Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mardi 27 mai 2008

Aubrives: le sectarisme en action!


Hier soir, une séance du Conseil municipal d'Aubrives a eu lieu avec un ordre du jour aussi épais qu'une feuille de papier à cigarette: un seul sujet était soumis à la "délibération" (vous comprendrez plus loin le sens des guillemets!) des élus municipaux, en l'occurrence l'approbation d'une convention de partenariat entre la commune ou le CCAS d'une part et l'ADAPAH (association départementale d'aide aux personnes âgées et handicapées) d'autre part afin que les habitants du village puissent bénéficier à un prix réduit de certains services proposés par cette association. Cette convention était destinée à faire face à la cessation des services à la personne (aide ménagère, tonte de pelouse et petit bricolage) qui étaient jusqu'alors gérés bénévolement par "l'Aubrivoise Des Services". Elle était donc la bienvenue, étant donné la demande existant dans le village pour ces activités relevant de l'économie sociale et solidaire.

Son adoption n'aurait en principe dû poser aucune difficulté. Hélas, ce ne fut pas le cas! Pourquoi? D'abord parce que cette convention qui avait été présentée à grand renfort de trompettes comme la solution permettant la continuité de tous les services rendus jusqu'ici aux habitants de la commune s'est révélée très inférieure à ce que l'on pouvait légitimement attendre: dès le 1er article, il était précisé qu'elle ne concernait que les services de jardinage et de bricolage! Quid de l'aide ménagère qui est le service le plus demandé par les Aubrivois, et notamment par la population la plus âgée? Mystère! La convention miracle a donc fait pschitt avant même d'entrer en vigueur. Quand je pense qu'elle a mobilisé l'énergie cérébrale de plusieurs personnes pendant un mois, je me dis que la productivité intellectuelle n'est plus ce qu'elle était. La deuxième raison qui a fait que l'adoption du texte proposé n'a pas été un long fleuve tranquille est que les aides financières apportées par la commune pour diminuer le coût de l'accès à ces services n'avaient pas été définies de façon optimale. C'est pourquoi j'ai déposé en séance un amendement dont voici le texte intégral:

"Dans le cadre de la convention de partenariat que la commune d’Aubrives s’apprête à conclure avec l’ADAPAH, il est prévu que la municipalité prenne à sa charge une partie du coût horaire des prestations afin de faire bénéficier ses habitants d’un service de jardinage et de bricolage à un prix réduit. La participation proposée s’élève à 2 euros par heure pour les personnes en activité, à 4,75 euros pour les personnes retraitées à partir de 60 ans qui sont imposables et à 8,50 euros pour les personnes retraitées à partir de 60 ans qui sont non imposables. Sur le principe, cette prise en charge partielle est la bienvenue en ce qu’elle aboutit, d’une part à rendre plus aisé l’accès de notre population à ces services qui améliorent la vie au quotidien, et d’autre part à développer l’économie sociale et solidaire qui est actuellement une des activités les plus créatrices d’emplois en France et celle que la région Champagne-Ardenne a choisi de soutenir en priorité. La différenciation du montant des aides financières apportées à ces 3 catégories est également une bonne chose puisqu’elle permet de limiter le coût horaire après réduction ou crédit d’impôt à 3,75 euros pour les personnes retraitées à partir de 60 ans et à 5,125 euros pour les personnes en activité : cela représente un écart de 27% qui correspond peu ou prou à la baisse de revenu subie par les personnes qui arrivent à l’âge de la retraite.
Toutefois, la participation financière de la commune d’Aubrives telle qu’elle est actuellement proposée me semble poser un problème : elle laisse à la charge du bénéficiaire de la prestation un coût réel identique, qu’il soit imposable ou non imposable. En d’autres termes, elle aboutit à demander le même effort financier à ceux qui vivent dans une certaine aisance et à ceux qui connaissent des difficultés pécuniaires. Elle aide autant les « riches » que les « pauvres » ! Moralement, ce résultat qui va à l’encontre d’une des bases de notre pacte social scellé en 1945, à savoir faire participer chacun à hauteur de ses moyens financiers et redistribuer à chacun à hauteur de ses besoins, est difficilement défendable. C’est pourquoi je suggère de modifier la participation horaire de la commune d’Aubrives qui nous est proposée et de la fixer de la façon suivante :

Personne en activité imposable: 12,25 euros par heure - 1,50 euros de participation communale - 5,375 euros de réduction d'impôt = 5,375 euros par heure de coût réel
Personne en activité non imposable: 12,25 euros par heure - 2,50 euros de participation communale - 4,875 euros de crédit d'impôt = 4,875 euros par heure de coût réel
Personne retraitée de plus de 60 ans non imposable: 12,25 euros par heure - 8,75 euros de participation communale - aucune aide de l'Etat = 3,50 euros par heure de coût réel
Personne retraitée de plus de 60 ans imposable: 12,25 euros par heure - 4,75 euros de participation communale - 3,75 euros de réduction d'impôts = 3,75 euros par heure de coût réel

