Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

jeudi 29 septembre 2011

Non à l'instrumentalisation de la laïcité !

Au milieu du mois d’avril, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a annoncé lors d’une grand-messe réunissant les principaux responsables de cultes en France la mise en place dans tout le pays de conférences départementales sur la laïcité et la liberté religieuse. Leurs buts officiels ? Rassembler des élus locaux, des responsables de services publics et surtout des représentants des cultes afin de les informer de l’état actuel de la législation sur la laïcité et de résoudre les problèmes locaux. Cette feuille de route qui a déjà donné lieu à de nombreux contacts dans bien des départements se concrétisera dans les Ardennes par la tenue vendredi dans les locaux de la Préfecture d’une grande réunion à laquelle sont conviés, outre les 5 parlementaires du département et les présidents des 3 associations de maires, 7 responsables de services publics et des dignitaires des principales religions. Sans oublier, pour faire bonne figure, 3 dirigeants d’associations concernées par le sujet !

En ces temps troublés pour la laïcité qui est de plus en plus remise en cause, notamment dans les plus hautes sphères de l’Etat, une réunion sur cette valeur républicaine essentielle peut sembler une bonne chose. Mais lorsqu’on voit l’intitulé de la conférence qui met l’accent sur la liberté religieuse, on peut se demander quelle en est la finalité ! S’agit-il de réaffirmer avec force le principe de la laïcité, qui est le garant d’un "vivre ensemble" harmonieux entre des personnes de croyances différentes, ou bien d’ouvrir un chemin pour accoler à cette valeur le qualificatif  "ouverte" ou "positive" afin d’en édulcorer les effets ? Lorsqu’on constate que, autour de la table, siégeront côte à côte des représentants élus par le peuple et des représentants nommés par les religions, on peut avoir des doutes quant au respect de l’article 2 de la loi de 1905 qui stipule que "l’Etat ne reconnaît aucun culte". Surtout, lorsqu’on sait que cette réunion débouchera sur la nomination d’un référent départemental sur la laïcité dont la mission sera de faire l’interface entre les élus et les religieux pour régler les problèmes relatifs au respect de la laïcité, on peut se demander si l’objectif final de cette conférence n’est pas de trouver un moyen de sortir du cadre strict d’une loi qui a pourtant fait la preuve de son efficacité sur la durée.

Dans ces conditions, cette réunion s’apparente donc plus à une mascarade destinée à recouvrir d’un vernis consensuel une opération programmée de destruction de la laïcité qu’à un vrai débat sur les moyens de faire appliquer pleinement le principe dont la France s’est dotée en 1905. C’est pourquoi le MRC 08 condamne avec la plus grande fermeté son organisation et encourage tous ceux qui sont réellement attachés aux valeurs républicaines à ne pas se fourvoyer en y participant... 

dimanche 25 septembre 2011

samedi 24 septembre 2011

Carte de l’intercommunalité : l’avis des collectivités est désormais connu !

La Commission Départementale de la Coopération Intercommunale (CDCI), qui a été installée officiellement le 26 avril dernier, s’est réunie pour la 2ème fois le vendredi 16 septembre. A l’ordre du jour de cette séance, il y avait, en plus de l’inévitable adoption du règlement intérieur, la communication des avis rendus par les 658 collectivités territoriales et structures intercommunales des Ardennes sur le schéma proposé au printemps par le Préfet. A l’issue du délai légal de 3 mois permettant à chaque assemblée délibérante de se positionner, 437 avis ont été formulés, parmi lesquels 342 l’ont été par des communes (sur 463 que compte le département), 16 par des établissements publics de coopération intercommunale (sur 17) et 79 par des syndicats intercommunaux et des syndicats mixtes (sur 178).

Pour traiter les avis rendus, la méthodologie a été la suivante : ont été comptabilisées favorables au schéma du Préfet les collectivités qui l’ont approuvé formellement sans la moindre réserve, mais aussi celles qui l’ont approuvé globalement en émettant des réserves sur certains points et celles, dites tacites, qui ne se sont pas prononcées dans les délais prévus. Par contre, les collectivités qui ont émis un avis défavorable et toute celles qui n’ont pas mentionné d’avis global mais qui ont fait savoir leur désaccord sur un ou plusieurs points ont été considérées comme étant hostiles au schéma proposé. Une méthode tout à fait acceptable donc, sauf à vouloir couper les cheveux en 4, qui a abouti à un taux global de réponses positives d’environ 53 % !

