Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

samedi 29 janvier 2011

Manifestations : les violents ne sont pas toujours ceux que l'on croit !

Dans le cadre de son action contre la fusion de tout ou partie de la Communauté de Communes autour d’Anduze (CCAA) avec la Communauté d’Agglomération du Grand-Alès, l’association ARDIECE a organisé le vendredi 21 janvier 2011 une manifestation devant la gare d’Anduze. Cette initiative, soutenue par la plupart des maires des communes de la CCAA, a rassemblé dans une ambiance bon-enfant environ 300 personnes, parmi lesquelles se trouvaient une dizaine d’élus, de nombreux retraités et des familles au grand complet. Comme prévu et annoncé au préalable aux forces de l’ordre, un blocage symbolique et non violent de la voie ferrée a eu lieu, mais les choses ont ensuite dégénéré. Pourquoi ? Regardez la vidéo ci-dessous jusqu’au bout et vous comprendrez comment la violence volontaire de certains a entraîné en réaction des débordements que personne n’a pu contrôler ... un peu comme aux dires de beaucoup cela se serait produit à Charleville-Mézières un certain 28 octobre 2010 devant la permanence de l’UMP !



(envoyé par zimprod. - L'info video en direct.)

jeudi 27 janvier 2011

Le procès des manifestants du 28 octobre reporté !


A procès particulier, mobilisation particulière ! Cet après-midi, à 14h00, 8 personnes ayant participé à la manifestation organisée à Charleville-Mézières le 28 octobre dernier contre la "réforme" des retraites devaient comparaître devant le tribunal correctionnel du chef-lieu pour le bris de la vitrine de la permanence de l'UMP. Le fait incriminé, répréhensible en soi à condition bien sûr qu'il soit prouvé, avait donné lieu au milieu du mois de décembre à une interpellation musclée au petit matin des suspects, à leur domicile devant le reste éberlué de leur famille ou sur leur lieu de travail, par un peloton de forces de l'ordre agissant comme dans une affaire de grand banditisme. Cet usage manifestement volontairement disproportionné de la force, presque 2 mois après les dégradations commises, avait choqué les syndicats bien sûr, mais aussi les partis de gauche ainsi qu'un nombre très important d'Ardennais(es) qui y avaient vu une manoeuvre pour décourager les futures tentatives de résistance à l'offensive antisociale du gouvernement. Il avait donc amené, d'une part les syndicats à lancer un appel à un rassemblement silencieux et digne au moment du procès devant le tribunal, et d'autre part à la création d'un comité de soutien et de solidarité avec les manifestants inculpés qui avait appelé, lui, à un rassemblement bruyant au même endroit et au même moment !

Un triple suspense avait donc lieu aujourd'hui : combien y aurait-il de personnes sur le parvis du tribunal ? Lequel du rassemblement bruyant ou du rassemblement silencieux allait s'imposer ? Surtout, quelle peine serait infligée aux 8 personnes jugées ? A la 1ère interrogation, la réponse est environ 200, ce qui est plus qu'honorable étant donné que le rassemblement a eu lieu en pleine semaine alors qu'aucun préavis de grève n'avait été déposé, ce qui rendait impossible la présence de nombreux salariés. Malgré la colère facilement perceptible, les personnes venues apporter leur soutien sont restées parfaitement calmes, totalement respectueuses des grandes vitres du tribunal qui n'ont eu à subir aucun affront, et aucune prise de parole n'a eu lieu : les consignes syndicales ont donc été appliquées à la lettre, y compris par les membres du comité de soutien. Mais le plus important est que l'audience n'aura duré en tout et pour tout que 15 petites minutes, le temps pour la juge chargée d'officier, malgré les réserves personnelles - que le MRC 08 estime totalement déplacées - dont elle a tenue à faire part, de prononcer le report du procès au 24 février à 14h00. Le motif de cette décision ? L'absence pour des raisons professionnelles dûment attestées de 2 des avocats de la défense, ce qui ne lui laissait pas le choix, n'en déplaise aux revanchards qui se cachent derrière ces poursuites indignes...

dimanche 23 janvier 2011

Aubrives : des voeux maladroits et inconsistants !


Que fait-on le 21 janvier ? Lorsqu'on est royaliste, depuis 218 ans, on commémore avec une larme perlant de l'oeil droit la décapitation de Louis XVI par les infâmes révolutionnaires. Lorsqu'on est communiste, ce qui tout de même plus fréquent, on commémore depuis 87 ans avec une larme perlant de l'oeil gauche la mort de Lénine. A Aubrives, cette année, on n'a fait ni l'un ni l'autre puisqu'un grand spectacle était organisé à la salle du Foyer pour Tous : les voeux du maire ! Annulée entre autres dans les communes voisines de Chooz, où la municipalité a eu l'excellente idée de verser aux Restos du coeur les sommes qui y étaient habituellement consacrées, et de Hierges, où des actions intéressant plus directement la population ont été préférées, cette cérémonie a été maintenue dans notre village. Devant une salle certes bien remplie mais moins que l'année dernière, devant un parterre où les personnalités brillaient par leur absence à l'exception notable de Bernard Dekens, conseiller régional et Président de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, et de Marcel Vigneron, son 1er adjoint à l'intercommunalité, notre bon maire, Gilbert Leclercq, nous a gratifiés de son show annuel.

