Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

vendredi 31 juillet 2009

Bassin d'emploi Nord Ardennes : la catastrophe prévisible a bien eu lieu !


Les découpages administratifs obéissent à des raisons que la raison ignore. Ainsi, le département des Ardennes, dont les justiciables relèvent dorénavant soit du tribunal d'instance de Charleville-Mézières soit de celui de Sedan, est divisé en 3 circonscriptions législatives, en 4 arrondissements et en autant de bassins d'emploi ... dont aucun ne correspond au territoire placé sous l'autorité d'un sous-préfet. Parmi ces derniers, le plus vaste est celui du Sud-Ardennes, le plus peuplé celui de Charleville-Mézières et le plus disparate celui de Sedan. Quant à celui du Nord-Ardennes qui comprend la vallée de la Meuse de Revin à Givet (c'est à dire la Pointe pour les Ardennais et la Botte pour nos voisins belges) ainsi que le plateau de Rocroi, il est depuis plusieurs décennies le plus défavorisé, ce qui s'explique par le poids très fort qu'y a conservé l'industrie traditionnelle en dépit des nombreux drames que cette activité a connus.

Sachant que l'industrie de ce bassin d'emploi Nord-Ardennes est tout particulièrement spécialisée dans la sous-traitance automobile et que les ventes de voitures ont fortement diminué depuis le début de la crise économique qui sévit depuis bientôt un an, il n'y avait pas besoin d'être grand clerc pour deviner que la situation de l'emploi allait s'y dégrader fortement. Encore fallait-il que les chiffres officiels le confirment! C'est désormais chose faite puisque, dans un entretien publié hier dans “l'Ardennais”, Monsieur Léon, directeur du Pôle emploi de Revin, a annoncé que le nombre de demandeurs d'emploi de ce bassin est passé en un an de 1.700 à 2.227 ... soit une envolée, pour ne pas dire une explosion, de 30%! Le taux de chômage s'y établit ainsi à 14,2%, ce qui est très au dessus de la moyenne nationale (9%), régionale et départementale ... mais pas très loin des 17,9% que connaît actuellement l'Espagne, le pays de l'Union européenne où le chômage est le plus élevé.

Des chiffres catastrophiques donc, qui ne reflètent que partiellement la réalité puisqu'ils n'incluent pas les cohortes de licenciés qui ont intégré le dispositif du Contrat de Transition Professionnel (vous savez, ce mécanisme qui permet d'alléger pendant 1 an les statistiques du chômage dans certaines parties du territoire français) et qui augurent mal de l'avenir lorsqu'on pense aux centaines de salariés qui connaissent depuis de nombreuses semaines des mesures de chômage partiel qui ne pourront pas durer indéfiniment. Face à cette situation, le MRC 08 considère que les clivages partisans doivent disparaître et que toutes les idées de bon sens, quel que soit leurs initiateurs, doivent être appliquées. Parmi elles, il y a bien sûr les 2 mesures phares prises au niveau national, à savoir l'augmentation du contingent d'heures de chômage partiel à 800 par an et la relance des contrats aidés, mais aussi des initiatives locales, comme la mise en relation du Pôle emploi de Revin avec les Maisons de l'emploi belges voisines ou encore l'attribution de prêts d'honneur à des entrepreneurs par Ardennes Initiative, qui doivent impérativement se poursuivre avec le soutien de tous.

vendredi 24 juillet 2009

Encore un "paquet de neuf" dans l'industrie ardennaise !


Ceux qui ont quelques connaissances en droit du travail, ainsi que les lecteurs assidus de ce modeste blog, savent qu'un "paquet de neuf", c'est le licenciement collectif pour motif économique de très exactement 9 salariés. Un nombre plutôt modéré, penseront certains, mais qui est tout sauf anodin puisqu'il permet à la société qui licencie d'échapper à la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi (plus communément appelé plan social) ... lequel n'est obligatoire qu'à partir de 10 licenciements. Tout bénéfice donc pour l'entreprise qui n'est ainsi pas contrainte de faire des propositions de reclassement interne ou de réfléchir à une nouvelle organisation du travail, mais une vraie catastrophe pour les licenciés qui sont jetés directement à la rue!

