Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

lundi 30 novembre 2009

Cantonale : l'UMP "perd" le canton de Monthois


Suite au décès en septembre dernier de Patrice Groff, maire de Monthois, conseiller général du canton éponyme et 1er vice-président du Conseil général où il était tout particulièrement chargé de la politique sociale, une élection cantonale partielle a été organisée pour lui trouver un successeur. Au 1er tour, 6 candidats étaient en lice : l'UMP Vincent Fleury, conseiller municipal de Monthois que Patrice Groff avait lui-même invité à se porter candidat ; les divers droite Jacques Bouillon, maire de Liry, Eric Haouy, universitaire du chef-lieu qui s'était déjà présenté en 2004 dans le canton où il avait obtenu l'excellent score de 25 %, et Corinne Dauchy à la recherche d'un mandat électif après sa cuisante défaite subie en 2008 à Warcq ; le communiste Jean Duterte envoyé en terre de mission depuis le chef-lieu où il vient de déposer ses bagages après quelques années passées dans la vallée de la Meuse ; le sans étiquette Thierry Deglaire, maire du village de Saint Morel depuis 2001.

Tous les observateurs savaient qu'un 2ème tour serait nécessaire, étant donné la faiblesse habituelle de la participation lors des élections partielles qui rend pratiquement impossible l'obtention par un candidat de 25 % des suffrages des inscrits. Tous pensaient qu'il opposerait le dauphin désigné, Vincent Fleury, à l'expérimenté Eric Haouy. Sur le 1er point, ils ont eu raison, encore qu'avec près de 45 % de participation, les électeurs du canton de Monthois ont démontré un sens civique hors du commun. Sur le 2ème point, ils ont eu partiellement tort puisque Vincent Fleury, arrivé en tête avec 32 % des voix, s'est retrouvé face au sans étiquette Thierry Deglaire qui a profité de son ancrage local pour obtenir 27 % des suffrages, loin devant les 14 % recueillis par Eric Haouy arrivé seulement en 4ème position.

Le 2ème tour surprise, qui s'est déroulé hier, s'annonçait donc plus indécis que prévu, d'autant que le divers droite arrivé en 3ème position s'était désisté en faveur du challenger et que les autres prétendants n'avaient donné aucune consigne de vote. Il a été remporté avec 52 % des voix par Thierry Deglaire qui a ainsi déjoué tous les pronostics initiaux. Que faut-il retenir de cette élection ? Pour le MRC 08, 3 choses ! D'abord que dans un canton rural comme celui de Monthois, les parachutages aboutissent à de très mauvais scores, comme le montrent les 3 dernières places obtenus par les candidats non issus du cru. Ensuite que pour ce genre d'élection, une campagne de terrain relayant les attentes concrètes des électeurs ("barrage" de Savigny-sur-Aisne et pôle scolaire de Challerange) est plus efficace qu'une campagne axée sur des thèmes nationaux. Enfin qu'il s'agit d'un non-évènement politique puisque, sur les 37 élus du Conseil général, la majorité départementale, avec 15 élus UMP auxquels il faut ajouter 9 divers droite et 1 Modem, conserve une assise très confortable ... d'autant qu'il serait surprenant de voir le nouvel élu, agriculteur de profession, joindre sa voix à celles des conseillers de gauche.

dimanche 29 novembre 2009

Aubrives : l'exécutif municipal perd les pédales !


Lundi dernier, un événement rare a eu lieu à Aubrives : une réunion du Conseil municipal ! Pensez-donc, cela faisait 101 jours qu'il n'y en avait pas eu, ce qui en dit long sur les conceptions démocratiques de celui qui a le pouvoir de convoquer une telle réunion, à savoir le maire, Gilbert Leclercq, qui préfère visiblement les décisions d'alcôve et les jeux de coulisse au débat public. Heureusement, la loi ayant anticipé ce genre de dérive, elle a fixé des garde-fous (expression à prendre uniquement dans son acceptation première, bien sûr) en imposant au minimum une réunion par trimestre. Les Aubrivois(es) intéressé(e)s par la gestion des affaires communales ont donc pu, enfin, savoir l'usage qui a été fait de leurs deniers et prendre connaissance des projets envisagés pour le futur. Et visiblement, l'attente était forte puisque la réunion a été suivie avec un grand intérêt par 16 personnes, un chiffre tout à fait inhabituel, y compris pour des communes beaucoup plus peuplées.

