Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mardi 30 juin 2009

Le hijab n’est pas mieux venu que la burqa dans les Ardennes


Dans une interview publiée aujourd’hui dans le journal "L’union", Mohamed Iboudaten, président du Conseil régional du culte musulman, a affirmé qu’il n’avait jamais vu dans la région de burqa, vêtement couramment porté en Afghanistan couvrant la totalité du corps et du visage avec une grille permettant de voir sans être vu. Il a parfaitement raison ! Cet accoutrement, qui réduit la femme à un cercueil vivant, ne se trouve pour le moment que dans certains pays du Moyen Orient, mais en aucun cas en France, où il serait d’ailleurs impossible de trouver un magasin pour en acheter. Cependant, tout le monde a pu constater que, depuis une quinzaine d’années, à Charleville-Mézières mais aussi dans des villes moins peuplées, notamment dans la vallée de la Meuse, le foulard islamique porté de façon assez discrète a petit à petit laissé la place à des pièces de tissu couvrant la totalité de la tête, à l’exception des yeux … puis au voile intégral qui couvre le corps entier de la femme sauf le visage et les mains : c’est le hijab, seule prescription figurant expressément dans le Coran, qui ne doit être ni transparent, ni moulant.

En soi, le port de ce signe religieux n’est pas en contradiction avec les lois actuellement en vigueur en France sur la laïcité, du moins tant qu’il ne se produit pas dans un lieu relevant de la sphère publique. Cependant, il est évident qu’il traduit une discrimination entre les femmes, obligées de se conformer à des contraintes vestimentaires astreignantes, et les hommes libres de choisir leurs vêtements. Il est ainsi en complète contradiction avec les valeurs d’égalité et de liberté pour lesquelles la France a opté depuis la Révolution de 1789, tout comme avec les efforts faits depuis plus d’une décennie pour promouvoir la parité dans notre pays. Sans tomber dans une islamophobie primaire ou dans un anti-immigrationnisme de bas étage que nous laissons volontiers à d’autres formations politiques heureusement en perte de vitesse, force est donc de constater que le hidjab heurte de plein fouet les traditions de la République française qui s’efforcent de libérer l’être humain du poids des dogmes.

C’est pourquoi le MRC 08, dont l’attachement aux valeurs républicaines en général et au principe de l’égalité en particulier n’est un secret pour personne, soutient, à condition toutefois que cela ne recèle pas d’objectif caché et peu avouable, l’initiative prise par une soixantaine de députés visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur le port en France de ces voiles radicaux. A défaut de pouvoir déboucher sur le vote d’une loi qui ne serait pas forcément opportune, ce travail de réflexion et d’analyse nous paraît être de nature à entraîner une prise de conscience salutaire sur les valeurs qui fondent notre pacte républicain. Et pour répondre par anticipation à ceux qui, comme Mohamed Iboudaten, affirment que si certaines femmes portent le voile intégral, non par conviction, mais pour faire plaisir à leur mari, nous constatons que la nature a doté généreusement les femmes d’autres qualités respectées de tous temps et dans toutes les civilisations pour atteindre ce bien louable objectif, comme vous pouvez le voir ci-dessous :


vendredi 26 juin 2009

Ardenne Rives de Meuse : les résultats désolants de la lubie touristique


Entre les Ardennes et le tourisme, les relations ressemblent de plus en plus à "je t’aime, moi non plus". D’un côté, depuis le fameux discours prononcé en 1963 par le général De Gaulle, alors Président de la République, sur le perron de l’hôtel de ville de Givet, dans lequel il envisageait, parmi les voies futures pour développer le département, la transformation de la vallée industrielle de la Meuse en "vallée verte", les dirigeants politiques départementaux ont multiplié les initiatives pour tenter de faire décoller cette activité aux supposées vertus salvatrices : en plus de la construction de bases de loisirs départementales, de campings et d’un golf de 18 trous ainsi que de l’acquisition d’un bateau promenade destiné à naviguer sur la Meuse, ils ont multiplié les généreux soutiens financiers aux particuliers porteurs de projets plus ou moins convenablement pensés. De l’autre, des touristes ont bien pointé le bout de leur nez, avec 635.509 nuitées en 2007 (ce sont les données les plus récentes publiées par l’INSEE), 490.175 visiteurs d’animations en tout genre et 181.601 visiteurs dans les lieux d’accueil, pour une dépense totale de 30.639.481 euros, consacrée à 89 % à l’hébergement. Ces chiffres sont en apparence impressionnants, mais, à bien y regarder, ils cachent une réalité peu reluisante : après 44 années d’efforts, le tourisme n’emploie encore que 1.021 salariés, dont 38 % de saisonniers, et son chiffre d’affaire reste inférieur aux 56 millions d’euros de taxe professionnelle (à ne pas confondre avec le chiffre d’affaire qui est bien plus élevé) versée par la seule centrale nucléaire de Chooz.