L’adoption de cette nouvelle grille de participation financière aurait 3 avantages : elle permettrait aux personnes en activité non imposables d’avoir accès aux services de jardinage et de bricolage à un coût presque 10% moins élevé que celui demandé aux personnes en activité imposables, sans que cela ne pèse sur les finances de la commune ; elle aboutirait à rendre l’accès à ces services presque 7% moins cher pour les retraités de plus de 60 ans non imposables que pour les retraités de plus de 60 ans imposables, avec un impact financier réduit pour la commune et un effort de solidarité au minimum maintenu pour tous les retraités ; elle maintiendrait un écart entre le coût réel demandé aux personnes retraitées de plus de 60 ans non imposables et les personnes en activité non imposables de 28% et celui entre les personnes retraitées de plus de 60 ans imposables et les personnes en activité imposables de 30%.
Les avantages du projet initial seraient ainsi préservés et les capacités financières réelles des bénéficiaires de ces prestations mieux prises en compte. Je propose donc au Conseil municipal d’examiner avec attention et bienveillance cette proposition et de se prononcer en son âme et conscience".

Le résultat a été édifiant! Ma proposition s'est heurtée à un tollé général, avec des remarques comme "ça y est, on nous rejoue l'Internationale" ou encore "si il y a des personnes qui sont imposables, c'est parce qu'elles ont fait des efforts toute leur vie pour avoir une maison et un petit confort alors que ceux qui sont non imposables, pour des raisons diverses, n'ont pas fait les même efforts et n'ont pas dû travailler de la même façon". A l'adresse de l'auteur de la 1ère de ces pseudo-réflexions, j'ai envie de dire qu'il a une certaine cohérence eu égard à la profession libérale qu'il exerce, mais qu'il aurait beaucoup à "gagner" à se renseigner sur les acquis sociaux obtenus dans le passé par ceux qui chantaient cet hymne. Peut-être veut-il revenir dessus? C'est son droit, mais qu'il laisse aux autres le droit de penser autrement. Quant à l'auteur de la 2ème de ces pseudo-réflexions, j'ai envie de lui rappeler que les héritages existent encore, ainsi que les handicaps, les accidents de la vie ou le déterminisme social, et que sa position est étonnante eu égard au métier qu'il a exercé et qui l'a amené à recevoir des émoluments de l'Etat provenant des impôts pour lesquels il ne semble plus avoir un grand respect.

Vous pensez certainement que le pire était passé. Malheureusement non! Le fond a été touché avec le vote du 2ème article de la convention sur lequel portait mon amendement. Il a eu lieu pendant la distribution aux conseillers municipaux de mon texte, qui n'ont donc pas pu en prendre connaissance, au prétexte qu'une commission élargie s'était déjà penchée sur la question et que le projet auquel elle avait abouti ne saurait être modifié d'une quelconque façon. Le résultat a donc été sans appel: 14 voix pour le texte de la commission! Mon amendement a donc été rejeté, en déduisez-vous certainement. On ne le saura jamais puisqu'il n'a à aucun moment été soumis au vote du Conseil municipal par un maire qui a prononcé ces mots montrant à la fois sa grande élégance et la profondeur de sa réflexion: "c'est bon, c'est bon, on t'as assez entendu". Bien évidemment, j'ai essayé d'expliquer que le rôle des commissions est limité à l'étude des affaires et à la préparation des dossiers, mais qu'elles ne peuvent en aucun cas prendre une décision puisque celle-ci appartient de droit au conseil municipal qui se prononce publiquement après une délibération au cours de laquelle un droit d'amendement est reconnu à tout conseiller. Peine perdue, la seule réponse que j'ai eu a été une tentative d'intimidation ("tu es en train de jouer avec un élastique qui va te revenir en pleine figure") de la part d'un adjoint qui s'était déjà illustré l'an dernier en insultant copieusement un membre de la Communauté de communes.

