Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

vendredi 30 janvier 2009

EPR : l'Elysée préfère Penly à Chooz.


La nouvelle est officiellement tombée hier en début de soirée sur les téléscripteurs de l’Agence France Presse. « Le président de la République confirme le lancement et la réalisation d’une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France », ce qui est une excellente nouvelle pour l’ensemble de la filière nucléaire et pour l’emploi en France, mais précise que « l’Etat valide le projet d’EDF de réaliser cette centrale sur le site de Penly, en Seine Maritime ». Cependant, pour ne pas froisser la commission européenne qui surveille de près ce dossier et pour ne pas avoir à trancher trop brutalement entre les 2 grands acteurs énergétiques français, il ajoute que « EDF réalisera cet équipement dans le cadre d’une société de projet dans laquelle GDF Suez sera associé » et que « dans la perspective du développement ultérieur de la filière, l’Etat reconnaît la volonté de GDF Suez d’assumer la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation de l’EPR suivant ».

Finies les rumeurs et les supputations de tous ordres, les choses sont désormais définitivement clarifiées. Chooz, qui s’était portée candidate à l’accueil de cette centrale, a été battue au finish par Penly. Bien sûr, c’est une très mauvaise nouvelle pour cette commune, mais pas seulement. Au-delà, avec cet échec, c’est l’ensemble de la Pointe qui voit s’envoler l’espoir d’une création massive d’emplois et toutes les Ardennes qui voient disparaître la perspective d’une augmentation conséquente du Fonds Départemental de Péréquation de la Taxe Professionnelle dont les communes les plus défavorisées profitent. Quant à l’avenir, malgré les déclarations optimistes qui ne manqueront d’être faites par nos parlementaires et par nos dirigeants départementaux, il est déjà écrit : le 3ème réacteur de type EPR sera construit par GDF Suez, c'est-à-dire en bordure du Rhône où cette entreprise a déjà acquis les terrains nécessaires et non en bordure de Meuse.

Si le MRC 08 se réjouit de la décision présidentielle de conforter la filière nucléaire en lançant la construction d’une deuxième centrale de type EPR, nous regrettons vivement que l’aménagement du territoire n’ait pas été pris en compte pour choisir le site. Nous le regrettons d’autant plus que certaines déclarations récentes avaient laissé entendre que Boris Ravignon, profitant de sa fonction de conseiller technique au développement durable auprès de Nicolas Sarkozy, avait su convaincre son mentor de la nécessité d’aider un territoire que la crise économique enfonce de plus en plus dans « la France qui souffre ». Mais surtout, nous demandons à la classe politique départementale de tirer des leçons de cette déconvenue et de réfléchir désormais à deux fois avant de faire des déclarations péremptoires qui relèvent des simples effets d’annonce. Cela évitera à la population ardennaise qui connaît quasi quotidiennement son lot de mauvaises nouvelles de subir des désillusions cruelles qui ne peuvent qu’affecter encore plus son moral.

jeudi 29 janvier 2009

La "France d'en bas" manifeste en masse à Charleville-Mézières.

Le 05 juillet 2008, Nicolas Sarkozy, certainement déconnecté des réalités nationales par son accession à la présidence de l'Union Européenne, avait affirmé devant le Conseil national de l'UMP que "la France est en train de bouger". La meilleure preuve, d'après lui, de ce mouvement tant espéré est que "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit". Le 25 janvier dernier, le ministre du budget, Eric Woerth, en rajoutait une couche en déclarant que "le recours à la grève en temps de crise économique et financière n'est pas la meilleure méthode pour répondre aux problèmes de la France". Autrement dit, après s'être félicités de l'efficacité des mesures remettant en cause insidieusement le droit de grève, nos dirigeants n'ont pas hésité à sermonner les pauvres et à leur demander d'être solidaires envers les riches en difficulté en acceptant, avec le sourire si possible, les mises au chômage partiel, les charrettes de licenciements et même les fermetures d'entreprises.

C'était sans compter avec la volonté de la "France d'en bas" de ne pas être la seule à payer les pots cassés d'une crise dans laquelle elle n'a aucune responsabilité. C'était aussi mettre un peu trop rapidement au rebut les syndicats qui ont jugé qu'il était temps de se rappeler au bon souvenir du gouvernement en déclenchant aujourd'hui une grève interprofessionnelle et en appellant à l'organisation du maximum de défilés de protestation. Dans les Ardennes, conformément à une tradition bien établie, les manifestants se sont retrouvés sur la place ducale, puis ils ont convergé vers la Préfecture sans oublier au passage de faire part de leur mauvaise humeur devant la permanence de la députée UMP Bérengère Poletti. Combien étaient-ils ? Les sources officielles diront certainement quelques centaines, mais les habitués scrutant de leurs yeux experts les rangs du défilé affirmaient que leur nombre était compris entre 1.500 et 2.000, ce qui ferait de cette manifestation la plus importante connue par le chef-lieu depuis les rassemblements contre le CPE en 2006. Qui a raison ? Pour le MRC 08 qui a profité de l'occasion pour consolider quelques liens, les derniers bien sûr, comme vous pouvez le voir sur les photos ci-dessous.


mardi 27 janvier 2009

C.M.I.A. : c'est fini !