Dans le détail, les choses sont cependant plus nuancées puisque, si 65 % des syndicats intercommunaux et des syndicats mixtes ont rendu un avis favorable, seulement 48 % des communes et 47 % des EPCI ont fait de même. Pis, dans l’arrondissement de Rethel, ces chiffres tombent respectivement à 38,6 % pour les communes et à 20 % pour les EPCI, et dans celui de Vouziers ils se limitent à un piteux 34,1 % pour les communes ! Par contre, dans le Sedanais, le schéma du Préfet est nettement mieux perçu puisque 69 % des communes et 87 % des syndicats l’ont accepté. Quant à l’arrondissement de Charleville-Mézières, il y est majoritairement favorable, mais pas de façon écrasante puisque 45 % des communes ont fait savoir qu’elles y étaient hostiles.

Que faut-il déduire de ces quelques chiffres ? Pour le MRC 08, trois choses ! La première est qu’avec 437 collectivités qui ont rendu un avis sur les 658 qui ont été consultées, soit pratiquement les 2/3, la réforme de la carte de l’intercommunalité est un sujet qui intéresse et qui mobilise les élus. La preuve est ainsi faite que beaucoup ont compris qu’une gestion strictement communale des affaires locales était maintenant dépassée. La deuxième chose est qu’avec 53 % d’avis favorables, le schéma du Préfet qui s’efforçait pourtant d’être équilibré en ménageant la chèvre et le chou est loin, très loin même, de faire l’unanimité. Enfin, la dernière est que ce schéma est massivement rejeté là où on ne l’attendait pas, à savoir dans le sud du département, ce qui amènera certainement la CDCI, que l’on présentait au départ comme une simple chambre d’enregistrement, à amender le projet initial.

mercredi 21 septembre 2011

Emprunts toxiques : 12 communes ardennaises seraient concernées !

Dans un dossier explosif publié dans son édition de ce jour, le journal Libération accuse le spécialiste français du crédit aux collectivités, la banque franco-belge Dexia, d’avoir vendu entre 2000 et 2009 des emprunts toxiques à 5.500 collectivités locales et établissements publics (des hôpitaux par exemple !) pour un montant d’environ 25 milliards d’euros. Apparu il y a une dizaine d’années, ce type d’emprunt, qui appartient à la famille des produits structurés dont il constitue la catégorie la plus spéculative, repose sur des taux d’intérêt variables indexés sur des supports particulièrement volatiles, comme des variations de change ou le prix du baril de pétrole, qui peuvent baisser ou augmenter dans des proportions importantes. Il représente donc un risque énorme qu’il est quasiment impossible de maîtriser, surtout sur des périodes qui s’étalent la plupart du temps de 15 à 25 ans, mais dont le surcoût s’élèverait déjà à la fin 2009 à 3,9 milliards d’euros !

Bien sûr, la banque incriminée a aussitôt démenti les chiffres avancés par le quotidien en les qualifiant de "fantaisistes" et elle s’est efforcée de faire œuvre de pédagogie en expliquant qu’il ne faut pas assimiler tous les crédits structurés à des crédits toxiques. Il n’empêche que même si les données publiées aujourd’hui ne reflètent pas la réalité avec une exactitude parfaite, elles ont pour le MRC 08 l’immense avantage de mettre sur le devant de la scène l’épée de Damoclès qui se trouve au dessus des finances d’un certain nombre de collectivités, dont certaines ont déjà fait l’objet d’une étude approfondie par la commission d’enquête parlementaire créée spécialement à cet effet en juin dernier. Pour le moment, ce n’a été le cas d’aucune commune ardennaise, mais rien ne dit que ça n’arrivera pas à l’avenir puisque Libération affirme que 12 d’entre elles auraient succombé aux sirènes de ces emprunts empoisonnés. En voilà la liste, avec pour chacune d’entre elles le montant total des emprunts concernés, le montant estimé des surcoûts et le ratio surcoûts/montant total   