Que faut-il retenir de cette séance du Conseil municipal ? Tout d'abord, qu'elle a commencé par un embrouillamini digne des plus belles républiques bananières, pour ne pas dire des régions reculées de l'intérieur sicilien ou albanais, puisque 2 élus présents, à savoir Gianmarco Burniat et Maria-José Laurier, ont présenté chacun un pouvoir leur donnant le droit d'agir au nom ... du même conseiller municipal absent, Julien Godart. 2 pouvoirs pour représenter le même élu, il n'y a pas besoin d'avoir fréquenté Sciences Po pour comprendre que ça en fait un de trop. Chacun étant convaincu de son bon droit, le ton est monté très vite, une vérification des signatures a eu lieu et il a été jugé préférable d'annuler les 2 pouvoirs. Sage décision à mon humble avis, mais qui en dit long, très long, extrêmement long sur la fébrilité de l'exécutif municipal qui commence à sentir le sol se dérober sous ses pieds !

Le ton étant donné, les premiers sujets inscrits à l'ordre du jour ont été débattus dans une ambiance électrique, avec notamment une attaque en règle par Modeste Miscoria de l'adjoint en charge des travaux, Gianmarco Burniat, auquel il a reproché à juste titre de proposer de réaliser un aménagement sans s'être au préalable rendu sur le terrain et avoir procédé à l'établissement d'un devis estimatif. Il a ensuite été question du non-renouvellement au 30 juin 2010 du bail du logement communal occupé depuis 1987 par les époux Cecchi, au prétexte officiel que leur situation aurait changé (plus d'enfants à charge, ai-je entendu, ce qui est vrai mais loin d'être nouveau) et au prétexte officieux - tout le monde l'aura compris - de ne plus avoir dans la mairie de locataires susceptibles de voir ou d'entendre des choses que certains préfèrent garder confidentielles. D'après certains, il s'agirait même d'un règlement de compte post-électoral par parents interposés. Sans me prononcer sur ces allégations, ce projet m'est apparu inacceptable, étant donné l'âge de Monsieur Cecchi (70 ans en avril prochain) et l'état de santé de son épouse (invalidité reconnue aux 2/3). J'ai donc détaillé avec force à l'ensemble du Conseil municipal, documents à l'appui, les protections offertes par la loi du 06 juillet 1989 aux locataires ayant atteint l'âge de 70 ans et ne dépassant pas un certain niveau de revenu. Apparemment, ce rappel à la loi a été convaincant puisque le projet a été retiré, ce qui n'a pas empêché, hélas, notre brave maire d'importuner 4 jours plus tard René Cecchi en ironisant sur son incapacité supposée à monter les marches menant à son appartement !

La suite de la séance a été beaucoup plus calme, sauf pour 2 sujets qui ont fait l'objet de débats animés. Le 1er a été la répartition pour 2009 du Fonds Départemental de Péréquation de la Taxe Professionnelle, qui prévoit d'attribuer à notre commune 299.620 euros contre 328.847 en 2008. Une baisse conséquente donc, qui n'est pas sans influence sur les finances municipales, mais que le Conseil général justifie par la diminution du nombre de salariés d'EDF Chooz domiciliés à Aubrives, par la baisse de la population de la commune et par l'augmentation de notre potentiel fiscal par habitant. Il faut reconnaître que cette argumentation est cohérente, mais elle n'a pas convaincu Gilbert Leclercq qui souhaite que les 5 salariés d'EDF travaillant à Chooz A soient pris en compte dans les calculs du Conseil général. Un débat s'est donc engagé, au cours duquel j'ai fait valoir que la centrale de Chooz A ne participe pas au financement du FDPTP puisqu'elle est en cours de démantèlement, que les agents d'EDF y travaillant n'avaient pas été pris en compte en 2008 sans que cela ne provoque la moindre réaction de notre part (cela s'appelle un précédent !) et surtout qu'un refus de la répartition proposée entraînerait le blocage des sommes issues du FDPTP pour les 9 autres communes concernées, ce qui me parait très maladroit. Il m'a été rétorqué que c'était une façon de montrer que l'on existe et que la commune, dont je rappelle que l'exécutif municipal ne cesse de clamer qu'elle est surendettée, n'avait pas besoin de cette somme dans l'immédiat ! La décision a donc été prise de refuser le montant proposé. Par souci de responsabilité, j'ai néanmoins voté contre ce refus, que je juge dangereux et aléatoire en terme de résultat, tout en espérant sincèrement que les faits me donneront tort.

