Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

jeudi 27 mai 2010

L'exaspération sociale doit maintenant être entendue !

Combien étions-nous ce matin à la manifestation qui a eu lieu à Charleville-Mézières pour la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat et des retraites ? Difficile de répondre à une telle question, mais assurément beaucoup plus que les 500 personnes qui s'étaient rassemblées lors du traditionnel défilé du 1er mai et , aux dires de certains, sensiblement plus également que lors de la journée d'action du 23 mars qui s'était pourtant déroulée dans un contexte très favorable, puisque 2 jours seulement après la victoire de la gauche aux élections régionales en France métropolitaine. On peut donc tabler sans grand risque, en attendant les chiffres divergents qui seront fournis par la Police et les syndicats, à près de 2.000 manifestants, voire plus ! Une réussite donc sur le plan de la mobilisation, d'autant que la masse de ceux qui ont battu le pavé était issue d'horizons très divers, du public bien sûr mais aussi du privé, de grandes administrations comme de beaucoup plus petites, des classes d'âge directement concernées par la réforme des retraites autant que de celles choquées par la remise en cause de la gratuité des transports scolaires dans le département. Le gouvernement doit maintenant prendre en compte d'urgence ce mécontentement qui monte dans la population, ce rejet massif d'une politique de rigueur dont beaucoup sentent qu'elle est aussi injuste socialement qu'inefficace économiquement. C'est le souhait du MRC 08, comme, nous en sommes surs, de tous ceux qui sont attachés à la paix sociale et au progrès ...

mercredi 26 mai 2010

"Le Bêtisier de Maastricht" : un ouvrage à redécouvrir !


En 1997, cinq ans après le funeste référendum sur le traité de Maastricht, Jean-Pierre Chevènement a publié aux Editions Arléa "Le Bêtisier de Maastricht", un petit recueil comportant une compilation des sottises péremptoires et des promesses inconsidérées qui avaient été prononcées pendant la campagne électorale. En voici quelques unes qui méritent d'être rappelées à l'occasion de la crise que connaît actuellement la zone euro :

"Le traité de Maastricht fait la quasi-unanimité de l’ensemble de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis que le commun des mortels" (Élisabeth Badinter, Vu de Gauche, septembre 1992)
"Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir: la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie" (Michel Rocard, Ouest-France, 27.8.92)
"Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d’humanisme et de Lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé" (Michel Sapin, ministre des finances, Le Monde, 6.5.92)
"Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré" (Valéry Giscard d’Estaing, RTL, 30.7.92)
"Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité" (Michel Sapin, ministre des finances, Le Figaro, 20.8.92)
"L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion" (Martine Aubry à Béthune, 12.9.92)
"Pour pouvoir dîner à la table de l’Europe [monétaire], encore faut-il savoir se tenir à cette table et ne pas manger avec ses doigts. [...] Si la monnaie unique a un mérite, et un seul, c’est d’obliger les pays à se conduire correctement" (Jean-Marc Sylvestre, France Inter, 18.9.92)
"Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe" ( Julien Dray, Assemblée nationale, 6.5.92)
"[Les partisans du "non"] sont des apprentis sorciers. […] Moi je leur ferai un seul conseil : Messieurs, ou vous changez d'attitude, ou vous abandonnez la politique. Il n'y a pas de place pour un tel discours, de tels comportements, dans une vraie démocratie qui respecte l'intelligence et le bon sens des citoyens" (Jacques Delors à Quimper, 29.8.92)

Et la meilleure pour la fin : "Avec Maastricht, on rira beaucoup plus" (Bernard Kouchner, Tours, 8.9.92)

lundi 24 mai 2010

Transports scolaires : la fin de la gratuité pour les lycéens est entérinée !


Depuis la création des collèges en 1963, le Conseil général des Ardennes, conscient de la situation particulière créée par le caractère très rural d’une grande partie du département, a toujours pris à sa charge, gratuitement, la totalité des transports scolaires depuis la maternelle jusqu’au Baccalauréat. Belle action volontaire qu’il convient de saluer, mais qui cessera hélas à la prochaine rentrée. Pourquoi ? Officiellement parce que les dépenses sociales obligatoires sont attendues en hausse cette année de plus de 10 %, ce qui correspond peu ou prou aux 15 millions que coûte le transport de notre jeunesse vers les établissements qui leur transmettent les compétences indispensables pour en faire à terme de bons citoyens et de bons travailleurs. Officieusement parce que c’est la variable d’ajustement qui a été choisie, en plus de la hausse de la fiscalité de 4,8 %, de la baisse de 10 % des subventions diverses et de la diminution des aides aux communes, pour compenser la réduction du recours à l’emprunt de 70 millions en 2009 à 32 millions en 2010.

Evidemment, un tel recul social risquait de susciter de très fortes oppositions. C’est pourquoi Benoît Huré, le Président du Conseil général et par ailleurs sénateur UMP, a intelligemment abattu ses cartes de manière progressive. Dans un 1er temps, lors du débat d’orientations budgétaires qui s’est tenu le 02 février, il a invité les conseillers généraux à réfléchir, au vu des difficultés financières du moment, sur l’opportunité de conserver ou non la gratuité des transports scolaires. Structurant son argumentation sur la déresponsabilisation qu’entraînerait une prise en charge totale, il a alors reçu le soutien de Christophe Léonard, conseiller PS de Charleville-Centre, qui a suggéré de ne conserver la gratuité que pour les collégiens. Une façon sans doute d’orienter la prise en charge des lycéens vers la Région et de régler ainsi quelques comptes avec ses camarades qui avaient eu l’outrecuidance à ses yeux de ne pas le choisir pour figurer parmi les candidats aux élections régionales !

