Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mardi 30 mars 2010

Le MRC se retire de la commission sur les primaires à gauche


"Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen, a annoncé mardi que son parti se retirait de la commission sur les primaires de la gauche pour 2012, du fait de "maltraitances" dont le MRC a fait l'objet aux régionales et de "différences de fond". Le Conseil national (CN) du MRC, réuni dimanche, a décidé de mettre le parti "en retrait de la commission pour préparer les primaires", a déclaré à l'AFP M. Chevènement. "Les maltraitances dont nous avons fait l'objet aux régionales" et "des différences de fond" font que "nous ne pouvons pas nous engager dans un processus qui nous étoufferait", a-t-il ajouté.

Dans une lettre à Martine Aubry, le sénateur de Belfort déplore que l'accord conclu le 10 février dans 14 régions avec la patronne du PS, "n'a pas été respecté dans la moitié des régions". "Quinze de nos candidats ont été retirés. Nous avons été privés de neuf élus" alors que l'accord "spécifiait que les 26 candidats du MRC figureraient 'en position éligible et inamovible pour les premier et second tours'", poursuit-il, estimant que "ce non-respect de la parole donnée ne crée pas les conditions d'une confiance élémentaire entre partenaires d'un même combat". Au total, 19 conseillers régionaux MRC (contre 15 en 2004) ont été élus en mars, dont 17 grâce à des accords avec le PS, selon M. Chevènement.

De plus, le MRC a "le sentiment que le Parti socialiste n'a pas tiré les enseignements de ses échecs passés : aucune remise en cause d'une construction européenne irréaliste, antisociale et 'caporalisante'", "rien sur la politique de change asphyxiante de la BCE" (Banque centrale européenne, ndlr). "Il est certes nécessaire de s'en prendre à la politique fiscale de la majorité actuelle en France mais c'est une vue totalement insuffisante des choses", écrit-il.

Dans ce contexte, le CN du MRC a décidé de soumettre à son Congrès des 26 et 27 juin à Paris, un "programme de salut public" sur "la base d'un projet clair, à la hauteur des défis". En février dernier, Martine Aubry qualifiait de "première pierre de la maison commune" en vue de 2012, l'accord national PS-PRG-MRC pour les régionales de mars".

(Dépêche AFP, mardi 30 mars 2010, 13h51)

jeudi 25 mars 2010

Gauche 2012 : adresse aux responsables des partis et des mouvements de gauche et écologistes


"Devant les dégâts de la politique actuelle de la droite, les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter un changement radical de politique. Pour être au rendez-vous de leurs attentes, la gauche et les écologistes ne doivent pas se contenter de préparer l’alternance, mais proposer une véritable alternative, que la crise, avec ses graves conséquences sociales, rend plus indispensable. A deux ans de l’élection présidentielle et des élections législatives qui suivront, le temps presse. Des personnalités, venant d’horizons variés, ont proposé ici des accords législatifs, là une plateforme commune avant la prochaine élection présidentielle. Au-delà de ces suggestions, de nombreuses voix s’élèvent pour proposer que les partis de gauche et écologistes, dépassant les vœux, passent aux actes et définissent ensemble les moyens d’aboutir au nécessaire rassemblement pour l’alternative, sans laquelle la victoire est peu probable.

Nous partageons cette opinion et nous considérons que cette dynamique unitaire doit partir de l’établissement d’un manifeste, d’orientations partagées, d’une base commune en vue d’une nouvelle majorité législative et gouvernementale. Nous pensons indispensable d’associer étroitement à cette démarche, celles et ceux qui, engagés dans les syndicats, les associations, la vie citoyenne, constituent les forces vives de la gauche et de l’écologie. Nous refusons d’être prisonniers des institutions actuelles de la 5ème République qui tendent à réduire la démocratie à des choix de personnes. La gauche et les écologistes doivent et peuvent privilégier des choix de société et des changements engagés par l’action collective. Nos concitoyens savent que celle-ci est plus efficace, d’autant plus qu’ils constatent les dangers et les limites de l’hyper-présidentialisation.

