Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

jeudi 31 juillet 2008

De l'art en général et de Woinic en particulier.


Cela vous a sans doute échappé, mais l’année dernière, une toile du peintre américain Cy Twombly a défrayé la chronique après avoir été embrassée dans une galerie par une artiste cambodgienne : ça s’est remarqué, car la toile était un monochrome blanc ! L’avantage avec ce genre de toiles entièrement blanches, c’est qu’on peut facilement faire un copié-collé du tableau. Le désavantage, c’est qu’une tâche de rouge à lèvres dessus se voit aisément. Ce chef-d’œuvre (?) de l’art contemporain a été vendu pour 2 millions d’euros chez Sotheby’s… avant cette affaire du rouge à lèvres, qui lui a donné plus de valeur encore. Une telle acquisition irait tout à fait dans la logique comptable du sémillant apolitique de Droite non encarté Claude Wallendorff car la merveille est susceptible d’intéresser des investisseurs comme Bernard Arnault (oui, le type plein aux as qu’on voit dans Paris Match et qui donne ses ordres à l’Elysée) et d’être revendue avec 20 % de profits l’année suivante : voilà de la bonne conception et du vrai art.

En revanche, Eric Sleziak est un modeste tâcheron même pas coté chez Christie’s, il travaille pour sa région, l’idiot et il s’est fait suer le burnous pendant onze ans sans rien en tirer, ce qui, en bonne logique capitaliste, est lamentable. Il prétend rendre hommage aux travailleurs et aux petits métiers, les ouvriers des Ardennes en l’occurrence vu qu’il a d’abord été métallo, mais aussi les vignerons dans la Marne. Il a un atelier à Bogny-sur-Meuse, car il n’y a pas de place pour une laie en fonte de 50 tonnes et de 14 mètres de long dans les galeries de la rue Saint-Honoré. Et puis son oeuvre n’exprime aucun frémissement de l’être ou de murmure désincarné, c’est même pas un animal civilisé genre lévrier afghan ou chat sans poil, c’est une simple bête prolétarienne avec un nom à coucher dehors : Woinic, je vous jure, alors que Variation en fonte mineure aurait été tellement plus tendance ! L’artiste en a obtenu 600 000 euros, trois fois moins que le monochrome qui n’a pas nécessité, lui, 12 000 heures de travail, avec les frais de livraisons à sa charge. Autant dire une misère au regard des dernières transactions sur le marché de l’art! Un tel dédain pour la logique comptable paraîtra sans doute à beaucoup dépassé en ces temps où le slogan à la mode est : « Travaillez plus pour gagner plus ». Par ailleurs, son machin va perturber la circulation pendant quelques jours, déjà que les parigots ne veulent pas venir, et l’aire d’autoroute où elle aboutira n’aura rien d’un palais vénitien, mais s’appellera Saulces-Monclin-Faissault comme tout le monde.

De façon générale, ceux qui crachent sur l’art dit populaire nous insupportent au plus haut point. C’est pourquoi le MRC-08 a plaisir à rendre hommage au travail et au talent du sculpteur bognysien et se réjouit que le Conseil général des Ardennes subventionne, avec un peu de retard il est vrai, ce qui pourrait bien devenir un des emblèmes du département. Certes, nous ne sommes pas dupes : c’est une façon, sans doute, de se donner bonne conscience en ces temps de disparition des emplois industriels de la vallée, mais tout le monde reconnaîtra qu’il aurait été dommage d’offrir une telle merveille à Berlusconi…