La crise économique qui s'est brutalement déclenchée l'an dernier dans le sillage de l'éclatement de la bulle spéculative immobilière n'en finit plus de faire des victimes. La planète entière est touchée, y compris des pays que l'on admirait jusqu'ici pour leur croissance remarquable, comme la Corée du sud qui a connu une baisse impressionnante de son PIB de - 5,6 % au cours du 4ème trimestre 2008. Il en est de même des plus grandes firmes mondiales qui annoncent les unes après les autres des plans de licenciements massifs, à l'image de Caterpillar et de Pfizer qui ont déclaré hier devoir se séparer pour leur survie respectivement de 20.000 et 14.000 salariés. La France, bien sûr, n'échappe pas à ce tsunami, pas plus que les Ardennes où plus de 100 entreprises ont déjà mis en chômage partiel 4.832 salariés, alors que d'autres ont été contraintes de recourir à des licenciements.

Parfois, la situation est devenue tellement insoutenable que la fermeture définitive a été inévitable. Dans ce cas extrème, il est d'usage que les salariés en colère et les syndicats fassent immédiatement savoir leur mécontentement aux médias et à la population afin qu'une pression suffisamment forte soit exercée sur les dirigeants et les oblige à accorder des plans sociaux acceptables. Mais cette règle connaît des exceptions. Ainsi, lorsque l'entreprise est petite et que ses salariés ne bénéficient pas d'un soutien extérieur, il arrive alors assez souvent qu'elle disparaisse sans bruit, dans l'indifférence générale. C'est ce qui vient malheureusement d'arriver à l'entreprise C.M.I.A. (chaudronnerie et maintenance industrielle aubrivoise).

Créée en décembre 2003 et spécialisée dans l'installation de structures métalliques, dans la chaudronnerie et dans la tuyauterie, cette petite entreprise avait vu son chiffre d'affaires décoller rapidement, pour approcher les 2 millions d'euro, et ses effectifs dépasser le seuil des 10 salariés. Malheureusement, son marché étant extrèmement concurrentiel, la C.M.I.A. a connu en 2006 sa première perte. Depuis, malgré bien des efforts, elle n'a pas réussi à redresser la barre et la crise économique actuelle lui a asséné le coup de grâce puisqu'après avoir été placée en redressement judiciaire le 19 juin 2008, elle a été mise en liquidation judiciaire le 06 novembre 2008. Les optimistes diront qu'une reprise de dernière minute par un chevalier blanc venu d'on ne sait où est toujours possible. Hélas, ce ne sera pas le cas puisqu'une vente aux enchères publiques de l'outil de travail et du stock de l'entreprise aura lieu dès le 05 février.

Nul doute que certains feront de bonnes affaires lors de cette braderie, mais le MRC 08 ne peut s'empêcher de penser que ce mini-drame industriel qui affaiblit encore le tisssu économique local, laissera sur le carreau 6 salariés qui auront les plus grandes difficultés à retrouver du travail dans une Pointe de plus en plus sinistrée. Nous demandons donc que ces victimes silencieuses bénéficient de la même attention de la part des pouvoirs publics que celles des entreprises plus grosses qui ont été capable d'attirer les regards sur leur sort. Nous souhaitons aussi que tout soit mis en oeuvre par la municipalité et la Communauté de communes pour que le site occupé par la C.M.I.A., à l'entrée d'Aubrives à l'intersection de l'ancienne route nationale 51 et de la rue des Terres rouges, ne se transforme pas en une friche industrielle qui donnerait une mauvaise image à la localité et affaiblirait encore un peu plus le moral des nombreux automobilistes de cet axe à grande circulation.

samedi 24 janvier 2009

Aubrives : une semaine riche d'enseignements.


La petite commune d'Aubrives a connu cette semaine 3 évènements importants: la tenue d'un Conseil municipal lundi, la distribution à toute la population mardi du bulletin municipal et la présentation des voeux du maire vendredi. Dans une bourgade habituée à une vie municipale ayant calqué son rythme sur celui bien lent des eaux de la Meuse, cela fait beaucoup en si peu de temps. Les plus optimistes diront qu'il s'agit de la manifestation de l'activité débordante dont fait preuve la nouvelle municipalité. Les autres, dont je fais partie, se contenteront d'y voir un simple hasard du calendrier.