Conformément à une tradition bien établie, il a commencé par souhaiter ses meilleurs voeux pour l'année à venir à toute l'assistance. Puis, il a remercié, avec une sincérité que beaucoup savaient être uniquement d'apparence, toutes les associations villageoises pour leur dynamisme en faisant remarquer au passage qu'elles accueillaient un nombre non négligeable de personnes venant de l'extérieur. Il en a profité pour rendre un hommage appuyé au partenariat avec l'association viroquoise Le Lien, qui s'occupe notamment de l'accueil péri-scolaire et de la gestion de l'alsh pendant les périodes de vacances, mais par contre il n'a eu aucun mot pour le personnel communal. Ensuite, il a rappelé les quelques actions réalisées dans notre commune au cours de l'année passée : la réfection de la rue Votion et de la rue de la Brasserie avec l'enfouissement du réseau électrique, la réalisation d'un parking en lieu et place de 2 habitations qui ont été détruites, la mise en service de l'aire de jeux pour les enfants les plus jeunes, la construction de 2 rampes d'accès à la Meuse pour renforcer la sécurité incendie du village ainsi que de l'usine Magotteaux et la rénovation des vestiaires du club de foot.

Notre bon maire a enfin terminé son allocution en dévoilant les actions qui seront menées à bien en 2011 : la finalisation du plan communal de sauvegarde, la révision du plan local d'urbanisme, la poursuite des études en cours ... et surtout l'urbanisation éventuelle de la zone de Terre Querelle avec la construction de 30 pavillons, dont 20 pour les agents de la centrale nucléaire de Chooz, d'un pôle scolaire et d'une salle polyvalente à vocation sportive. Une vraie "ville" nouvelle qui modifiera considérablement la vie de notre commune, notamment en vidant le coeur du village des cris des enfants des écoles maternelles et élémentaires, mais qui coûtera cher, très cher. Un appel à l'octroi de SUBVENTIONS auprès des différents financeurs a donc été lancé, avec un argument massue certainement inspiré des publicités de l'Oréal : "parce que nous le méritons ". Avec des recettes de fonctionnement par habitant 2 fois supérieures à celles d'une commune appartenant à la même strate et une capacité d'autofinancement 4 fois supérieure, il fallait oser, Gilbert Leclercq l'a fait et le ridicule ne l'a pas tué ! il a alors conclu en oubliant les règles protocolaires élémentaires (Bernard Dekens n'a pas été invité à s'exprimer) et en proposant à chacun de rester pour discuter dans la convivialité.

Et la désormais traditionnelle orgie d'après-voeux, êtes-vous certainement en train de vous demander, a-t-elle eu lieu ? Si l'on en juge par ce qui s'est passé dans la salle du Foyer pour Tous, il faut répondre par la négative puisque, si le champagne, les petits fours et les mignardises n'ont pas manqué, leur distribution s'est arrêtée assez tôt. Mais c'était hélas pour mieux continuer en petit comité dans un lieu plus discret, la salle de spectacles Bernard Maillard où des tables pour une cinquantaine de personnes avaient été installées sur la scène. Jusqu'à quelle heure ? Comme d'habitude, c'est à dire l'heure du laitier comme on disait autrefois ou celle à laquelle d'après Jacques Dutronc Paris s'éveille, autrement dit entre 5 et 6 heures du matin ! Une preuve comme une autre que les mauvaises habitudes se prennent vite, surtout lorsqu'on a une conception particulièrement réductrice de l'intérêt général...
LB

vendredi 21 janvier 2011

Givet : et maintenant des doutes sur l'APIC, le combustible prévu pour l'incinérateur !


Petit à petit, l'oiseau fait son nid ! Au départ, la méfiance à l'égard du projet de construction à 2 pas de la frontière belge d'un incinérateur à déchets de papeteries (et non pas d'ordures ménagères comme le savent bien sûr tous ceux qui suivent le dossier) avait été déclenchée par l'opacité qui régnait autour de cette ambitieuse implantation industrielle. Puis les doutes s'étaient renforcés lorsque des experts avaient expliqué qu'une telle installation générerait inévitablement une pollution, dans le voisinage immédiat mais pas seulement. La présentation en décembre d'Everhardus Jaarsma, le promoteur du projet, par Incidence - La lettre de l'environnement, n'avait fait que les accroître. Ont-ils baissé depuis ? Absolument pas puisque dans l'article que nous nous permettons de reproduire ci-dessous et qui a été publié hier sur le site internet d'Inter-Environnement Wallonie, une fédération qui regroupe plus de 150 associations ayant comme point commun de se battre pour un développement durable et de lutter contre les atteintes à l'environnement, c'est cette fois le combustible APIC, fabriqué à partir des déchets de papeteries pour être brûlé dans l'incinérateur, qui fait l'objet de sérieuses interrogations :