Cette volonté unitaire ne pourra se manifester que si une confrontation large et constructive est organisée, au cours d’Etats généraux, où seront débattues et élaborées les grandes orientations d’une politique de gauche et écologique pour la France. Conscients de l’urgence, nous demandons aux responsables des partis et des mouvements de gauche et écologistes d’engager, au plus tôt, les contacts nécessaires pour lancer un "Comité de préparation des Etats généraux", qui en précisera la forme, l’organisation et les finalités".

vendredi 19 mars 2010

Aubrives : on a parlé gros sous au conseil municipal


Vendredi dernier, le Conseil municipal d’Aubrives a tenu sa séance la plus importante de l’année, celle consacrée aux questions financières. Deux thèmes ont donc été abordés : les comptes administratifs de l’année 2009 et les budgets primitifs pour l’année 2010. Si les documents relatifs au service de l’assainissement et à celui de la location des immeubles n’ont posé aucun problème et ont été adoptés à l’unanimité, il n’en a pas été de même pour ceux portant sur le budget de la commune ! En l’absence du receveur municipal qui devait participer à la réunion pour répondre aux éventuelles demandes d’explications des conseillers municipaux, le compte administratif a été lu – laborieusement – par Gilbert Leclercq, notre bon maire, qui a ensuite demandé aux 10 élus présents s’il avaient des questions à poser en espérant très certainement que ce ne soit pas le cas. Malheureusement pour lui, en bon représentant de la population conscient de la tâche qui m’incombe, j’avais relevé un certain nombre de lignes qui méritaient des éclaircissements. J’ai donc demandé à connaître les raisons de l’envolée de plus de 40 % des dépenses d’eau de la commune (ligne 60611 qui a connu une augmentation difficilement acceptable de 194 % en 2 ans !), de la faiblesse des achats de fournitures de voirie (ligne 60633, correspondant à l’approvisionnement en sel de déneigement, qui n’a été consommée qu’à 46 % … alors que les rues de la commune n’ont pas été dégagées à plusieurs reprises cet hiver par manque de sel !), de la quasi inexistence de versements à des organismes de formation (ligne 6184 qui n’a été dépensée qu’à hauteur de 5 %), de l’engagement de 3.885,40 euros de frais de nettoyage des locaux alors que le personnel municipal compte plusieurs femmes de ménage en contrat permanent ou temporaire et de l’ouverture d’une ligne pour locations immobilières. Concernant la section d’investissement, j’ai demandé pourquoi 47.125 euros de matériel de bureau et d’informatique (ligne 2183) avaient été achetés alors que la somme budgétée à cet effet était de 25.668 euros.

Comme je m’y attendais, je me suis d’abord heurté à un refus de répondre, au prétexte que les chapitres du budget avaient été globalement respectés et que le vote du compte administratif n’est pas destiné à juger la gestion municipale. J’ai donc été contraint de rappeler que le compte administratif permet d’apprécier l’écart entre les propositions de dépenses et de recettes adoptées lors du vote du budget primitif et la réalité de leur exécution. J’ai précisé, quitte à choquer ceux qui confondent le mandat de représentant de la population avec la fonction de potentat local, qu’à ce titre il constitue le compte rendu de la gestion du maire pour l’année écoulée et que son analyse est par conséquent un acte majeur de la vie communale que je n’accepterais en aucun cas de voir transformer en une simple formalité. J’ai alors pu obtenir les réponses suivantes : "on a consommé plus d’eau et c’est tout" (voilà de quoi donner de la consistance aux rumeurs déplaisantes qui ont parcouru le village au cours de l’été dernier), "on ne peut pas prévoir la météo" (comme si ça empêchait de constituer des stocks !), "le personnel n’est pas volontaire pour faire des formations " (espérons que cela ne nuise pas à la qualité du service rendu aux administrés), "nous avons dû faire face à des absences pour maladie" (toutes les femmes de ménages auraient donc été malades en même temps !) et "il y avait urgence à acheter du matériel informatique parce qu’on était presque à l’époque du boulier" (jolie démonstration de la difficulté de notre 1er magistrat à se passer des conditions de travail optimales qu’il a connues à la centrale nucléaire de Chooz).