Fort de cet appui inattendu, Benoît Huré a aussitôt fait inscrire au budget primitif 2010 le paiement des transports scolaires par les lycéens … avant de le faire retirer le 31 mars de l’ordre du jour de la session consacrée à son examen. Une façon de prendre en compte le mécontentement de la FCPE qui s’était traduit par le lancement le 21 février d’une pétition en ligne, diront certains. Mais pas les plus lucides auxquels n’aura pas échappé le fait que ce retrait a été accompagné du vote du principe de la fin de la gratuité des transports scolaires. Joli tour de passe-passe qui a permis d’étendre la menace à tous les élèves, quel que soit leur niveau de scolarisation ! La mobilisation est alors montée d’un cran avec la constitution le 10 mai par des partis de gauche, des syndicats et la FCPE d’un collectif contre la suppression de la gratuité dont les modalités précises devaient être débattues lors d’une session plénière du Conseil général fixée au 21 juin.

Dès lors, il ne restait plus qu’à transformer le principe en mesures concrètes, tout en donnant l’impression de prendre en compte le mécontentement grandissant. C’est ce qui a été fait en avançant la session au 21 mai et en limitant le paiement des transports scolaires aux seuls lycéens, avec en plus la mise en place d’un tarif dégressif allant de 200 euros par an pour les foyers ayant un quotient familial supérieur à 30.102 euros à 50 pour ceux qui n’atteignent pas 8.338 euros. De la belle ouvrage, incontestablement, dont Benoît Huré peut légitimement être fier ! Mais de là à vouloir qu’elle ne soit pas égratignée en discréditant par avance ses détracteurs ravalés dans son discours au rang de "politiciens spectateurs de la vie publique aux discours théoriques et d’un autre temps" cherchant à "vouloir troubler et abuser une opinion publique insuffisamment informée", il y a un pas qu’il est indécent de franchir. Dans une démocratie, toute décision peut être critiquée, y compris cette remise en cause de la gratuité des transports scolaires pour les quelques 7.160 lycéens de notre département, que le MRC 08 juge mesquine, au regard des 120 millions d’arriérés de l’Etat que Benoît Huré se garde bien de réclamer devant le tribunal administratif, et inadaptée à la situation économique qui exige un soutien et non une réduction du pouvoir d’achat des familles.

dimanche 23 mai 2010

27 mai : disons massivement non à la régression sociale !


Jeudi prochain, 27 mai, date symbolique puisque correspondant à l’anniversaire de la création en 1943 du Conseil National de la Résistance qui a établi les bases de notre pacte républicain (maintien de la souveraineté nationale en échange de mesures sociales fortes), une journée nationale d’action aura lieu à l’appel de la CFDT, de la CGT, de la FSU, des Solidaires et de l’UNSA. Son thème ? La défense de l’emploi, du pouvoir d’achat et des retraites qui sont gravement attaqués par la politique de rigueur décidée par le gouvernement Fillon sur injection du toujours plus libéral Nicolas Sarkozy.

A l’échelle nationale, les résultats de cette orientation destinée à satisfaire les appétits indécents des marchés financiers sont détestables : 2,6 millions de chômeurs de catégorie 1 et 3,8 millions toutes catégories confondues dont plusieurs centaines de milliers arrivent prochainement en fin de droits ; des délocalisations à répétition aboutissant à une désindustrialisation qui s’annonce déjà irréversible ; le recours massif aux emplois précaires dont le nombre a augmenté de 138 % depuis 1982 ; l'appel aux retraités ou aux étudiants dans la fonction publique, alors que des jeunes diplômés restent sans emploi ; le gel du SMIC par une revalorisation a minima depuis plusieurs années ; l'abaissement des traitements des fonctionnaires par des augmentations nettement inférieures à l'inflation ; la baisse du pouvoir d’achat des retraités dont la hausse des pensions n’égale pas celle des prix ; l’allongement programmé de la durée des cotisations pour bénéficier d’une pension à taux plein ou encore le report en discussion de l’âge de départ à la retraite. Et la liste n'est pas close …

A l’échelle départementale, avec près de 20.000 chômeurs toutes catégories confondues, plus de 10.000 bénéficiaires du RSA et des services publics qui se rétrécissent comme une peau de chagrin, la situation n’est pas meilleure. Pour y faire face, une mobilisation massive et une unité sans faille s’imposent ! C’est pourquoi le MRC 08 appelle sans hésitation ses adhérents et ses sympathisants à participer au rassemblement qui aura lieu à 10h00 place ducale ainsi qu’au cortège qui se dirigera vers la Préfecture où une délégation devrait être reçue.

vendredi 21 mai 2010

La position du MRC pour un financement durable des retraites


"En posant la question du financement des retraites, le gouvernement cherche à fermer le débat en acceptant d’en diminuer le montant. Au contraire, c’est d’abord en sortant de la politique d’austérité générale qui gagne l’Europe et en activant la croissance par une politique industrielle, de recherche et de formation, seule de nature à augmenter le nombre d’emplois et donc de cotisants – soit en engageant une action concertée et coopérative de la zone euro soit en sortant de la zone euro pour défendre nos intérêts propres – que seront notamment trouvés les moyens de financer les retraites de demain. L’augmentation de l’âge de départ en retraite n’a aucun sens quand on sait que plus de la moitié des personnes de 57 à 60 ans ne travaillent plus et que les jeunes de 20 à 30 ans galèrent pour entrer sur la marché du travail. Ce qui est prioritaire, c’est de donner à chacun la possibilité réelle de cotiser pour une carrière complète.