Pas de quoi pavoiser donc, comme le font trop souvent les dirigeants de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse qui a été une des collectivités à s’être le plus lancé dans cette activité. Certes, 13.000 touristes ont bien franchi l’an dernier les portes du tout nouvel Office de Tourisme Communautaire construit à Vireux-Wallerand pour la bagatelle de 650.000 euros, ce qui correspond, si on retient une dépense moyenne par touriste de 81 euros (c’est le chiffre calculé par le Comité départemental du tourisme) à une recette globale pour le territoire de 1.053.000 euros. Vu sous cet angle, l’apport économique est indéniable, mais l’honnêteté la plus élémentaire commande de retirer à cette somme les subventions versées par l’intercommunalité à l’OTC, qui se sont élevées en 2008 à 671.655,76 euros (soit 491.720,39 euros au titre du budget principal, 76.414,75 euros pour celui de la commercialisation et 207.479,48 pour le parc Terr’Altitude, auxquels il faut retrancher le versement d’un loyer de 103.958,86 euros). Le tourisme ne rapporterait donc plus que 381.345 euros ! La phrase est au conditionnel, puisque il faut encore retrancher à cette somme le déficit généré par la merveille des merveilles, le centre aqualudique Rivéa, dont la perte initialement prévue à 500.000 euros dépasse en fait largement les 800.000 euros. Au total, le tourisme ne créé donc pas de valeur pour le territoire, il en détruit, surtout si l’on rajoute toutes les dépenses réalisées par les communes, notamment en terme de fleurissement !

Bien sûr, les thuriféraires du renouveau de la Pointe par cette activité qui fait rêver objecteront que ces calculs ne prennent pas en compte les emplois créés. A priori, ils auraient raison, sauf qu’avec les mêmes sommes, il aurait été possible de développer d’autres activités, et donc d’autres emplois, plus en phase avec les attentes de la population locale. Lesquelles ? La création de structures multi-accueil pour les enfants de 0 à 4 ans, par exemple, qui, après avoir fait l’objet d’une enquête en 2007 ayant conclu à la nécessité d’ouvrir 3 sites, avait abouti en septembre 2008 à la prise de compétence relative à l’accueil de la petite enfance par l’intercommunalité …avant d’être renvoyée aux calendes grecques au prétexte facile de la perte récente de nombreux emplois locaux du fait de la crise économique et de la fermeture du CEC. Quant à l’argument toujours tentant du déficit temporaire des équipements touristiques structurants mis en place récemment, il n’aurait aucune valeur puisque les subventions versées par la Communauté de communes à l’OTC, loin de diminuer, ont augmenté de 11,5 % entre 2007 et 2008. Il faut donc dire les choses telles qu’elles sont : la priorité accordée au tourisme pour sortir la Pointe du marasme économique qu’elle connaît est une erreur qu’il faut arrêter au plus vite. Apparemment, en reportant le projet d’aménagement du fort Condé en parcours interactif consacré aux légendes ardennaises, nos dirigeants communautaires semblent l’avoir compris, ce dont le MRC 08 se réjouit vivement. Il reste maintenant à confirmer ce retour au bon sens en donnant la priorité à des investissements plus adaptés aux besoins de la population locale et susceptibles de créer une activité économique rentable, comme le développement du port qui est une vraie chance aussi bien pour la Pointe que pour les Ardennes.