Givet : 8.645.000 euros / 2.597.000 euros / 30,04 %
Fumay : 8.598.000 euros / 2.074.000 euros/ 24,12 %
Sedan : 15.848.000 euros / 2.8444.000 euros / 17,95 %
Charleville-Mézières : 21.721.000 euros / 2.849.000 euros / 13,12 %
Vouziers : 336.000 euros / 39.000 euros / 11,61 %
Balan : 421.000 euros / 36.000 euros / 8,55 %
Carignan : 531.000 euros / 39.000 euros / 7,34 %
Revin : 1.656.000 euros /  112.000 euros / 6,76 %
Chooz : 6.712.000 euros / 451.000 euros / 6,72 %
Rethel : 2.173.000 euros / 132.000 euros / 6,07 %
Aubrives : 762.000 euros / 36.000 euros / 4,72 %
La Francheville : 732.000 euros / 20.000 euros / 2,73 %

Chevènement dénonce une orthodoxie maastrichienne qui conduit au gouffre !

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, a dénoncé, mardi dans un communiqué, une "orthodoxie maastrichtienne" des responsables européens "qui conduit au gouffre".

L'ancien ministre estime que le secrétaire d'Etat américain au Trésor, Timothy Geithner, a "eu raison de pointer le risque d'une nouvelle récession mondiale", "l'insuffisance du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour faire face aux crises à venir" ou encore "la nécessité de faire intervenir la Banque centrale européenne pour racheter de la dette souveraine avec la garantie du FESF pour exercer un effet de levier". 

Face à lui, les ministres des Finances européens font "preuve à la fois de beaucoup d'aveuglement et d'arrogance", écrit M. Chevènement, jugeant que "ces recommandations de bon sens ont été balayées par MM. Schaüble, Juncker et Trichet au nom d'une orthodoxie maastrichtienne qui conduit au gouffre". 

"Pourtant il est évident qu'une sortie de crise doit être envisagée à travers une relance coordonnée de part et d'autre de l'Atlantique, appuyée sur l'action des deux banques centrales, le Federal Reserve Board et la Banque centrale européenne", affirme M. Chevènement.
(dépêche AFP, mardi 20 septembre, 11h26)

jeudi 15 septembre 2011

De l'utilité d'un mal !

mardi 13 septembre 2011

Givet : 1er grand test pour les aménagements anti-inondation !

A Givet, depuis les crues dévastatrices qui ont eu lieu en 1993 et 1995, la lutte contre les inondations fait partie des préoccupations majeures des habitants dont beaucoup se souviennent encore avec angoisse des dégâts qu’ils ont subis. C’est pourquoi la municipalité s’est engagée dans un programme de grande envergure afin, non pas de limiter, mais carrément d’éradiquer les effets néfastes de ces catastrophes naturelles à répétition. Dans cette optique, après une phase d’études qui a été lancée en 2004 par la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, elle a commencé par installer un batardeau amovible afin de permettre en toutes circonstances l’écoulement des eaux de la Houille dans la Meuse et ainsi de protéger le Petit Givet des fréquentes inondations qu’il subissait.

Puis, après cet aménagement qui a fait la preuve de son efficacité, des clapets anti-retour ont été installés sur les réseaux d’assainissement et la Meuse a été draguée entre le barrage des Quatre Cheminées et le quai Bertrand pour faciliter l’écoulement des eaux. Dans la foulée, la digue située sur la rive gauche, entre ce même quai Bertrand et la porte de garde du port, a été consolidée et rehaussée et 3 postes de crue, dotés de pompes, ont été construits rue de l’Hôpital, rue du Paradis et au ruisseau Mon Idée. Ensuite, les berges de la rive droite de la Meuse, entre le square Albert 1er et le cimetière Saint-Roch, ont été renforcées par des palplanches. Enfin, ce dispositif anti-inondation a été parachevé par la construction, sur les 2 rives de la Meuse et sur les berges de la Houille, d’élégants murets en pierre bleue de 80 centimètres de hauteur conçus pour être reliés en cas de crue par des batardeaux amovibles en aluminium.