Dans ce contexte délétère, j'ai décidé symboliquement de quitter la table du conseil municipal et de m'asseoir avec l'assistance pour ne pas cautionner une mascarade. Certains ont vu dans cet acte une démission, ce qui leur a rendu sans aucun doute la dégustation de champagne qui suit désormais toute séance du conseil encore plus agréable qu'à l'accoutumée. Il faut croire qu'ils ne me connaissent pas. Loin de laisser le champs libre à ceux qui ont pris la mauvaise habitude d'en prendre à leur aise avec les pratiques républicaines, qu'elles soient d'origine législative ou judiciaire, je suis plus décidé que jamais à remplir pleinement mon rôle d'élu. Il n'est donc nullement question de démission, mais plutôt de rétablir les us et coutumes de la République dans notre commune. Qu'on se le dise...
LB

vendredi 23 mai 2008

Tous unis pour sauver le CEC



Ce soir, à 18h00, à l'initiative du comité "Ardennes tiens ferme", une action de grande ampleur destinée à protester contre la fermeture envisagée du Centre d"Entraînement Commando de Givet a eu lieu dans la cité de Méhul. Des dizaines d'élus de tous horizons politiques, de la Pointe bien sûr mais aussi de Charleville-Mézières et de plusieurs autre communes du département, se sont réunis sur la place Carnot en compagnie de représentants d'associations patriotiques, de syndicalistes, de militants politiques et d'une foule de plusieurs centaines d'anonymes. Accueillis par un bref discours de Bernard Meunier, maire-adjoint de Givet, qui a précisé les modalités de la manifestation qui devait suivre, ils ont ensuite été harangués par Claudine Ledoux, maire de Charleville-Mézières et initiatrice du comité "Ardennes tiens ferme" qui a rappelé que notre département ne pouvait pas, du fait de son histoire récente très particulière et du lien extrêmement fort qui en a découlé entre la population et l'armée, être traité comme n'importe quel autre territoire de notre pays.



Puis ce fut au tour de Claude Wallendorff, maire de Givet et nouveau conseiller général du canton, de prendre la parole. Visiblement très ému, il a prononcé un brillant plaidoyer pour le maintien du CEC à Givet et du 3ème Régiment de Génie à Charleville-Mézières en structurant son argumentation autour de 2 axes: l'impact économique et social désastreux qu'engendrerait la fermeture de ces garnisons qui injectent chaque année dans l'économie locale respectivement 5 millions et 30 millions d'euros, ainsi que la nécessité pour tout homme politique de respecter ses promesses électorales, qu'il s'agisse d'un élu local ou du Président de la République auquel il a rappelé les engagements qu'il avait pris lors de sa visite dans les Ardennes en décembre 2006. Le 1er magistrat givetois a également informé la foule qu'un service de bus serait mis en place pour permettre à la population de la Pointe d'assister vendredi prochain à la manifestation prévue sur la place ducale à Charleville-Mézières.



Le cortège s'est ensuite rapidement formé et il s'est rendu au mess des officiers en passant par la rue semi-piétonne, où les magasins avaient pratiquement tous baissé le rideau en signe de solidarité, et par l'axe majeur reliant le pont sur la Meuse au rond-point situé à l'entrée sud de la ville. Un dépôt de gerbe a alors eu lieu symboliquement devant le mess, puis la foule a respecté une minute de silence, imitant en cela le rituel en usage lors des cérémonies mortuaires. Le cortège s'est ensuite dispersé, laissant chacun discuter avec ses amis, ses connaissances, voire les partenaires politiques avec lesquels un contact direct était souhaité (petite précision du MRC-08: cela s'appelle la confirmation d'un premier appel du pied!). Tous avaient le sentiment d'avoir accompli leur devoir, mais beaucoup ressentaient le besoin de mener le combat jusqu'au bout et ont d'ores et déjà pris l'engagement de se retrouver vendredi prochain.

lundi 19 mai 2008

Mobilisation contre la fermeture du CEC

La garnison du Centre d'Entraînement Commando de Givet est menacée de démantèlement. Dans une ville où les fermetures d'usines ont déjà si durement meurtri le tissu productif, l'extinction de ce site militaire qui constitue un des moteurs de l'économie locale et qui fédère un grand nombres d'emplois directs et indirects est inacceptable, au niveau économique bien sûr, mais aussi au niveau social. C'est pourquoi le collectif "Ardennes tiens ferme!" qui s'est formé autour des communes de Givet et de Charleville-Mézières, menacée pour sa part de voir disparaitre le 3ème Régiment de Génie, appelle la population à se mobiliser massivement pour empêcher cette double fermeture qui porterait un coup très rude à nos territoires.
Pour montrer la détermination des Ardennais à conserver leurs implantations militaires, un rassemblement aura lieu le vendredi 23 mai à 18h00 sur la place Carnot à Givet. Un cortège silencieux se rendra ensuite jusqu'au mess de la garnison , place Sourdille, pendant que les commerçants qui désireront se joindre à ce mouvement de protestation seront invités à baisser le rideau de 18h00 à 19h00. Cette opération "ville morte" doit impérativement être massive pour que son impact soit entendu jusqu'à Paris et oblige le Gouvernement à prendre des décisions en conformité avec les promesses formulées par le Chef de l'Etat pendant la campagne présidentielle.
Un deuxième rassemblement qui devra être tout aussi réussi se tiendra le vendredi 30 mai à 18h00 sur la place ducale à Charleville-Mézières. Il sera suivi par d'autres actions qui prendront des formes diverses afin de faire comprendre aux pouvoirs publics que le département des Ardennes n'entend pas voir partir ses garnisons en restant inerte. Le lien entre la population qui se souvient encore des ravages causés par les dernières guerres sur son territoire et l'armée y est trop fort, le rôle dans l'aménagement du territoire de ces implantations militaires trop important et l'atout géographique qu'offre notre département dans la perspective de la construction d'une défense plus européenne trop stratégique pour que nous puissions nous résigner. La mobilisation doit être totale, nous comptons sur chacun d'entre vous!