Mes questions étant restées sans véritable réponse, j’ai évidemment voté contre ce compte administratif, imité en cela par Marie-Jo Laurier. Notre bon maire en a pris acte, avec plus de calme que l’an dernier, puis il a procédé avec l’aisance intellectuelle qui le caractérise à la présentation du budget primitif pour l’année 2010 qui s’est révélé être très proche de celui de 2009. Elle n’a donc suscité que 3 questions, de ma part bien sûr, dont une a fait l’objet d’un véritable débat : pourquoi le montant affecté à l’entretien des terrains (ligne 61521) a-t-il été porté de 12.298 euros à 32.000 euros ? Officiellement, c’est parce que les contrats aidés affectés à cette tâche en 2009 ont été incapables d’y faire face, ce qui se serait traduit par des bris de matériel pour plus de 12.000 euros. L’exécutif municipal a donc décidé de recourir cette année à une entreprise pour effectuer ce travail indispensable d’entretien des espaces verts et a budgétisé en conséquence une somme de 27.000 euros. Le moins que l’on puisse dire est que cette explication n’a pas convaincu tous les élus, à juste titre à mon avis puisque la ligne 61558 du compte administratif 2009 retraçant les dépenses d’entretien des autres biens mobiliers (dont le matériel de tonte) ne s’est élevée qu’à 2.716 euros ! Des échanges que l’on qualifierait dans le monde diplomatique de vifs ont donc eu lieu, pour obtenir notamment un meilleur encadrement du personnel, mais rien n’y a fait, la ligne a été maintenue en l’état. Le budget a alors été mis au vote et il a été accepté par 9 voix, 1 abstention (Marie-Jo Laurier) et 1 vote contre, le mien, non pas par esprit d’opposition, mais parce que les dépenses prévues de fonctionnement sont en augmentation de 22 % par rapport à celles réalisées en 2009 (en période de crise, alors que toutes les municipalités cherchent à faire des économies dans cette section, c’est plus qu’intolérable, c’est de la gabegie !) et parce que l’équilibre de la section d’investissement n’est obtenue qu’au prix de 2 emprunts d’un montant total de 600.000 euros (à l’heure de la suppression de la taxe professionnelle et de la réforme des collectivités territoriales, cela m’a paru peu prudent et peu cohérent … venant d’un 1er magistrat s’étant félicité lors des vœux du maire que la dette de la commune allait être diminuée de 500.000 euros entre le début 2008 et la fin 2010).

Quant au reste de la séance du conseil municipal, il a surtout porté sur l’octroi de subventions aux associations qui en avaient fait la demande. Le principe énoncé par le très libéral Fabien Prignon étant "puisqu’ils ont demandé une certaine somme, on leur donne", les discussions ont été rapides, sauf pour le Comité des fêtes qui a souhaité bénéficier d’un soutien municipal à hauteur de 16.600 euros, en augmentation de 6.100 euros sur la subvention reçue en 2009. Presque 60 % de hausse en seulement un an, plus que le montant de la part communale de la taxe d’habitation (5.185 euros) ou presque autant que celui de la taxe foncière (6.311 euros), il y avait de quoi faire bondir toute personne un tant soit peu attachée à une bonne gestion des dépenses publiques, mais pas le toujours libéral Fabien Prignon qui a justifié la demande en affirmant que "dans la morosité ambiante, ça fait du bien de faire la fête" ! Edifiant, mais en réalité peu surprenant lorsqu’on sait que cette année encore la municipalité a dépensé 3.369 euros pour acheter … du champagne (mandat 00043 du 06 février : 1.770 euros auprès de Alain Rodier ; mandat 00458 du 08 juillet: 849,60 euros auprès de Alain Rodier ; mandat 00858 du 10 décembre: 749,40 euros auprès du Relais des Mousquetaires). Décidemment, il faut que je me fasse une raison, les priorités de certains ne sont pas les miennes et nous n’avons pas tous la même approche de l’usage à faire de l’argent public …
LB

mercredi 17 mars 2010

Régionales : la tuile pour Bachy !


