histoire pour devenir un simple parc d’attractions, à l’extrémité occidentale d’une Europe elle-même marginalisée? Ou bien trouvera-t-elle la force de redevenir la nation de citoyens dont elle a fourni le modèle, pour offrir un avenir à sa jeunesse et continuer son histoire ?
Dans ce livre décapant, Jean-Pierre Chevènement éclaire le chemin par lequel nous en sommes arrivés là. Au moment où la monnaie unique, créée il y a vingt ans à Maastricht, prend l’eau, il montre comment le «pari pascalien» de François Mitterrand sur un au- delà des nations appelé «Europe» n’a pas seulement recouvert le ralliement de la gauche française au néo- libéralisme, mais s’enracine dans un doute plus ancien de nos élites sur la France.
Méditation sur le destin de notre pays entre de Gaulle et Mitterrand, il rend enfin lisible, dans toute sa cohérence, l’histoire de notre dernier siècle. Il fournit ainsi les clés qui peuvent permettre un retour de la France du XXIe siècle au premier rang des nations.

Plan détaillé
I – 1971-1983 : La gauche perd la bataille qu’elle n’a pas livrée
II – 1983-1989 : Bruxelles-Paris : le chemin le plus court pour la normalisation libérale
III – 1989-1995 : Le pari pascalien de François Mitterrand
IV – 1916-1992 : Aux racines du « pari pascalien » de François Mitterrand
V – 1990-2008 : Le triomphe de l’inégalité
VI – 1990-2010 : Le retour de l’Allemagne
VII – 2008 et sq. : La crise du néolibéralisme
VIII – 2010 et sq. : La crise de la monnaie unique
IX – 1983-2010 : La gauche piégée
X – 1940-2040 : Finis Franciae ?
XI – 2010-2040 : France-Allemagne : sortir de l’Histoire ou la continuer ensemble ?
XII – La gauche, la droite et la République du XXIe siècle
XIII – Le grand pari sur la France au XXIe siècle : faire vivre le modèle républicain
XIV – Le grand pari sur la France au XXIe siècle : organiser la « résilience » de l’Europe

mardi 21 décembre 2010

Ardennes : l’optimisme du préfet confine à l’indécence !


Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu à la fin de la semaine dernière, le préfet des Ardennes, Jean-François Savy, a brossé un tableau de la situation de notre département. Si l’on en croit ses propos, étayés par une batterie impressionnante d’indicateurs plus rassurants les uns que les autres, tout va bien ! Sur le plan économique, il a affirmé que "la situation s’est globalement bien améliorée ces derniers mois" puisque le nombre de licenciements économiques est passé de 1.160 en 2009 à 550 pour le début de l’année 2010, que le taux de chômage a baissé d’1 point en 1 an et que le nombre d’heures de chômage partiel sur la même période a été ramené de 6.487.059 à 2.882.381. Concernant la délinquance, en 10 mois, il a claironné que les atteintes aux biens ont baissé de 4,4 %, les vols de voitures de 6,6 % et les atteintes volontaires à l’intégrité physique de 0,3 %. Quant à l’insécurité routière, dont il n’a jamais caché que c’était son cheval de bataille, elle a régressé grâce à une baisse de 5,6 % des accidents.

Évidemment, dans un pays cartésien comme l’est la France, tout doit pouvoir s’expliquer. Et pour Jean-François Savy, la raison de cette embellie inattendue est toute trouvée : c’est l’intervention à la fois vigoureuse et particulièrement opportune de l’Etat ! Il a ainsi vanté tous les efforts, financiers entre autres, consentis par la collectivité au plus fort de la crise pour garder les salariés au sein des unités de production. Il a aussi rappelé que 281 logements avaient été construits cette année dans le cadre des chantiers de rénovation urbaine ainsi que 150 logements à caractère social en dehors des secteurs de renouvellement urbain. Il a mis en avant les 5.114.890 euros dépensés par l’Agence Nationale de l’Habitat au profit de différentes opérations à travers le département. Sans oublier l’omniprésence dissuasive des forces de l’ordre, le rôle des nouveaux radars fixes et l’impact des 51 caméras désormais installées dans 10 communes qui justifient, selon lui, la baisse de la délinquance sous toutes ses formes.