vendredi 16 mai 2008

Le 22 mai, agissons pour la défense de notre système social


Le 29 avril, en réaction à l'attitude du gouvernement qui a persisté envers et malgré tout à ignorer les revendications des syndicats afin de faire passer en force une énième réforme des retraites qui fragilisera encore plus notre système par répartition, la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CGC ont publié le communiqué commun suivant auquel se sont joints dès le lendemain SUD, l'UNSA et la FSU:

"Pour les confédérations syndicales, le "rendez-vous de 2008 sur les retraites" doit être l'occasion de consolider le système par répartition, seul à même d'assurer la solidarité indispensable entre générations et de répondre aux exigences de justice sociale. Fondamentalement, l'avenir des retraites est lié à la situation de l'emploi et des politiques économiques. Les confédérations syndicales n'entendent cependant pas nier les différences d'approche existant entre organisations sur les réponses à apporter.
Mais face au blocage gouvernemental sur les principales propositions des organisations syndicales (garantie et niveau des retraites, droit à la retraite à 60 ans, durée de cotisation, reconnaissance de la pénibilité, ressources financières assurant l'avenir à long terme du système de retraite, réduction des inégalités entre les hommes et les femmes...), les confédérations décident d'appeler à une journée nationale interprofessionnelle d'action et de manifestations le 22 mai 2008.
Elles appellent les salariés, les jeunes, les retraités à être nombreux le 22 mai dans l'action et les manifestations pour la défense de la retraite solidaire."

Cette journée de mobilisation intervient juste une semaine après celle qui a touché l'Education Nationale pour protester contre les réductions annoncées des effectifs des enseignants. Elle doit être une réussite afin que le gouvernement comprenne que le peuple français n'est pas disposé à sacrifier sur l'autel du libéralisme un système de retraite qui a largement fait ses preuves depuis 1945. Elle le doit d'autant plus qu'elle permettra aussi de répondre à l'attitude méprisante, pour ne pas dire méprisable, du Président Sarkozy qui a riposté aux revendications des enseignants en annonçant l'adoption avant l'été d'une loi sur le droit à l'accueil des élèves qui rendra de fait inutile toute grève dans l'Education Nationale. Le MRC-08 apporte donc son soutien plein et entier à la manifestation qui ne manquera pas d'avoir lieu jeudi prochain à Charleville-Mézières et il appelle ses adhérents et ses sympathisants à y participer sans la moindre réserve.

samedi 10 mai 2008

Aubrives: un républicain de progrès n'est pas inutile!


Hier soir, une séance du Conseil municipal d'Aubrives a eu lieu, avec comme objet essentiel le vote du budget primitif de la commune. Du sérieux donc, méritant une préparation lourde et une véritable réflexion de la part des membres de la Commission des finances et de son président, en l'occurrence le maire. Mais ce travail indispensable ne dispense en rien les autres conseillers municipaux d'apporter par ailleurs leur pierre à la construction de l'édifice. C'est dans cet esprit que j'ai transmis il y a déjà quelques semaines au 1er magistrat une proposition visant à limiter les indemnités de fonction perçues par ses adjoints et par lui même à 80% du maximum légal afin de créer chaque année sans aucun coût supplémentaire pour la commune des "chantiers de jeunes" en juillet et en août. Voici le texte intégral de mon courrier:

"L’article L.2123-20-1 du Code Général des Collectivités Territoriales créé par la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 stipule dans son 2ème alinéa que dans les communes de moins de 1.000 habitants, ce qui est le cas d’Aubrives, l’indemnité allouée au maire est fixée au taux maximal prévu par l’article L.2123-23, sauf si le conseil municipal en décide autrement. Cet article ne définit pas les indemnités allouées aux maires adjoint, mais dans son esprit on comprend qu’il les fixe également au taux maximal prévu par la loi.Les indemnités versées au maire et à ses adjoints correspondent à la rétribution du temps et du travail que ces élus effectuent au profit de la collectivité. Il ne saurait donc être question de discuter leur bien-fondé. Cependant, si leur montant maximal a été fixé par la loi, rien n’oblige ces élus à le percevoir en totalité. Ainsi, dans de nombreuses communes, beaucoup d’élus ont accepté une diminution de leurs indemnités : dans les Ardennes, les exemples les plus médiatiques sont ceux de Rethel où les adjoints recevront 75% de l’indemnité maximale, de Carignan où le nombre des adjoints a été réduit de 6 à 4 et leurs indemnités limitées à 70% du maximum prévu par la loi ou encore pour rester dans la même strate de Laifour où le 1er magistrat a accepté de plafonner ses indemnités à 80% du maximum légal et les 3ème et 4ème adjoints à 50% des sommes auxquelles ils pouvaient prétendre. Ces décisions toujours volontaires sont des gestes symboliques forts adressés à la population pour montrer que les élus sont solidaires non en paroles mais en faits des efforts qu’ils demandent.A Aubrives où la liste « un nouvel essor pour Aubrives » a martelé pendant la campagne municipale que la commune souffrait d’un endettement excessif qu’il fallait résorber au plus vite, un tel geste serait particulièrement bienvenu. Il ne permettrait évidemment pas d’apurer la dette communale. Cependant, son impact positif sur la population est assuré, surtout s’il est associé à l’engagement d’affecter les sommes ainsi économisées à la mise en place de « chantiers de jeunes » pendant l’été qui pourraient ainsi fonctionner sans aucun coût supplémentaire pour la commune. Le montage financier nécessaire pour que cette opération de solidarité soit une opération blanche pour le budget communal serait le suivant :
- coût mensuel total d’un emploi à mi-temps au SMIC : 742,46 euros
- coût mensuel de 4 emplois à mi-temps en juillet : 2.969,84 euros
- coût mensuel de 4 emplois à mi-temps en août : 2.969,84 euros
- coût total des « chantiers de jeunes» : 5.939,68 euros

- indemnités annuelles brutes totales estimées du maire : 14.387,88 euros
- indemnités annuelles brutes totales des 4 adjoints : 15.316,12
- indemnités annuelles brutes totales estimées des élus : 29.704 euros


- baisse des indemnités nécessaires à une opération blanche : 5.939,68 euros
- pourcentage de baisse par rapport aux indemnités maximales : 20%


D’un point de vue comptable, ce jeu d’écriture à somme nulle ne pose pas de difficulté. Il nécessitera seulement que les sommes non affectées aux lignes 6531 et 6533 du compte 65 (autres charges de gestion courante) de la classe 6 (comptes de charges) soit inscrites à la ligne 64131 (rémunération du personnel non titulaire) du compte 64 (charges de personnel) de la même classe 6.
Je propose donc au Conseil municipal de fixer les indemnités du maire et des 4 adjoints qui l’assistent dans sa tâche à 80% du taux maximal prévu par la loi, soit à 24,8% de l’indice brut de référence 1015 pour le maire et à 6,6% de ce même indice brut de référence pour les adjoints. Cette proposition dont tout le monde aura compris qu’elle vise exclusivement à aider financièrement chaque année 8 jeunes de la commune qui devront être recrutés selon des critères publics incontestables est une proposition de solidarité pure. Elle montrera, si elle est adoptée, que la nouvelle municipalité s’intéresse concrètement aux difficultés de la jeunesse aubrivoise et qu’un souffle nouveau anime désormais la gestion des finances communales.
Je remercie le conseil municipal de bien vouloir étudier avec bienveillance cette proposition, ainsi que messieurs le maire et les adjoints des efforts financiers qu’ils voudront bien consentir".

Ma demande a été étudiée comme il se doit en Commision des finances et elle a abouti à la proposition suivante: les indemnités du maire et de ses adjoints seront limitées à 80% du maximum légal et les sommes ainsi économisées seront réparties entre les 10 autres conseillers municipaux; quant aux "chantiers de jeunes", ils seront effectivement créés mais ils seront financés comme n'importe quelle autre dépense. Le fond de ma demande a donc été pris en compte, mais son esprit a été totalement dénaturé, pour ne pas dire perverti, puisque le symbole fort que constituait l'affectation des sommes économisées à la rémunération du travail fourni par des jeunes en difficulté financière a été remplacé par la distribution d'indemnités à des élus municipaux n'ayant aucune délégation à exercer! Même un aveugle se rendrait compte qu'il ne s'agit pas de la même chose. Par ailleurs, il est quasi certain que cette première que constitue à Aubrives le versement d'indemnités aux conseillers municipaux ne manquera pas de susciter des réactions négatives de la part de bon nombre d'habitants: l'image de "conseiller municipal à but lucratif", pour reprendre la formule utilisée il y a quelques temps par un autre édile, a toutes les chances de se répandre comme une traînée de poudre et de ternir à tout jamais la réputation des conseillers municipaux en place. J'ai donc voté contre cette proposition qui cependant a été acceptée par 11 voix contre 3 et 1 abstention.