La nouvelle est tombée cet après-midi sur le site internet du journal "l'Union" : les bulletins pour le second tour des élections régionales de la liste du divers gauche Jean-Paul Bachy ont été refusés au cours de la matinée par la commission de propagande au motif que les candidats en 11ème et 13ème place pour le département de l'Aube étaient inversés par rapport à la liste officielle déposée en préfecture. Cela ne disqualifie pas le président sortant de Champagne-Ardenne pour le scrutin de dimanche, mais sa tâche s'en trouve sensiblement compliquée puisque, si les enveloppes envoyées aux 917.000 électeurs de la région par les 4 préfectures contiendront bien les professions de foi des 3 candidats encore en lice, elles ne comporteront évidemment pas le bulletin de vote de sa liste "La gauche en action". L'équipe de Jean-Paul Bachy se trouve donc dans l'obligation de faire réimprimer à ses frais près de 2 millions de bulletins conformes et surtout de les faire parvenir dans les bureaux de vote des 1949 communes de la région avant samedi midi. En moins de 3 jours, c'est une véritable gageure ! Elle ne sera pas facile à soutenir, mais le MRC 08 espère sincèrement, afin que le scrutin puisse se dérouler avec des chances égales pour chacun des concurrents, que la logistique du parti socialiste et de ses alliés permettra d'y arriver.

lundi 15 mars 2010

Régionales : le 2ème tour s'annonce plus serré que prévu !


Les résultats du 1er tour des élections régionales sont maintenant définifs. Dans le département des Ardennes, le divers gauche Jean-Paul Bachy arrive sans surprise largement en tête avec 37,69 % des suffrages exprimés devant l'UMP Jean-Luc Warsmann qui a recueilli 32,66 % des voix et le frontiste Bruno Subtil qui a fait mentir tous les sondages en obtenant 13,56 % des bulletins. Derrière, Europe Ecologie, scission de Philippe Lenice oblige, fait grise mine avec seulement 5,84 % des suffrages alors que tous les sondages créditaient ce mouvement d'un score à 2 chiffres. Quant aux autres listes, elles n'atteignent pas la barre fatidique des 5 %, synonyme de remboursement des frais de campagne par l'Etat et de possibilité de fusion au 2ème tour, avec 4,62 % pour la gauche de gauche, 2,86 % seulement pour le MoDem, 1,43 % pour Lutte Ouvrière et 1,33 % pour Alliance Ecologique Indépendante. La prime au sortant a donc joué à plein et Jean-Paul Bachy semble a priori en position très favorable pour être réélu à la tête du Conseil régional.

Cependant, à l'échelle de l'ensemble de la région qui est la seule pertinente pour cette élection, les résultats sont sensiblement différents puisque c'est Jean-Luc Warsmann qui a viré de peu en tête avec 31,77 % des voix, grâce à sa victoire dans les 3 autres départements, devant Jean-Paul Bachy qui améliore toutefois son score de 2004 avec 31,01 % des suffrages. Derrière, le Front National démontre qu'il dispose d'une base électorale particulièrement solide en recueillant 15,29 % des bulletins, ce qui n'est pas encore le cas d'Europe Ecologie qui doit se contenter d'un 8,48 % très inférieur à ses espoirs. Puis vient la gauche de la gauche qui rate d'un rien son objectif, le seuil de fusion afin de gauchir le programme du président sortant, en obtenant 4,87 % des voix, devant le MoDem que son score de 4,34 % privera désormais de représentants à l'assemblée régionale. Quant aux listes d'Alliance Ecologique Indépendante et de Lutte Ouvrière, elles ferment la marche avec respectivement 1,99 % et 1,65 % des suffrages.