Au total, à l’issue d’un chantier de plusieurs années, ce sont donc près de 3 kilomètres de berges qui ont été transformés pour pouvoir résister aux caprices de la Meuse et de la Houille. A une condition, toutefois ! Que le colossal dispositif amovible - que certains présentent comme étant unique en France – composé de 750 poteaux et de 6.300 poutrelles de 3 mètres de long puisse être mis en place dans des délais compatibles avec la rapidité de la montée du niveau des cours d’eau concernés en période de crue. Pour savoir si c’est réellement le cas, un test grandeur nature de montage de la totalité du matériel, auquel devraient participer une soixantaine d’agents municipaux, a commencé ce matin et devrait durer jusqu’à demain soir. Quel en sera le résultat ? Il est évidemment trop tôt pour le dire, mais le MRC 08 espère qu’il sera à la hauteur des sommes gigantesques que ces aménagements ont coûtées et des espoirs qu’ils ont fait naître chez beaucoup de Givetois(es)... 

dimanche 11 septembre 2011

Magotteaux passe sous pavillon chilien !

Dans le monde impitoyable des multinationales, Magotteaux ne joue pas dans la cour des très grandes. Pourtant cette entreprise belge, fondée en 1920 à Vaux-sous-Chèvremont dans la banlieue de Liège et qui a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 470 millions d’euros grâce au travail de plus de 2.500 salariés présents dans 12 pays, est le leader mondial dans la production de pièces d’usure pour le concassage et le broyage de matériaux lourds comme les minerais, le ciment et les agrégats de métaux. C’est donc une référence dans l’industrie minière, le dragage aussi bien fluvial que maritime et les cimenteries, qui possède depuis 1976 à Aubrives un site de production qui est aujourd’hui le 3ème employeur privé du canton de Givet!

Racheté en 2007 à 55 % par le fonds d’investissement scandinave IK Investment Partners, ce fleuron de l’industrie wallonne n’a pas échappé à la crise mondiale de l’acier et du bâtiment, au point d’avoir été contraint de recourir à un plan social en 2009. Depuis, les choses se sont améliorées, mais pas assez au goût des propriétaires qui ont décidé en mai dernier de mettre le groupe en vente, avec l’aide de la célèbre banque d’affaires Morgan Stanley et du cabinet d’avocats Clifford Chance. Parmi les prétendants qui se sont déclarés, les plus sérieux semblaient être les sociétés australiennes OneSteel et Orica ainsi que les fonds d’investissement Advent et Doughty Hanson. Pourtant, le gagnant de cette mise à l’encan n’a été aucun de ces favoris puisqu’ils se sont faits coiffer sur le poteau par Sigdo Koppers, un groupe chilien qui a raflé la mise le 24 août en mettant sur la table pas moins de 550 millions d’euros !      
  
Ce rachat par une multinationale sud-américaine, créée en 1960 seulement, qui affiche certes des ventes de 1,3 milliards d’euros pour 20.000 salariés mais qui est avant tout un conglomérat présent dans des activités aussi diverses que la distribution d’automobiles, la fabrication d’hydrogène, la logistique et l’extraction minière en a surpris plus d’un. Il a inquiété aussi, à un point tel que Sigdo Koppers a rapidement publié un communiqué dans lequel il s’est engagé à conserver non seulement le business model de Magotteaux, mais aussi son personnel, le nom de sa marque et ses sites de production. Aucune menace ne serait donc à craindre ! Pourtant, comme les grandes entreprises capitalistes sont guidées avant tout par une soif de profits toujours plus importants et non par une quelconque philanthropie, on ne peut pas exclure a priori une mauvaise surprise, que ce soit sur le site d’Aubrives ou sur un autre. C’est pourquoi, en attendant les évolutions des prochains mois, le MRC 08 considère qu’en l’état actuel des choses la plus grande vigilance doit impérativement être de mise...  

jeudi 8 septembre 2011

La "règle d'or" est en réalité une "règle d'airain"

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, a jugé jeudi que la règle d'or budgétaire était en fait une "règle d'airain" qui aurait, si elle était adoptée, des "effets déflationnistes". 

L'ancien ministre a été reçu jeudi après-midi par François Fillon qui a entamé la veille une série de "consultations" sur la "règle d'or" budgétaire, après quoi le chef de l'Etat décidera de convoquer ou non les parlementaires en Congrès pour se prononcer sur cette règle. 