Le 2ème sujet animé a été le versement par la mairie au Centre Communal d'Actions Sociales d'une participation financière de 4 euros par enfant et par jour pour les familles ne bénéficiant pas de bons CAF mais envoyant leur progéniture à l'ALSH , ainsi que d'une somme de 6.940 euros pour le camp de vacances organisé à destination des enfants ayant participé au chantier jeunes de cet été. Sur le 1er point, j'ai fait valoir que je ne comprenais pas qu'un CCAS puisse aider financièrement des familles dépassant les seuils fixés par les organismes sociaux nationaux : je suis pour une politique sociale, à condition qu'elle profite à ceux qui en ont réellement besoin ! Sur le 2ème point, j'ai fait remarquer que 6.940 euros pour 14 participants auraient permis d'aller bien au-delà de la côte Atlantique et que le nombre d'accompagnateurs, 3 auxquels il faut ajouter 2 autres personnes du Centre social Le Lien passant tout à fait par hasard (!!!) leurs vacances à proximité immédiate du camping où se trouvaient les jeunes Aubrivois, me paraissait aberrant. Il a été convenu d'améliorer l'ensemble du dispositif l'an prochain, ce qui est une très bonne chose, tout comme la décision d'améliorer la sécurité de la route des Rouges Terres en y installant un éclairage public, celle de refaire le lettrage du monument aux morts ou encore celle d'étendre le service d'accueil périscolaire au mercredi.

Au total, cette séance du Conseil municipal, sans avoir été totalement négative, aura démontré que l'exécutif municipal a un besoin urgent de clarifier certaines de ses positions, notamment dans le domaine social, qu'il doit revoir sa philosophie afin de chercher à améliorer la vie de la population et qu'il devra s'habituer à s'appuyer sur une majorité municipale de plus en plus ténue.
LB

vendredi 27 novembre 2009

Victor Hugo ou le génie oublié des Ardennais


Quand on cherche un écrivain qui a eu des liens avec les Ardennes, la référence absolue qui vient immédiatement à l'esprit est Arthur Rimbaud, ce qui est normal puisque ce poète au talent immense, dont on oublie parfois un peu vite qu'il fut aussi trafiquant d'armes en Afrique, est natif du chef-lieu et y a passé toute sa jeunesse. Certains y ajoutent Paul Verlaine, dont la maîtrise parfaite des rimes ne l'empêcha pas de perdre celle de ses nerfs, au point de frapper sa pauvre mère et d'être condamné pour ce délit à purger une peine de prison d'un mois à Vouziers ... voire George Sand dont la nouvelle intitulée "Malgré tout" lui vaut d'avoir un collège portant son nom à Revin. mais rares sont ceux qui citent Victor Hugo!

Normal, direz-vous, quand on pense aux propos peu amènes qu'il a écrit sur Rethel ("les rues sont des rues de gros bourg plutôt que des rues de ville. L'église est d'un médiocre profil"), Mézières ("je cherchais des yeux quelques anciennes tours à demi ruinées du château saxon de Hellebarde, je n'y ai trouvé que les zigzags froids et durs d'une citadelle de Vauban") et Sedan ("aucun monument, aucun édifice architectural dans Sedan") dans ses carnets de voyages. Mais quelle injustice lorsqu'on se remémore la description élogieuse qu'il fit de Givet ("c'est une jolie ville que Givet, propre, gracieuse, hospitalière, située sur les 2 rives de la Meuse") et de son clocher ("il est d'une architecture plus compliquée et plus savante. Voici évidemment comment l'inventeur l'a composé. Le brave architecte a pris un bonnet carré de prêtre ou d'avocat. Sur ce bonnet carré il a échafaudé un saladier renversé; sur le fond de ce saladier devenu plate-forme, il a posé un sucrier; sur le sucrier, une bouteille; sur la bouteille, un soleil emmanché dans le goulot par le rayon inférieur vertical; et enfin, sur le soleil, un coq embranché dans le rayon vertical supérieur").