14 élus, à savoir le maire, les 4 adjoints et 9 conseillers municipaux toucheront donc des indemnités. Et le 10ème, êtes-vous certainement en train de penser? C'est moi! N'ayant jamais eu d'autre objectif que de servir mes concitoyens et non pas de me servir d'eux pour toucher de l'argent, j'ai immédiatement pris la décision de verser la totalité de mes indemnités à un organisme qui en aura sans nul doute plus besoin que moi, en l'occurrence l'association des anciens du village. Le symbole de solidarité pure que j'avais souhaité est donc mis en place. Je regrette toutefois qu'il ne découle pas d'une décision collective qui aurait eu de la grandeur et aurait reflété une vision politique résolument tournée vers la satisfaction des besoins des plus démunis de notre population, mais d'une simple décision personnelle.

A part ça, quoi de notable? Pas grand chose, si ce n'est qu'une routine parfois déconcertante est en train de se mettre en place. J'ai posé un certain nombre de questions sur les sommes affectées à des lignes précises du budget primitif. Parfois j'ai obtenu des réponses limpides, surtout de la part du receveur municipal qui avait bien voulu participer à la réunion pour nous éclairer de son expertise. Parfois j'ai dû me contenter d'une succession de mots qui ressemblait plus à une non réponse déguisée qu'à autre chose. Pire, une fois je me suis heurté à un refus de réponse au prétexte qu'une réunion informelle des conseillers municipaux avait déjà abordé le sujet: cela m'a obligé à rappeler avec une grande fermeté que les décisions se prennent publiquement en Conseil municipal et non lors de concertation préalable au cours de pré-conseils qui n'ont aucune valeur légale. Cette réaffirmation de la règle démocratique étant faite, l'analyse du budget primitif a pu se poursuivre et le vote a enfin eu lieu. Lors de ce moment important dont toute personne un tant soit peu au fait de la chose politique sait qu'il détermine le positionnement dans la majorité ou dans l'opposition, j'ai choisi de m'abstenir, et ce pour 3 raisons: certaines réponses apportées à mes questions ont été trop floues et ne m'ont pas permis de me faire un jugement éclairé; plusieurs lignes de la partie dépenses de la section de fonctionnement ne m'ont pas paru sincères (par exemple, celle relative à l'énergie et à l'électricité qui a été maintenue à la même valeur qu'en 2007 alors que chacun sait que les prix de l'énergie sont actuellement en train de flamber ... ou celle relative à l'entretien des voies et réseaux qui a également été maintenue à la même valeur alors que la commune a décidé d'acheter une balayeuse); surtout, la lecture globale du budget montre que 22% des recettes de fonctionnement sont des recettes exceptionnelles, ce qui entraînera dès l'an prochain une diminution du versement de la section de fonctionnement à la section d'investissement et hypothèquera donc la réalisation des travaux structurants que nous avions promis lors de la campagne électorale. Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, disent certains. Ce n'est pas ma façon de penser, et comme je l'ai fait pour les subventions allouées aux associations culturelles et artistiques, je compte bien continuer à le montrer...
LB

Le nouveau départ de la Gauche se précise lentement mais sûrement

Lancé il y a un an par 18 responsables politiques, syndicaux et associatifs des diverses sensibilités de la Gauche, le club « Gauche Avenir » a associé des milliers de signataires, en particulier par Internet et grâce à de nombreuses contributions, à la rédaction d'un projet de « charte de l'unité de la gauche ». Ses objectifs étaient de définir quelle identité était souhaitable pour la Gauche d'aujourd'hui et de réfléchir aux moyens à mettre en place pour réussir son indispensable réunification. La phase préparatoire étant désormais terminée, les grandes lignes de ce projet appelé à s'affiner progressivement sont maintenant présentées lors de banquets républicains comme celui qui s'est tenu lundi dernier à Choisy le Roi avec pour principaux invités Benoît Hamon, député européen, membre du Bureau national du PS, Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président d'honneur du MRC, Claude Cabanes, ancien directeur de la rédaction de l'Humanité, Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann. Toutes les interventions ont été de grande qualité et sont allées dans le sens d'une nécessaire refondation de la Gauche réunissant son aile contestataire et son aile gestionnaire afin de pouvoir faire face lors des échéances nationales avec une chance réelle de victoire à une Droite unifiée sous la bannière de l'UMP. Toutes mériteraient d'être retenues, mais le discours qui a le plus marqué le MRC-08 est celui qui a été prononcé par celui qui deviendra le jour de la fête de la musique le Président effectif du MRC. nous avons nommé Jean-Pierre Chevènement, qui s'est ainsi exprimé:

"La gauche est solidement installée dans le paysage local mais elle ne peut oublier qu'elle a échoué à trois reprises à conquérir le pouvoir d'Etat, à l'occasion des élections présidentielles de 1995, 2002 et 2007. Cette incapacité est-elle rédhibitoire ?