dimanche 27 juillet 2008

CEC: le bal des hypocrites


Depuis que la fermeture du CEC est officielle, les élus de la Pointe se pressent autour de son cercueil, semblables à la poule qui vient de se cogner contre un couteau. La différence, c’est que le volatile est stupide et que l’élu, derrière son indignation de façade, est perplexe : nous disons perplexe pour être poli et parce que ça sonne mieux que foireux ou qu’hypocrite. La liste des réactions officielles est longue, mais à tout seigneur tout honneur! Nous ne ferons pas à Claude Wallendorff, l’apolitique de Droite le plus brillant du département, l’injure de croire qu’il a appris la fermeture du fort de Charlemont au dernier moment par la presse. En effet, s’il ne s’était pas renseigné avant, ses adversaires pourraient le taxer de désinvolture, voire d’amateurisme, deux qualités dont le maire de Givet est notoirement dépourvu, d’autant qu’il a affiché publiquement son professionnalisme et ses contacts lors de la dernière campagne : voilà justement une belle occasion de faire profiter ses administrés en détresse de ses fameuses relations ! Du reste, depuis le 8 avril et la présentation du Livre Blanc, la fermeture du CEC était fortement probable, à tel point que tous les Givetois en étaient au courant, notamment les lecteurs du forum de la mairie.
Nous ne suivrons pas davantage Bernard Dekens, le nouveau président de la Communauté de Communes Ardennes Rives de Meuse, lorsqu’il prétend croire en une réhabilitation touristique de Charlemont. Dans un monde idéal, les Givetois souhaiteraient bien sûr connaître le succès de la citadelle de Namur, ou tant qu’à croire à un miracle devenir un centre de pèlerinage après apparition de la Vierge comme à Beauraing, mais tout cela est bien cher ou bien providentiel. D’abord, il n’est pas évident que l’armée vende, surtout à l’euro symbolique souhaité, et ensuite, sans vouloir rentrer dans des comptes d’apothicaire, à Namur les derniers travaux d’embellissement coûteront 15 millions d’euros, qu’il faudra aller demander à l’Union Européenne. Quant à la citadelle beaucoup plus modeste de Dinant, les derniers travaux de sécurisation y représentent 3 millions d’euros et obligent déjà la commune à dépenser 150 000 euros par an en charges d’emprunt. Et Namur c’est 8 ha avec le gros du travail déjà fait tandis que Charlemont c’est 90 ha et tout reste à y faire. Finalement, à défaut de Bruxelles qui est déjà sollicité par la concurrence, l’intervention de la Vierge ne sera peut-être pas du luxe.
Quant à Luc Declef, il ne semble pas qu’il ait parlé le moins du monde de l’avenir du CEC sur les tracts de sa brillante offensive de printemps, que le MRC-08 a pieusement conservés dans ses archives. Pas plus d’ailleurs qu’il n’affichait de sentiments anti-sarkozystes en bon notable qu’il est et qu’il a toujours été. Après cela, on sait la truculence et la verve de notre prospère pharmacien et l’on comprend le plaisir qu’il prend à se poser en censeur et à pester contre les carriéristes du haut de sa défaite électorale. C’est facile, c’est bon et ça permet pour une fois de parler d’autre chose que de la zone commerciale. Nous prenons cependant acte de son désir d’inventivité et d’exigence, et nous lui conseillons, lorsqu’il en sentira le besoin, de poser des questions écrites et précises au Conseil municipal de Givet pour voir ce que le maire en fonction en dira. C’est comme cela qu’on apprend les affaires et qu’on se positionne pour les échéances suivantes.
Enfin, à tout seigneur tout honneur, le chef d’orchestre de ce bal des hypocrites n’est autre que l’Etat. Car que penser des 4 millions d’euros du fabuleux Contrat de site offert par Paris après l'intervention du très influent Boris Ravignon pour réparer tous les maux de la Pointe, sinon qu’ils permettraient tout au plus de construire un tiers d’un centre aqualudique comme Rivéa ou de rallonger les travaux en cours sur la ligne Charleville-Givet de 7 kilomètres… et peut-être, qui sait, de payer une partie de la mise du fort aux normes civiles. De toute façon, l’essentiel de cette "manne" ne concernera que fort peu Givet puisqu’il est probable qu’elle se noiera dans le gouffre des 278 millions d’euros de la branche ouest de l’A 34, qui ne fera jamais que désertifier davantage la Pointe, vu qu’elle passe à plus de vingt kilomètres. Il est vrai que depuis les salons parisiens, Charleville ou Givet c’est kif-kif, on n’y accède qu’en chasse-neige et avec une escorte armée jusqu’aux dents pour se protéger des Belges ou des Cellatex.
Reste donc aux décideurs de la Pointe à défendre leur territoire et ses habitants, à l’Etat d’enclencher une véritable politique d’aménagement… et aux citoyens à utiliser leur bulletin de votes pour élire des candidats qui les épaulent réellement.