Pour le MRC 08, ce rappel de l’utilité des interventions de l’Etat est vraiment plaisant à entendre. Pour autant, il ne nous fera pas oublier que la situation sociale de notre département reste particulièrement préoccupante ! Avec 11,3 % de chômeurs, la situation s’est certes améliorée, mais les Ardennes font toujours partie des derniers de la classe avec 2 points de plus que la moyenne nationale. Avec 11.630 allocataires du RSA au 30 octobre 2010, un chiffre en hausse de 10,6 % en 14 mois, le taux de ces grands défavorisés de la société est de 94 pour 1000 chez nous contre 58 pour 1000 pour l’ensemble du pays. Avec 6.000 inscrits au début de la campagne 2010 dans les 18 centres ardennais des restos du cœur contre 5.500 l’an dernier, la grande pauvreté a encore progressé. En plus, avec une augmentation depuis le début de l’année de 23,8 % des vols en zone gendarmerie et de 11,1 % des violences crapuleuses toutes zones confondues, les Ardennes sont loin d’être un département où l’on peut vivre en toute tranquillité.

Quant à l’avenir, même s’il bénéficiera de grands travaux d’infrastructure comme la construction de la branche ouest de l’Y ardennais ou la rénovation de la ligne électrique à très haute tension entre Lonny et Reims, il ne s’annonce pas rose, que ce soit dans le Sedanais, où la fermeture de l’usine Delphi de Donchery (294 salariés) est déjà programmée pour 2012, dans la Pointe, où l’on entend avec de plus en plus d’insistance qu’une nouvelle usine vient de déposer son bilan et qu’un plan social portant sur plus de 70 personnes est en cours d’élaboration dans une unité de traitement du cuivre, ou dans les autres bassins d’emplois du département qui n’échapperont pas à la réduction de la présence de l’Etat. L’heure n’est donc pas à un optimisme démesuré, mais à une prise de conscience de la situation réelle des Ardennes qui ne se limite au seul état de remplissage des carnets de commande de l’industrie. Jean-François Savy serait bien avisé de ne pas l’oublier, lui qui vient de montrer toute la confiance qu’il a dans son département d’affectation en faisant l’acquisition d’une villa ... dans la région de Montpellier !

lundi 20 décembre 2010

Aubrives : nos délégués communautaires devraient réfléchir avant de parler !


Comme tous les 6 mois, je me suis rendu dans les locaux de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse afin de consulter le recueil des actes administratifs, un gros pavé certes mais ô combien intéressant pour connaître les grandes décisions prises par cette intercommunalité qui exerce une influence croissante sur notre quotidien ... et pour savoir quelles positions y ont été défendues au nom de notre commune par le désormais célèbre duo de chasseurs de primes composé par notre bon maire, Gilbert Leclercq, et par celui qui le suit comme une ombre qui aurait peur de déplaire à son mai(t)re, le libéral Fabien Prignon.

Qu’y ai-je appris ? Bien peu de choses, hélas, si ce n’est que le conseil communautaire a décidé de recruter, enfin, un cabinet afin d’évaluer le coût du mode de gestion en régie du centre aqualudique (vous savez, cette merveille qui attire un nombre toujours plus élevé de Belges et qui génère un déficit toujours plus important estimé cette année à 900.000 euros !), que l’AFGAT fusionnera bientôt avec l’AAST (association ardennaise de soins aux toxicomanes) pour obtenir une permanence de services qui sera assurée par une tierce association et qu’une commission de délégation de service public pour la gestion de feu le parc TerrAltitude a été constituée. Sans oublier que le montant tant envié par certains de la taxe professionnelle, qui s’était élevé à 19.817.697 euros en 2009, sera compensé cette année à l’euro près.