Pour des républicains convaincus comme nous le sommes au MRC 08, cet oubli est d'autant plus dommageable que ce monstre sacré de notre littérature est un de nos pères spirituels, au même titre que Ferry ou Jaurès. Plus, peut-être, parce qu'il les a devancés et parce que certains de ses écrits engagés sont d'une actualité déconcertante, comme cet extrait de Napoléon le petit qui semble avoir été rédigé sur mesure pour décrire un personnage que vous connaissez tous et qui a profité de la crétinisation de la vie politique française pour accéder à la plus haute fonction de notre pays :

"Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France,
de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que Le Président se démène :
Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ;
il cherche à donner le change sur sa nullité ;
c’est le mouvement perpétuel ;
mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.
L’homme qui, après sa prise du pouvoira épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petitet qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme,
il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France,
il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde,
d’un homme médiocre échappé".

mercredi 25 novembre 2009

Givet : MIG disparait à son tour !


Pour les passionnés d'armement, MIG est une famille d'avions de combat, soviétiques d'abord, russes ensuite, dont les premiers appareils ont été fabriqués à partir de 1948 et qui a donné des sueurs froides à l'aviation américaine, avant qu'elle ne se fasse progressivement rattraper puis dépasser. Pour les habitants de Givet, la référence est tout autre : il s'agit d'une petite unité industrielle, spécialisée dans la fabrication de barres de bronze pour la construction mécanique, qui a été créée dans les années 1950 par Monsieur Michault sous le nom de Wisco. Après avoir connu une période de prospérité qui avait permis à ses effectifs de dépasser les 70 salariés et qui l'avait conduit à s'installer dans les années 1960 dans les anciens locaux de Palan Wauthier, situés près de la gare, afin d'y implanter une coulée continue verticale, cette PME a été confrontée à de graves difficultés qui se sont soldées en 1974 par le licenciement de 27 personnes.

Rachetée en 1992 par le groupe Beval, implanté à Chauny dans l'Aisne, et rebaptisé Métal Industriel de Givet, l'entreprise a ensuite réussi à s'adapter à la forte concurrence caractérisant son secteur d'activité. Malheureusement, la faiblesse des investissements réalisés par le nouveau propriétaire l'a conduit au début de l'année 2008, malgré 3 semaines de grève, à procéder au licenciement de 8 des 25 salariés qu'elle comptait encore, ainsi qu'à la fermeture de son service le plus stratégique, la fonderie de bronze. A partir de cette date, malgré les belles envolées lyriques du directeur du site qui n'hésitait pas à jurer sur tous les dieux de la Terre que la pérennité de l'entreprise serait assurée grâce à sa réorientation vers le stockage et le négoce, l'avenir de la MIG paraissait des plus compromis.

C'est donc sans surprise que le MRC 08 a appris le 03 mars dernier le dépôt de bilan de l'entreprise, assorti de la demande expresse par son directeur d'une mise en liquidation immédiate. Cependant, sous la pression des salariés, c'est une mise en redressement judiciaire pour 6 mois qui fut décidée. Entre temps, un projet de SCOP (vous savez, ces coopératives ouvrières de production dont on parle de plus en plus) ayant vu le jour, un délai supplémentaire de 3 mois a été accordée à la MIG. Hélas, le projet ne s'étant pas concrétisé et aucun repreneur sérieux ne s'étant manifesté, le tribunal de commerce de Sedan a prononcé jeudi dernier la mise en liquidation judiciaire de l'entreprise. C'en est donc fini, non seulement d'un élément du patrimoine industriel de Givet, lequel ne cesse de se réduire comme une peau de chagrin, mais aussi d'un symbole de notre histoire puisque, rappelons-le, Wisco fut en mai 1968 la 1ère entreprise française à se mettre en grève. Qu'en est-il donc de la relance économique de l'extrémité nord de la Pointe des Ardennes prévue par le contrat de redynamisation de site de défense dont on parle tant ? On peut légitimement se poser la question, en espérant que la réponse ne se trouve pas dans la construction d'aménagements routiers, aussi utiles puissent-ils être...

vendredi 6 novembre 2009

Service public postal : une petite signature pour une grande cause



Malgré le succès populaire incontestable de la votation citoyenne du 3 octobre, le gouvernement ne semble pas décidé à faire marche arrière sur son projet de modification du statut de la Poste. Il nous faut donc répéter le message , encore et encore. C'est pourquoi le MRC 08 vous propose de signer massivement et de faire signer autour de vous la « carte postale électronique » demandant au Président de la République la tenue d’un référendum sur l’avenir de La Poste, en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://www.referendumpourlaposte.rezisti.org/index.php


mercredi 4 novembre 2009

La phrase du jour !