mercredi 23 juillet 2008

Garnisons militaires: tout n'est pas perdu

C’est officiel, le couperet tombera donc demain : si le 3ème Génie de Charleville-Mézières est épargné in extremis, le Centre d’Entraînement Commando de Givet est définitivement condamné à disparaître, au mois de juillet 2009 exactement. Installé en 1963 et premier du genre, le CEC emploie actuellement 160 personnes dont 114 militaires, ce qui représente 90 familles et près de 200 enfants souvent scolarisés à la Cité scolaire Vauban, avec un impact économique annuel estimé à plus de 5 millions d’euros. Au-delà de la bonne surprise pour les Carolos dont nous nous félicitons au même titre que tous les Ardennais, c’est assurément un coup dur pour Givet ... auquel il fallait hélas s’attendre : les espoirs de maintien étaient totalement illusoires puisqu’il était acquis qu’il ne resterait, à court terme, plus aucun centre commando sur le territoire métropolitain. Le Ministre de la Défense Hervé Morin, dans un entretien récent avec les parlementaires ardennais, n’avait d’ailleurs laissé planer aucun doute sur ce point.

Mais que l’on se rassure, ce malheur va être compensé par un merveilleux « contrat de site » entre l’Etat et la Pointe qui permettra d’améliorer les infrastructures essentielles. Si l’objectif en soi est fort louable, ce qui paraît plus étonnant est que les grands travaux évoqués par Bérengère Poletti et Benoît Huré sont la mise à grand gabarit du port de Givet, la modernisation de la RN 51 et la construction de l’EPR à Chooz. Il nous semble que le premier de ces trois projets est déjà en grande partie réalisé puisque le port de Givet est depuis peu relié au réseau belge à grand gabarit à partir de l’écluse des Trois cheminées qui vient d’être réaménagée ; que l’EPR ne sera jamais implanté à Chooz pour des raisons, entre autres, de débit insuffisant de la Meuse ; et que la RN51, qui reliait en son temps Orléans à Givet, est morte et enterrée au profit de la RD 8051 voire de l’A 34 qui en reprend le tracé de Reims jusqu’à Charleville mais évite soigneusement de passer par la Pointe en quittant le territoire français vers Rocroi d’une part, vers Sedan de l’autre, avec des impacts économiques plus qu’hypothétiques.

Dans l’attente d’un projet de déplacement dans la métropole de la Pointe du centre de lancement des fusées Ariane situé aujourd’hui à Kourou ou du Parlement européen encore localisé à Strasbourg, le MRC-08 préfère rester sceptique et considère l’annonce de la mise en place d’un contrat de site comme une aimable déclaration d’intention. Les élus du département devront donc continuer à se battre pour arracher aux décideurs parisiens des décisions réellement intéressantes, ce qui sera certainement autrement plus difficile que de devancer de quelques heures une annonce ministérielle …

mardi 22 juillet 2008

La délinquance repart à la hausse.

Comme à chaque trimestre, la préfecture des Ardennes vient de communiquer les derniers chiffres de la délinquance, en prenant comme base de comparaison les données de la dernière année. En mettant en regard les chiffres de juin 2008 avec ceux de juin 2007, si la délinquance est globalement en légère hausse de 2,1 % avec 1.042 faits, la délinquance de proximité, et notamment les vols, sont en baisse, tant les vols d’automobile que ceux commis avec violence. Le MRC-08, tout en constatant que la priorité au tout-sécuritaire adoptée par le gouvernement sarkozyste trouve ses inévitables limites, se réjouit cependant de la forte baisse de la délinquance des mineurs ( - 28, 7 % ) et du bon chiffre de la sécurité routière, puisqu'aucune personne n'est décédée dans un accident de la route en juin 2008. Finalement, même si des progrès sont toujours possibles, la preuve est faite, et facilement vérifiable par tout journaliste d'investigation, qu'il ne fait pas si mauvais vivre dans les Ardennes… du moins en matière de sécurité.