La réunion du Conseil municipal, prévue initialement mercredi 14, avait dû être reportée du fait que la convocation et les documents préparatoires ne m'étaient parvenus que le jour même vers midi. Une simple erreur de distribution du courrier, m'a-t-on affirmé! Soit, mais connaissant certaines pratiques utilisées dans un passé récent par les membres dirigeants de l'équipe municipale (comment oublier la mémorable séance tenue en mon absence le 19 août avec 59 sujets à l'ordre du jour alors que les 2 réunions précédentes n'avaient eu à traiter qu'un seul dossier ?), il n'en fallait pas plus pour que mes "antennes à prudence" se déclenchent. J'ai donc épluché l'ordre du jour et les documents d'accompagnement. A ma grande surprise, je n'y ai rien trouvé d'anormal ... mais ce n'a pas été le cas lorsque j'ai lu le compte-rendu de la séance précédente: j'ai alors pu constater qu'il était stipulé que le Conseil municipal avait accepté le projet d'aménagement de la rue Votion et de la rue de la Brasserie ainsi que le plan de financement proposé par le maire comportant un emprunt de 320.000 euro. Si la 1ère partie de cette affirmation est vraie, la 2ème est absolument fausse puisque le 12 novembre 2008 le Conseil municipal s'était mis d'accord pour accepter le recours à l'emprunt mais ne s'était pas prononcé sur son montant. J'ai donc demandé qu'une correction soit apportée au compte-rendu, mais je n'ai obtenu qu'une demi-satisfaction puisque ma remarque sera seulement consignée en observation. Certains s'étonneront sûrement de ma réaction et la trouveront exagérée. Ils auraient tort, d'abord parce que l'équipe municipale élue en mars a fait campagne sur le surendettement insoutenable de la commune, ensuite parce que cet emprunt de 320.000 euro serait le plus important contracté depuis 2000! De quoi gêner certains aux entournures, je le comprends bien.

Concernant le bulletin municipal, je me souviens avoir demandé lors du budget primitif pourquoi la somme allouée à sa publication avait été augmentée de 50 %. Il m'avait été répondu sur un ton péremptoire que c'était "parce que nous comptons faire mieux". 10 pages au lieu de 16, une couverture de moins bonne qualité, 9 mois pour le concevoir contre 3 auparavant, une seule publicité au lieu de 15 dans le dernier numéro, certains considéreront peut-être que c'est mieux, mais pas moi. Quant au fond, il est à l'image de la forme: décevant! Pour dire les choses telles que je les ressent, ce numéro 55 de "Aubrives magazine" n'est pas un bulletin d'information et de liaison (expression figurant sur la dernière page des numéros précédents) ... mais une brochure d'autosatisfaction et de propagande constituée pour l'essentiel par l'interview des 4 maires adjoints. Chacun y fait l'éloge de son action (on n'est jamais mieux servi que par soi-même!) et ouvre quelques pistes pour l'avenir, sans même se rendre compte de l'énormité, pour ne pas dire de la bêtise, de certains de leurs propos.

Ainsi, le très libéral 1er adjoint, en affirmant que "la communication est très importante pour nos administrés. Nous réfléchissons à un système d'information plus fréquent", avoue qu'il ne fait pas la différence entre la communication, qui n'est qu'un simple moyen d'attirer l'attention, et l'information, qui est un contenu. L'adjoint chargé des fêtes déclare, entre 2 communications téléphoniques qui annoncent un débat houleux lors de la discussion sur le compte administratif, avoir pour but "d'offrir à la population des animations qu'elle ne trouvait pas ici jusqu'à présent", ce qui laisse entendre qu'il donnera la priorité aux nouveautés par rapport à l'existant, y compris lorsqu'il était de grande qualité comme l'exposition de peinture organisée chaque printemps. L'adjoint chargé des travaux cite en 1er parmi les réalisations de 2008 "la réfection du pont de la mairie" qui n'a consisté qu'à poser un enrobé sur un pont dont la structure déficiente n'a pas été améliorée: en clair, un cautère sur une jambe de bois qui aura la même efficacité qu'un pansement sur une plaie ouverte. Quant à l'adjoint aux plantes vertes et à l'assainissement, il annonce que "le premier objectif est d'obtenir la première fleur" et précise que "notre village suscite de l'admiration pour cet environnement", oubliant d'informer la population que cette course au trèfle aura un coût et que l'admiration pour notre environnement s'est traduit par une baisse de notre population qui se trouve maintenant largement sous les 1.000 habitants. Au total, ce bulletin n'est donc qu'un vague verbiage qui oublie l'essentiel: informer la population des décisions du Conseil municipal grâce à un compte-rendu succinct de ses séances et des grands événements qui ont marqué la commune. Cela lui aurait permis d'apprendre que les simples conseillers municipaux sont désormais rémunérés à hauteur de 979 euro net par an (sauf un, en l'occurrence moi, qui a choisi de verser cette somme au Comité des anciens), que le Relais des Mousquetaires a été fermé 3 mois suite à un incendie, qu'une balayeuse ultra-performante mais très discrète a été acquise ou encore que la population est passée de 1.026 à 959 entre les recensements de 1999 et 2004!