Cette pratique, qui s'apparente à un contournement de la loi, n'est bien sûr pas illégale mais elle est tout à fait immorale. Son précurseur dans les Ardennes a été la société de mécano-soudure carolomacérienne Sum tech qui y a recouru une 1ère fois en octobre 2008, puis une 2ème fois en janvier 2009 (ceux qui s'intéressent aux questions sociales auront remarqué que l'écart entre ces 2 charrettes de licenciements est juste de 3 mois, soit le délai minimum autorisé par la loi!) et même une 3ème fois ... 3 mois plus tard en avril 2009. Elle a été suivie en juin 2009 par l'entreprise de fabrication de parquet flottant Unilin, basée à Bazeilles, puis au début juillet 2009 par Magotteaux, une fonderie installée à Aubrives. Hier, ce trio très particulier a été rejoint par l'entreprise Forge France, une société nouzonnaise spécialisée dans la fabrication d'outils de levage et de manutention.

Et demain ? A n'en pas douter, étant donné que cette pratique n'a pour le moment suscité aucune levée de bouclier, ni de la part des pouvoirs publics ni de celle des élus, la liste sera plus longue. Le nombre de salariés jetés sans ménagement hors de leur lieu de travail augmentera donc encore. Pour le MRC 08, cette situation est inacceptable. C'est pourquoi nous demandons qu'une liste noire des entreprises ayant pris, pendant la crise actuelle, leurs aises avec le code du travail et le respect dû aux salariés, soit établie et qu'elle serve de base de réflexion à l'avenir avant toute attribution de subventions par des collectivités publiques. Les agissements passés ont toujours des conséquences dans le futur, il est temps de rappeler ce principe élémentaire à certains!

jeudi 23 juillet 2009

Vireux-Wallerand : bientôt un béguinage pour les personnes âgées


Sous l'impulsion du prédicateur liégeois Lambert Lebèguen, les béguinages sont apparus pendant le Moyen âge, tout particulièrement en Hollande et en Flandre. De quoi s'agit-il ? Tout simplement de lieux fermés où des femmes seules, veuves ou célibataires, se regroupaient afin de s'entraider dans le respect des règles de bonne moralité et de piété. La religion y était donc très présente, mais les béguines ne prononçaient aucun voeu définitif. A partir de la Révolution, les béguinages ont perdu en France leur acception religieuse et ils ont été rattachés aux hospices civils, au même titre que les autres institutions de bienfaisance, puis ils ont petit à petit disparu. Cependant, en Belgique et aux Pays-Bas, certains se sont maintenus et à partir des années 1960, leur concept a été imité afin d'accueillir, cette fois, non pas des dames à protéger des dangers de la société, mais des personnes âgées désirant cumuler les avantages du vivre chez soi et du vivre ensemble. Des lieux semi-ouverts, composés de logements individuels situés autour d'un espace commun central, ont donc été construits pour le plus grand bonheur des seniors en début de perte d'autonomie.

Au fil du temps, il est apparu que cette alternative entre la maison de retraite et le foyer-résidence correspondait de plus en plus aux souhaits exprimés par de nombreuses personnes âgées ne pouvant plus rester dans leur domicile, mais ne souhaitant pas pour autant renoncer à leur intimité. C'est pourquoi la commune de Vireux-Wallerand, assistée par l'Adapah (association départementale d'aide aux personnes âgées et handicapées) et Plurihabitat, a décidé d'imiter nos cousins d'outre-Quiévrain et de construire un béguinage sur le site de l'ancienne brasserie Ebling. Constitué de 13 pavillons (trois types 3 de 54,64 m2, trois types 2 de 51,25 m2 et sept types 2 de 40,96 m2 possédant chacun une terrasse et un jardin privatif) reliés par une coursive à un bâtiment collectif central climatisé composé d'une grande salle de 97,75 m2, d'une cafétéria de 17,60 m2 entièrement aménagée, d'une réserve de 27,92 m2 pour le matériel, d'un bureau de 13,70 m2, de deux WC et d'un studio de 16 m2 pour permettre le logement en cas d'urgence de la famille des locataires, ce tout premier béguinage dans le département des Ardennes a commencé à sortir de terre à la fin du mois d'avril 2008. Parfaitement adaptés aux besoins d'une population commençant à devenir non autonome, les logements, dont les loyers oscilleront entre 471,38 euros et 573,71 euros avant une éventuelle déduction de l'APL, sont complétés par 2 garages et par quelques ares de terre pouvant se transformer sur demande en jardins potager. L'ensemble, situé en centre ville, n'est certes pas médicalisé, mais la proximité du local de l'Adapah et la présence de plusieurs locataires offrent la sécurité d'être rapidement pris en charge en cas de difficulté.