"Je n'avais pas imaginé autant de violence chez les uns et autant de terreur chez les autres, je ne pensais pas que c'était à ce niveau", tels sont les mots prononcés par Didier Herbillon, maire de Sedan, après s'être fait prendre à partie par 3 jeunes éméchés au pied de la tour Rubis. Si cet endroit était un lieu quelconque de la cité de Turenne, le MRC 08 pourrait comprendre son étonnement, mais comme il s'agit notoirement du bâtiment d'habitat collectif de la ville, voire du département, où les problèmes d'incivilité (doux euphémisme à la mode pour désigner ce que l'on appelait il y a encore peu la délinquance de proximité) sont les plus nombreux et les plus graves, c'est une réaction qui nous surprend. Faut-il en déduire que le fait de se retrouver seul face à plusieurs énergumènes à la mine patibulaire, de se faire agresser verbalement et de devoir se réfugier dans sa voiture pour échapper à un jet de bouteille serait plus efficace pour faire prendre conscience à un élu du calvaire vécu au quotidien par certains de ses administrés que les courriers polis fréquemment envoyés à ses services ou la lecture dans la presse des courageuses initiatives menées par une association de riverains souhaitant faire disparaître une zone de non droit ? Nous espérons sincèrement que non, mais sans trop y croire, hélas!

Communiqué du MRC et du Parti Socialiste


Les délégations du Parti Socialiste et du Mouvement Républicain et Citoyen, conduites respectivement par Martine Aubry et Jean-Pierre Chevènement, se sont rencontrées le 4 novembre 2009 au siège du Parti Socialiste.

Nos deux partis partagent des analyses communes sur la situation que connaît aujourd’hui notre pays. La France est profondément affectée par la crise de la globalisation financière et par la récession économique. Le chômage et les inégalités vont croissant. Pendant ce temps, les banquiers ont repris leur course folle aux bonus et autres avantages extravagants. Les facteurs de la crise demeurent.

L’Union européenne, qui aurait pu profiter de la coordination opérée entre les principaux gouvernements au plus fort de la crise pour se réformer et instaurer un véritable gouvernement économique, n’a pas apporté de réponse à la mesure de la situation. Au contraire, la Commission européenne n’a de cesse que d’appeler au rétablissement des règles de concurrence et d’orthodoxie budgétaire comme si l’orage passé, tout pouvait recommencer comme avant. Entre la concurrence déloyale des pays à très bas coût salarial et celle du dollar, la France et l’Europe sont prises en tenaille.

Le gouvernement Sarkozy-Fillon, au-delà des mesures d’urgence, se révèle incapable d’inscrire son action dans une stratégie du long terme visant à mettre sur pied un nouveau modèle de développement et une société plus juste. Il continue sa sape méthodique du modèle français de l’action publique et collective. La prochaine étape est la reprise en main politique et la rigueur financière administrée aux institutions locales.

Dans les faits, les collectivités locales, majoritairement gérées par la gauche, sont aujourd’hui un vecteur essentiel d’une puissance publique qui répare, protège et prépare l’avenir. Les régions gérées par la gauche sont bien souvent les derniers outils efficaces d’aménagement du territoire, de soutien au développement économique à l’emploi ou à la formation. C’est donc un devoir pour les forces de gauche de s’unir au-delà de leurs différences, pour continuer le travail mené dans les régions qu’elles dirigent.

Un certain nombre de formations à gauche sont tentées par l’isolationnisme dans l’espoir de gagner quelques sièges de plus. Le PS et le MRC appellent les uns et les autres à dépasser cette recherche illusoire. Les enjeux sont au-delà. La gauche n’arrivera à mobiliser les électeurs que sur une démarche claire d’alternative à la politique libérale du gouvernement. Cela se prépare dès aujourd’hui.