Givet : l'incinérateur (dé)masqué !
Si vous habitez le sud namurois, vous avez sans doute entendu parler d’un projet d’usine de production d’électricité et de chaleur “vertes”, issues de la biomasse, qui devrait s’implanter chez nos voisins français, près de Givet. Ce projet a déjà fait couler beaucoup d’encre, et une enquête publique est d’ailleurs attendue (prochainement ?) à Doische et Hastière, deux communes limitrophes confrontées aux incidences transfrontalières et donc informées par enquête publique du projet français.
Sur fond d’informations lacunaires, la polémique enfle, et l’article publié récemment par la revue Incidence (n°332 du 27/12/2010), mettant en cause l’aspect “vert” du projet et la crédibilité de son concepteur, ne calmera probablement pas les esprits. Il faut dire qu’il existe pour l’instant très peu d’informations relatives à la "matière première" qui sera brûlée pour produire de l’énergie, et ce que l’on peut en découvrir dans la presse a de quoi laisser perplexe et songeur : va-t-on construire une installation de cogénération alimentée par de la biomasse ou un incinérateur de déchets ?
L’APIC (c’est le nom commercial du combustible qui serait utilisé) est sensé être un nouveau combustible composé de biomasse. Qu’est-ce que la biomasse ? De la matière organique utilisable entre autre comme source d’énergie. L’APIC, apprend-on en fouillant les articles de presse, serait constitué de vieux papiers, venus de France et d’autres pays européens dont la Belgique, compactés sous forme de briquettes avant d’être brûlés. Si les fibres de papier sont bien végétales et donc issues de la biomasse, il ne faut pas oublier que les additifs du papier (charges minérales, colles...) ne le sont pas. L’appellation biomasse ne concerne donc qu’un pourcentage de ce "combustible vert". Si la presse parle à certains moments de 95% de déchets de papier, il n’y a aucune information fiable à ce sujet aujourd’hui. Ce que nous avons pu découvrir n’a rien de rassurant. En effet, Le coordinateur du projet, Patrice Loubet, a posté des informations via un forum internet (aujourd’hui mystérieusement inaccessible... sauf en caché). Il y précise l’origine des déchets : "Refus séparés mécaniquement provenant du broyage de déchets de papier et de carton”, soit le code déchet 03.03.07 ; le même qui finit en CET à l’heure actuelle. Dans la législation wallonne, ce code est reconnu comme « B » (biodégradable et donc prochainement interdit de mise en décharge).
Reprenons : le broyage de déchets de papier et de carton contient des impuretés (métaux, plastiques, colles, encres) qui sont triées mécaniquement. L’objectif étant de perdre le moins de fibres papier, ce tri est relativement poussé d’autant plus que le refus devra trouver une destination moins "valorisante" (déchet interdit de mise en décharge, taxé lourdement...). On voit donc mal comment les rejets du procédé de tri contiendraient beaucoup de papier... Dès lors, l’appellation "biomasse" relèverait de l’usurpation ! Ou les entreprises qui fourniront ces déchets trient très mal leurs déchets en laissant passer de grandes quantités de papier ! De deux choses l’une : ou bien l’incinérateur (il faut bien l’appeler ainsi...) brûle un résidu pauvre en fibres papier, auquel cas on ne peut plus parler de biomasse mais d’incinération de plastiques et autre matières diverses, ou bien il brûle des vieux papiers issus d’usines de tri où les processus de récupération de fibres sont peu performants. Mais dans ce cas, il serait beaucoup plus judicieux à la fois pour l’industrie et pour l’environnement de tenter de réduire la fraction de fibres dans ce refus de tri, et donc d’augmenter la quantité de papier effectivement recyclé, plutôt que de leur offrir une voie royale vers l’incinération. Rappelons d’ailleurs que la Directive déchets UE/2008/98 impose de n’utiliser la valorisation énergétique que si les déchets n’ont pu être recyclés sous forme de matière.
Ce flou autour de l’APIC est exemplatif de l’ensemble du dossier : les informations sont parcellaires, très peu nombreuses, parfois contradictoires, ce qui n’augure rien de bon si ce projet devait être amené à se concrétiser.
La Fédération Inter environnement Wallonie suivra donc avec attention l’enquête publique ; et elle reste par ailleurs en contact avec son homologue française pour plus d’informations.

lundi 17 janvier 2011

Pétition de soutien aux inculpés du 28 octobre


Lors de la manifestation du 28 octobre dernier organisée à Charleville-Mézières contre la réforme des retraites, qui réunissait des milliers de personnes, des incidents ont éclaté suite à des provocations par les forces de police chargées de protéger le local de l'UMP. Au mépris du pouvoir face aux revendications des travailleurs attachés à leur régime de retraites s'est ajoutée la provocation de la présence musclée des policiers et des jets de lacrymogènes en direction des manifestants parmi lesquels se trouvaient des citoyens de toutes générations confondues. C'est dans ce contexte qu'un certain nombre de participants ont eu une réaction d'indignation et de colère qui s'est traduite par le bris de la vitrine de la permanence de l'UMP.

Cet acte est certes répréhensible, mais de là à provoquer le 15 décembre l'interpellation, au petit matin et de manière brutale, de 8 personnes, à leur domicile ou sur leur lieu de travail, par un escadron de forces de l'ordre agissant comme s'ils intervenaient dans une affaire de grand banditisme, il y a un pas, un fossé, un gouffre qu'il est inacceptable de voir franchi dans un Etat démocratique comme la France. C'est pourquoi le MRC 08 s'associe pleinement à l'action engagée par le comité de solidarité et de soutien aux inculpés du 28 octobre et vous encourage vivement à en faire autant, en commençant, en attendant la manifestation qui aura lieu le 27 janvier devant le Tribunal de Grande Instance, par signer la pétition demandant l'abandon des poursuites judicaires à l'encontre des manifestants interpellés en cliquant ici

dimanche 16 janvier 2011

Ardennes : l'hémorragie industrielle continue encore et encore...