Et nos délégués, êtes-vous certainement en train de vous demander en piaffant d’impatience ? Je dois reconnaître qu’ils se sont bonifiés puisque, sur les 7 séances tenues par le conseil communautaire pendant le 1er semestre, Gilbert Leclercq s’est déplacé 6 fois et a confié lors de son unique absence son pouvoir à son acolyte, lequel a fait l’effort de venir 5 fois et n’a pas oublié de confier son pouvoir à son mai(t)re lors de ses 2 absences. Une vraie révolution lorsqu’on songe à l’absentéisme chronique auquel ils se livraient au début de leurs fonctions ! Mieux, surmontant leur appréhension initiale, ils ont osé prendre la parole chacun une fois. Certes, ce n’était pas sur les sujets les plus importants comme le budget par exemple, mais c’est un progrès que l’honnêteté qui me caractérise m’oblige à signaler.

Malheureusement, vu les propos qu’ils ont tenus, je me demande s’ils n’auraient pas mieux fait de se taire. Jugez plutôt ! Lors de la séance du 24 mars, au moment de la discussion sur le bilan 2009 du parc TerrAltitude et sur ses perspectives pour 2010, notre bon maire s’est soudainement réveillé et a alerté les élus sur le fait que les projets du parc, à savoir la mise en place d’un château gonflable et d’un minigolf, pourraient devenir concurrents au projet envisagé par un privé à Aubrives. Une sortie qui a dû faire sourire ceux qui l’ont entendue, surtout s’ils étaient un tant soit peu au courant du tissu économique aubrivois. Lors de la séance du 16 juin, profitant de son statut d’unique représentant de notre commune, Fabien Prignon a fait savoir tout le mal qu’il pensait de la mise en place d’une navette entre le territoire communautaire et la gare de Philippeville destinée à réduire de 1h30 la durée du transport des étudiants qui font leur cursus à Lille ... puis il a courageusement assumé sa position au moment du vote en s’abstenant !

J’entends déjà les indécrottables optimistes dirent qu’il vaut mieux 2 prises de parole qu’aucune, comme c’était le cas il y a encore peu. Mais sincèrement, si c’est pour énoncer des âneries, je crois qu’il est préférable de se taire ! Notre commune mérite mieux que de passer pour ridicule aux yeux des autres, ce qui suppose dans l’immédiat que nos délégués communautaires se mettent à réfléchir avant de parler...
LB

La citation du jour !


"J'ai vécu un régime municipal verrouillé, autoritaire et incompréhensif, dans lequel une minorité a un pouvoir décisionnaire qui ne laisse aucune prérogative aux innovateurs". Voilà une condamnation sans appel d’un mode de gestion qui a été prononcée vendredi soir ! Par qui ? Les anticommunistes primaires, qui sont encore légion, ne manqueront pas de penser que c’est très certainement par un habitant de l’Europe de l’est qui se remémorait les heures sombres des démocraties populaires et du temps où le centralisme démocratique bridait toute liberté et toute initiative locale. Les nostalgiques de la colonisation, dont les oreilles se souviennent encore des propos de leurs arrière-grands-parents sur les vertus de la soi-disant mission civilisatrice réalisée par les Européens, diront sans hésiter que c’est par un exilé politique qui a réussi à fuir une république bananière d’Afrique rongée par le népotisme et la corruption. Les bouffeurs de curés, qui sont loin d’avoir tous disparu, affirmeront en chœur que ce ne peut être que par un libre penseur qui a eu le malheur de vivre dans une commune de l’ouest de la France où le sabre et le goupillon continuent à faire bon ménage.

Ils auraient tous tort ! Cette phrase est sortie de la bouche de la givetoise Béatrice Le Guen, élue de la majorité en place dans la cité de Méhul, et elle a été prononcée à la fin d’un conseil municipal lorsqu’elle a expliqué pourquoi elle démissionnait de ses fonctions de 2ème adjoint en charge des affaires scolaires, du personnel communal et du comité des Anciens. Pour qui connaît le tempérament posé de l’ancienne directrice de l’école de la Tour d’Auvergne, la virulence des propos peut surprendre. Mais apparemment, elle s’explique par une indigestion provoquée par le trop grand nombre de couleuvres qu’elle a dû avaler depuis les élections de mars 2008, au 1er rang desquelles figure le non respect dans le processus décisionnaire de la parité. Si les griefs qui ont ainsi été étalés sur la place publique venaient à être confirmés, ce dont le MRC 08 ne doute pas, ce serait la preuve que la méthode de gestion - basée sur l’étouffement de toute voix discordante et sur un monolithisme d’un autre temps – mise en place par le maire de Givet, le sémillant apolitique de Droite Claude Wallendorff, a fait son temps, ce qui ne manquerait pas d’avoir des répercussions lors des échéances électorales à venir...

dimanche 19 décembre 2010

Vireux-Molhain : l’opposition municipale fait une entrée réussie sur le web !