A cet égard, le MRC et le PS affirment avec force la nécessité d’une politique favorisant une croissance durable. Il ne pourra y avoir de préparation de l’avenir, de réduction des inégalités ni même de développement durable sans création de richesse. Sur ces bases, dans le respect de leurs différences, le PS et le MRC ont décidé :
1- La réunion d’un groupe de travail sur la préparation du projet de la gauche
2- La réunion d’un groupe de travail sur l’organisation des primaires
3- La construction de listes communes dès le premier tour des élections régionales de 2010

Ces listes devront permettre l’expression et la représentation de nos deux formations dans l’ensemble des régions. Elles ont vocation à être, avec les forces de gauche et républicaines qui voudront s’y associer, le socle d’une union de toute la gauche capable de réunir les acteurs de la société qui veulent inscrire leur action dans la préparation des échéances nationales prochaines.

Le PS et le MRC invitent donc leurs instances régionales, en lien avec les présidents de régions, à se rencontrer rapidement afin d’aboutir à la constitution de telles listes d’union au premier et au deuxième tour.

mardi 3 novembre 2009

Régionales : les grandes manoeuvres ont commencé !


En France, pays démocratique où les compétences politiques sont de plus en plus éparpillées à l'intérieur d'un mille-feuille territorial de moins en moins compréhensible pour le commun des citoyens, les élections ne manquent pas. Toutes n'ont évidemment pas la même importance et c'est logiquement l'élection présidentielle, évènement capital depuis la dernière réforme institutionnelle, qui est la plus suivie par la population. Viennent ensuite les élections législatives, vitales pour les finances des partis politiques, et les élections municipales qui permettent de désigner les élus les plus proches des électeurs et de leurs préoccupations quotidiennes. Quant aux autres, elles sont considérées, à plus ou moins juste titre, comme des consultations secondaires méritant moins d'attention, ce qui ne manque pas de se traduire dans le taux d'abstention.

Les prochaines élections, qui se dérouleront en mars 2010, ne devraient donc pas déchaîner les passions puisqu'il s'agit des élections régionales. Pourtant, elles ne seront pas sans intérêt, loin de là, puisqu'elles constitueront un test de mi-mandat pour Nicolas Sarkozy et surtout la dernière occasion pour tous les électeurs français de s'exprimer avant les élections présidentielles de 2012. C'est pourquoi, même si leur résultat est déjà connu (une victoire de l'UMP qui ne peut que récupérer quelques régions après la déroute de 2004 qui avait fait passer à gauche 21 des 22 régions métropolitaines), elles sont préparées avec le plus grand sérieux par les partis politiques ... notamment en Champagne-Ardenne où l'ex-socialiste Bachy, qui l'avait emporté avec 2 petits % d'avance en 2004 à la faveur d'une triangulaire à l'issue de laquelle le FN avait recueilli 18 % des voix, aura fort à faire pour défendre son siège face à une droite qui se voit déjà victorieuse.

Le péril étant dans la demeure, chacun à gauche réfléchit à la meilleure stratégie à adopter pour limiter les dégâts, voire en cas d'un hypothétique tsunami rose comme il y a 5 ans, pour obtenir le plus grand nombre d'élus. C'est ainsi que le Parti Socialiste, dont le chef de file sera le Marnais Jacques Meyer, a décidé de se ranger derrière le président sortant, qu'il a pourtant exclu de ses rangs en 2007, et s'efforce d'obtenir le rassemblement le plus large possible à gauche. Ce sera toutefois sans les Verts, grisés par leur résultat en trompe-l'oeil des élections européennes, qui présenteront une liste indépendante au 1er tour. Ce sera également sans le Parti de Gauche et le NPA, qui ont décidé lors d'une rencontre régionale vendredi dernier, d'initier une démarche unique pour le moment en France en allant ensemble à la bataille et en envisageant une alliance au 2ème tour avec le reste de la gauche. Quant au Parti Communiste, que le MRC 08 connaît bien pour entretenir avec lui des relations très cordiales, il est tiraillé entre la volonté nationale de constituer des listes indépendantes du PS au 1er tour et le souci légitime d'essayer de "sauver" ses 6 élus sortants en obtenant un accord régional dès le 1er tour. De sa décision, qui sera prise le 14 novembre à l'issue d'une convention régionale, dépendra la poursuite de l'aventure du Front de Gauche en Champagne-Ardenne ainsi que la position du curseur dans le programme qui sera proposé aux électeurs populaires. Elle est donc loin d'être anodine! Espérons qu'elle soit à la hauteur des enjeux...