Voici la liste (hélas non exhaustive) des suppressions d'emplois qui ont eu lieu au cours des 3 dernières années dans l'industrie ardennaise :

2008 :
Lenoir et Mernier : 132 (Bogny sur Meuse)
Allardin : 10 (Givet)
Ardennes Forges : 55 (Nouzonville)
Vynex : 16 (Sedanais)
Sopal : 50 (Givet)
CMIA : 6 (Aubrives)
Sum Tech : 9 (Charleville-Mézières)

2009 :
Enia-Tecsom : 92 (Glaire)
Estamfor : 22 (Hautes Rivières)
Sum Tech : 18 (Charleville-Mézières)
Godart : 28 (Fumay)
Ardenity : 3 (Givet)
Numalliances : 14 (Bazeilles)
Ardennes France Alu : 14 (Bazeilles)
Impression SA : 18 (Revin)
Vynex : 19 (Sedanais)
Unilin : 9 (Bazeilles)
Stevenin-Nollevaux : 17 (Hautes Rivières)
Brimont agraire : 17 (Rethel)
Magotteaux : 9 (Aubrives)
Ardam : 11 (Revin)
Sopap : 20 (Tournes)
Forge France : 9 (Nouzonville)
MIG : 17 (Givet)
Dombret-Becq : 5 (Nouzonville)
Rotoplus : 8 (Tournes)
Thyssen Krupp Prisma : 25 (Pure)
Nexans : 53 (Fumay)
Tagar : 6 (Carignan)
Raguet : 73 (Monthermé)
Volets de France et Jeantil-Gillet : 36 (Charleville-Mézières)

2010 :
Airlux : 6 (Charleville-Mézières)
La Foulerie : 9 (Carignan)
Sopap : 21 (Tournes)
GPM étiquettes : 6 (Givet)
Tarkett : 7 (Sedan)
Enia-Tecsom : 52 (Glaire)
Collignon : 9 (Deville)
LCAB : 5 (Bogny sur Meuse)
Raguet : 61 (Monthermé)
Seroma : 19 (Bogny sur Meuse)
Oxame : 15 (Revin)
Delphi : 292 (Donchery) d'ici 2012
Guerletub : 5 (Attigny)
Ardenity : 16 (Givet)

Au bas mot, l'économie ardennaise a donc perdu 1.345 emplois industriels depuis le début de la crise économique. Une véritable saignée qui ne s'arrêtera pas là, comme le montre déjà la fermeture du site Porcher à Revin qui laissera sur le carreau 148 travailleurs supplémentaires d'ici le mois de juin. Pour le MRC 08, au-delà de la sécheresse des statistiques, ce sont surtout des cohortes entières de familles qui se retrouvent face à des difficultés financières à gérer au quotidien et à la peur du lendemain. De quoi être en colère contre le capitalisme financier qui a pris le dessus sur le capitalisme industriel et contre ses suppôts, les nouveaux patrons, dont l'inhumanité des décisions amènent certains à les vomir, à l'image du groupe "les sales majestés" dans la chanson suivante :


jeudi 13 janvier 2011

Givet : tout (ou presque) sur "l’industriel" qui veut construire l’incinérateur !


Qui connaît Incidences - La Lettre de l'Environnement ? Bien peu de monde, et c’est normal puisqu’il s’agit d’une publication belge d'information spécialisée, consacrée aux différents aspects des marchés de l'environnement en Belgique et ailleurs, qui appartient à la catégorie des lettres d’informations confidentielles à diffusion limitée et au prix d’abonnement élevé. Créée en janvier 1993 par deux anciens journalistes du magazine Le Vif/L'Express, elle s'adresse en priorité aux décideurs du secteur de l'environnement et aux responsables des groupes de pression auxquels elle fournit, en toute indépendance des informations qu’ils ne peuvent trouver ailleurs comme des schémas détaillés des entreprises, des analyses précises des acteurs du marché et des échos exclusifs. Editée à Waterloo par la sprl Kaydara et soumise au respect des principes régissant la déontologie de la profession de journaliste, elle a consacré une partie importante de son dernier numéro, que nous nous permettons à des fins strictement informatives de reproduire ci-dessous, à la présentation de Everhardus Jaarsma, l’homme qui souhaite construire un incinérateur à Givet. C’est plus qu’instructif, c’est édifiant et pour tout dire particulièrement inquiétant ! Une pièce de plus, et certainement pas des moindres, à verser au lourd dossier de ceux que ce projet inquiète...
(pour une meilleure lecture des documents, vous pouvez les agrandir en faisant un clic gauche dessus)

Procès Zemmour : Chevènement soutient le chroniqueur !


Jean-Pierre Chevènement a apporté son soutien à Eric Zemmour, jugé pour provocation à la haine raciale, dans un courrier au tribunal où il affirme que plus de la moitié des infractions sont "imputables à des jeunes dont le patronyme est de consonance africaine ou maghrébine".