La spéculation financière effrénée qui est à l’origine de la crise économique actuelle conduit à deux priorités pour la réforme des retraites :
- les régimes de base doivent être confortés comme régimes par répartition qui fondent les retraites sur la confiance dans l’avenir et la cohésion sociale, c’est-à-dire sur l’exigence républicaine, en conduisant les cotisants d’aujourd’hui à financer les retraites d’aujourd’hui et à refuser d’augmenter la part de capitalisation, qui ne ferait qu’alimenter la spéculation financière ;
- l’assiette des revenus faisant l’objet de cotisation doit être franchement élargie aux revenus de la sphère financière : taxation sur les placements off shore par les banques et firmes françaises, prélèvement sociaux sur les bonus et les stock options, augmentation du forfait social de l’intéressement et de la participation, CSG sur les revenus du capital encore exonérés.

Le droit à la retraite doit être lié à l’espérance de vie. Les négociations sur les travaux pénibles, infructueuses depuis des années, doivent conduire à des décisions. La durée nécessaire de cotisation pour une retraite pleine doit être clairement liée à l’espérance de vie des grandes catégories sociales et professionnelles. Toute mesure indistincte d’augmentation du nombre d’années de cotisations nécessaire pour une retraite pleine conduirait à une aggravation des inégalités et à une explosion du nombre des petites pensions. Il est en outre nécessaire de prévoir un mécanisme de relèvement des petites pensions sur la longue durée. L’avenir des retraites est une question de confiance : Seul un système juste trouvera les moyens de son financement. Ces moyens dépendent avant tout du retour à la croissance, qui serait fortement entravé par la multiplication en Europe des politiques d’austérité. C’est au contraire par la volonté du pays de retrouver son dynamisme industriel et sa capacité de créer des emplois que seront dégagés les moyens d’assurer l’avenir de nos retraites".
(communiqué du 21 mai 2010)

mardi 18 mai 2010

Classement des députés : les élus ardennais jouent dans 2 catégories bien distinctes !


Hier, pour la deuxième année consécutive, lesinfos.com ont publié un palmarès des députés selon leur degré d’activité au Palais Bourbon. Afin d’établir leur classement, les journalistes ont consulté le site internet de l’Assemblée Nationale qui recense de façon exhaustive les interventions depuis le début de la législature en juin 2007 de chacun des 577 députés, que ce soit lors des séances publiques ou à l’intérieur des différentes commissions auxquelles ils participent. Ils ont ainsi pu établir le nombre total des interventions de chaque élu et ils ont utilisé ce critère comme base de leur palmarès. Évidemment, cette méthodologie est imparfaite, puisqu’elle ne prend en compte ni la qualité des interventions ni l’action de terrain menée par les députés dans leur circonscription, mais elle est tout de même assez représentative du degré d’investissement des parlementaires dans le travail législatif.

Parmi les 3 députés ardennais, le mieux classé est sans surprise Jean-Luc Warsmann qui a réussi à se hisser au 8ème rang en progressant de 3 places par rapport à l’an dernier. Un bel exploit, que ses détracteurs ne manqueront pas d’expliquer par sa fonction de Président de la Commission des Lois qui l’amène à suivre une grande partie des dossiers législatifs. Mais, pour le MRC 08, si l’argument est recevable, réduire l’entrée du représentant de la 3ème circonscription dans le top 10 des députés à ce seul élément ne serait pas totalement honnête ! Ce serait faire fi des qualités intrinsèques de ce monstre de travail qui s’est traduit par le dépôt en 22 mois de 710 questions et en 34 mois de 30 propositions de lois et de 14 rapports.

Très loin derrière, à la 211ème place, en recul de 45 rangs par rapport à l’année précédente figure Bérengère Poletti, députée UMP de la 1ère circonscription, qui a continué à faire preuve de la même activité en commissions, mais qui est devenue beaucoup plus effacée dans l’hémicycle avec seulement 7 interventions en un an contre 26 pendant les 22 premiers mois de la législature. Quant à Philippe Vuilque, député de la 2ème circonscription et seul député de gauche de la région Champagne-Ardenne, il a certes progressé de 14 rangs grâce à une présence plus active en séances, mais il n’en reste pas moins dans le ventre mou du classement avec une médiocre 286ème place. Evidemment, c’est mieux que certains caciques du PS comme Laurent Fabius (423ème) ou Jack Lang (553ème), mais ce n’est tout de même pas très glorieux.