"J'ai expliqué au Premier ministre que la règle d'or, qui est pour moi une règle d'airain, aurait inévitablement des effets déflationnistes, qu'elle était très rigide, qu'elle nous conduirait à mettre le doigt dans le fédéralisme budgétaire qui serait en réalité un carcan coercitif", a déclaré à la presse M. Chevènement. 

"Je pense que les peuples accepteraient difficilement ses conséquences, on peut l'accepter du point de vue de l'effet d'annonce mais une fois qu'on met le doigt dans cet engrenage, il faut savoir où cela conduit", a conclu M. Chevènement, qui n'exclut pas de se présenter à la présidentielle de 2012.
(dépêche AFP, jeudi 08 septembre 2011, 19h33)

lundi 5 septembre 2011

Chevènement : "il faut remettre l'école au centre de la société"


"L’Ecole française est en panne. Ce phénomène n’est pas nouveau. Depuis 1995, la proportion des élèves atteignant le niveau du bac stagne autour de 68-69%. Plus grave, le nombre d’élèves "décrocheurs" touche environ un cinquième des effectifs. Chaque année, 150 000 jeunes sortent du système éducatif sans véritable qualification. Les statistiques comparatives de l’OCDE dites PISA, montrent une lente régression du système éducatif français en trois domaines : la langue, les maths et les sciences. Cette panne est le symptôme du délitement de l’Ecole républicaine dont les valeurs (savoir, effort, autorité des maîtres) ont cessé d’être portées depuis déjà fort longtemps. 

Ma critique va au-delà des suppressions de postes. Elle touche à la fois l’indifférence que la Droite manifeste à l’égard de l’Ecole publique et les dérives des pédagogies qui, au prétexte de laisser les élèves "construire leur savoir", les abandonnent en fait à l’obscurantisme. Jadis fer de lance de "la lutte contre l’ignorance", l’Ecole devient "lieu de vie", ouverte à tous les vents. 

Il est nécessaire de réagir. Bien entendu, on ne relèvera l’Ecole de la République qu’avec la République elle-même. L’Ecole doit être remise au centre de la société et les enseignants, convaincus qu’ils font le plus beau métier du monde, au service de valeurs toujours jeunes : celles de la République.

Je propose deux priorités. D’abord, donner des moyens aux écoles primaires et maternelles. Il faut que celles-ci puissent combler, dès l’âge le plus tendre, les retards qu’on observe chez beaucoup d’enfants en matière de vocabulaire et de grammaire. On doit pouvoir réduire de quatre à un le nombre des élèves "décrocheurs" par des pédagogies plus actives et plus directives. Ce sont les classes les plus défavorisées qui ont le plus besoin d’une école structurée. Deuxième objectif, accroître à nouveau le nombre des élèves ayant accès à l’enseignement supérieur. La France s’était engagée aux sommets de Lisbonne (2000) et de Barcelone (2002) à porter à 50% le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au niveau de la licence (bac + 3). Cet objectif n’a pas été tenu. La proportion stagne à 25%, alors qu’elle dépasse 40% dans les pays nordiques, au Japon, en Corée, ou s’en approche, comme aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Le niveau de formation des jeunes est un avantage comparatif décisif dans la compétition internationale. L’Education nationale doit redevenir la grande priorité d’une République aujourd’hui à refaire".  
(tribune parue le 05/09/2011)    

dimanche 4 septembre 2011

Chevènement se donne jusqu'au 21 décembre pour officialiser sa candidature

Jean-Pierre Chevènement, le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a déclaré dimanche qu'il se donnait jusqu'au 21 décembre, fin de l'automne, pour officialiser sa candidature à l'élection présidentielle. "J'ai dit (en juin) que j'officialiserai ma candidature à l'automne", ce qui veut dire "au plus tôt le 21 septembre, au plus tard le 21 décembre", a précisé M. Chevènement devant environ 200 militants réunis à Carros (Alpes-Maritimes) pour leur université d'été. "Je me donne une marge d'appréciation. Je sais par expérience qu'une campagne présidentielle ça dure très longtemps, c'est très difficile. La France est une grande circonscription", a-t-il dit.