"Sans doute M. Zemmour a-t-il, dans le feu de la discussion, utilisé une formulation excessivement brutale mais il n'a hélas, pas dit une chose matériellement inexacte", explique l'ancien ministre de l'Intérieur et sénateur MRC du Territoire de Belfort dans un courrier en date du 3 janvier adressé à la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris [consultable sur le blog de Jean-Pierre Chevènement], où a débuté mardi le procès d'Eric Zemmour. Le journaliste a été cité en justice pour diffamation et provocation à la haine raciale par SOS Racisme, la Licra, le Mrap, l'UEJF et J'accuse. Les cinq associations ciblent des propos tenus le 6 mars 2010 sur Canal+ et France Ô par M. Zemmour, selon lequel "la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait".

"Il suffit, comme j'ai eu l'occasion de le faire, de consulter les listings de la Direction centrale de la Sécurité publique du ministère de l'Intérieur, pour constater que plus de 50% des infractions constatées sont imputables à des jeunes dont le patronyme est de consonance africaine ou maghrébine", souligne Jean-Pierre Chevènement. Sur la même ligne que M. Zemmour, qui a déclaré au tribunal ne pas vouloir "se coucher devant le politiquement correct", le sénateur dit "craindre que le politiquement correct ne finisse par tuer le débat républicain".

Il regrette qu'on puisse "incriminer un journaliste d'avoir avancé un argument, certes formulé maladroitement, mais correspondant à une réalité, certes dérangeante, mais propre à susciter une prise de conscience partagée (...)". Aux yeux de M. Chevènement, "la liberté d'expression n'a pas besoin d'être inutilement corsetée par des interdits judiciaires". Cette lettre de l'ancien ministre, qui dit aussi "regretter de ne pouvoir participer à l'audience", a été évoquée mardi par les parties civiles qui souhaitaient la voir écarter des débats. Le procès se poursuivra jeudi et doit s'achever vendredi.
(mercredi 12 janvier 2011, 11h29)


mercredi 12 janvier 2011

Revin : Ideal Standard International ferme à son tour !


La nouvelle est tombée hier soir. L’usine Ideal Standard International de Revin, un des plus anciens fleurons industriels de la ville que les locaux appellent toujours avec affection et nostalgie Porcher, va fermer ses portes, licenciant ainsi 146 salariés ! Ce n’était un secret pour personne que ce site industriel qui avait perdu son pôle consacré au développement et à l’industrialisation au milieu des années 2000 puis sa fonderie au début de 2007 et qui avait été vendu en novembre de la même année par le groupe industriel américain American Standard à Bain Capital Partners - un groupe financier de même nationalité possédant entre autres Burger King, Samsonite et Toys R us – allait mal puisque sa production s’était limitée à 220.000 pièces en céramique en 2007 avant de chuter à 144.000 en 2008 ... alors que sa capacité de production s’élève à 440.000 pièces par an.

Pire, en 2009, pour faire face à la baisse de ses marché provoquée par la crise économique et à la montée de la concurrence, l’usine avait eu recours dans les 8 premiers mois de l’année à 12 semaines de chômage partiel auxquelles s’en étaient ajoutées 6 autres en fin d’année et un plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences avait été mis en place pour diminuer les effectifs en douceur. En 2010, la situation s’était heureusement légèrement améliorée, mais cela n’avait pas empêché le personnel de chômer 3 semaines supplémentaires au mois de décembre. Tout ceci était bien peu encourageant pour l’avenir, mais de là à imaginer la fermeture pure et simple du site, il y avait un pas que personne n’aurait osé franchir.

L’annonce de la disparition programmée d’Ideal Standard International est donc un véritable coup de massue pour l’économie revinoise qui a déjà versé un bien lourd tribut à la désindustrialisation et sur laquelle plane toujours la menace de la fermeture d’Oxame et de la délocalisation de son 1er employeur, l’usine Ardam Electrolux. Pour les salariés qui, a priori, ne rentreront pas dans les critères pour pouvoir bénéficier du Contrat de Transition Professionnelle, c’est une catastrophe puisque leurs chances de retrouver un emploi à une distance raisonnable sont quasiment nulles. Devant cette situation, le MRC 08 appelle les pouvoirs publics à mettre en place le plus rapidement possible un plan de réindustrialisation du bassin d’emplois de Revin. Nous demandons aussi que tout l’arsenal à la disposition des autorités soit utilisé par anticipation pour empêcher la fermeture de l’usine Ardam. C’est indispensable pour que Revin, qui a déjà perdu 15 % de sa population au cours de la dernière décennie et encore 2,75 % uniquement l’année dernière, ne se transforme pas en ville fantôme !

mardi 11 janvier 2011

Chevènement se voit comme le seul à proposer "une autre Europe"


Le président d'honneur du MRC, Jean-Pierre Chevènement, qui a récemment évoqué une possible candidature en 2012, s'est défini lundi comme le seul, à l'exception de Philippe Séguin, à avoir développé l'idée d'"une autre Europe" construite sur "les nations".