Au total, ce classement montre donc que si les Ardennes bénéficient d’un député hyperactif, elles comptent aussi 2 députés qui n’arrivent pas à sortir du lot. Voilà de quoi nourrir quelques inquiétudes pour l’avenir de notre département qui risque d’avoir des difficultés sérieuses pour trouver les relais nécessaires afin de défendre efficacement les grands dossiers dont toute la population a besoin…

dimanche 16 mai 2010

Sedan : le festival médiéval entre dans une nouvelle ère

Aujourd'hui, c'est la 2ème journée du 15ème festival médiéval de Sedan. Créé en 1996, cette manifestation, qui se tient chaque troisième week-end de mai au pied et à l'intérieur du chateau-fort, est devenue progressivement une des plus importantes du département, au point d'avoir attiré près de 50.000 personnes en 2005. Cependant, depuis l'édition 2006 qui a été gâchée par une violente tempête à laquelle bien peu d'échoppes et de tréteaux ont réussi à résister, le festival marque le pas comme le montre le nombre total d'entrées qui s'est limité à 35.000 en 2007 et à 25.000 en 2009 ou encore le nombre d'entrées payantes qui est passé de 14.000 en 2007 à 12.000 deux ans plus tard. Cette belle manifestation qui s'apparente à un cours d'histoire in situ a donc clairement besoin de trouver un second souffle. Aura-t-il lieu cette année ? Rien pour le moment ne permet de le dire.

Une chose est cependant certaine, l'édition 2010 marquera un tournant par rapport aux précédentes ! Pourquoi ? Parce que c'est la première à être organisée par la Société d'Economie Mixte "Château et Compagnies" qui a obtenu en juin 2009 pour 10 ans le contrat d'affermage du château-fort et des animations qui lui sont liées. Contrôlée à 65 % pour la ville de Sedan, à 15 % par le Conseil général, à 10 % par le Crédit Agricole et la Caisse d'Epargne et à 10 % par divers opérateurs touristiques locaux comme France Patrimoine ou les cars Meunier, cette société au capital de 150.000 euros a été créée pour satisfaire aux recommandations émises par la Cour régionale des Comptes en 1999 et 2004 demandant expressément de séparer le budget du château-fort de celui de l'office de tourisme. Mais elle a aussi pour objectif de développer les activités existantes, voire d'en inventer d'autres, en utilisant les ressources financières nouvelles dont elle disposera grâce au partenariat établi entre le public et le privé. De là à penser que ce changement dans l'organisation du festival, qui se traduit déjà hélas par une augmentation de 25% du billet d'entrée, permettra de le redynamiser, il n'y a qu'un pas que certains de nos élus n'ont pas hésité à franchir allègrement.

Les faits leur donneront-ils raison ? Peut-être ! En attendant, on peut seulement constater que cette édition 2010 s'annonce aussi impressionnante que les précédentes avec un marché médiéval qui comprendra plus d'une centaine d'exposants, 4 campements médiévaux montrant des aspects différents de la vie de l'époque, une dizaine d'artisans qui expliqueront les techniques d'antan, un cracheur de feu qui ne manquera pas de faire briller d'admiration le regard des plus jeunes, un spectacle de fauconnerie et une pièce de théâtre qui expliquera comment faire pour réveiller les ardeurs d'un mari devenu impuissant. Des nouveautés sont également prévues pour renouveler l'intérêt du public : le mariage des 2 géants du Nord, Dame Mathilde, comtesse de Dammartin-en-Goële, et Jehan d'Estaires, respectivement haut de 4,5 et 5 mètres ; le village des Loupiots où les enfants pourront s'essayer à des jeux comme le palet ou la construction de voutes ; la fabrication de pains et autres brioches dans des fours identiques à ceux de l'époque. Si la météo se montre clémente, ce que le MRC 08 souhaite vivement, ce festival nouvelle version a donc tout pour réussir ... à moins évidemment que la nouvelle politique tarifaire ne se révèle inadaptée au public.

mercredi 12 mai 2010

Givet : l'opposition municipale s'organise enfin !


Givet Autrement, c'est une appellation (d'origine contrôlée ?) que tout le monde ou presque connaît dans la cité de Méhul étant donné que c'est le nom que portait une 2 listes qui se sont opposées lors des élections municipales de 2008. Sévèrement battue par sa concurrente, Servir Givet, menée d'une main de maître par l'expérimenté et donc redoutable apolitique de droite Claude Wallendorff, elle a néanmoins obtenu en application des textes régissant les élections dans les communes de plus de 3.500 habitants 6 élus. Face à l'armada constituée par les 23 représentants de la majorité, ça peut paraître peu, d'autant que la plupart d'entre eux n'avait aucune expérience des arcanes de la vie municipale, mais c'est plus qu'il n'en fallait pour permettre aux 44 % d'électeurs hostiles au 1er magistrat en place de bénéficier d'une tribune et d'un accès aux dossiers municipaux. Hélas, visiblement sonnés par l'ampleur de leur défaite et décontenancés par les pièges à répétition qui leur ont été tendus par la majorité municipale et dans la plupart desquels ils sont tombés, ces quelques élus d'opposition ont d'abord courbé l'échine et ont été pratiquement inaudibles pendant 1 an.