dimanche 21 juin 2009

Vouzinois : la désertification des services publics est une réalité mal vécue


Dans le sud des Ardennes, région rurale par excellence avec une densité de population dépassant à peine les 10 habitants par km2, on sait parfaitement ce que signifie la désertification des services publics : d’abord la fermeture des établissements scolaires (primaires comme dans le canton de Buzancy où il ne reste plus qu’un pôle scolaire pour 22 communes, mais aussi secondaires avec la suppression du collège de Machault qui n’aura été protégé que très peu de temps par son statut de collège multi-site) ; puis la remise en cause insidieuse de l’activité médicale avec la suppression en 2007 à l’hôpital de Vouziers des gardes de nuit et du bloc opératoire le week-end, ce qui revient à condamner de fait le pôle chirurgie étant donné que les petits hôpitaux fonctionnent surtout sur les « urgences » et non pas sur les grosses opérations prévues à l’avance qui s’effectuent dans des structures plus importantes ; ensuite la disparition des activités régaliennes comme la justice avec la suppression cette année dans la cité de Taine du Tribunal d’instance ; enfin la réduction comme une peau de chagrin depuis 2004 à la vitesse d’un colis express des bureaux de Poste qui laissent la place à des Relais Poste ou à des Agences Postales Communales supposées assurer le même service.

De toutes ces fermetures, auxquelles s’ajouteront peut-être très bientôt la sous préfecture et la filière L au lycée Mazaryk, ce sont celles qui concernent les établissements scolaires (pour les jeunes couples) et les Postes (pour toutes les tranches d’âge) qui touchent le plus la population, comme vous pouvez le lire ci-dessous dans le billet d’humeur que Louis Hasa, habitant de Condé les Autry, a fait parvenir au MRC 08 :

"Dans le canton de Monthois où se situe mon toit, il y avait autrefois deux bureaux de Poste. L’un se trouvait dans le chef lieu du canton et l’autre à Challerange afin que l’usine Nestlé bénéficie de toutes les commodités. Puis, il n’y en eu plus qu’un, celui du village de pots au lait ayant été transformé en Relais Poste et transféré à la boulangerie. Puis le survivant vit ses horaires d’ouverture réduits à 2 heures … par semaine, le samedi matin ! Pas tout à fait le néant, mais pas loin.
Néant-moins, expression qui s’impose dans ce cas bien particulier, nous restons épargnés de la distribution par les corbeaux puisqu’une "recette" a été maintenue, grâce au poids du député-maire-conseiller général-président de communauté de communes Jean Luc Warsmann, dans le chef-lieu de canton adjacent de Grandpré. Avec 3 heures d’ouverture presque tous les matins, c’est une merveille pour les "usagers" en passe de devenir de simples "clients" de ce qui fut autrefois l’administration des PTT.
Aujourd’hui, des menaces planent sur ce vestige du passé. Si elles se concrétisaient, ce serait terrible. Le sud des Ardennes deviendrait un désert postal, à moins que notre malheur ne remonte aux oreilles du bon facteur Besancenot qui pourrait y demander sa mutation et aurait ainsi l’occasion de démontrer qu’en plus de bien parler et de bien présenter dans le petit écran qu’on reçoit encore, il sait agir efficacement pour la défense des services publics en milieu rural. Rêvons, cela n’est pas interdit puisque ça a l’avantage de ne rien coûter à l’Etat."

samedi 20 juin 2009

Aubrives : quelques projets bienvenus, mais surtout une dérive autoritaire confirmée


1968, quelle année ! Pour moi, il est impossible de l’oublier étant donné que c’est celle de ma naissance. Pour beaucoup d’autres, c’est l’année qui a vu un grand élan de contestation paralyser la France pour demander plus de libertés, des conditions de travail plus humaines et une modernisation de la société. Pendant ces évènements, une jeunesse en quête de reconnaissance a pris les murs comme support pour faire connaître ses revendications et sa façon de pensée. Parmi les multiples slogans qu’on a pu y relever, un des plus connus est "la culture c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale". C’est certainement ce qui a poussé Gilbert Leclercq, maire de la commune d’Aubrives, lors de la dernière réunion du Conseil municipal qui s’est tenue le 17 juin, à faire appel à Montaigne pour refuser d’inscrire les observations que j’émettais sur le compte rendu de la précédente réunion du Conseil municipal relatif au budget de la commune. Plutôt que d’accepter de relater le contenu réel des débats, il a préféré se cacher courageusement derrière les qualités techniques du receveur municipal qui s’était contenté de présenter et d’expliquer le budget sans prendre part aux délibérations (un conseiller technique n’est pas un élu du peuple et n’a donc pas voix au chapitre pour la prise des décisions !) et il a fièrement récité la citation qu’il venait d’apprendre pour la circonstance : "l’obstination et l’ardeur d’opinion est la plus sûre preuve de bêtise". La veille de la commémoration de l’appel à la résistance du général De Gaulle, démonstration par excellence d’obstination et d’ardeur d’opinion, il fallait oser le faire. Il l’a fait ! Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon il y aurait eu une place en moins dans le cimetière.