Cependant, si le taux d’élucidation des délits est à peu près stable aux alentours de 40 % dans le département, ce qui est très honorable, il est assurément moins bon dans certaines communes que dans d'autres. Ainsi dans celle d'Aubrives, qui n'a pas connu de problèmes sérieux depuis longtemps, deux actes de malveillance nocturne contre le magasin de proximité Le relais des mousquetaires se sont succédés : un incendie, dont notre quotidien départemental s'était fait l'écho, puis trois semaines plus tard un vol avec effraction dont les traces extérieures sont toujours visibles, comme vous pouvez le constater sur les deux photos ci-dessous.


Ces actes ne sont pas anodins, surtout en ce qui concerne l’incendie qui aurait pu faire, en plus des dégâts matériels, des victimes humaines. Nous souhaitons donc vivement que les auteurs en soient retrouvés. En attendant ce dénouement que nous espérons rapide, à quelque chose malheur est bon puisque des mesures de bon sens ont finalement été prises : la lucarne ayant sans doute permis aux malfaisants de dévaliser le rayon boisson du Relais a enfin été obturée par les services municipaux.

vendredi 18 juillet 2008

Pas de changement dans l'équipe dirigeante du MRC-08


Conformément à ses statuts, la fédération ardennaise du MRC a réuni le 17 juillet son congrès départemental. Après avoir approuvé le bilan financier ( eh oui, nous avons une trésorerie!) et le rapport d'activités des 2 dernières années, marquées notamment par l'organisation en 2007 de la visite à Charleville-Mézières et à Sedan de Jean-Pierre Chevènement, par l'ouverture d'un blog qui a su trouver des lecteurs fidèles et par la présentation en mars 2008 sous ses seules couleurs de 3 valeureux candidats aux élections cantonales, les membres présents ont reconduit dans ses fonctions le bureau sortant constitué de Laurent Bouvier (1er secrétaire), Boris Spirta (trésorier), Evelyne Della Libera (secrétaire) et Maurice Ninitte (secrétaire à l'action politique).

Il a également été décidé de ne soutenir aucun candidat pour les élections sénatoriales du mois de septembre et d'agir afin de permettre , dans un 1er temps la présentation pour les élections européennes de 2009 dans la région Grand Est d'une liste rassemblant le NON de gauche, puis dans un 2ème temps l'établissement des contacts nécessaires pour créer un grand parti de toute la Gauche réunissant à la fois son aile gestionnaire et son aile protestataire voire utopique.

vendredi 11 juillet 2008

collèges muti-sites: Chaumont Porcien disparaît à son tour!


Le Conseil d'administration du collège multi-sites de Signy l'abbaye - Chaumont Porcien vient de se prononcer pour le regroupement de l'effectif scolaire du site de Chaumont Porcien vers celui de Signy l'abbaye. Si cette décision, qui a reçu l'aval de l'Inspection d'académie, du Rectorat et du Conseil général n'entraine pas la fermeture au sens stricte du terme d'un collège, elle aboutit de fait à la disparition d'un établissement d'enseignement de proximité et à la fragilisation du tissu économique et culturel d'un canton. Elle suscite donc logiquement le mécontentement des élus et de nombreux parents face à un mode de gestion scolaire qui, non seulement utilise mécaniquement la règle à calcul sans tenir compte des spécificités socio-économiques locales, mais en plus amplifie les conséquences de la baisse démographique au lieu de chercher à les atténuer.

De façon générale, le MRC-08 constate que cette décision va dans le sens de la volonté de moins en moins cachée du Rectorat de réduire le nombre d'établissements et de celle clairement affichée du Conseil général d'obtenir 35 collèges implantés sur 35 sites. Il ne s'agit donc pas d'une affaire strictement locale, mais bien de la poursuite du processus sciemment engagé pour obtenir la disparition des collèges multi-sites et qui a déjà abouti à la fermeture des établissements de Machault, de Margut et de Maubert-Fontaine et à la programmation de celle de Mouzon à la rentrée 2009. La marche arrière opérée par le Conseil général en juillet 2006 révèle ainsi son vrai visage: ce n'était qu'un recul tactique destiné à obtenir le même résultat par une méthode plus progressive et des arguments en apparence plus pédagogiques. Bref, la remise au goût du jour de "la tactique du salami", qui avait si bien réussi en Europe de l'est à la fin des années 1940!