Mais, depuis le printemps 2009, les choses ont nettement changé ! Sous la houlette de Luc Declef, enfin lassé d'entendre des sarcasmes et d'être traité avec une condescendance à la limite de l'indécence par Claude Wallendorff qui a poussé le mépris jusqu'à passer la quasi totalité d'une séance du conseil municipal à lire et à signer des courriers, l'opposition municipale a relevé la tête et a commencé à se faire entendre. Du coup, les séances du conseil se sont animées, les échanges ont été plus vifs et des arguments réfléchis ont été de plus en plus souvent opposés aux projets de la municipalité. Une vraie bouffée d'oxygène pour la démocratie locale, évidemment bienvenue, mais totalement insuffisante pour déstabiliser le 1er magistrat qui a trouvé la parade, entre autres, en se réfugiant derrière le règlement du conseil municipal qui limite les questions diverses à une par élu et par séance, avec de surcroît l'obligation de la déposer par avance et un temps de parole de seulement 5 minutes pour l'exposer et la défendre. Cela n'a heureusement pas découragé l'opposition, bien au contraire, puisqu'elle a fait savoir son courroux par une initiative symbolique largement relayée par la presse locale en participant bâillonnée au conseil municipal qui s'est tenu le 26 juin.

Depuis ce coup d'éclat, sa combativité s'est encore renforcée et elle s'est concrétisée par la création d'une association de loi 1901 dénommée ... Givet Autrement, qui a tenu sa 1ère réunion publique vendredi dernier. Devant un vingtaine de personnes, son président, Luc Declef, assisté du trésorier Antonio Calvello, de la secrétaire Emmanuelle Ferro et du conseiller municipal d'opposition Christophe Bertrand, a expliqué que la structure avait pour objectif de réunir et d'organiser l'opposition en lançant un processus unitaire. Bien sûr, il a aussi dressé un portrait au vitriol de Claude Wallendorff, accusé de sectarisme, de clientélisme et même de brutalité, et il a reproché à la majorité municipale son refus de communiquer sur les sujets importants comme l'avenir de la clinique, les difficultés du commerce en centre-ville ou encore la gestion de la dette. Puis un débat s'est ouvert sur les motifs de l'échec de 2008, au cours duquel les participants ont pu constater des différences d'approche sur la nécessité ou non de politiser les élections, et sur les moyens susceptibles de donner une meilleur visibilité à l'association (mise en ligne des comptes-rendus des conseils municipaux, diffusion d'une publication trimestrielle, tenue éventuelle d'une permanence, ...). Le tout s'est terminé par une présentation précise des inquiétudes que fait planer la construction prochaine d'un incinérateur à l'ouest de la ville.

La réunion, d'un bon niveau puisqu'on a pu y entendre des propos comme "la droite populiste a toujours été anti-intellectuelle", n'a donc pas manqué d'intérêt. Espérons maintenant qu'elle sera suivie par d'autres, auxquelles le MRC 08 sera ravi d'être associé, afin de créer la véritable dynamique qui pourra seule aboutir à l'élaboration d'un programme sérieux et à la constitution d'une équipe solide pour les futures élections municipales. Si l'on en croit les rumeurs qui courent sur les ambitions municipales de certaines "personnalités" dûment estampillées à gauche, ce n'est pas seulement urgent mais vital !

(de gauche à droite : Antonio Calvello, Christophe Bertrand et Luc Declef)

dimanche 9 mai 2010

Le chiffre du jour !


1.474 ! C'est le nombre de contrats aidés accordé par l'Etat au département des Ardennes pour le 1er semestre 2010. Ce chiffre figure dans le numéro 9 en date du mois de mai de la lettre des services de l'Etat dans les Ardennes, que tout un chacun peut consulter sur le site internet de la Préfecture. Désormais appelés CUI (contrat universel d'insertion) et non plus CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) ou CAV (contrat d'avenir), ces contrats pris en charge par l'Etat à hauteur de 90 % du SMIC horaire bénéficient de 3 modifications par rapport à leurs prédécesseurs : la durée maximale de 24 mois se répartit en 3 conventions renouvelables de 8 mois, l'horaire hebdomadaire est fixé systématiquement à 26 heures et le suivi destiné à favoriser l'insertion durable dans l'emploi des bénéficiaires est, au moins dans les textes, renforcé.

Que faut-il penser de ce chiffre ? A priori que c'est beaucoup puisque c'est pratiquement la moitié des 2.985 contrats aidés de toutes natures octroyés pour la totalité de l'an dernier, au plus fort de la crise économique, par l'Etat à notre département. C'est aussi l'équivalent de 10 fois les effectifs militaires du CEC de Givet, dont la fermeture récente a fait couler tant d'encre. Pourtant, le MRC 08 ne peut s'empêcher de constater que, si ces 1.474 contrats aidés correspondent à un véritable besoin social étant donné qu'ils sont déjà pourvus à hauteur de 86 %, ils représentent à peine plus de 1% de la population active des Ardennes, ce qui est très insuffisant pour espérer voir le taux de chômage dans notre département redescendre aux environs de la moyenne nationale. L'arbre a donc le mérite d'exister, mais il ne doit pas cacher la forêt constituée par la masse de l'armée de réserve du capitalisme qui ne demande qu'à faire la preuve de son savoir-faire professionnel...

vendredi 7 mai 2010

Aubrives : quel contraste entre le dynamisme des associations et les errements de la municipalité !