Les dernières élections municipales se sont soldées à Vireux-Molhain par un résultat très serré, puisque la liste dirigée par Jean-Pol Devresse a obtenu 11 sièges contre 8 à celle menée par le maire sortant André Majewski. Un écart minime donc, qui s’est encore réduit depuis le décès le 23 décembre dernier du nouveau 1er adjoint ! Cette situation particulière entraîne des débats souvent vifs, avec de temps en temps des coups bas de la part de l’équipe en place comme par exemple le refus fait à l’opposition de pouvoir s’exprimer dans le bulletin municipal. C’est pourquoi cette dernière a décidé d’ouvrir un site internet baptisé "Vireux rive gauche", un nom qui fait référence à la fois à la situation géographique de la commune par rapport à la Meuse et au positionnement politique de ses animateurs. Un site de plus et rien d’autre penseront certains, mais en aucun cas ceux qui auront la curiosité de le consulter ... puisqu’ils y découvriront des rubriques très intéressantes traitant bien sûr de la vie municipale et des activités associatives, mais aussi de l’histoire locale connue mieux que quiconque par le professeur Majewski, sans oublier les petites devinettes et l’expression libre qui permet de ne pas oublier la grande actualité. Une vraie réussite qui amène le MRC 08 à recommander chaudement ce site que vous pouvez consulter en cliquant ici ou bien sur le lien que nous mettons volontiers dans notre rubrique consacrée à nos sites amis.

samedi 18 décembre 2010

Bioénergie Val de Meuse : le collectif Vigilance rencontre des élus belges


Entre les distributions de tracts qu’il effectue pour tenir la population locale informée des dernières découvertes qu’il a réussi à faire concernant le désormais célèbre projet "d’unité de valorisation énergétique" prévu sur le parc d’activités de la route de Philippeville, le collectif Vigilance ne reste pas les bras ballants avec le cerveau sur le mode "pause" ! Il poursuit ses investigations sur les méfaits de l’incinération, avec l’aide d’experts scientifiques dont la renommée n’est plus à faire, il établit discrètement mais efficacement des contacts avec des personnes qui sont en position de savoir ce qui se cache derrière le mur de silence qui entoure le projet et il prend connaissance avec amusement du contenu des feuilles de chou de couleur verte (que ne faut-il pas faire pour essayer de transformer un projet générateur de pollution en un projet bon pour l’environnement ?) signées par le duo Wallendorff-Dekens. Il en profite aussi pour rencontrer des élus afin de leur expliquer ses craintes et de voir quelles actions pourraient être menées en commun.

C’est ainsi qu’après avoir longuement dialogué le 03 décembre avec le député de la circonscription, Philippe Vuilque, qui s’est engagé à relayer auprès du préfet des Ardennes les arguments qui lui ont été exposés, le collectif Vigilance a organisé le 16 décembre une réunion avec des élus belges directement concernés par le projet, à savoir Jean Claude Maene (bourgmestre de Beauraing et député au Parlement wallon), Philippe Belot (1er échevin de Doische, chargé notamment de l’environnement et du tourisme) et Philippe Vincke (échevin de Hastière, dont la délégation comprend entre autres l’environnement, l’économie ainsi que la Meuse et ses affluents). Le projet leur a bien sûr été présenté de la façon la plus précise possible, puis une discussion sans langue de bois s’est engagée.