Si le MRC-08 est bien conscient qu'une réflexion sur la restructuration du réseau des collèges ardennais est nécessaire, il condamne cependant fermement cette politique qui fait passer les intérêts économiques avant ceux des élèves et des territoires en difficulté. Notre opposition à cette orientation est d'autant plus forte qu'aucune évaluation sur l'expérience des collèges multi-sites n'a été menée à ce jour. Nous nous associons donc pleinement à la légitime indignation des parents d'élèves et des élus du canton de Chaumont Porcien et proposons, comme le suggère le rapport de l'Inspection générale rendu en septembre 2004 sur l'évaluation de l'enseignement dans l'académie de Reims, de faire des collèges multi-sites "un outil d'aménagement du territoire qui peut se voir investi de nouvelles missions utiles à l'équilibre des zones rurales, comme l'aménagement de pôles d'animation, de centres de ressources multi-médias ou de centres de formation professionnelle". Avec le maintien des autres services publics de proximité, cela contribuerait à l'existence d'une vie rurale de qualité.

mercredi 9 juillet 2008

Charlemont : un oubli sans surprise.



Pour beaucoup de Givetois, Vauban est le véritable fondateur de la ville. A la fin du XVIIème siècle, c'est effectivement lui qui a transformé radicalement la place-forte récemment conquise par la France, réorganisant le plan des rues et réaménageant en profondeur le fort de Charlemont et le mont d’Haurs... tout en apportant au passage quelques retouches à Rocroi, autre fortification ardennaise réputée. Au total, ce sont 151 place-fortes que Sebastien le Prestre, marquis de Vauban, a ainsi aménagées sur les frontières françaises pour le compte de Louis XIV, en plus des 30 qu'il a construites de toutes pièces. Pour juger de l’importance de son oeuvre, il suffit de savoir qu’on disait à l’époque : "Ville assiégée par Vauban, ville prise ; ville défendue par Vauban, ville imprenable"…

Depuis que la municipalité de Givet a fait du tourisme son axe de développement majeur, elle multiplie les initiatives pour valoriser son patrimoine, et au premier chef les réalisations de son plus célèbre architecte. C'est ainsi qu'elle a jugé bon de mettre en place une illumination du fort de Charlemont qui est certes du plus bel effet mais qui n'est pas forcément la mieux venue en ces temps de pénurie énergétique. En bonne logique, on aurait pu aussi s'attendre à une action déterminée pour qu'elle fasse figurer ces fortifications dans les propositions formulées par l'association "Réseau des sites majeurs de Vauban" pour être inscrite dans la liste de l'UNESCO des sites ayant "une valeur exceptionnelle universelle". En ces temps de fermeture programmée du CEC, une telle reconnaissance internationale aurait forcément eu des retombées économiques intéressantes. Hélas, le MRC-08 n'a pu que constater que parmi les 12 sites retenus par l'UNESCO le 07 juillet parmi les 181 construits par Vauban, si on trouve bien les fortifications majeures du Nord et de l'Est, notamment la citadelle pentagonale d’Arras et la ville neuve de Longwy, ni Givet ni Rocroi n'ont été retenus. Un tel oubli n'a rien d'insultant en soi si l'on songe que la citadelle de Lille, pour des raisons d’ordre militaire, et celle de Belle-île-en Mer, qui n'est pas à proprement dit une fortification, ont elles aussi été écartées … même si Charlemont a pour lui d'être une place de première ligne bloquant l’accès de la trouée mosane. Cependant, il faut bien reconnaître que Vauban s’était contenté de reprendre la forteresse construite sous les ordres de Charles Quint en 1555 avant de passer sous domination française en 1678, ce qui ne permet pas au site givetois d'entrer dans le cadre des fortifications entièrement nouvelles choisi par l'UNESCO. Dont acte. Il faudra se passer de cette étiquette ô combien prestigieuse et s’efforcer de trouver quelque utilité aux installations militaires, qu’elles restent ou non propriété de l’armée, qu'elles soient ou non réhabilitées, si possible en évitant de dépenser au-delà des moyens localement disponibles.