I. La gauche est placée devant un grand défi : la conquête du pouvoir d'Etat.
1. La politique engagée par Nicolas Sarkozy répond à un dessein illusoire : celui d'adapter la France à la mondialisation L'abaissement du coût du travail est une impasse pour la France comme pour l'Europe. Ce n'est pas de cette manière que nous restaurerons notre compétitivité face à la Chine, l'Inde, etc. On nous donne la politique allemande en exemple. Cette politique de compression des coûts s'exerce au détriment des autres pays européens. Elle est de plus en plus rejetée en Allemagne. La politique de Nicolas Sarkozy ne prépare pas l'avenir. Elle tue la croissance. Elle ruine la solidarité. Elle ne répond pas à l'exigence d'un effort partagé.
2. Cette politique est d'autant plus vouée à l'échec que c'est la mondialisation ou plutôt la globalisation qui est entrée en crise.
a) La globalisation : un phénomène à la fois économique et politique, l'ouverture des marchés aux FMN sous les coups de boutoir des Etats-Unis, la domination absolue des marchés financiers, la dictature de l'actionnariat.
b) Cette globalisation est entrée en crise :
- 1997-98 : crises asiatiques, russe, latino-américaines
- 2000 : bulle technologique
- 2007 : crise des subprimes, accompagné de l'échec du FMI, de l'autonomisation des pays émergents et surtout de la fuite en avant des Etats-Unis avec des déficits et un endettement interne et externe colossaux, des taux d'intérêt réels négatifs et une chute du dollar. Parallèlement, l'augmentation du prix du pétrole se poursuit ainsi que la tentation de la coercition militaire et l'enlisement au Moyen-Orient. Les Etas-Unis vivent au-dessus de leurs moyens et sont victimes de la surextention impériale.
Le problème posé au monde est celui d'un nouveau cycle organisé autour d'un monde multipolaire et de nouvelles règles du jeu.
3. La crise bat en brèche les postulats libéraux : libre échangisme, refus des politiques industrielles, intervention des Etats au capital des entreprises
4. Elle ouvre un espace à la Gauche pour apporter des solutions
a) Nouvelles règles du jeu à l'échelle mondiale: fourchettes de parité monétaires et rétablissement des capacités d'épargne des Etats-Unis, régulation concertée des échanges internationaux, acceptation par l'Afrique et les pays émergents de normes sociales et environnementales, conférences internationales sur le modèle Bretton-Woods.
b) Au niveau européen: maintien du modèle européen, mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro ayant pour objectif la croissance, harmonisation fiscale et sociale, développement en parallèle du rôle déterminant de l'Allemagne et du rôle de catalyse de la France, reconnaissance du rôle des Etats
c) Au niveau national : anticiper la récession qui arrive, créer une politique industrielle, soutenir l'éducation, la recherche et l' innovation, renforcer le civisme et penser une écologie de l'humanité
5. La gauche française est placée devant un grand défi.
a) Eloignement des couches populaires et absence de projet à la hauteur des défis du temps expliquent l'échec de la gauche aux trois dernières élections présidentielles : 1995 – 2002- 2007. Le contexte est favorable à la fois pour élaborer ce projet et combler cet écart avec les couches populaires. Plus qu'une alternance fondée sur le rejet, la gauche doit préparer une alternative sérieuse et durable.
b) Pour autant, il ne faut pas sous-estimer la capacité de rebond de Nicolas Sarkozy. Les droites européennes partout jouent sur les réflexes de peur, en exploitant l'insécurité et l'angoisse devant une immigration mal contrôlée. C'est d'une refondation républicaine dont la gauche a besoin. Ne sous-estimons pas les ressources de la démagogie de l'adversaire.
II. Un nouveau départ pour la gauche.
1. La gauche doit dépasser des clivages obsolètes.
a) Le Congrès de Tours en 1920 : entre la thèse de la prise de conscience démocratique des masses et celle de la conscience importée au sein même de la classe ouvrière par un parti d'avant-garde, l'Histoire a tranché, ce qui ne veut pas dire rejet de la théorie, de la réflexion, de la formation et surtout du débat pluraliste.
b) La création du Mouvement des Citoyens en 1993 a correspondu à un double refus : celui de la guerre du Golfe et de l'alignement derrière l'Hyperpuissance américaine, et celui de l'Europe de Maastricht. Nos critiques sont aujourd'hui mieux comprises, même si nous savons qu'existent toujours au sein du PS un courant de suivisme pro-américain et un courant européiste qui s'est manifesté récemment par l'approbation du traité de Lisbonne. Mais il existe aussi au sein du PS des courants, qui militent pour l'indépendance et pour la réorientation de la construction européenne.