Le 2ème tour qui aura lieu dimanche prochain sera donc comme en 2004 une triangulaire. Le vainqueur en sera-t-il le même ? Au premier abord, on serait tenté de répondre par l'affirmative puisque les réserves de voix à gauche sont nettement supérieures à celles qui existent à droite. Mais, à bien y réfléchir, les choses ne seront peut-être pas aussi faciles qu'il y parait pour le président sortant, d'abord parce que la politique ne se réduit pas à de la simple arithmétique (si toute la gauche contestataire votait comme un seul homme pour la gauche gestionnaire, ça se saurait !), ensuite parce qu'il lui faudra beaucoup d'élasticité pour réussir à faire le grand écart entre les bobos d'Europe Ecologie et les prolos de la gauche de gauche, et surtout parce que la droite va tenter tout ce qu'elle pourra pour mobiliser une partie des 56,95 % d'électeurs qui ont choisi de s'abstenir. Les jeux ne sont donc pas encore faits, mais deux choses sont toutefois d'ores et déjà certaines : le MRC 08 ne donnera, comme au 1er tour, aucune consigne de vote et c'est un Ardennais qui présidera pour les 4 années à venir aux destinées de la région.

samedi 13 mars 2010

Givet : une tentative d’implantation politique à suivre


Avant-hier soir, peut-être pour préparer l’arrivée prochaine du printemps, une nouvelle couleur a fait son apparition dans le microcosme politique givetois. Laquelle ? Le vert, bien sûr, qui bénéficie d’un courant de sympathie certain depuis les élections européennes de juin dernier et que Sylvain Baumel, écolo notoire que l’on peut voir parfois sur son vélocipède à assistance électrique filer tel le vent sur la piste cyclable dite Voie Verte entre Givet et Chooz, aimerait développer dans la cité de Méhul. Pour ce faire, il a rassemblé un petit groupe de convaincus comprenant entre autres Nadine Gouget, conseillère municipale d’opposition et candidate aux élections régionales … sur la liste du MoDem (ne vous frottez pas les yeux, vous avez bien lu !), et il a organisé une réunion publique à laquelle ont participé 4 des candidats ardennais d’Europe Ecologie pour les régionales, dont la tête de liste départementale, ainsi qu’une délégation du parti ECOLO belge menée par un député fédéral. Du beau monde donc qui méritait d’être écouté, ce que j’ai fait après avoir reçu un tract sur du papier non recyclé assurant qu’il s’agirait d’un "débat démocratique".

Armé de ma seule curiosité et oubliant temporairement mes convictions humanistes (l’Homme est au centre de toute réflexion) et scientiste (le progrès passe par les découvertes scientifiques à condition qu’elles soient éclairées à la lumière de la Raison), je me suis donc rendu dans la belle salle où Jean-Luc Warsmann s’était exprimé 8 jours auparavant. Après avoir salué comme il se doit le maître de cérémonie, j’ai discrètement posé mon séant sur une chaise de l’avant-dernier rang et j’ai attendu le début des débats, longtemps, très longtemps, ce qui m’a permis de passer en revue la bonne vingtaine de participants et de constater que la plupart étaient des socialistes, certainement désireux comme moi de comprendre les raisons de la percée électorale d’Europe Ecologie. Puis, au bout d’une demi-heure, Sylvain Baumel a demandé à ses invités de se présenter et, tout imprégné de la nouvelle façon de faire de la politique de son mouvement, il a aussitôt laissé la parole à l’auditoire qui en a été un peu décontenancé. Il est alors revenu à une méthode plus traditionnelle, en faisant développer par les candidats français et les élus belges quelques grands dossiers locaux qui ont fait réagir l’assistance.

Parmi les sujets abordés, le 1er a été l’arlésienne, c'est-à-dire la réouverture de la ligne ferroviaire Givet-Dinant qui a été présentée comme indispensable et réalisable, mais seulement à moyen terme. Puis, le nucléaire en a pris pour son grade, accusé tour à tour d’avoir été imposé à la population locale qui n’en voulait pas (ce qui ne l’empêche pas d’en vivre !), de générer des déchets difficilement gérables et de bénéficier d’un lobbying empêchant le développement des énergies renouvelables. Ensuite est venu le gros morceau de la soirée, à savoir l’implantation d’une unité de valorisation thermique qui a été présentée à juste titre comme un incinérateur amélioré susceptible de brûler des résidus de plastiques et devant recevoir des quantités telles de déchets qu’il ferait de Givet la poubelle de l’Europe. Les débats devenant plus actifs, je suis alors sorti de ma passivité et j’en ai profité pour poser 3 questions : quelle est la position d’Europe Ecologie sur la décroissance ? Comment ce mouvement articule-t-il les questions environnementale, sociale et nationale ? Que pensent les candidats de la construction d’un lycée visiblement surdimensionné à Revin ?