Le plus loquace a été l’élu de Hastière qui a révélé que sa commune avait eu il y a 2 ou 3 ans un contact avec le maire de Givet sur un projet de récupération de chaleur, puis qu’il avait participé en personne il y a environ 1 an à une réunion en Préfecture avec le porteur de projet au cours de laquelle il avait appris que la construction ne pourrait se faire que si un terrain de plusieurs dizaines d’hectares situé sur sa commune était cédé (apparemment à un Hollandais dirigeant des activités en Afrique) pour y réaliser des serres qui valoriseraient la chaleur en produisant des roses. Pour sa part, Jean Claude Maene, après avoir rappelé que personne n’avait réussi à créer un incinérateur dans la province de Namur et que ses administrés étaient très sensibilisés aux questions environnementales depuis la tentative d’implantation d’un dépôt de déchets radioactifs à Baronville, a précisé que, dans une zone économiquement sinistrée comme l’est aujourd’hui Givet, il ne pouvait que porter un regard bienveillant sur les projets créateurs d’emplois ... à condition toutefois qu’ils n’aient aucune incidence sur la santé des Wallons, ce dont visiblement il doute. Quant au représentant de la commune de Doische, il s’est contenté d’écouter les débats avec une grande attention.

Les 3 élus belges ont donc adopté 3 attitudes différentes ! A priori, cela peut surprendre, mais à bien y réfléchir, cela s’explique aisément. La retenue de Philippe Belot est certainement due, outre le fait que sa commune ne se trouve pas sous les vents dominants, à la décision prise par le conseil communal de Doische qui s’est tenu à la fin du mois de novembre de demander de plus amples informations à Claude Wallendorff avant de se positionner sur la motion déposée par le conseiller communal Lathuraz concernant l’incinérateur de Givet. La volubilité de Philippe Vincke trouve à n’en pas douter sa source dans la différence existant entre le projet tel qu’il lui a été présenté en Préfecture et tel qu’il est décrit depuis quelques temps dans la presse. La modération toute relative de Jean Claude Maene se justifie probablement par ses responsabilités qu’il a promis d’utiliser pour interroger dès le mois de janvier le ministre wallon de l’environnement, Philippe Henry, dans lequel il a toute confiance, sur les informations qu’il aura pu obtenir du préfet des Ardennes.

Le dossier de "l’unité de valorisation thermique" de Givet n’est donc toujours pas clos, malgré les efforts de la Communauté de communes qui a organisé le 15 décembre une réunion avec les bourgmestres des communes belges voisines afin de les informer, enfin, du projet et de tenter de les convaincre de son innocuité...

dimanche 12 décembre 2010

Le chiffre du jour !


2 % ! C’est la perte de population que pourrait connaître la région Champagne-Ardenne entre 2007 et 2040 d’après l’étude publiée dernièrement dans le numéro 1326 d’INSEE Première. Que faut-il penser de ce chiffre ? Qu’il est inquiétant bien sûr, voire même alarmant, puisque, dans une France métropolitaine qui verrait ses effectifs gagner 15 % pour atteindre 73 millions de personnes, notre région serait la seule, l’unique de tout l’Hexagone, à perdre des habitants comme ce fut d’ailleurs le cas entre 1990 et 2007. Pire, avec un accroissement naturel annuel (solde existant entre les naissances et les décès) qui passerait d’un honorable + 0,32 % sur la période 1990-2007 (9ème rang régional) à un désastreux – 0,05 %, soit la 3ème plus forte baisse de l’Hexagone, qui se conjuguerait à un solde migratoire annuel (différence entre les entrées et les départs vis-à-vis des autres régions) certes en diminution mais toujours négatif de 0,05 %, la population champardennaise verrait baisser de 17 % ses effectifs de la classe d’âge 20-59 ans, qui concentre l’essentiel des ressources de main d’œuvre, et de plus de 10 % ceux des moins de 20 ans !