Enfin, les voeux du maire ont eu lieu devant une salle pleine de monde mais vide de personnalités politiques (ni le Conseiller général, Claude Wallendorff, ni le Président de la Communauté de communes, Bernard Dekens, n'avaient jugé nécessaire de se déplacer). Dans son discours, après avoir adressé de trop longs remerciements (merci à la gendarmerie qui patrouille ou encore aux enseignants qui éduquent, bravo!) et établi un trop court bilan des réalisations de 2008 en renvoyant à la lecture du dernier bulletin municipal, le 1er magistrat a rappelé la situation économique que nous vivons, puis il a présenté en vrac et sans priorité, tel un inventaire à la Prévert, la liste des projets envisagés pour 2009 avant de lancer un bouleversant appel à tous les décideurs susceptibles d'accorder des subventions. Le tout a été terminé par 2 citations de l'abbé Pierre et de Jaurès dont le point commun est qu'elles permettent de s'auto-dispenser de l'exercice toujours très intéressant que constitue l'autocritique. Beaucoup de mots pour rien donc, dont je retiendrai toutefois 2 expressions: "nos emplettes sont nos emplois de demain", ce qui devrait logiquement se traduire par le retour de commandes de la mairie et des associations municipales auprès du magasin de proximité du village, et "nous apporterons notre soutien aux associations développant des projets nouveaux", ce qui laisse supposer que les associations déjà en place devront compter sur elles-mêmes contrairement à ce qui figurait dans le programme de la liste "un nouvel essor pour Aubrives". Le verre de l'amitié a bien sûr ponctué cette cérémonie, mais d'après les bruits qui courent déjà dans le village, le pluriel serait plus approprié étant donné que les derniers participants auraient quitté les lieux à l'heure à laquelle, d'après Jacques Dutronc, Paris s'éveille!
LB

vendredi 23 janvier 2009

29 janvier : une grève à ne pas rater !


Cela fait maintenant plus d’un an et demi que Nicolas Sarkozy est au pouvoir et les effets de sa politique sont désormais visibles par tous : cadeaux à répétition aux favorisés de la fortune et aux entreprises comme l’ont montré le paquet fiscal de 15 milliards d’euro et le très contestable bouclier fiscal de 40 % ; efforts toujours plus importants imposés aux défavorisés, à l’image de la logique qui a prévalu à la réforme de l’indemnisation du chômage, et aux salariés qui voient leurs acquis petit à petit rognés ; remises en cause insidieuses mais répétées des libertés comme le prouvent les récentes atteintes à l’exercice du droit de grève ; désaménagement programmé du territoire, en particulier de ses espaces les plus fragiles, par la réforme générale des politiques publiques.

Cette politique, qui aggrave les effets de la crise économique provoquée par la crise financière au lieu de les amortir, a abouti en France à une brutale remontée du nombre de chômeurs et à une dégradation très sensible du pouvoir d’achat. Dans les Ardennes, sa meilleure illustration a été apportée par le préfet qui a récemment révélé qu’à la mi-janvier le département comptait 4.832 salariés au chômage partiel dans plus de 100 entreprises, ce qui représentera pour le seul premier semestre 1.023.207 heures moins rémunérées qu’en temps normal. On peut y ajouter aussi la fermeture du CEC à Givet et du collège de Chaumont Porcien, la suppression du tribunal de commerce de Charleville-Mézières et de celui des prud’hommes de Sedan, la disparition plus que probable de la Police des Airs et des Frontières sans parler des menaces qui pèsent sur le maintien de la CRS 23.

Face à cette situation, les syndicats ont décidé qu’il était temps de réagir et ont lancé un appel unitaire à la grève le 29 janvier. Le MRC 08 s’associe pleinement à cet appel et demande à ses militants ainsi qu’à ses sympathisants de participer à la manifestation qui partira à 10h00 de la place ducale à Charleville-Mézières. Cette grève doit être un succès et le nombre de ceux qui battront le pavé doit être suffisamment important pour que le pouvoir en place y réfléchisse à deux fois avant de continuer son entreprise de démolition du pacte social qui sert de fondement à notre pays depuis plus d’un demi-siècle. C’est aussi une occasion à ne pas manquer pour toutes les forces et mouvements sociaux progressistes de poser la 1ère pierre d’un rassemblement de toute la Gauche qui peut seul battre une Droite unie lors des élections de 2012.

jeudi 22 janvier 2009

EPR à Chooz : la prudence s'impose encore !