c) Le souci de l'écologie est aujourd'hui largement pris en compte au sein de la gauche tout entière, même s'il existe au plan théorique, un débat sur la Nature, la culture, la raison critique, la science et le progrès.
d) La République aujourd'hui à laquelle les radicaux sont attachés n'est plus contestée, non plus que le rôle du citoyen, en tant qu'il est une parcelle de la souveraineté populaire, mais aussi un individu libre dont l'esprit critique, formé par l'Ecole laïque est nécessaire à la démocratie. Certes l'exigence républicaine, en tant qu'elle implique la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général n'est pas toujours bien comprise. Mais la notion d'intérêt général ne peut s'affiner que dans le débat, à travers une juste hiérarchisation des intérêts et des niveaux d'appartenance. Ce qui reste de ces clivages doit pouvoir être résorbé par le débat au sein d'un grand parti de toute la gauche.
2. La création de ce grand parti rassemblant toutes les cultures de la Gauche peut et doit être l'électrochoc qui permettra une nouvelle refondation comme la Gauche a su le faire à Epinay et à toutes les étapes de son histoire.
a) Ce parti doit être ouvert à toutes les sensibilités des plus radicales aux plus gestionnaires dès lors que la perspective gouvernementale est assumée. Il faut croire aux vertus du débat. Il y aura fécondation réciproque. Vouloir créer un parti révolutionnaire à côté d'un parti social-libéral serait ouvrir un boulevard à la droite.
b) Cela ne veut pas dire que ce grand parti de toute la gauche doive faire l'économie d'une analyse de ce qu'est le capitalisme financier aujourd'hui. Le mouvement socialiste depuis ses origines est inséparable d'une critique du capitalisme de son temps. La création du grand parti de toute la gauche doit se faire sur la base d'une conscience claire des formes inédites prises par le développement du capitalisme : dérégulation généralisée et mise en concurrence des territoires et des mains-d'œuvre, souveraineté des marchés financiers, etc. De même, l'évolution de la construction européenne nous impose de réaffirmer l'ancrage de la gauche dans la nation républicaine, levier de notre responsabilité au monde, comme l'avait très bien compris et formulé Jaurès en son temps. C'est dans ce cadre que la Gauche peut faire vivre les valeurs de citoyenneté, de laïcité et de solidarité et opposer une critique à la fois constructive et sans concession à la politique de la Droite qui ne vise qu'à adapter la société française à la globalisation financière.
c) Avant de poser le problème des alliances, il faut savoir soi même où l'on habite.
d) Ce grand parti doit être ouvert, démocratique, pluraliste. Son assiette naturelle est le monde du travail et de la création.
e) Seule la réunion et le dialogue sans sectarisme de toutes les cultures de la gauche et de toutes les forces sociales, à l'exception, bien entendu, des rentiers de la finance, pourra drainer des centaines de milliers de sympathisants et de militants syndicaux et associatifs qui ressentent le besoin d'un engagement politique nouveau, ailleurs que dans des organisations qui les ont déçus. Seul un grand parti de toute la Gauche pourra capter l'énergie des nouvelles générations. C'est dans ce cadre que pourra être entrepris le vigoureux effort de débat, de mise en commun, de synthèse et de mise à niveau, et, bien entendu, de formation de cadres. Notre pays retrouvera ainsi confiance en lui-même et pourra tourner les pages du sarkozysme pour ouvrir la voie à une nouvelle donne, à l'échelle nationale, européenne et mondiale.
3. Les étapes nécessaires.
a) Je propose que toutes les organisations et toutes les personnalités de gauche et de progrès qui le voudront réunissent dans les départements des Forums de l'unité. Ceux-ci auraient à traiter de quelques sujets-clés : l'analyse de la globalisation, de sa crise, et des perspectives qu'elle ouvre ; la valorisation du travail dans le contexte de la mondialisation ; l'avenir de la protection sociale et de la santé ; les enjeux de l'éducation et de la recherche ; la forme et les étapes du parti à créer.
b) Ces forums pourraient déboucher sur des Assises de la gauche au printemps 2009.
c) Ces Assises prépareraient un projet clair sur la base duquel s'opérerait un rassemblement qui, dans un premier temps, pourrait éventuellement prendre la forme d'une Fédération anticipant sur le grand parti à créer. C'est dans ce cadre que pourrait intervenir au plus tard au printemps 2011 la désignation par tous les militants du candidat de la Gauche à l'élection présidentielle de 2012. Ce candidat ne serait pas seul. Il serait porté par un projet collectif et par un élan qu'il nous appartient de faire lever dans le pays sans attendre".