Comme chaque année, dans notre joli village qui compte désormais 879 habitants d'après la dernière enquête de recensement effectuée par l'INSEE en 2009, le printemps a été marqué par la tenue d'évènements importants qui ont permis à des associations locales de montrer leur dynamisme et leur savoir-faire. Ainsi, le 25 avril a eu lieu la 7ème édition de l'Esquisse organisée de main de maître par l'association Espace Loisirs qui a su pour l'occasion réunir une équipe de bénévoles motivés et efficaces. Sous le regard sans aucun doute satisfait de Georges-Armand Favaudon, présent par l'intermédiaire d'un très beau tableau intitulé "lost paradise", plusieurs dizaines d'oeuvres réalisées par 32 artistes locaux ont été exposées. Beaucoup de styles étaient représentés, de l'aquarelle à la gouache en passant par le fusain et le canivet (découpage très fin d'un seul tenant réalisé au ciseau de précision). Comme d'habitude, le public a été nombreux puisque, malgré la météo exceptionnelle qui incitait fortement à aller profiter de la nature, 257 personnes ont visité l'exposition, auxquelles il faut ajouter environ 80 élèves des écoles maternelles et élémentaires qui ont ainsi pu bénéficier d'un 1er contact avec l'art.

Une belle réussite donc, malgré "le petit manque de convivialité" dénoncé par Claude Stroppa (entendez par là l'absence de vernissage dû à la mesquinerie de la municipalité qui a refusé de le financer), qui aura vu le panier garni mis en jeu gagné par l'ancien maire Alain Paquier ... et non par l'actuel qui n'a pas daigné "honorer" l'exposition de sa présence ! Puis, le 1er mai, Arlechino, la troupe de théâtre de l'association Florilège, a fait son show. Devant une salle moins garnie qu'à l'accoutumée, les acteurs plus ou moins jeunes, parfaitement dirigés par Pia Grasser et Isabelle Carmaux qui su leur communiquer leur enthousiasme et leur goût du travail bien fait, ont réalisé une démonstration de leur talent en jouant une vingtaine de saynètes extraites de films cultes. Parmi eux figuraient bien sûr les incontournables, comme "le père Noël est une ordure" et "les bronzés", mais aussi un résumé tout en émotion des "jeux interdits" et un petit bijou, à savoir une réécriture résolument moderne de "Cendrillon" qui pourrait être inscrite avec profit au répertoire de beaucoup d'autres troupes. Le tout s'est achevé, fête du travail oblige, par une distribution de muguet aux acteurs après un final qui n'avait rien à envier à ceux des années précédentes. Encore un succès donc pour cette troupe qui s'efforce de faire du théâtre un art accessible à tous ... que n'aura pas pu apprécier notre bon maire, Gilbert Leclercq, ni son éminent adjoint à la culture, ni ses autres adjoints, puisque aucun n'avait jugé utile de se déplacer pour encourager cette association méritante !

La transition est toute trouvée pour aborder notre extraordinaire vie municipale, au sens premier du terme bien sûr, qui a connu 2 évènements majeurs depuis le conseil municipal du 12 mars consacré aux affaires financières. Le premier a été la distribution à tous les foyers de la commune de la gazette illustrée, le 4 pages d'informations concocté par la brillante commission de la communication, qui compte visiblement plus sur le choc des photos que sur le poids des mots pour convaincre que les activités du comité des fêtes sont des succès qui répondent parfaitement aux attentes de la population, que les travaux avancent à une vitesse fulgurante et que les talents de nos concitoyens sont recherchés et valorisés. Propagande, ai-je entendu à de nombreuses reprises dans le village, et même bulletin d'autosatisfaction. Pour moi, ce sont les 2 à la fois, hélas ! Quant au deuxième évènement de notre vie municipale, ça a été la réunion le 27 avril d'un conseil municipal à l'ordre du jour volontairement limité à 4 sujets tout à fait consensuels. Une simple formalité donc, qui aurait dû être expédiée en un quart d'heure ... mais qui a cependant duré plus d'une heure.

Pourquoi une telle durée ? D'abord parce que 4 sujets ont été rajoutés à l'ordre du jour dès le début de la séance, au prétexte, d'après notre bon maire, qu'il était nécessaire de les traiter en urgence "pour faire avancer les choses". L'argument me paraissant recevable, je ne me suis pas opposé à ce que le conseil délibère sur ses sujets, ce en quoi j'ai eu tort puisque j'ai eu la fâcheuse surprise de constater que le 2ème s'appuyait sur un document de 11 pages qu'il était impossible de lire en quelques minutes. Je me suis donc abstenu sur ce sujet précis et j'ai pris la décision de rappeler, à l'avenir, que les conseillers municipaux doivent au regard de la loi recevoir les documents permettant de préparer leur délibération au moins 3 jours francs avant la réunion. Ensuite, parce que les échanges qui se sont déroulés dans une ambiance tantôt apaisée tantôt explosive ont été interrompus plusieurs fois par les interventions à la fois inutiles, haineuses et remplies de grossièretés de l'adjoint à la culture visiblement déstabilisé par la tâche de secrétaire de séance qui lui a été attribuée à son grand dam. Si le proverbe canadien qui dit que "quand le crabe est cuit, il devient rouge" est vrai, j'en connais un qui doit mijoter depuis belle lurette !