Dans son édition d'aujourd'hui, le journal économique "Les Echos" consacre un long article au développement de la filière nucléaire en France intitulé "réacteurs EPR : et de trois ?". Le département des Ardennes, qui a déposé sa candidature pour accueillir à Chooz le 2ème site de cette nouvelle génération de centrale nucléaire, est directement concerné par les informations qu'il comporte. Qu'y apprend-on? D'abord que vendredi 16 janvier, Nicolas Sarkozy a convoqué un conseil de politique nucléaire où il a fait part de son indécision entre EDF et GDF-Suez pour la construction du 2ème EPR français et que rien ne serait décidé avant trois semaines sur ce dossier extrêmement sensible. Ensuite que l'annonce par "Le Journal du Dimanche" le week-end dernier que EDF était le mieux placé pour construire et exploiter le 2ème EPR, très certainement à Chooz, doit être interprété comme un test destiné à prendre la température auprès des associations écologistes et des syndicats. Enfin que la Commission européenne surveille de très près ce dossier et verrait d'un mauvais oeil l'octroi de la construction de cet EPR à EDF, d'autant que GDF-Suez entend jouer la carte européenne en associant à son projet le géant allemand de l'électricité E.ON et que le taux de disponibilité de ses centrales nucléaires en Belgique est nettement supérieur à celui d'EDF.

Ces informations amènent à nuancer les propos optimistes affirmant que le site de Chooz tiendrait la corde dans la course à l'attribution du 2ème EPR. Certes, EDF bénéficie d'un atout majeur avec son expertise qui est mondialement reconnue, mais il est affaibli financièrement après sa décision d'acquérir pour 20 milliards d'euro le britannique British Energy et l'américain Constellation et le montage financier de son projet avec éventuellemnt une participation du russe Gazprom, à l'origine de la récente crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine, paraît moins solide. De plus, s'il possède globalement de meilleurs sites que ceux de GDF-Suez, c'est parce que Penly et Flamanville sont situés en façade maritime, alors que Chooz nécessiterait un refroidissement par la Meuse qui reste à ce jour techniquement très difficle à réaliser.

Les jeux sont donc loin d'être faits dans l'attribution du 2ème EPR à l'un des deux grands opérateurs énergétiques français et dans le choix définitif du site où il serait construit. Dans ce contexte, le MRC-08, qui rappelle son attachement au développement de la filière nucléaire seule à même de fournir massivement une électricité bon marché dans des conditions satisfaisantes d'indépendance, estime que la prudence doit encore être de mise sur ce dossier et souhaite que la classe politique ardennaise ne multiplie pas les effets d'annonce qui relèvent plus du pari sur l'avenir que de l'information due aux citoyens. Vouloir éviter la sinistrose, c'est louable, mais si cela devait déboucher sur une cruellle désillusion, ce serait totalement contre-productif.

dimanche 18 janvier 2009

Bienvenue à Enercoop Ardennes

Il n'y a pas besoin d'être spécialiste de la question pour savoir que, depuis que les économies sont rentrées dans l'ère industrielle, leur fonctionnement repose sur une consommation considérable d'énergie. Le passage de la 1ère révolution industrielle aux suivantes n'a pas changé cette donnée fondamentale, bien au contraire, et il en est de même de l'entrée des économies les plus avancées dans l'ère post-industrielle. La production massive d'une énergie bon marché et facile d'accès constitue donc depuis maintenant près de 2 siècles un impératif absolu pour les locomotives économiques de la planète. Dans un premier temps, c'est le charbon, surabondant dans les pays à l'origine de l'aventure industrielle, qui fut utilisé. Puis le pétrole, plus facile d'utilisation et bien meilleur marché, le remplaça jusqu'à ce que les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 révèlent que sa fourniture dépendait de façon excessive de quelques pays pas forcément tous favorables à l'Occident. L'électricité nucléaire prit alors le relais, avec le succès que l'on sait en terme de coût de production et d'indépendance énergétique.

Cette course effrénée à la production d'énergie a donné naissance à de véritables mastodontes, seuls capables de mobiliser les sommes nécessaires à cette activité très fortement consommatrice de capitaux. Malheureusement, ces géants n'ont pas échappé à la financiarisation de l'économie et ils ont accordé une part de plus en plus importante de leurs bénéfices aux dividendes versés à leurs actionnaires. Ils ont aussi déclenché de sérieux problèmes environnementaux, même si certains ont tendance à être exagérés par les médias. Les gouvernements des principaux pays se sont donc émus de cette situation et depuis quelques années, ils cherchent à promouvoir la production d'énergie verte par de nouveaux acteurs en mettant en place des tarifs de rachat règlementés pour faciliter leur développement. En France, cette politique a permis l'essor d'entreprises comme Théolia, Voltalia ... ou encore Aérowatt, producteur d'électricité éolienne dans les DOM-TOM et bientôt dans les Ardennes à Mont-de Gerson.