Le 1er magistrat ayant d’emblée affiché son refus de prendre en compte les avis divergents, la séance s’est tenue dans une ambiance rappelant celle des républiques bananières. L’autocrate de service, puisqu’il faut bien appeler les choses (oups, je voulais dire les personnes) par leurs noms, a alors pu faire une démonstration de toutes les caractéristiques propres à ces sinistres personnages. Comme tout autocrate qui se respecte, il s’est donc efforcé de faire taire ses opposants en les moquant, en leur refusant la parole, en ne répondant pas à leurs questions, voire en se montrant blessant à leur égard ce qui a très vite entraîné le départ d’un d’entre eux afin de montrer qu’un tel comportement n’est pas acceptable dans la République française. En bon autocrate, il s’est aussi efforcé de contrôler les organisations qui échappent à son pouvoir : ainsi, lorsque l’Amicale des chasseurs d’Aubrives a demandé de pouvoir faire passer le nombre de ses fusils de 20 à 23, il s’est immiscé dans la gestion de cette association en exigeant que les 3 fusils supplémentaires soient affectés conformément à ses souhaits, ce qui a provoqué une légitime poussée d’adrénaline chez le représentant des chasseurs qui était présent ; dans le même ordre d’idée, il a soutenu la contestation par le très libéral et néanmoins mauvais perdant Fabien Prignon de mon élection en qualité de Président du Comité des Anciens d’Aubrives, n’hésitant pas à recourir aux frais de la collectivité aux services d’un avocat pour intervenir dans un litige d’ordre privé, ce qui est pour le moins une gestion douteuse des deniers publics.

Surtout, comme tout autocrate déjà bien installé dans cette dérive comportementale, il a pris les décisions nécessaires pour que son palais présidentiel (re-oups, je voulais dire la mairie, celle qu’en d’autres temps on appelait la maison du peuple) impressionne de l’extérieur ses visiteurs ainsi que ses sujets (décidément, avec l’âge, j’ai les doigts qui tremblent et qui n’arrivent plus sur les bonnes touches : je voulais écrire ses concitoyens) et soit doté des équipements les plus modernes : ainsi, il a obtenu que soient affectés 12.062,86 euros au ravalement de la façade du bâtiment, 7.388,89 euros à la réfection de la toiture et 19.354,05 euros au remplacement des menuiseries ; à cela s’ajoutent les achats d’un photocopieur couleur dont l’usage s’annonce très modéré pour la bagatelle de 9.000 euros, d’un vidéo projecteur avec écran qui servira encore moins pour 2.768 euros et d’un appareil photo numérique (vous savez, ces appareils modernes qu’on trouve dans le commerce à environ 150 euros) pour 733 euros. Au total, cela représente donc 51.306,80 euros qui s’ajoutent bien sûr aux 30.580,24 euros déjà dépensés en un an pour l’amélioration du cadre de "travail" de l’exécutif communal (17.162,60 euros pour la modernisation du réseau informatique, 3.709,99 euros pour la pose d’un enrobé devant la mairie, 1.439,70 euros pour la réfection d’un bureau au 1er étage, 4.062,81 euros pour le changement des luminaires des bureaux et 4.205,14 euros pour la modernisation de l’installation téléphonique). Une jolie petite somme dont les administrés n’auront que très peu l’usage ! Enfin, comme tout autocrate averti, il n’a pas pu s’empêcher de tomber dans la mégalomanie en faisant apposer de grands panneaux annonçant l’ouverture d’un lotissement de 17 parcelles alors que la discussion a révélé que le lotisseur n’en était qu’au stade du dépôt de permis de lotir auprès de la DDE et que ce permis serait découpé en 3 tranches (d’abord 6 parcelles, puis 8 et enfin 3).