Surtout, la durée de la séance, à ne pas confondre avec celle des débats, s'explique par le gros quart d'heure qui a été nécessaire avant de mettre aux voix le procès-verbal de la séance précédente. Une éternité, êtes-vous certainement en train de penser, mais qui s'explique par 2 raisons clairement identifiées. la 1ère est que j'ai tenu à ce que le compte-rendu de la réunion du 12 mars rende vraiment compte des propos qui y ont été prononcés : j'ai donc demandé à ce qu'une position m'étant attribuée à tort soit retirée (lors du vote sur le budget, j'ai voté contre parce que l'inscription de 600.000 euros d'emprunt en période de réforme des collectivités territoriales et d'incertitude sur les recettes qui remplaceront la taxe professionnelle me semblait hasardeuse ... et non parce que je trouvais excessif un emprunt de 300.000 euros pour la réfection de la rue Votion) et j'ai souhaité que les 2 réponses faites par le maire à mon argumentaire subissent le même sort, étant donné que sa vitesse de réflexion ne lui a pas permis de les faire en séance mais après, longtemps après, très longtemps après. Je me suis alors heurté à un refus au prétexte que les réponses incriminées auraient été celles qui m'auraient été faites si mes questions avaient été connues à l'avance. Hallucinant, n'est-ce pas ?

Quant à la 2ème raison, c'est que Gilbert Leclercq, notre bon maire, a tenu à son tour à répondre aux arguments que j'avais utilisés pour refuser le compte administratif 2009 : en vrac, il a ainsi expliqué que le recours à des sociétés extérieures était dû à l'incompétence ou à l'absence du personnel communal, que la course à l'équipement informatique s'expliquait par le retard accumulé en la matière et que la gestion de l'approvisionnement en sel de déneigement n'avait pas été déficiente. Il a conclu sa sortie en affirmant, qu'en plus de colporter des propos fallacieux, je disais surtout des stupidités. En toute honnêteté, je crois qu'il pensait ce qu'il affirmait. Malheureusement, une fois encore, il a eu tort. Pour preuve, vous trouverez ci-dessous le détail de la ligne 60633 relative aux fournitures de voirie tel qu'il figure dans le grand livre des dépenses tenu par le receveur municipal et qui montre qu'aucun achat de sel de déneigement n'a eu lieu après le 12 mars 2009 alors que plus de la moitié de la somme consacrée à ce poste était encore disponible et l'est restée jusqu'à la fin de l'année ! A ce niveau là, il me semble que ce n'est en effet plus une gestion déficiente ... mais de l'incompétence crasse. Qu'on se le dise .
LB

(pour une meilleure lecture du document, vous pouvez l'agrandir en faisant un clic gauche dessus)

jeudi 6 mai 2010

L'édito de Jean-Pierre chevènement : un candidat républicain


"Avec la crise grecque, ce sont les illusions de Maastricht qui se sont révélées en plein jour. Le pari fait sur la monnaie unique était un pari sur le fédéralisme. Maastricht en ignorant les nations et les réalités qu’elles recouvrent était bâti sur le sable. Aujourd’hui il faut refaire l’Europe à partir des nations.

Ou bien la raison des nations triomphera et on pourra sortir de cette crise par le haut avec une initiative de croissance européenne qui tempérera la cure de rigueur excessive administrée à la Grèce. En d’autres termes, l’Allemagne qui exporte 50 % de sa production cessera de comprimer comme elle le fait depuis dix ans sa demande intérieure. Une politique de déflation salariale compétitive décidée unilatéralement ne constitue pas en effet une stratégie coopérative à l’échelle de l’Europe. Elle ne répond pas non plus à l’intérêt de l’Allemagne qui exporte plus de 40 % de sa production vers la zone euro. Ou bien donc une stratégie coordonnée de croissance pourra être définie à l’échelle de la zone euro ou bien à défaut de ce gouvernement économique intelligent de la zone euro, celle-ci à plus ou moins long terme sera vouée, à travers une récession générale, à l’éclatement. Celui-ci pourrait être maîtrisé à travers une monnaie commune réservée aux transactions extérieures, chaque pays retrouvant en interne sa monnaie et une marge de flexibilité.

Le MRC ne prendra pas argument de sa lucidité rétrospective pour prôner la politique du pire, non que nous ayons modifié nos analyses sur la monnaie unique, mais celle-ci est devenue une réalité depuis 1999. Plutôt que d’ouvrir la voie à une nouvelle étape chaotique de la crise, nous préférons prôner les remèdes qui nous paraissent les plus efficaces : initiative de croissance européenne dans le cadre d’une réforme du système monétaire international fondé sur des parités fixes et ajustables, strict contrôle des marchés financiers, taxation voire contrôle des mouvements de capitaux, écluses sociales et environnementales en vue d’instaurer une concurrence équitable. Là est la voie de la responsabilité. Restons fidèles à nous-mêmes en adaptant notre discours. Le MRC souhaitera - j’en suis sûr, mais c’est une décision de son Congrès - « une sortie par le haut » sans se dissimuler la difficulté de l’exercice vis-à-vis de notre partenaire allemand, très attaché à l’« ordo-libéralisme » et qui entend imposer ses choix.

Le parti socialiste élabore son programme. A côté de propositions raisonnables ainsi en matière fiscale, on trouve une naïveté fondamentale étonnante : le parti socialiste parle ainsi « d’écluses sociales et environnementales » aux frontières de l’Europe. Fort bien. Mais il ne s’avise pas de la profonde incohérence de ces propositions avec le traité de Lisbonne que ses parlementaires dans leur majorité ont approuvé, ni du contenu du programme du « parti socialiste européen » (PSE) auquel il participe. Qu’il se fasse entendre d’abord au sein du PSE, s’il ne veut pas encourir encore une fois le soupçon du double langage. Nous réclamons une franche rupture avec le social-libéralisme dans lequel, depuis 1983, le PS a fourvoyé la gauche et la France avec elle. Or, nous ne trouvons dans le document publié par le PS pas une once d’autocritique et pas le plus petit commencement d’une analyse de la crise de la globalisation libérale. Ce n’est pas une découverte : le PS et le MRC ne sont pas sur la même ligne. C’est pourquoi il est difficile d’imaginer, à moins d’une rupture claire du PS avec son orientation social-libérale, que nous puisions accepter d’être écrasés dans des « primaires » où nous perdrions toute influence pour modeler la suite.