Cette politique a aussi permis l'apparition d'entreprises d'un type nouveau. Ainsi, le 08 janvier dernier, Enercoop Ardennes a vu le jour à Attigny. Il s'agit d'une SCIC, c'est à dire d'une société coopérative d'intérêt collectif, qui se distingue des autres coopératives par son recours au multisociétariat afin de faire travailler ensemble des personnes physiques et morales ayant un rapport de nature diverse avec l'activité (salariés, bénéficiaires, financiers, bénévoles, collectivités publiques, ...). Spécialisée dans la production d'énergie verte et dans les diagnostics thermiques, c'est à la fois une entreprise ayant le statut de société commerciale et donc soumise aux impératifs de performance et de bonne gestion, une coopérative fonctionnant sur le principe "une personne = une voix" et un acteur de l'économie sociale contraint d'affecter au minimum 57,5 % de son résultat à des réserves impartageables.

Enercoop Ardennes est donc une société de forme privée et d'intérêt public, à but lucratif mais non spéculatif. En ces temps où le parasite financier est devenu immense et a fini par oublier que c'est le travail productif qui le porte sur son dos, sa création démontre que des initiatives citoyennes sont possibles dans l'économie. C'est pourquoi le MRC 08, sans renier le soutien qu'il apporte à la filière nucléaire qui reste indispensable à la production massive d'électricité bon marché, se réjouit vivement d'une telle création et encourage ceux qui le veulent et qui le peuvent à participer à son développement. Par ailleurs, Enercoop Ardennes étant la seule SCIC en France à avoir opter pour une approche multi-énergie (éolien, photovoltaïque et biomasse), nous lui souhaitons un succès éclatant afin qu'elle soit imitée dans le reste du pays et permette ainsi de faire parler des Ardennes autrement que pour ses déboires économiques.

jeudi 15 janvier 2009

Ardennes: la crise est bien là !

En cette période de voeux, un certain nombre d'élus de tous bords et de tous niveaux s'adonnent à la méthode Coué. Oubliant sans mauvaise conscience apparente leurs discours récents sur les bienfaits de la mondialisation, ils expliquent que, si on veut préserver nos Ardennes de la crise économique qui touche le reste de la planète, il existe un moyen imparable: ne pas céder à la sinistrose ambiante et se répéter sans cesse que notre département possède des atouts uniques qui en feront un isolat de prospérité au milieu d'un monde dévasté! Le MRC 08 le regrette vivement, mais son honnêteté et sa lucidité l'obligent à faire savoir que ce chant charmeur n'est plus de mise ... comme le montre cette photographie de la page départementale de l'édition d'aujourd'hui de "l'Ardennais", qui relate les conséquences sociales de la crise dans différents endroits des Ardennes. Les gros titres sont suffisamment parlants, mais pour ceux qui souhaitent avoir en plus tous les détails, il est possible de les obtenir en cliquant sur le document.

mercredi 14 janvier 2009

L'étonnante campagne de communication du Conseil général


Quelle magnifique affiche! Directement sortie des cerveaux à la créativité exceptionnelle des meilleurs publicitaires d'EURO RSCG, l'une des plus grandes entreprises de communication française, elle représente au-dessus d'un espace boisé typique de notre département et d'un slogan savamment choisi un ciel bleu parsemé de nuages agencés de façon à faire apparaître les terres émergées de notre planète. En langage publicitaire, cela s'appelle un paysage ardennais offrant en rêve ses espaces au monde entier. Soyons honnêtes, d'un point de vue esthétique, ce visuel (c'est le terme utilisé par les spécialistes de la communication) est une réussite et son originalité est telle qu'elle attire une foultitude de regards. Naturellement, le MRC 08 se réjouit fortement de la haute qualité de cette composante essentielle de la campagne nationale de promotion des Ardennes lancée en décembre dernier par le Conseil général sur les murs et le mobilier urbain de Lille, Metz, Nancy, Strasbourg, Reims et surtout Paris où sa présence intense le long du périphérique , sur les quais du métro et dans la gare de l'Est n'aura échappé à personne.

Cependant, à bien regarder cette merveille d'affiche, nous ne pouvons nous empêcher d'émettre 3 interrogations. Etait-il vraiment nécessaire de faire dans le superlatif ("la plus grande zone franche de France") alors que notre pays ne compte aujourd'hui en tout et pour tout que 100 zones franches urbaines, par définition limitées à un quartier d'une ville, et 2 bassins d'emplois à redynamiser couramment appelés zones franches ? Etre le premier, assurément c'est bien ... mais lorsqu'on n'a qu'un seul "concurrent", il n'y a pas de quoi en tirer une grande gloire! Etait-il vraiment opportun de parler d'ouverture sur le monde ? Si les communications avec le reste de la France sont d'une qualité incontestable depuis l'achèvement de l'A34 et l'arrivée du TGV-est, on peut difficilement en dire autant de celles avec l'Europe du nord qui pâtissent du blocage des travaux de la branche ouest du Y ardennais et de la lenteur de la modernisation du port de Givet, et encore moins de celles avec le reste du monde qui sont inexistantes depuis le déclassement du seul aérodrome départemental situé à Belval. Etait-il vraiment indispensable de faire apposer cette affiche sur les murs des villes et villages des ardennes ? L'objectif de cette campagne étant d'affirmer l'attractivité du territoire du département pour capter des investisseurs potentiels, on peut en douter ... sauf si nos décideurs départementaux avaient aussi pour objectif caché de désamorcer par anticipation une vague de délocalisation des activités ardennaises.