En réponse, il m’a d’abord été dit fièrement que nous étions déjà en décroissance (c’est certainement l’appellation à la mode pour désigner la crise !) et que cela devait nous amener à développer des activités économiques génératrices d’emplois, notamment dans le secteur des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Puis, j’ai eu droit à un long laïus sur les opportunités que créerait l’introduction de normes environnementales dans le secteur du bâtiment, mais à rien, absolument rien, sur l’articulation entre les questions environnementale et nationale. Enfin, concernant le lycée de Revin, j’ai dû aborder un sujet que les 4 candidats ignoraient totalement puisque la seule réponse à laquelle j’ai eu droit a été un long silence. Je suis donc reparti de la réunion sans prendre ma carte à Europe Ecologie, mais je souhaite cependant que l’initiative de Sylvain Baumel débouche sur une réussite, d’abord parce qu’à défaut d’être un puritain c’est un pur et dur qui est totalement convaincu par les idées qu’il prône, et ensuite parce qu’elle peut permettre aux socialistes locaux de prendre davantage conscience de la diversité de la gauche qui est un atout incontestable pour peu qu’un dialogue constructif se noue entre ses différentes composantes…
LB

jeudi 11 mars 2010

Régionales : pour qui voter dimanche ?


Dans 3 jours, les citoyens, les vrais, ceux qui possèdent sur leur carte d’électeur tous les tampons prouvant qu’ils exercent réellement leur parcelle de souveraineté héritée des combats des générations passées, se rendront dans les bureaux de vote afin d’accomplir leur devoir pour le 1er tour des élections régionales. En Champagne-Ardenne, ils auront le choix entre 8 listes provenant d’horizons divers, ce dont tout démocrate doit se réjouir, mais aucune n’a reçu le soutien du MRC 08. Dans ces conditions, comment ceux qui partagent les mêmes idées que nous pourront-ils se déterminer ? Les solutions ne manquent pas, mais celle qui a notre préférence est le choix raisonné après une analyse critique des programmes présentés par les différents candidats. C’est la démarche citoyenne par excellente !

Toutefois, pour ceux qui n’auraient pas le temps de prendre connaissance de toute la prose électorale qui circule, nous nous permettons de suggérer une autre méthode plus rapide : juger de la pertinence, au regard des enjeux de l’élection, de la 1ère mesure que chaque tête de liste régionale s’est engagée lors des débats sur France 3 à appliquer dans l’hypothèse où elle remporterait l’élection et que nous vous rappelons dans l’ordre d’affichage des listes sur les panneaux officiels.

Jean-Paul Bachy (divers gauche) : augmenter le montant de la carte Lycéo de 85 à 100 euros
Anthony Smith (Tous ensemble à gauche) : interdire le cumul des mandats
Eric Loiselet (Europe Ecologie) : lancer un plan de lutte contre la précarité énergétique
Ghislain Wysocinski (Alliance Ecologique Indépendante) : sécuriser les captages d’eau
Bruno Subtil (FN) : rétablir la sécurité dans les lycées et les transports ferroviaires
Marie Grafteaux-Paillard (MoDem) : se mettre immédiatement au travail
Jean-Luc Warsmann (UMP-NC) : réduire les dépenses de fonctionnement pour renforcer l’action économique
Thomas Rose (LO) : interdire les licenciements

dimanche 7 mars 2010

Ardam : l'horizon s'assombrit encore !