S'il ne connait pas de retard de dernière minute, ce béguinage, qui aura coûté 930.000 euros pour les logements et 480.000 pour le bâtiment central, ouvrira officiellement en septembre de cette année. Toutefois, afin d'en assurer la promotion, une journée "portes ouvertes" a été organisée hier. Incontestablement réussie si on en juge par le nombre de visiteurs, cette opération a permis à ceux qui le désiraient de se faire de visu et in situ une opinion plus précise sur cette 1ère ardennaise. Parmi les personnes présentes, certaines ont bien émis des réserves, portant sur le nom du béguinage (Saint Georges, dont la connotation religieuse est évidente, mais dont il faut rappeler qu'il est aussi le patron de Vireux-Wallerand), sur sa localisation (l'entrée se trouve face au monument aux morts, ce qui n'est pas du meilleur goût pour un lieu destiné au logement de personnes âgées) ou encore sur la motivation réelle de la municipalité viroquoise (s'agit-il de répondre à une véritable demande locale ou d'aider la commune à rester au dessus du seuil de 2.000 habitants qui permet par exemple de bénéficier de la réalisation de voieries communautaires ?). Mais la très grande majorité, dont le MRC 08, a considéré que ce béguinage constitue une belle réussite qui offrira à ses locataires la possibilité de vivre dans un endroit conforme à leurs attentes et à leurs besoins, sans être coupés du reste du monde puisque les constructions ne seront pas enfermées dans une enceinte et que le bâtiment central pourra être utilisé par les associations viroquoises, tout en bénéficiant de commerces de proximité et du rire si rajeunissant des enfants fréquentant l'école primaire toute proche. Une excellente initiative donc, dont nous espérons sincèrement qu'elle sera rapidement imitée par beaucoup d'autres communes ...

samedi 18 juillet 2009

Rentrée politique : cassoulet ou fricadelle ?


Comme chaque année, les différentes formations politiques vont profiter de la fin du mois d'août et du début du mois de septembre pour organiser leurs traditionnelles universités d'été. Temps fort de la vie militante permettant de retrouver de "vieux" compagnons de combat, mais aussi d'échanger des idées sur les questions qui font l'actualité et de remotiver celles et ceux qui sont sur le terrain au quotidien, ces rencontres sont un moment privilégié qu'il ne faut pas rater. C'est pourquoi le MRC organisera cette année un week-end de travail les 05 et 06 septembre à Toulouse, la ville rose (que personne n'y voit un appel du pied à un quelconque parti politique, il s'agit simplement de l'effet de l'alternance géographique entre le nord du pays et le sud). Pour le moment, les thèmes de débat et les intervenants ne sont pas encore définis, mais nul doute qu'ils seront comme à l'accoutumée de qualité.

Peu avant, les fédérations du Nord et du Pas de Calais du MRC tiendront leur propre université d’été le samedi 29 août à Lille (salle des fêtes de Lille-Fives, 91 rue de Lannoy). Après avoir traité l'an dernier, sous la houlette des très experts Antoine Sfeir et Mémona Hinterman, de de la politique étrangère de la France, le thème abordé cette année sera "2012 : Sarkozy ou la gauche rassemblée". Pour discuter des conditions du rassemblement de la Gauche (à partir de quelle analyse, de quel projet, de quel programme ?), la matinée sera consacrée aux réponses politiques à apporter à la crise économique par la Gauche et l'après-midi à une réflexion sur la notion même de rassemblement.

Le MRC 08 invite ses adhérents et aussi ses sympathisants à participer, selon leurs disponibilités, à l'une ou l'autre de ces universités. Pour ceux qui préféreraient, pour des raisons de proximité par exemple, se rendre à la journée organisée à Lille plutôt qu'au week-end toulousain, rien de plus simple : n'allez pas sur le site national du MRC, mais sur celui de la fédération du Nord du MRC où vous trouverez toutes les informations nécessaires et faites vos réservations en cliquant sur le lien suivant : http://www.lilletourism.com/.

mardi 14 juillet 2009

la Marseillaise, un bel hymne à garder vivant

Dans les Ardennes, vieux territoire frontalier qui a connu les affres de nombreuses guerres, le passage destructeur des armées d'invasion et qui a été le seul département français à avoir été totalement occupé pendant la 1ère Guerre Mondiale, on sait faire la distinction entre le détestable nationalisme et le très louable patriotisme. On ne confond pas la haine de nos voisins et la volonté de leur imposer notre domination avec l'amour de notre pays et du régime républicain! On a des idées saines sur ces concepts politiques qui sont toujours d'actualité. C'est pourquoi le MRC 08 a l'immense plaisir, en ce jour de fête nationale, de vous proposer d'écouter 4 versions différentes de la Marseillaise (1907, 1942, 1979 et 2005) qui montrent que, si notre hymne a parfois été guerrier, il a réussi à devenir fédérateur et à s'adapter aux inévitables évolutions de la société. Derrière les paroles belliqueuses, c'est bien l'idée de liberté qu'il véhicule. En ces temps où ce principe est si souvent remis en cause, espérons que ce sera encore longtemps le cas...