Invité lundi soir de BFM-TV, M. Chevènement était interrogé sur le fait que "pas mal" de "candidats ou de personnalités" tenaient un discours similaire au sien sur l'Europe. "Je vous interdis de dire ça", a-t-il alors répondu à son interlocutrice. "Il n'y a aucune personne en dehors de moi, peut-être on peut entendre un peu (Nicolas) Dupont-Aignan et un peu (Jean-Luc) Mélenchon. Mais d'une manière construite, argumentée, continue, depuis 20 ans, il n'y a vraiment que moi -- et Philippe Séguin mais malheureusement il est mort -- qui aie développé l'idée d'une autre Europe, qui se fasse non pas sans les nations, voire contre elles, mais avec elles et avec la France", a fait valoir le sénateur de Belfort.

"Aujourd'hui, (la gauche) n'est pas à la hauteur, parce qu'elle n'envisage rien d'autre, comme M. Sarkozy d'ailleurs, que la fuite en avant, dans une intégration qui n'a pas de signification", a-t-il poursuivi. Dominique Strauss-Kahn, "je l'aime bien" mais "il ne croit pas à l'avenir des nations", "il dit "je veux transférer les pouvoirs à la commission' (européenne). Moi, je ne me sens pas vraiment capable de voter pour un candidat qui propose quelque chose d'aussi absurde".

"On verra ce que je ferai : soit je serai candidat, soit j'indiquerai le candidat républicain pour lequel il faut voter, celui qui redonne un avenir à la France et à sa jeunesse", a ajouté le sénateur, 71 ans, déjà candidat à la présidentielle de 2002 (5,33% au 1er tour).
(lundi 10 janvier 2011, 20h42)

lundi 10 janvier 2011

Chevènement appelle Strauss-Kahn à "trouver rapidement son chemin de Damas"


Le président d'honneur du MRC, Jean-Pierre Chevènement, a appelé dimanche le patron socialiste du FMI, Dominique Strauss-Kahn, "à trouver rapidement son chemin de Damas".

"Il ne croit pas à l'avenir de la nation française. Il croit que la France est finie, il se prononce pour une nation européenne dont d'ailleurs il ne sait pas très exactement où s'arrêteraient les limites", a déclaré l'ancien ministre sur la Radio de la communauté juive (RCJ). "Donner tous les pouvoirs à M. Barroso (le président de la Commission européenne, ndlr) comme il le propose, ça n'a pas de sens et ça ne convaincra pas les Français. Donc j'invite Dominique Strauss-Kahn à trouver rapidement son chemin de Damas", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la repentance de la France pour le régime de Vichy, il a estimé qu'on était "allé trop loin dans la repentance et que Jacques Chirac n'a pas commis une bonne action en disant que la France, et non pas l'Etat français, avait commis l'irréparable". "Je pense que c'est l'Etat français de Vichy qui s'est profondément et définitivement déshonoré. Ce n'est pas la masse du peuple français qui était un peuple prostré en 1940 par une défaite soudaine", a fait valoir M. Chevènement. Pour lui, "le peuple français s'est très vite éloigné de Pétain" et "il faut revenir à une vision plus juste qui permette au peuple français de retrouver une estime de soi et de son histoire".
(dimanche 9 janvier 2011, 14h47)

vendredi 7 janvier 2011

Le comité de soutien aux "manifestants poursuivis" du 28 octobre est né !


Le 28 octobre dernier, lors de l'ultime manifestation d'envergure contre la "réforme" des retraites, plusieurs incidents avaient eu lieu à Charleville-Mézières, parmi lesquels le plus important avait été le bris des vitrines des locaux de l'UMP. Bien sûr, tout imprégné de sa fonction de garant de l'ordre public, le Préfet avait aussitôt condamné avec force ce dérapage, tout comme les syndicats qui ne souhaitaient pas voir leur image entâchée après avoir réussi pendant plusieurs semaines une improbable union sacrée. Tout le monde s'attendait alors à ce que cet incident en reste là. Hélas, ce n'a pas été le cas puisque les forces de l'ordre ont procédé au milieu du mois de décembre à l'interpellation sans ménagement à l'heure du laitier de 8 manifestants soupçonnés d'avoir participer à ces dégradations, soit à leur domicile soit sur leur lieu de travail. Ces méthodes que l'on utilise habituellement dans le milieu du grand banditisme ou dans les faits de terrorisme ont fortement choqué, ce qui a entraîné une cascade de réactions d'indignation ... qui n'a pas empêché les autorités de procéder à des inculpations pour dégradations en réunion et pour coups et blessures et de fixer la date de la comparution en justice des "manifestants poursuivis" au 27 janvier.