En moins d'un mois, le personnel de l'usine revinoise Ardam, filiale de la multinationale suédoise spécialisée dans l'électroménager Electrolux, vient d'apprendre 2 informations inquiétantes. La 1ère, rendue publique par la magazine "LSA" dans son édition du 28 janvier, est la disparition définitive de la marque Arthur-Martin, dont la très grande majorité des appareils était produite à Revin depuis ... 1882 ! En soi, cette nouvelle n'a rien de surprenant puisque Electrolux, propriétaire de la marque depuis 1976, avait décidé en 2006 de rationaliser son portefeuille de marques en substituant progressivement sur ses produits son propre nom, dont il espère faire d'ici peu une référence mondiale, à celui d'Arthur-Martin. D'un point de vue stratégique, la démarche est logique, mais la tâche s'annonçait difficile, la marque française bénéficiant alors, certainement grâce à son ancienneté, à sa réputation de fiabilité et à son aspect patronymique facile à retenir, d'un taux de notoriété de 1er rang de 15 % contre seulement 8 % pour la marque suédoise, et d'un taux de notoriété assisté de 90 %.

Pour arriver à ses fins, après avoir symboliquement inversé en mars 2007 l'ordre dans lequel figuraient les 2 marques sur certains produits depuis 1995 (Arthur-Martin Electrolux devenant Electrolux Arthur-Martin), le géant scandinave a donc développé un plan en 3 ans dont le point culminant a été la campagne de communication autour du slogan "Désormais Arthur-Martin préfère qu'on l'appelle Electrolux" qui a été martelé sur tous les médias - presse, affichage, télévision, internet, sponsoring de la fiction du lundi soir sur TF1 - pendant des mois et des mois. Son coût ? 20 millions d'euros rien que pour l'année 2007, ce qui a permis de faire passer le taux de notoriété spontanée de la marque Electrolux à 29 % en 2008 puis à 32 % en 2009 et ainsi de ravir les experts en marketing de la multinationale qui ont décidé de supprimer la marque Arthur-Martin à compter de juin prochain. C'en est donc fini de ce nom que les habitants de la vallée continuent pourtant à utiliser lorsqu'ils parlent de l'usine Ardam et qui restera pour beaucoup associé à la période de prospérité industrielle que les Ardennes ont connue !

La 2ème information, révélée lors du Comité d'entreprise qui s'est tenu le 24 février, est que la direction du groupe accepte d'ouvrir des négociations sur un éventuel plan de départs en pré-retraite. Cette nouvelle a été bien accueillie par les syndicats qui y voient le moyen de limiter les conséquences sociales de la réduction du sureffectif engendré par la baisse des volumes accordés à l'usine. A priori, elle devrait permettre aux salariés âgés d'au moins 56 ans de bénéficier d'une rente s'élevant au minimum à 65 % de leur salaire brut jusqu'à la retraite qu'ils toucheront en totalité puisque l'entreprise continuera de payer les cotisations patronales. C'est évidemment mieux qu'un plan social qui laisserait sur le carreau plusieurs dizaines de travailleurs ! Pourtant, à bien y regarder, il n'est pas sûr que ce soit préférable au plan de chômage partiel demandé par l'usine pour 2010. Pourquoi ? Parce que cette réduction d'effectif entérine une baisse non pas conjoncturelle mais structurelle des volumes de production qui seront affectés au site de Revin. Autrement dit, lorsque la reprise viendra, l'usine ne disposera pas des moyens humains pour y faire face et les appareils supplémentaires réclamés par les clients seront alors produits dans d'autres sites. Une bien sombre perspective, d'autant qu'avec la fermeture du bureau d'études et la disparition de la marque historique du site, l'usine revinoise a été ramenée au statut de simple site de montage. De là à penser que les jours d'Ardam à Revin sont comptés, il n'y a qu'un pas que les plus réalistes, auxquels le MRC 08 s'efforce de se rattacher, commencent hélas à franchir ...

samedi 6 mars 2010

L'édito de Jean-Pierre Chevènement : de beaux combats en perspectives !