Une véritable catastrophe donc, qui aboutirait à une hausse de 5,1 ans de l’âge moyen de la population contre "seulement" 4,4 ans pour l’ensemble du pays, ce qui ferait de la Champagne-Ardenne une région plus vieille que ne l’est actuellement le Limousin qui bat aujourd’hui tous les records dans ce domaine. C’est dire si l’avenir démographique de nos 4 départements, avec 27.000 habitants en moins soit l’équivalent de la population réunie des villes de Sedan et de Givet, n’est pas rose. Pourtant, plutôt que de crier au loup et d’incriminer nos dirigeants politiques de tous bords dont l’incompétence supposée est aux yeux de beaucoup la cause de cette situation, le MRC 08 préfère garder raison et rappeler 2 éléments : d’après l’auteur de l’étude lui-même, ces projections ne peuvent s’assimiler à des prévisions étant donné que les hypothèses retenues pour élaborer ce scénario ne sont pas encore probabilisées ; en 1932, Alfred Sauvy, le plus grand démographe français du 20ème siècle, avait prévu que la France aurait en 1980 29 millions d’habitants et moins de 300.000 naissances alors qu’elle en a compté 54 millions et plus de 750.000. Sans vouloir remettre en cause les progrès réalisés par la démographie et le sérieux de cette discipline, nous considérons donc que le pire n’est pas sûr et nous souhaitons par conséquent que le volontarisme politique ne cède pas la place à un défaitisme que notre région ne peut pas se permettre...

dimanche 5 décembre 2010

Aubrives : enfin un "vrai" conseil municipal !


Le dernier conseil municipal, qui s’est tenu le 27 novembre, a été hors du commun à plus d’un titre. D’abord, il a eu lieu un samedi à 9h30 au lieu d’un soir en semaine ! Un jour et un horaire inhabituel donc, qui a surpris les habitants puisque, chose rare, un seul était présent pour écouter les délibérations, mais qui a aussi décontenancé les élus puisque 6 d’entre eux (40 % du total) étaient absents, parmi lesquels 5 n’avaient donné aucun pouvoir pour les représenter. En terme de démocratie, cette innovation s’est ainsi révélée un fiasco. Ensuite, l’ordre du jour, qui s’était limité à 1 sujet le 15 septembre et à 4 le 27 avril, comportait cette fois-ci 34 points ! Les élus ont donc été réunis pour une véritable séance de travail, et non pas pour une séance de façade destinée à satisfaire aux exigences du Code général des collectivités territoriales comme cela commençait à devenir l’habitude.

Surtout, ce conseil a été l’occasion d’un moment jusqu’alors inédit puisque je me suis retrouvé en parfaite osmose, ce que j’ai fait savoir haut et fort, avec notre bon maire sur un sujet précis : le refus du projet de commémoration des 100 ans de la salle de spectacles Bernard Maillard concocté par l’adjoint aux réjouissances ! Il faut dire que ce projet était pour le moins inadapté, voire franchement stupide, puisqu’il prévoyait, pour fêter le centenaire de ce bâtiment qui a rendu tant de services à des titres divers à la population, non pas une rétrospective appuyée sur des documents d’époque et complétée par des témoignages d’anciens du village, mais un simple spectacle de magie. Une manifestation tout à fait banale donc, qui était très loin de l’enjeu et qui a été rejetée à l’unanimité par le conseil municipal. Évidemment, l’ouverture d’esprit de notre adjoint aux réjouissances, et accessoirement aux dépenses en perpétuelle augmentation, étant ce qu’elle est, il l’a très mal pris, ce qui nous a valu d’entendre quelques bougonnements et d’avoir droit à un départ que j’aurais aimé immortaliser sur une petite vidéo.

Mais avant d’assister à ce moment d’anthologie qui s’est produit à l’extrême fin de la réunion, le conseil a traité les 33 autres points figurant à l’ordre du jour. Disons les choses telles qu’elles ont été, nous avons surtout eu droit à la délivrance de toute une série d’informations ne nécessitant ni délibération, ni vote. Sans faire la liste exhaustive de ce qui a été porté à notre connaissance, nous avons ainsi appris que des avenants, d’un montant respectif de 26.590,55 euros et 10.126,50 euros, avaient été signés pour l’aménagement de la rue Votion et le renforcement de la sécurité du village contre les incendies, que la recherche d’un lotisseur pour la construction d’un vingtaine de logements EDF était délicate ou encore que l’aménagement du rond-point pour aller à Hierges ne se ferait pas à brève échéance du fait des difficultés à acquérir les terrains que cette construction nécessite.