L'échéance de ce 1er round judiciaire approchant maintenant à grand pas, une réunion a eu lieu à Bogny sur Meuse ce soir, à l'initiative du Collectif de Résistance Ouvrière, afin de réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour aider les inculpés qui se sont révélés, après une courte discussion, être en réalité au nombre de 10. Une quarantaine de personnes y participaient, issues des syndicats CGT et CFDT, mais aussi de plusieurs partis politiques de Gauche dont le NPA 08, le PG 08, le POI 08, le PCF et bien sûr le MRC 08, ainsi que d'organisation comme ATTAC 08 et la Ligue des Droits de l'Homme. Après un rappel détaillé des faits qui a permis de mettre en exergue l'utilisation disproportionnée et particulièrement provocatrice de la force publique qui a eu lieu le 28 octobre pour protéger une propriété privée et qui a conclu à la volonté évidente des autorités de vouloir faire un exemple pour décourager les futures mobilisations syndicales, il a été décidé, en attendant la réunion des UD syndicales qui aura lieu le 13, de créer un comité de soutien aux "manifestants poursuivis" et de lancer dès maintenant un appel public à la population afin qu'elle fasse massivement bloc pour exiger l'arrêt des poursuites judiciaires contre les personnes incriminées.

mardi 4 janvier 2011

Givet : Doische et Hastière, mais pas Beauraing, seront consultées sur le projet d'incinérateur !


Le projet de construction d'un incinérateur à Givet, à 2 pas de la frontière belge, a fortement ému nos voisins, toutes tendances politiques confondues, au point que le ministre wallon de l'environnement, Philippe Henry, avait demandé officiellement au début du mois de novembre des informations au Préfet des Ardennes. Après quelques semaines d'attente, il a reçu juste avant Noël une réponse dont la presse régionale belge se fait aujourd'hui l'écho au travers de 3 articles dont le plus détaillé est celui qui a été rédigé par Patrick Lemaire dans "l'Avenir.net", que nous nous permettons de reproduire en intégralité ci-dessous :

DOISCHE - Le préfet des Ardennes l'a confirmé au ministre Henry : une enquête publique sera organisée à Doische et Hastière, au sujet de l'incinérateur.
Début novembre, le ministre Henry avait évoqué, en réponse à une question du député Jean-Claude Maene, un courrier envoyé au préfet des Ardennes, afin d'obtenir davantage d'informations sur un projet d'incinérateur, qui fait grand bruit dans la botte de Givet. La réponse française est arrivée à Namur juste avant les fêtes.
Dans le cadre d'un appel d'offres national, la société Pointe EnR a été retenue en février dernier pour exploiter une installation de production d'électricité d'une puissance de 9,9 MW, à partir de la biomasse, indique Jean-François Savy, préfet des Ardennes. "L'énergie sera produite à partir de résidus de papier issus des industries papetières européennes", ajoute-t-il.
Le préfet donne quelques indications sur le processus de transformation : "Avant utilisation comme combustible dans les installations prévues à cet effet, ces résidus de papier subiront une préparation (séparation, broyage et compression à haute température) afin d'être transformés en briquettes appelées APIC. Ces APIC alimenteront une installation de combustion pour produire de la vapeur et de l'électricité, à l'aide d'une turbine".
Pour le préfet, l'installation projetée sera classée dans la rubrique "traitement thermique de déchets non dangereux". Cela veut dire qu'une demande d'autorisation particulière a été introduite par l'investisseur. "Actuellement, le dossier est en cours d'examen, conformément aux dispositions réglementaires qui lui sont applicables, ajoute le préfet. Sous réserve de sa régularité, il sera ensuite soumis aux avis du public et des administrations concernées".
Dans le cadre de cette procédure de consultation, Jean-François Savy confirme que les communes de Doische et d'Hastière, situées dans un périmètre inférieur à 3 km, seront associées à l'enquête publique. Au dossier sera joint son avis officiel sur le dossier, comme le prévoit la législation. Jean-François Savy promet d'informer le ministre wallon du déroulement de l'instruction. Jusqu'ici, les autorités belges pleuraient après les informations.
En novembre dernier, le député Maene avait eu des mots durs à l'égard de nos voisins, dans le cadre de ce dossier : "Les Français ont décidé de ne pas agir préventivement, comme ils le font d'habitude, parce que cela devient franchement une habitude chez eux, s'était-il exprimé. Quand il y a des incidents à Chooz, la presse française est informée avant les autorités belges. On l'est via la presse et ainsi de suite. C'est quand même intolérable. On retrouve évidemment la manière très jacobine de fonctionner en France. Cela nous paraît, en tous les cas pour ceux qui sont proches de la pointe de Givet et de toutes ces industries, totalement déplacé".

Rien de bien nouveau donc, si ce n'est, chose étrange, que ce serait la société Pointe Enr qui aurait été retenue au terme de l'appel d'offres lancé par la CRE 3 au début de l'année dernière, alors que d'après l'arrêté du ministre de l'écologie et de l'énergie en date du 25 février 2010, l'autorisation d'exploiter une installation de production d'électricité à partir de turbo-alternateur, d'une puissance de 9,9 MW, utilisant de la biomasse, localisée sur le territoire de la commune de Givet a été donnée à la société SARL Bioénergie Val de Meuse, dont le siège social est situé route de Philippeville, zone du Pacog à Givet. Sans oublier bien sûr que les habitants des communes belges de Doische et d'Hastière auront voix au chapitre lors de l'enquête publique ... contrairement à ceux de Beauraing, pourtant situés sous les vents dominants ! De là à penser que cela ne plaira pas beaucoup à Jean-Claude Maene, le député-bourgmestre de cette ville, il n'y a qu'un petit pas. Ceux qui pensent que le dossier est désormais clos risquent donc d'en être pour leurs frais...

samedi 1 janvier 2011

Petit décryptage des nouvelles populations légales ardennaises


Depuis 2006, la France, pour des raisons essentiellement financières, a renoncé à organiser des recensements, cette superbe invention napoléonienne qui avait lieu tous les 7 à 10 ans et qui permettait de connaître avec une précision exceptionnelle la population française sous toutes ses coutures. A la place, elle réalise désormais chaque année une enquête de recensement qui porte sur un cinquième des communes ainsi que sur un certain pourcentage de la population des grandes agglomérations et elle publie dans les derniers jours du mois de décembre les populations légales qui entreront en vigueur au 1er janvier.