Ceci dit, rien n'interdit de relativiser les choses: si les 12 communes retenues s’attendent à une hausse notable de leur fréquentation touristique, la manne risque fort d'être moins abondante que prévue, d'autant qu'elle nécessitera impérativement, pour la valorisation des sites, des aides nationales, régionales, européennes, voire privées qui sont encore loin d'être acquises. Le précieux label pourrait bien se révéler une coquille vide! Et s'il faut vraiment obtenir des compensations à la fermeture du Centre d'entraînement commando de Givet, il serait préférable d'aller les chercher du côté industriel plutôt que touristique. Entre la non-valorisation des fortifications de Vauban et l'implantation plus qu'hypothétique d'un réacteur de type EPR à Chooz, le climat n'est pas au beau fixe dans la Pointe. Dans ce contexte, il serait hautement souhaitable de renoncer, une bonne fois pour toutes, aux miroirs aux alouettes et de chercher des solutions réalistes ... en évitant les projets pharaoniques comme le fort de Condé et, de grâce, en restant fidèle à l’idée originelle de Vauban : défendre la ville, et non pas la ruiner.

mardi 8 juillet 2008

Canton de Givet: les élections sont-elles vraiment terminées?


Comme chacun sait, la moitié des cantons français a été renouvelée les 09 et 16 mars 2008. Parmi eux figurait le canton de Givet où 5 candidats se sont affrontés avant que Claude Wallendorff, apolitique de Droite notoire, ne remporte la victoire. Cependant, lorsque le canton dépasse 9.000 habitants, les candidats contrairement aux électeurs n'en ont pas fini au soir du 2ème tour: il leur faut encore solder les comptes, au sens premier du terme! Pour ce faire, ils ont très exactement 9 semaines pour faire parvenir à la Commission nationale compétente leurs comptes de campagne dûment vérifiés par un expert comptable. C'est le prix à payer pour pouvoir être remboursés des dépenses qu'ils ont engagées sur leurs fonds personnels ... à condition bien sûr d'avoir atteint le seuil fatidique de 5% des votants.

Le candidat du MRC-08, ayant satisfait à ces formalités en temps et en heure, a reçu hier la notification de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques approuvant son compte de campagne. Rien d'étonnant à cela, mais on ne peut pas en dire autant de l'information contenue dans le 2ème paragraphe du courrier officiel: l'élection a fait l'objet d'une requête en annulation! En clair, cela signifie que le remboursement des sommes dues aux candidats est reporté après la décision qui sera prise par le juge administratif, ce qui n'a rien de mortel, en tout cas pour nous. Cela signifie aussi que Claude Wallendorff, même si la requête n'a pas d'effet suspensif, n'est pas encore définitivement le nouveau conseiller général du canton de Givet.

Notre intérêt pour la chose publique nous a amené à chercher à en savoir plus sur ce rebondissement totalement inattendu. C'est ainsi que nous avons appris, par une source très bien informée, que la requête porterait sur le 2ème tour. Si cette information devait être confirmée, il n'y aurait pas besoin d'être grand clerc pour deviner de qui provient la requête en question. Sur le principe, nous comprenons que ce type de démarche existe dans la mesure où il permet d'éviter des abus toujours possibles en politique ... mais dans le cas présent, nous sommes beaucoup plus perplexes. L'élection ne s'est pas jouée à quelques voix près mais à plusieurs centaines et il nous semble que la population a pu faire son choix en toute connaissance de cause. En politique comme en football, il est toujours préférable de gagner sur le terrain que de l'emporter sur tapis vert...

samedi 5 juillet 2008

Centrale EPR à Chooz : un projet séduisant mais peu réaliste...


Depuis quelques temps la fermeture du CEC de Givet était quasiment certaine, elle est désormais acquise : c'est du moins l'impression que laisse la candidature posée par six élus plus ou moins affichés de la droite ardennaise à la construction d'un réacteur français de troisième génération EPR dans la Pointe de Chooz. Cette déclaration laisse aussi sceptique. Certes, on sait que la construction du deuxième réacteur français vient d'être annoncée par Nicolas Sarkozy pour l'horizon 2011. Avec une puissance de 300 MW en plus par rapport à une centrale classique à eau pressurisée, 15 % de déchets en moins, une espérance de vie de 60 ans au lieu de 40 et un renforcement des dispositifs de sécurité, un tel équipement est particulièrement séduisant, d'autant qu'il permettrait d'atténuer la dépendance énergétique de la France en réduisant les importations d'énergies fossiles de plus en plus coûteuses. D'un point de vue économique, il serait bénéfique pour la Pointe puisqu'il emploierait dans l'immédiat plus de 2000 personnes pour sa construction et à terme plus de 500 salariés pour son fonctionnement. Il serait aussi bénéfique pour le département dans son entier, puisqu'il augmenterait considérablement les sommes versées au Fonds Départemental de Péréquation de la Taxe Professionnelle, dont beaucoup de communes, et notamment les plus défavorisées, profitent.