En attendant, le sénateur de Belfort entend jouer le pédagogue et faire "bouger les lignes" du parti socialiste, qu'il n'épargne pas après une université d'été à La Rochelle où "il ne s'est rien passé". "J'appréhende une déception possible de l'électorat dans l'hypothèse où le candidat de gauche l'emporterait, ce qui devrait arriver", a-t-il dit. "Les gens n'ont pas compris la dramatique situation qui est la nôtre et ils n'ont pas compris ce qu'il faut faire pour s'en sortir. Il faudra beaucoup de courage, beaucoup de fermeté", a estimé M. Chevènement. Il a consacré l'essentiel de son discours de clôture à son thème de prédilection, l'architecture erronée de la zone euro, tout en fustigeant au passage "la déréglementation des marchés financiers" ou "la dictature de l'actionnariat sur les Etats".

Pour Jean-Luc Laurent, président du MRC, la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la prochaine élection présidentielle "est une nécessité". Les militants s'activent actuellement pour collecter les parrainages nécessaires à cette candidature. En préparation également, un site internet qui dispose déjà de son logo: "Chevènement 2012, Chè 2012". Récemment, M. Chevènement qui avait soutenu Ségolène Royal en 2007, a affirmé que s'il était au PS, il soutiendrait Arnaud Montebourg.
(dépêche AFP, dimanche 04 septembre 2011, 18h03)

samedi 3 septembre 2011

Jean-Pierre Chevènement prépare de plus en plus 2012

"Ce week-end, l’ancien ministre de François Mitterrand réunira ses troupes à Carros (Alpes-Maritimes) pour l’université d’été du MRC. L’occasion pour le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen de faire un pas de plus vers l’élection présidentielle de 2012. Au centre des discussions, la crise. Cet été, Chevènement y a travaillé avec une surprise au menu. Le 9 août, alors qu’il était attablé avec l’académicien et le PDG d’EADS (qui construit les Airbus), , sur son lieu de vacances, à Belle-Ile, il a reçu un coup de téléphone de… Nicolas Sarkozy. De quoi ont-ils parlé? « J’ai échangé avec le président sur les moyens de sortir d’une situation extrêmement grave pour le pays », confie-t-il.

Chevènement jouerait-il le jeu de « l’union nationale »? Le 8 septembre, le Premier ministre, François Fillon l’a invité à Matignon pour discuter de la réduction des déficits. « J’ai accepté sa proposition », annonce-t-il. Mais le rapprochement s’arrête là. « Je ne voterai pas la règle d’or qui ne signifie rien de moins que la mise en congé du Parlement », explique l’ancien socialiste, qui dénonce toujours « l’Europe de Maastricht » et le fonctionnement de la Banque centrale européenne. Toutes choses que Chevènement estime ne pas avoir suffisamment entendues le week-end dernier à La Rochelle dans la bouche des socialistes. « On est sortis de cette université d’été comme on y est entrés : sans que ça bouge. Les socialistes n’ont pas une vision claire de ce qu’il faut faire pour sortir de l’impasse. », regrette Chevènement, qui renvoie dos à dos François Hollande et Martine Aubry, les « bébés Delors », qui revendiquent tous deux l’héritage de l’ancien patron de la Commission européenne.


Chevènement instille le doute sur la capacité même des candidats socialistes à être à la hauteur de la situation : « Il faut un homme d’Etat prêt à prendre des mesures de sauvegarde. Vous en voyez un à l’horizon? » Preuve que les relations avec le PS ne sont pas au beau fixe, il confie qu’« il n’y aura sans doute pas d’accord pour les élections sénatoriales » du 25 septembre : « Les socialistes sont impitoyables et ne font aucun effort envers nous. » A Carros, la candidature à l’Elysée de Chevènement sera dans toutes les têtes. Officiellement, il prendra sa décision « à l’automne ». Chevènement attend de connaître le résultat des primaires socialistes le 16 octobre avant d’ouvrir des discussions. En attendant, il publie un livre d’entretiens croisés avec Luc Chatel. Début octobre, il publiera chez Fayard « Sortir la France de l’impasse », un livre-programme de 100 pages. Surtout, son logo de campagne est prêt : « Che 2012 », un clin d’œil au célèbre guerillero argentin".
(édition du 01/09/2011)