Au total, sans y être hostiles, nous sommes donc assez partagés sur cette campagne de communication du Conseil général et nous attendons avec impatience de voir quelle forme prendra la nouvelle campagne de promotion du département prévue pour le 2ème trimestre à destination des pays d'Europe du nord.

dimanche 11 janvier 2009

Crise automobile : les établissements Godart touchés à leur tour!



Le bruit courait avec insistance depuis quelque temps, il a été malheureusement confirmé dans l'édition du 09 janvier du journal "La voix du Nord". L'entreprise Westaflex automotive group, équipementier automobile de rang 1 employant 700 personnes et réalisant un chiffre d'affaires de 86 millions d'euro, s'apprête à licencier 113 personnes en France afin de faire face à la dégringolade que connaît son activité depuis le mois d'octobre. Cette firme possédant 3 sites de production dans l'Hexagone, dont Wevista et Wecosta à Roubaix qui devraient perdre respectivement 59 et 25 salariés, cela signifie que le 3ème site, à savoir les établissement Godart SA de Fumay rachetés en 2001 pour étendre les compétences de Westaflex dans le domaine des tubes métalliques, se sépareront de 29 personnes sur les quelques 150 qui constituent ses effectifs.

La crise automobile va donc faire une nouvelle victime dans les Ardennes et meurtrir un peu plus encore la Pointe qui ne compte plus les mauvais coups qui lui sont assénés. Bien sûr, le couperet ne va pas tomber dès demain puisque, de source syndicale, des discussions débuteront avec la direction sur le plan de licenciement mercredi. Mais d'après plusieurs salariés fumaciens, il ne tardera pas non plus étant donné que la liste des 13 agents productifs, des 13 agents non productifs et des 3 cadres concernés par le projet devrait être connue dès le 19 février. Une procédure expéditive donc, que les dirigeants ne manqueront pas d'expliquer par le fait que 40 % des commandes proviennent de Renault dont tout le monde connaît les difficultés, mais qui pose tout de même 3 questions.

La 1ère est de savoir pourquoi Westaflex, spécialiste reconnu des solutions de transport et de traitement des fluides pour le compartiment moteur, fait preuve d'une telle précipitation alors qu'il n'est pas au bord de la faillite puisque son actionnaire majoritaire à 57,3 % , le japonais Maruyasu, aurait aux dires de délégués syndicaux injecté récemment 4 millions d'euro dans l'entreprise ? La 2ème interrogation porte sur la nature des mesures prises par la direction pour faire face aux difficultés: pourquoi recourir directement à des licenciements, alors que les autres équipementiers font le pari d'une mauvaise passe conjoncturelle et préfèrent adopter des mesures de chômage partiel avec la bénédiction du gouvernement ? Quant à la dernière question, elle est de savoir pourquoi les licenciements ne concernent que les 3 sites français de Westaflex automotive group et épargnent la filiale WTX Automotive Slovakia, ouverte en Slovaquie à Velky Saris en 2006 ?

En attendant d'avoir des réponses précises, le MRC 08 ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec l'usine MIG de Givet qui a partiellement fermé son activité fonderie peu de temps après que son propriétaire ait racheté une entreprise en Ukraine en jurant qu'elle ne cannibaliserait pas la production des autres sites du groupe. C'est pourquoi nous demandons aux pouvoirs publics de faire preuve de la plus extrême vigilance sur ce dossier et de procéder à toutes les vérifications nécessaires pour s'assurer que l'on n'a pas à faire à une instrumentalisation de la crise afin de réaliser en catimini une délocalisation vers une usine, d'une part plus rentable et plus proche des nouveaux sites de production des grands constructeurs automobiles, et d'autre part ne comportant plus de risque de change depuis l'entrée le 1er janvier 2009 de la Slovaquie dans la zone euro.