Composé de la somme de la population communale (les personnes ayant leur résidence habituelle sur le territoire de la commune) et de la population comptée à part (les personnes dont la résidence habituelle est située dans une autre commune mais qui ont conservé une résidence sur le territoire de la commune, c'est-à-dire essentiellement les jeunes de moins de 25 ans poursuivant des études ailleurs, les personnes âgées placées en établissements spécialisés et les militaires), cet indicateur qui permet de percevoir les dynamiques d’un territoire est attendu avec impatience par les décideurs de tous ordres, et notamment par les élus locaux qui surveillent de près le franchissement des seuils entraînant la modification du nombre des conseillers municipaux et de leurs indemnités.

Que peut-on retenir des derniers chiffres qui ont été publiés hier ? D’abord, malheureusement, que dans une France dont les effectifs augmentent sensiblement, les Ardennes connaissent avec une population totale de 292.722 personnes une baisse de 791 habitants, soit – 0,27 % ou encore 2 habitants en moins chaque jour ! Rien de glorieux donc, surtout que dans le même temps la région Champagne-Ardenne a réussi à limiter sa baisse à seulement – 0,11 %. Plus en détail, on peut remarquer que cette diminution des effectifs touche 2 arrondissements, ceux de Sedan et de Charleville-Mézières qui perdent respectivement 0,61 % et 0,43 %, alors que les arrondissements de Vouziers et de Rethel gagnent, eux, 0,13 % et 0,69 %. Le contraste entre le dynamisme démographique du sud des Ardennes et les difficultés du nord du département reste donc toujours d’actualité.

Cependant, à bien y regarder, les choses ne sont pas si simples que ça : dans l’arrondissement de Charleville-Mézières, si la vallée de la Meuse continue sa descente aux enfers avec une nouvelle chute de – 1,25 % et si les 5 cantons du chef-lieu perdent encore 0,34 % de leurs effectifs, le reste du territoire gagne 0,42 % ; dans l’arrondissement de Sedan, si les 3 cantons de la 2ème ville du département perdent globalement 1 % de leur population, les 4 autres en gagnent 0, 25 % ; dans l’arrondissement de Vouziers, si les effectifs progressent de plus de 1 % dans les 4 cantons situés à l’ouest, ils régressent de 0,36 % dans les 3 qui sont localisés à l’est et même de 0,63 % dans celui du chef-lieu ; dans l’arrondissement de Rethel, si la population est en hausse de 1,40 % dans les 5 cantons qui entourent le chef-lieu, elle est en baisse de 0,38 % dans celui qui le contient.

Pour le MRC 08, ces évolutions contrastées s’expliquent par plusieurs facteurs. Parmi eux, il y a bien sûr la crise industrielle qui fait sentir ses effets néfastes dans la vallée de la Meuse, tout particulièrement dans le canton de Revin qui perd 2,75 % de sa population, mais aussi la fin de la périurbanisation au profit de la rurbanisation, qui se traduit par exemple par une baisse de 1,60 % des habitants du canton de Villers-Semeuse et par une hausse de 1,65 % de ceux du canton de Renwez. Sans oublier le desserrement de l’aire urbaine de Reims, qui a permis une envolée de 2,02 % et de 3,3 % de la population des cantons d’Asfeld et de Juniville, et l’effet d’aspirateur à population de l’A 34 dont a bénéficié le canton de Novion-Porcien qui a vu ses effectifs progresser de 1,34 % !

Enfin, si on observe les chiffres publiés commune par commune, le principal enseignement, et de très loin, est que Sedan, en perdant 496 habitants, est passée sous la barre des 20.000 âmes avec très exactement 19.738 habitants. Une bien mauvaise nouvelle pour les élus, qui verront dès cette année leurs indemnités diminuées et dont le nombre pourrait être revu à la baisse en 2014 si la tendance ne s’inverse pas. Ce risque de diminution du nombre de conseillers municipaux plane également sur les communes de Sury et de Ménil-Annelles qui viennent de franchir à la baisse le seuil des 100 habitants. A l’inverse, en franchissant ce seuil à la hausse, Ménil-Lépinois et Mesmont pourraient voir leur conseil municipal passer de 9 élus à 11. De façon plus symbolique, on peut aussi remarquer que la ville de Revin n’a pas réussi à repasser la barre des 8.000 habitants, que celle de Givet s’est éloignée de celle des 7.000 habitants et que Fumay est maintenant passée sous la barre des 4.000 habitants. Quant à Vireux-Wallerand qui avait perdu l’an dernier au grand dam de son maire son statut de ville, elle confirme qu’elle est bien devenue un simple village en perdant 16 habitants supplémentaires.