Le M.R.C.-08, conformément à sa position qui a toujours été de soutenir l'énergie nucléaire, est très favorable à un tel projet auquel notre territoire a tout à gagner. Cependant, des choses excellentes peuvent se révéler totalement utopiques. Qui peut sérieusement espérer qu'à l'heure où la Réforme Générale des Politiques Publiques s'efforce de réduire la présence de l'Etat en tous lieux, elle aboutisse dans les Ardennes à créer 3 fois plus d'emplois qu'elle n'en supprimera ? Certainement ceux qui voudraient faire oublier à leurs électeurs les conséquences locales de leurs votes nationaux, mais pas nous. On pourrait éventuellement croire à une compensation qui atténuerait les effets d'une décision négative, mais pas à ce marchandage nucléaire qui aboutirait à créer beaucoup plus d'emplois qu'il n'en supprimerait. D'ailleurs, Chooz n'est même pas citée par les médias nationaux parmi les sites possibles, contrairement à Flamenville, Tricastin, Marcoule et Pengy.

Ces espoirs auraient sans doute eu un sens lorsque l'Etat aménageait le territoire, mais nous estimons qu'ils ont toutes les chances de se révéler vains avec l'Etat-UMP qui désaménage le territoire à tour de bras.

mercredi 2 juillet 2008

Sarkozy filmé en off sur France 3: et la politesse bordel!

Lundi 30 juin, Nicolas Sarkozy était sur le plateau de France 3. Accueilli dans les locaux de France Télévisions sous les quolibets de salariés - certains même vêtus d'un T-shirt «Plus belle la vie sans Sarkozy», le président est arrivé sur le plateau du 19/20… un brin énervé. Les minutes qui ont précédé son intervention en direct ont été enregistrées par les équipes du 19/20, et diffusées par Rue89. Ambiance polaire, petite passe d'arme avec les techniciens assortie du commentaire "ça va changer tout ça", demande au journaliste Gérard Leclerc qu'Arlette Chabot avait mis à l'écart «T'es resté combien de temps au placard?» avant de s'exclamer à la cantonade «J'avais protesté quand on l'avait mis au placard !». Des images très instructives du tout petit (cela n'est en rien une allusion à sa taille!) Président de la République française qu'il est.

Appel à la constitution de listes communes pour les européennes


Après les élections présidentielles et législatives en 2007, les élections cantonales et municipales en mars 2008, d'autres échéances pointent déjà leur nez: les élections sénatoriales en septembre 2008, auxquelles le MRC-08 sera très attentif puisqu'elles permettront selon toute vraisemblance de renforcer la présence et l'audience de notre parti au Parlement, et surtout les élections européennes en juin 2009. Ce scrutin habituellement boudé par les électeurs est une opportunité de faire entendre au sein même des institutions européennes la voix de ceux qui veulent une construction européenne à la fois plus démocratique et plus sociale. Il doit donc être préparé avec intelligence. C'est pourquoi des personnes d'horizons politiques variés ont décidé de lancer l'appel ci-dessous que nous vous invitons vivement à signer:

"Nous, signataires de cet appel, sommes des citoyens de gauche, partisans d'une Europe sociale qui protège les peuples. Face au Traité Constitutionnel Européen qui entérinait le dogme du libéralisme économique, nous avons mené campagne et voté non au référendum du 29 mai 2005. Nous représentons 31,3 % des suffrages qui se sont exprimés lors de ce scrutin. Nous sommes aujourd'hui inquiets : alors que ce désir d'une véritable Europe sociale est la plus importante force d'opinion qui se soit exprimée en mai 2005, il y a fort à craindre qu'elle ne soit pas représentée au parlement européen qui sera élu lors des prochaines européennes en Juin 2009. La tentative de rassemblement des collectifs du 29 Mai, fin 2006, a été un échec : elle nécessitait en effet la désignation d'un candidat unique pour l'ensemble des tendances de notre front. La conséquence de cet échec a été l'absence de traduction politique à la hauteur de notre mouvement : les deux candidats au second tour de l'élection présidentielle soutiennent la construction libérale de l'Europe. Pire ! Le 4 février 2008, loin d'entériner le résultat du référendum, Nicolas Sarkozy et les parlementaires soutenant l'Europe libérale bafouent la souveraineté populaire en adoptant un traité identique sous une forme prétendument « simplifiée ».
Nous ne voulons pas ajouter à ce déni de démocratie une absence de représentation au parlement européen à l'issu des élections européennes de Juin 2009. Rappelons les faits : pour le scrutin des européennes de Juin 2009, la France sera divisée en 8 grandes circonscriptions où il faudra déposer des listes de candidats. Le nombre de sièges par circonscription, fixé par le décret n°2004-396 du 6 mai 2004, est de 12 pour le Nord-ouest, 10 pour l'Ouest, 10 pour l'Est, 10 pour le Sud-ouest, 6 pour le Massif central-Centre, 13 pour le Sud-est, 14 pour l'Ile-de-France et 3 pour l'Outre mer. Soit un total de 78 sièges de députés européens pour la France. Il se trouve que les élections européennes sont des élections proportionnelles à seuil. Ce qui veut dire que Les candidats ne peuvent espérer obtenir un siège s'ils ne franchissent pas la barre fatidique des 5 %. Mais ce n'est pas tout. Ces élections sont aussi des élections à la proportionnelle. Ce qui veut dire que le nombre de sièges obtenus dépendra du nombre des votes exprimés en fonction du nombre de sièges disponibles dans une circonscription. Il y a donc un second seuil qui dépend, quant à lui, du calcul de proportionnalité. Ce pourcentage minimum de voix nécessaires pour espérer obtenir un seul siège varie de 7% des suffrages dans la circonscription d'île de France, à plus de 9% dans celle du Massif central-Centre !Pour exemple : dans le Massif central-Centre, lors des dernières européennes en 2004, la dernière liste a avoir obtenu un unique siège avait reçu 9,96 % des suffrages exprimés. Sur les 18 listes présentées, seules trois ont obtenu des sièges ! Or, aux présidentielles, les résultats obtenus par les candidats dispersés, défendant le non au TCE, sont, à gauche, de 4,1 % pour la LCR, 1,9% pour le PCF, 1,3% pour José Bové et LO et 0,3% pour M. Schivardi. Les conclusions sont implacables : aucune des formations politiques défendant l'Europe sociale n'est en mesure d'obtenir le moindre siège aux prochaines européennes si la dispersion est encore de mise. Que les candidats représentant le non de gauche fassent ce rapide calcul : ils s'apercevront très vite que désunis, ils n'ont aucune chance. Tout le monde sera perdant, alors que rassemblés au sein de listes communes, 31,3 % des suffrages correspond à un minimum de 24 sièges de députés sur les 78 auxquels la France a droit.
Notre appel n'est pas un énième appel à la recomposition des partis politiques de gauche. Sa finalité est beaucoup plus modeste : il s'agit d'un appel à représenter l'Europe sociale dans les instances européennes. Comme toute force d'opinion, nous avons le droit d'être représentés au niveau européen ! Nous appelons solennellement toutes les forces politiques qui, en mai 2005, ont dit non au TCE et oui à l'Europe sociale de constituer dès à présent des listes communes que nous pourrons défendre comme nous l'avons fait lors que la campagne de 2005. Nous demandons la formation d'un front unitaire entre toutes les tendances politiques qui ont mené conjointement la grande campagne populaire face au TCE et aux défenseurs de l'Europe Libérale. Le peuple du non de gauche ne peut accepter l'idée qu'il ne sera pas représenté au prochain parlement européen alors que le non au TCE l'a emporté et que ce non était majoritairement un non de gauche !"


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