samedi 10 janvier 2009

Les Ardennes, terra incognita du réchauffement climatique

19,7 degrés en dessous de zéro! C'est la température qu'a connu la ville de Givet dans la nuit du 06 au 07 janvier entre 2 et 5 heures du matin, ce qui en a fait l'endroit le plus froid de toute la France et même de la Navarre. Bien sûr, l'arrivée brutale de cette coulée polaire a provoqué son lot d'effets négatifs: des canalisations ont gelé en grand nombre, entraînant entre autres l'arrêt partiel de certaines usines comme celle de KME-Tréfimétaux et un retard conséquent dans la fabrication du pain ainsi que dans l'arrivée de quelques trains; des chauffages sollicités bien au-delà de l'usage habituel n'ont pas résisté, comme celui de la cité scolaire Vauban; les conducteurs des voitures n'ayant pas la chance de bénéficier d'un garage ont dû se lever plus tôt afin de dégivrer leur pare-brise en priant tous les dieux de la Terre pour que leur batterie n'ait pas rendu l'âme durant la nuit. Mais la conséquence la plus spectaculaire de cette poussée maligne de l'anticyclone sibérien, en pleine crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine, est apparue sur la Meuse, en aval de la centrale nucléaire de Chooz dont les rejets provoquent pourtant une augmentation sensible de la température de l'eau, qui a vu sa surface se transformer progressivement en une couche de glace de plus en plus épaisse. Ce spectacle inhabituel, mais pas inédit, a été l'occasion pour les enfants dotés d'un peu d'imagination de se croire au Canada sur les rives du majestueux Saint Laurent et pour leurs aînés de philosopher sur cette nouvelle peur millénariste que les médias appellent ... le réchauffement climatique!

vendredi 9 janvier 2009

Chômage partiel : le discours de Rethel devient réalité


Le 28 octobre dernier, Nicolas Sarkozy s'était rendu à Rethel pour présenter son plan de soutien à l'emploi. Pourquoi avait-il choisi cette petite ville des Ardennes pour un évènement d'une telle importance ? D'après certains, parce qu'elle est située dans le département où, en décembre 2006, il avait prononcé le fameux discours sur "la France qui souffre" que l'on considère aujourd'hui comme l'un des principaux tournants de la campagne présidentielle. D'après d'autres, parce que son déplacement était initialement prévu le 14 octobre, jour de l'anniversaire de la députée de la 1ère circonscription dont certains traits ne sont pas sans rappeler ceux d'une dénommée Cécilia, voire même d'une certaine Carla. Quoi qu'il en soit, ce déplacement avait donné lieu à un discours dans lequel le chef de l'Etat avait annoncé essentiellement 4 mesures: la relance des contrats aidés, l'extension du CTP aux bassin d'emplois les plus touchés par la crise, l'autorisation du travail le dimanche et une meilleure indemnisation du chômage partiel.

Parmi ces mesures, le MRC 08 avait fait publiquement savoir que seule la dernière lui semblait être réellement à la hauteur de la gravité de la situation économique. Aujourd'hui, c'est donc avec satisfaction que nous constatons qu'elle n'est pas restée un simple effet d'annonce, mais qu'elle est devenue une réalité puisqu'après l'accord du 15 décembre entre les partenaires sociaux qui a porté l'indemnité horaire minimale de 4,42 euro à 6,84 euro (soit le SMIC) et le décrêt du 3 janvier qui a fait passer le contingent annuel d'heures indemnisables de 600 à 800 (et même 1000 dans les secteurs habillement-textile-cuir et automobile-sous traitants) , l'Etat a officialisé hier une augmentation de sa contribution au financement des heures chômées de 1,20 euro dans les entreprises de plus de 250 salariés (soit 3,33 euro au lieu de 2,13) et de 1,40 euro dans celles n'atteignant pas ce seuil (soit 3,84 euro au lieu de 2,44). Ce dispositif, basé sur un effort réparti entre l'Etat, les patrons et les salariés, permettra à ces derniers de bénéficier d'une indemnité s'élevant à 60 % de leur salaire brut habituel au lieu de 50 % auparavant, avec en plus la certitude de ne pas percevoir moins que le SMIC. C'est donc une amélioration de l'existant dont nous ne doutons pas qu'elle sera très appréciée par les salariés d'Ackers, qui chômeront 3 semaines sur 4 en janvier, et autant en février et en mars, ainsi que par ceux de Schulman Plastics, d'Ardam-Electrolux, d'Estamfor, d'Oxame et de bien d'autres entreprises ardennaises.

Cependant, que personne ne se méprenne! Si nous approuvons l'avancée que constitue en ces temps de crise la meilleure indemnisation du chômage partiel, nous considérons que le nouveau dispositif aurait pu être plus favorable aux salariés si les patrons avaient accepté d'inclure dans le salaire de référence les primes d'ancienneté et de travail posté. Nous constatons aussi que , si la participation financière de l'Etat pour indemniser le chômage partiel sera plus que doublée, elle se limitera à 39 millions d'euro pour 2009 ... contre 360 milliards pour sauver les banques victimes de leurs folles spéculations! Enfin, nous continuons à rester dubitatifs sur les autres mesures annoncées par Nicolas Sarkozy dans son plan de soutien à l'emploi, et tout particulièrement sur l'extension du CTP dont nous pouvons voir dans les Ardennes les dysfonctionnements comme le montre le retard inadmissible dans le versement de l'allocation temporaire dégressive à certains anciens salariés de Thomé-Génot. Notre satisfaction ciblée ne doit donc pas être confondue avec un satisfecit général adressé à la politique du gouvernement. Bien au contraire, nous continuons à la condamner globalement, d'autant que son résultat est désormais visible de tous : c'est travailler moins pour gagner moins!

jeudi 1 janvier 2009