Surtout, nous avons été informés qu’à la suite d’un contrôle inopiné des locaux de restauration scolaire de l’Alba Ripa le 14 octobre, la Préfecture des Ardennes a fait parvenir à la mairie un avertissement administratif. Évidemment, l’adjoint aux affaires scolaires, le libéral Fabien Prignon, s’est efforcé d’abord de minimiser la gravité de la situation, en expliquant qu’il ne s’agissait que d’un problème de mains non lavées avant le service et d’absences de consignes écrites dans les locaux, puis d’en reporter la faute sur le centre social Le Lien. Hélas, les choses sont certainement plus graves puisque l’avertissement stipule que "cette inspection met en évidence des non conformités moyennes et majeures à la réglementation". La sécurité étant un tout et ne se limitant pas à la mise aux normes de bâtiments, j’espère que des mesures seront prises au plus vite pour remédier à cette situation dangereuse pour les enfants qui fréquentent ce centre de restauration.

Nous avons aussi eu droit à l’énoncé des nombreux projets que la commune envisage de réaliser d’ici 2014. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les ambitions ne manquent pas puisqu’ils sont au nombre de 29, parmi lesquels 10 concernent la voirie, 9 l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie, 7 les services et l’offre de loisirs et 3 le patrimoine. Un véritable inventaire à la Prévert, allant du remplacement d’un abribus à la création d’une station d’épuration et d’une salle d’activités à vocation sportive. Sans oublier bien sûr la grande ambition du moment, la construction d’un pôle scolaire dont le prix dépasserait largement les 2 millions d’euros ... mais qui ne coûterait pas un centime à notre commune ! Un vrai miracle, n’est-ce pas, que notre bon maire espère obtenir au nom de l’égalité puisqu’il vient de se produire à Neuflize, une commune située au sud-ouest du département. Hélas, pour qui réfléchit un petit peu, cet espoir est irréaliste, pour ne pas dire hautement stupide, étant donné que les 2 situations ne sont absolument pas comparables : la population de la zone de recrutement du pôle scolaire de Neuflize a augmenté de 16 % entre les 2 derniers recensements alors qu’elle a baissé de 8 % dans la nôtre ; Neuflize bénéficie à plein de la rurbanisation qui se développe depuis Reims dont elle n’est distante que de 29 kilomètres dont 19 d’autoroute alors que la Pointe connaît un déficit migratoire très fort ; surtout la réalisation du pôle de Neuflize a permis de rattacher à sa zone de recrutement 3 communes représentant une hausse de la population concernée de 68 % alors que celle d’Aubrives ne permettrait de rattacher qu’une commune supplémentaire représentant une croissance de la population d’à peine 15 %. Egalité n’est pas équité, certains feraient bien de s’en souvenir !

Enfin, ce conseil a été l’occasion de prendre quelques décisions. Parmi les plus importantes figurent la commande d’une étude pour la réalisation d’un lotissement communal et de la voirie associée, l’engagement de refaire en 2011 la voirie de l’impasse Prairie de Praisles, la demande de mieux prendre en compte la sécurisation de l’aire de jeux lors de la construction future d’un parking derrière la salle Paul Hustin, la réalisation d’un avant-projet pour la réfection des rues du Père Georges et des orfèvres ou encore l’acquisition de mobilier pour l’école primaire. Une desserte en bus entre la commune et le nouveau centre commercial givetois Rives d’Europe a également été mise en place tous les 1er et 3ème mercredis de chaque mois afin de permettre à la population d’avoir accès à une offre commerciale plus large à un moment où les enfants ne sont pas dans les établissements scolaires. Au total, ce conseil, qui s’est déroulé dans une ambiance plutôt constructive, n’a donc pas été inutile même si je regrette qu’il ait fait la part belle aux informations plutôt qu'aux délibérations. Il a aussi montré que la cohésion de l’exécutif municipal n’est plus ce qu’elle a été, ce laisse présager de l’animation dans les mois qui viennent...
LB

vendredi 3 décembre 2010

Givet : les nouvelles raisons de dire NON à l'incinérateur !


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