Heureusement, tout n’a pas été noir. La séance a permis de reporter la décision d’acheter la petite parcelle en face du cimetière comprenant un calvaire après mes explications sur l’illégalité que constituerait l’entretien par la commune de ce calvaire (n’en déplaise à certains, la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est toujours en vigueur !). Elle a aussi abouti à l’adoption d’un règlement pour l’utilisation du Foyer pour tous qui constitue un compromis acceptable entre la mairie et les riverains et qui permettra la tenue de manifestations à Aubrives. Dans le même ordre d’idée, elle a également permis d’engager la procédure qui permettra la réouverture au public de la Maison des Associations après la réalisation des travaux de mise en conformité aux normes de sécurité. Surtout, il a été décidé pendant cette séance d’installer, enfin, une aire de jeux pour les enfants derrière l’accueil périscolaire : d’un coût de 26.506 euros (chiffre intéressant à comparer avec celui des travaux divers réalisés à la mairie !), elle devrait être opérationnelle à la rentrée scolaire avec, à ma demande, l’installation autour d’une enceinte grillagée pour assurer au maximum la sécurité des enfants. La séance a donc été agitée, mais pas totalement inutile pour les Aubrivois(es), ce qui est de loin l’essentiel. Cependant, elle incite à faire preuve de beaucoup de vigilance face à la dérive autocratique désormais confirmée du premier magistrat auquel il faudra remettre rapidement les pieds sur terre.
LB

lundi 15 juin 2009

Givet : nouvelle journée d’actions pour la sauvegarde de la Cité scolaire


Il y a un mois, jour pour jour, une manifestation avait rassemblé plus de 200 personnes à travers les rues de Givet pour mettre en garde contre les conséquences que risquait d’entraîner la fermeture à la rentrée 2009 d’une des deux options actuellement enseignées en 1ère STG au lycée Vauban. Ces craintes n’avaient pas tardé à être confirmées, puisque le 29 mai, le personnel du collège et du lycée apprenait que, dans un courrier daté du 07 mai, le recteur informait la proviseure de la Cité de la suppression avec effet dès la rentrée du poste de principale. Parlons clairement : cela signifie que le collège perdra sa "tête" au nom de l’application froidement comptable d’un ratio national d’encadrement, ce qui implique une réorganisation des rôles au sein de la Cité scolaire à l’issue de laquelle la proviseure adjointe prendrait la direction du collège et la proviseure celle du lycée. Quid des réunions journalières qui permettaient au personnel administratif de se rencontrer et de gérer comme une entité soudée les 2 établissements ? Finies, terminées, disparues, vouées au rang de souvenirs !

Cette situation convient au Rectorat, qui peut ainsi faire dans l’immédiat des économies de personnel, mais elle ne satisfait pas du tout le personnel de la Cité scolaire (enseignants et non enseignants), pas plus que les parents d’élèves et les syndicats qui y voient un signe de plus de la volonté de l’Education Nationale d’affaiblir la Cité Vauban : le suivi des élèves ne pourra que s’alléger, l’insécurité et les dégradations risquent de s’accentuer et les devoirs surveillés de type Bac dont bénéficiaient les élèves de 1ère et de Terminales disparaîtront dans la foulée de la fermeture de l’établissement le samedi matin, faute de personnel de direction suffisamment disponible. Au-delà du collège, c’est donc bien également le lycée qui est victime de la décision rectorale. De là à raviver les inquiétudes de démantèlement progressif de cet établissement au profit du lycée flambant neuf que le Conseil Régional s’apprête à construire à Revin pour la coquette somme de 38 millions d’euros (soit7,6 fois la somme déboursée par l’Etat dans le cadre du Contrat de Redynamisation de Site de Défense supposé protéger le canton de toute destruction d’emplois publics), il n’y avait qu’un pas qui a été très vite franchi.

Dans une ambiance d’union sacrée, les enseignants, les parents d’élèves ainsi que des élèves ont donc décidé de passer à l’action ce matin pour sensibiliser la population de Givet et des environs sur les nuages de plus en plus noirs qui s’amoncellent au dessus de la Cité scolaire en général et du lycée en particulier. Ils ont organisé un barrage filtrant sur le pont qui franchit la Meuse (cela fera peut-être réfléchir le Conseil général sur la nécessité d’en construire un deuxième) de 06h30 à 10h00 pour expliquer la situation aux automobilistes, généralement très compréhensifs, et pour leur faire signer une pétition de soutien. Puis une manifestation, à laquelle un seul maire du canton a participé, ce que regrette fortement le MRC 08, a parcouru le Petit Givet avec un arrêt symbolique devant l’école primaire Charles de Gaulle où le directeur a assuré les participants de sa compréhension et de son soutien. Le cortège s’est ensuite dirigé vers l’usine Sopal, pour montrer que les difficultés de la Pointe touchent aussi bien le secteur public que le secteur privé, avant de gagner le Grand Givet et de marquer une pause devant l’école Saint Hilaire. Il a enfin regagné la Cité scolaire où il s’est dispersé à 11h30.