"La crise du capitalisme financier a franchi en Europe une nouvelle étape. Après que les Etats ont renfloué les banques privées défaillantes, il est apparu bien vite qu’ils ne pourraient pas recommencer une deuxième fois. Le gonflement de la dette publique est devenu tel que la solvabilité des Etats est mise en question par les marchés financiers. Ceux-ci ont commencé une danse du scalp frénétique autour des émissions de dette publique par les Etats considérés comme étant les plus endettés. Ces derniers ne peuvent déjà plus emprunter qu’à des taux doubles (6 % au lieu de 3 %) de ceux des bons allemands à dix ans (l’Allemagne étant toujours considérée comme la référence, car, avec sa politique de déflation salariale et budgétaire, elle a réussi à dégager un fort excédent commercial (138 Milliards d’euros encore en 2009) et même de contenir son déficit budgétaire (cinq points du PIB au lieu de 8 % pour la France, 12 % pour la Grèce ... et les Etats-Unis). Evidemment ce jeu est absurde : les marchés financiers spéculent comme c’est leur nature, mais leur spéculation vise à encourager la tribu des « doctrinaires vertueux » qui appellent de partout à lutter contre les déficits, à stopper le gonflement de la dette, etc. pour, enfin, « rentrer dans les clous de Maastricht ».

M. Woerth, en France, a réclamé 50 Milliards d’économies budgétaires d’ici 2013. Les plans de rigueur s’annoncent partout et pas seulement à Athènes, Lisbonne ou Madrid. C’est une deuxième étape de la crise qui est devant nous. La danse du scalp des marchés financiers n’est pas sans évoquer le bal des sorcières : dans un monde revenu au Moyen-âge, les Etats sont considérés par les marchés financiers comme des faillis en puissance. Les marchés n’oublient qu’une chose : derrière les Etats, il y a les peuples. Ils veulent rayer trois siècles de luttes ! Ils veulent revenir sur la démocratie ! Des gouvernements « socialistes », comme celui de George Papandreou en Grèce, ou Luis Zapatero en Espagne, peuvent bien se prêter aux exercices de rigueur qu’on leur demande, ils vont bientôt se trouver coincés entre la pression des marchés et la pression des peuples.

Il va falloir maintenant proposer des choses sérieuses : remettre en cause les choix de politique monétaire et budgétaire que l’Allemagne impose au reste de l’Europe. C’est cela que j’appelle "un gouvernement économique de la zone euro", c’est-à-dire d’abord une politique de change qui passe par une réforme des statuts de la BCE (emploi, croissance et pas seulement lutte contre l’inflation). Il faut faire tomber le cours de l’euro. La Grèce nous y aide. Pas assez ! Ensuite il faut sortir la zone euro de sa langueur économique. Chacun le sait : elle est la lanterne rouge de la croissance mondiale. Un « grand emprunt » européen permettrait de lancer un programme de relance sur le modèle chinois. A la crise actuelle il n’y a évidemment de solution que mondiale : La Chine seule n’arrivera pas à prendre le relais du consommateur américain défaillant. Quant à l’objectif avancé par Barack Obama - doubler le montant des exportations américaines -, il est simplement irréaliste.

Pour sortir de cette crise immense qui est devant nous, il faudra remettre en cause les sacro-saintes règles du capitalisme financier globalisé :
- le libre-échangisme déséquilibré d’abord ;
- l’anarchie monétaire qui fait de l’euro le paillasson du dollar et du yuan (sans parler de la livre britannique qui a « dévissé » de 40 %. Si ce n’est pas du protectionnisme monétaire, qu’est-ce que c’est ?)
Il faudra surtout remettre au pas le système financier et les oligarchies financières, re-réglementer les banques, reprendre le contrôle politique des banques centrales. En Europe il ne s’agit pas de « revenir à Maastricht » comme le serinent des dirigeants myopes, il s’agit :
- soit de revoir de fond en comble toutes les règles de gouvernance de l’euro et de la politique économique au sein de la zone euro en s’appuyant sur la volonté des Etats de remettre les oligarchies financières à leur place : subordonnée;
- soit, si cela s’avère impossible, de prendre en France des mesures de salut public, en s’affranchissant de règles dont chacun peut constater qu’elles sont devenues caduques, bref de rétablir la République ! C’est l’enjeu de 2012 en France."

(Citoyens Militants, le bulletin du MRC, mars 2010)