C’est pourquoi la motion adoptée par le Conseil National du MRC du 28 avril proposera au Congrès de Paris des 26 et 27 juin prochains de créer les conditions qui nous permettront de voter pour un candidat « républicain », capable de sortir la France de l’ornière sociale libérale et d’ouvrir pour elle et pour l’Europe un nouveau chemin. C’est le sens du programme de salut public adopté par notre Conseil National. Pour ouvrir ce nouveau chemin, il faut d’abord créer dans l’esprit public l’espace dans lequel pourra surgir le candidat républicain qui permettra à la gauche et à la France de reconquérir leur destin."

(Citoyens militants, le bulletin du MRC, mai 2010)

lundi 3 mai 2010

L'écart se creuse entre les lycées ardennais !


Comme chaque année depuis 1994, le magazine "l'Express" a publié son classement des lycées français. Très attendu par les parents de nos chères têtes blondes (ou brunes, noires, rousses ... voire rasées à la mode skinhead) qui ont la fâcheuse tendance de projeter les données collectives sur le cas particulier de leur progéniture, ce palmarès repose, on ne le répétera jamais assez, sur une méthodologie contestable : la synthèse de 3 indicateurs dûment estampillés "ministère de l'Education nationale", à savoir le taux de réussite au Bac toutes sections confondues (c'est à dire le résultat de la politique globale de l'établissement ... qui ne reflète que partiellement le degré d'intelligence des élèves), la capacité à faire progresser les élèves (c'est à dire la différence entre le taux de réussite obtenu et celui que l'on pouvait attendre compte tenu de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leur résultat au brevet ... qui traduit l'efficacité pédagogique de l'équipe éducative) et la possibilité pour un élève de 1ère d'obtenir son bac dans le même lycée (c'est à dire le degré de sélectivité des établissements ... qui reflète la politique de l'équipe administrative qui est parfois tentée de se séparer des élèves en difficulté pour s'assurer de bons résultats à l'examen) auxquels sont affectés respectivement les coefficients 3, 2 et 1. Malgré cette grosse faiblesse, il a cependant un intérêt incontestable puisqu'il permet de faire apparaître les évolutions connues au fil des ans par les lycées.

Quels enseignements peut-on donc tirer de ce nouveau classement pour les Ardennes ? Le premier, qui devrait faire réfléchir certaines équipes administratives, est que la sélectivité dont font preuve plusieurs établissements est loin d'être un gage de réussite au Bac puisque les 3 lycées les moins accompagnateurs, à savoir Saint Rémi à Charleville-Mézières (70 %), Vauban à Givet (73 %) et Jean Moulin à Revin (66 %) occupent les 3 dernières places du classement départemental ! Le deuxième est qu'avec des taux de réussite au Bac de respectivement 95 %, 90 % et 89 %, les lycées Chanzy, Mabillon et Sévigné de Charleville-Mézières et Sedan n'ont rien à envier, n'en déplaise à ceux qui passent leur temps à dénigrer les Ardennes, aux meilleurs établissements de France et de Navarre. Quant au troisième enseignement, qui est certainement le plus important, c'est que plusieurs établissements ont connu une progression spectaculaire, comme le lycée Mabillon qui est passé de la 1875 ème place nationale (sur 1909 !) à la 892ème ou encore le lycée Chanzy qui s'est hissé au 342ème rang grâce à un bond de 511 places ... alors que d'autres sont restés englués en fin de classement, à l'image des lycées Saint Rémi de Charleville-Mézières (1860ème en 2009 et 1867ème en 2010), Vauban de Givet (1895ème en 2009 et 1896ème en 2010) et Jean Moulin de Revin (1908 ème cette année !) qui occupent les 3 dernières places des établissements ardennais.

L'écart s'est donc nettement creusé entre les premiers de la classe, situés au centre-ville du chef-lieu, et les derniers localisés dans la vallée de la Meuse ! Pour quel motif ? Les plus optimistes diront sans doute que c'est parce que certaines équipes administratives et pédagogiques, traumatisées d'avoir été montrées du doigt en 2009, ont su se faire violence et sortir de leur léthargie en prenant en urgence les mesures d'adaptation qui s'imposaient. Les plus pessimistes affirmeront certainement que les difficultés économiques et sociales qui se sont abattues sur la vallée de la Meuse ont encore fragilisé un public scolaire déjà en souffrance, rendant impossible toute modification de fond de la gestion des établissements mal classés. Mais pour le MRC 08, qui considère cette situation très inquiétante puisqu'elle accroît l'inégalité des chances entre les élèves, ce n'est que le reflet de la politique gouvernementale de réduction des moyens consacrés à l'éducation qui aboutit, de fait, à concentrer les nouvelles options attractives dans les grands établissements de centre-ville. Ceux-ci ont ainsi la possibilité de pratiquer une sélection en amont de la classe de 1ère qui fausse les indicateurs publiés par l'Education nationale ... et par voie de conséquence le fameux classement de "l'Express" !