L’après-midi, sous un chapiteau gracieusement fourni par la municipalité, l’action de sensibilisation a continué avec plusieurs mini-concerts donnés par des élèves ou d’anciens élèves de la Cité scolaire, avant une brève intervention de Claude Wallendorff, le sémillant apolitique de Droite maire de Givet et conseiller général du canton, qui a essayé de faire prendre des vessies pour des lanternes en affirmant que la création de 3 emplois aidés, par nature temporaires (2 médiateurs de réussite scolaire et un assistant d’éducation), était de nature à compenser la suppression du poste de la principale du collège. Il a également insisté sur son attachement à la création au collège d’une section sportive basket destinée à favoriser le lien avec le tissu associatif local. De bonnes choses en soi, mais totalement hors sujet, qui montrent que les élus n’ont pas pris la pleine mesure de la menace en cours et laissent craindre des lendemains douloureux pour le service public d’enseignement dans la Pointe….



lundi 8 juin 2009

Européennes: les principaux enseignements des résultats dans les Ardennes


Les résultats des élections européennes ont été connus très tard dans les Ardennes, bien après ceux de départements beaucoup plus peuplés comme le Nord, la Gironde ou encore la Loire Atlantique. Pourquoi ? Cela fait partie des mystères que ne sommes pas capables d'éclaircir. Par contre, nous pouvons maintenant procéder à leur analyse, travail très intéressant puisqu'il révèle quelques enseignements forts, parmi lesquels le plus important est le taux hallucinant d’abstention qui s’est élevé à 64,32 %, soit nettement plus que la moyenne nationale et surtout 4,36 points au dessus du chiffre déjà calamiteux de 2004. Ce record, largement partagé hors de nos frontières, traduit à n’en pas douter le triple échec économique, politique et identitaire de l’Europe libérale et technocratique, cette machine d’impuissance dans laquelle les peuples ne se reconnaissent visiblement plus.

Dans le détail, les résultats obtenus par les différentes listes en compétition montrent quelques tendances lourdes. L’UMP, avec 27,45 % des voix, égale le score national et arrive très largement en tête, ce qui confirme la droitisation du département qui s’est enclenchée depuis quelques années. Le MoDem n’a pas su profiter de la truculence et de la verve de Jean-François Kahn et obtient un score très proche de celui réalisé au niveau national par les listes centristes, tout comme Libertas qui ne bénéficiait pourtant pas d’une tête de liste à forte notoriété. Par contre, les listes extrémistes, de gauche avec les 7,54 % décrochés par le NPA et de droite avec les 8,45 % récoltés par le Front national, dépassent nettement les résultats obtenus à l’échelle de la France par ces formations, ce que l’on peut interpréter comme une manifestation de désespérance des électeurs ardennais qui cherchent des solutions radicales à leurs fortes difficultés.

Quant à la Gauche de gouvernement, elle a connu des fortunes diverses. Avec 19,52 % des suffrages, le Parti socialiste réalise un score que les occupants de la rue de Solférino auraient certainement souhaité obtenir au niveau national, mais qui marque un effondrement de plus de 12 points par rapport au score obtenu en 2004 par la liste menée par Moscovici. Rien de bien brillant donc, tout comme le résultat d’Europe écologie, qui, avec 10,78 %, est certes très présentable mais cependant très loin des 16,23 % obtenus pour l’ensemble de la France. Enfin, avec 4,74 % des voix, la candidate du Front de Gauche obtient un score que l’on peut lire de 2 façons : c’est nettement moins bien que les 6,3 % réalisé par cette formation au niveau national, mais c’est nettement mieux que les 3,72 % obtenus dans l’ensemble de la circonscription Grand Est. Au total, ces résultats confirment aux yeux du MRC 08 l’impérieuse nécessité de refonder la Gauche, toute la Gauche, sur des bases programmatiques claires et suffisamment attractives pour renouer avec les couches populaires qui sont actuellement en déshérence. C’est la seule solution pour espérer remporter l’élection fondamentale de 2012, ce qui nécessitera de faire passer les ambitions personnelles et les querelles d’ego au second plan.

samedi 6 juin 2009

Golf des Poursaudes : on veut la vérité !


Le feuilleton de la vente du golf des Poursaudes n’en finit plus ! Retour sur les épisodes précédents. En 1994, le Conseil général des Ardennes, alors sous la houlette du bon docteur Sourdille, avait racheté le golf des Poursaudes, situé à 15 kilomètres de Charleville-Mézières, pour en faire "une vitrine des Ardennes" susceptible d’attirer les favorisés de la fortune et par ricochet d’augmenter les investissements dans notre département. Les mouches ne s’attrapant pas avec du vinaigre, l’assemblée départementale avait mis en 2000 la main au porte monnaie des contribuables ardennais pour faire passer le golf à 18 trous. Hélas, malgré une progression constante de la fréquentation qui a atteint 2425 entrées en 2007, le site est resté fortement déficitaire, ce qui a amené en décembre 2007 le Conseil général à envisager l’idée de le vendre. Des mots aux actes, il aura fallu 4 mois, puisque la Commission permanente a rendu officielle sa volonté de vendre le domaine des Poursaudes (le golf et ses 68 hectares, la ferme fortifiée et les 38 hectares de pâtures adjacentes) le 11 avril 2008 pour la somme plutôt modeste de 1.370.000 euros.

Un appel d’offre a alors été lancé, au terme duquel 2 acquéreurs potentiels ont été retenus en juin 2008 : Hervé Taïeb, PdG de la Sociétés de loisirs européens, qui projetait la mise en place d’équipements sportifs annexes (VTT et centre équestre) et surtout la construction de plusieurs dizaines de villas ainsi que d’une maison de retraite non médicalisée de plusieurs dizaines de lits qui seraient réservés à de jeunes retraités amateurs de golf … et Franck Tarpin, Ardennais avéré (ce qui en temps normal ouvre toutes les portes dans le pays de Woinic) et par ailleurs importateur de maisons en bois finlandaises, qui envisageait de construire 40 cottages sur le parcours, un hôtel de 20 chambres et un mini parcours de 5 trous pour permettre des initiations au golf pour le plus grand nombre. Deux bons projets donc, avec toutefois une différence notable : le 1er ne voulait pas entendre parler de la construction à proximité d’un dépôt de feux d’artifice par la société EuroBengale avec laquelle le Conseil général avait pourtant signé une promesse de vente en bonne et due forme en janvier 2007, alors que le 2ème n’émettait aucune objection à cette construction susceptible de créer 15 emplois. Le bon sens aurait dû amener le Conseil général à donner la priorité au 2ème projet, mais il n’en fut rien puisque Benoît Huré, son Président, a fait savoir que son choix se portait sur le projet de Hervé Taïeb. Pourquoi ? Allez savoir ! Toujours est-il que cette décision n’a pas été du goût de Bernard Déom, le dirigeant d’EuroBengale qui a décidé de faire valoir ses droits en portant l’affaire devant les tribunaux.

Le 1er round judiciaire a eu lieu en février 2009 au profit du Conseil général puisque Bernard Déom a été débouté. L’affaire aurait pu en rester là, d’autant que Hervé Taïeb a alors retiré sa candidature (eh oui, même les sociétés spécialisées dans les loisirs pour les riches peuvent être touchées par la crise !), mais il n’en fut rien : le Conseil général préféra faire visiter en mars le site à un autre acquéreur potentiel, Lucien Pinel, concessionnaire automobiles et propriétaire d’une discothèque à Reims, bien connu dans les Ardennes pour avoir été le Président de l’Olympique de Charleville et un entrepreneur en bâtiment. Le sang de Franck Tarpin, mis à nouveau sur la touche sans raison officielle, n’a fait alors qu’un tour (nous espérons que vous suivez toujours les étapes de ce feuilleton qui n'aura bientôt plus rien à envier à Dallas) et il fit constater la visite par un huissier, ce qui laisse augurer d’une prochaine procédure judiciaire, laquelle s’ajoutera à celle en cours puisque Bernard Déom a décidé de faire appel du 1er jugement. Un véritable imbroglio donc, qui vient de connaître une nouvelle péripétie avec l’annonce cette semaine par le Conseil général, pour répondre à "l’exigence de l’intérêt général" d’un nouvel appel d’offre auquel Franck Tarpin pourra bien sûr participer. Ainsi, l’affaire du golf des Poursaudes se poursuit, plus compliquée que jamais, sans que l’on entrevoit un quelconque dénouement se profiler à court terme.

Elle concerne tous les Ardennais, y compris les membres du MRC 08 qui déplorent cette situation ubuesque qui aboutit, d’une part à empêcher le développement d’une petite société industrielle florissante qui gagne de l’argent et prévoit d’embaucher, et d’autre part à maintenir dans le giron de la collectivité départementale un équipement déficitaire dont on ferait bien de se débarrasser au plus vite. Nous demandons donc à Benoît Huré de cesser au plus tôt ses manigances et de faire preuve de plus de transparence dans ce dossier. Cela évitera que des rumeurs incontrôlables et peu agréables ne se développent.

jeudi 4 juin 2009

lundi 1 juin 2009

Visteon en faillite : une nouvelle menace pour l’industrie ardennaise ?


La nouvelle est tombée jeudi. L’un des plus grands équipementiers automobiles au monde, l’américain Visteon, spécialisé dans 4 lignes de produits (intérieurs, climatisation, électronique et éclairage), a déposé son bilan auprès d’un tribunal de l’Etat du Delaware (vous savez, celui où la firme Catalina, bien connue dans les Ardennes, était enregistrée !). En soi, cette nouvelle n’a rien d’étonnant puisque, depuis sa séparation en 2000 de sa maison mère Ford, l’entreprise a enchaîné 8 exercices déficitaires. Pis, lors du 4ème trimestre 2008, son chiffre d’affaire s’était effondré de plus de 42 % et la perte nette s’était élevée à 328 millions de $, soit 7 fois plus qu’au cours de la même période de l’année précédente. La direction avait alors indiqué qu’elle était dans l’impossibilité de garantir qu’elle pourrait honorer le remboursement de sa dette de 5,3 milliards de $ pour un total d’actifs de 4,58 milliards de $ et qu’elle envisageait, pour faire face à ses besoins en liquidités, un report des dépenses d’investissement et des mesures de restructuration.

L’effondrement du marché automobile mondial s’étant poursuivi depuis, Visteon a vu son chiffre d'affaires dégringoler de 53% à 1,30 milliard de $ au premier trimestre et sa trésorerie disponible fondre à seulement 200 millions de $. La situation n’était donc plus tenable et, à l’image de Delphi 4 ans plus tôt ainsi que d’une cinquantaine d’autres équipementiers automobiles depuis le début 2008, le groupe a choisi de se placer sous la protection du chapitre 11 du code des faillites en vigueur aux Etats-Unis. Concrètement, cela signifie que l’entreprise pourra continuer à fonctionner tout en se restructurant à l’abri de ses créanciers. Une vraie bouffée d’oxygène donc, qui, si elle est bien utilisée, devrait permettre à la société de repartir sur de bonnes bases. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une catastrophe pour cette multinationale de 31.000 salariés présente dans 27 pays, d’autant que le dépôt de bilan ne concerne que les activités américaines et en aucun cas les activités basées à l’étranger.

Cependant, même si les activités hors Etats-Unis sont épargnées par cette annonce, il ne faudrait surtout pas croire qu’elles n’en subiront pas le contrecoup. Sans être des experts en économie, nous savons au MRC 08 ce que l’expression "restructuration d’une entreprise" signifie : la fermeture des activités non rentables et la vente des actifs "non stratégiques" (en clair, les diversifications et ceux qui ont la malchance d’être situés dans un pays étranger). Dans ce domaine, le groupe a déjà une certaine expertise puisqu’il a supprimé 9.300 emplois (soit 23 % de ses effectifs de l’époque) et fermé ou cédé 30 usines entre 2005 et 2008. Il a d’ailleurs annoncé qu’il allait continuer dans cette voie en réduisant encore ses effectifs de 1.000 personnes cette année, afin d’économiser 90 millions de $. Après sa filiale anglaise placée en redressement judiciaire en mars, d’autres sites seront donc touchés, parmi lesquels figurent en France ceux de Gondecourt (Nord), de Flins et de Rennes qui perdront au total plus de 150 salariés.

Et l’usine de Charleville-Mézières, vous demandez-vous certainement ? A priori, ce fleuron de l’économie ardennaise, qui a été en 2007 l’entreprise industrielle la plus bénéficiaire du département, devrait être épargné, à moins que "pour maximiser la valeur de Visteon à long terme", le PDG Donald Stebbins ne décide de vendre les "bijoux de famille". Nul doute que le repreneur en profite alors pour réduire les effectifs. Le danger est donc bien là et nous espérons que les pouvoirs publics et les syndicats sauront faire preuve de la vigilance qui s’impose.