dimanche 12 juillet 2009

Magotteaux : des licenciements particulièrement inquiétants


En 1976, afin de sécuriser ses exportations à destination de la Chine communiste, le groupe liégeois Magotteaux s'est installé à Aubrives pour pouvoir profiter des avantages offerts par la toute nouvelle COFACE. Progressivement son usine s'est développée et aujourd'hui, avec 138 salariés, elle est devenue non seulement le 1er employeur de la commune mais aussi le 2ème employeur du canton. Un poids lourd de l'économie locale donc, spécialisé dans la fabrication de boulets et de pièces de résistance pour broyeurs et concasseurs à destination des cimenteries et de l'industrie minière, qui a démarré l'année 2008 sur les chapeaux de roues en mettant en production au mois de mai le MagMove, une machine mobile de 41 tonnes montée sur chenilles conçue pour le marché alors très porteur des agrégats. Malheureusement, le 2ème semestre a été nettement moins bon avec, sous l'effet de la crise économique mondiale, une baisse de plus de 11% de la production qui a été ramenée pour l'ensemble de l'année à seulement un peu plus de 7.000 pièces.

Évidemment, l'usine a été obligée de s'adapter à la nouvelle conjoncture. Cela s'est traduit dès la fin de l'année par la suppression de tous les contrats d'intérim, puis en janvier 2009, dans le cadre de la modulation du temps de travail permise par les accords signés en 1999 sur la réduction du temps de travail, par la mise en place d'une période de basse activité de 6 mois au lieu de 3 habituellement. D'après Dario Luongo, le nouveau directeur de l'usine, cette limitation du travail à 4 jours par semaine, qui devait être compensée par le passage à 5 jours hebdomadaires pendant le 2ème semestre, était nécessaire et suffisante pour faire face à un budget prévisionnel commercial 2009 en baisse de 12% sur celui de 2008. Hélas, la baisse attendue du carnet de commandes s'étant transformée en une chute de 35 à 40%, la fonderie a été contrainte de recourir à du chômage partiel pendant les mois de mars, avril et mai, tout en appliquant les mesures adoptées à l'échelle du groupe, à savoir le gel des salaires et des remplacements pour départ à la retraite.

Une potion déjà bien amère pour les salariés, mais apparemment encore trop douce pour affronter "un 2ème trimestre 2009 particulièrement difficile" et attendre "une lente reprise probablement au 2ème trimestre 2010"! C'est pourquoi, lors de la réunion du Comité d'établissement qui s'est tenue cette semaine, Dario Luongo a évoqué, en plus de la poursuite en juillet de la période de basse activité, la suppression de 9 postes qui fera l'objet d'une discussion et d'une décision lors de la réunion extraordinaire du Comité d'établissement prévue le 17 juillet. Une mesure somme toute assez modérée, êtes-vous certainement en train de penser en la mettant en rapport avec les 138 salariés que compte aujourd'hui l'usine. D'un point de vue strictement numérique, vous avez raison. Mais pour le MRC 08, qui s'efforce d'analyser globalement la situation, ces quelques licenciements sont en réalité très inquiétants pour 3 raisons : la 1ère est qu'ils montrent la gravité de la crise économique actuelle qui est appelée à durer, contrairement aux propos optimistes tenus par François Fillon après les élections européennes; la 2ème est qu'ils prouvent que les mesures temporaires d'adaptation à une situation économique déprimée ne fonctionnent qu'un temps et finissent immanquablement par aboutir à des réductions de personnel; surtout la 3ème est qu'il s'agit, après Sum Tech en octobre 2008 et mars 2009 et Unilin en juin 2009, d'un nouveau "paquet de neuf" qui dispense Magotteaux de mettre en place un Plan de sauvegarde de l'Emploi puisque celui-ci n'est obligatoire qu'à partir de 10 salariés licenciés pour motif économique.

Les victimes des licenciements ne bénéficieront donc pas de propositions de reclasssement au sein du groupe Magotteaux et de ses 14 usines, ce qui n'a rien d'étonnant, lorsqu'on sait que 41 emplois ont été supprimés en avril au siège social, ni de dramatique puisque le personnel compte un certain nombre de salariés très proches de la retraite. Par contre, si la même mesure se reproduisait dans 3 mois, ce qui est tout à fait envisageable, elle aurait cette fois-ci des conséquences autrement plus négatives qu'il convient dès maintenant d'anticiper.

jeudi 9 juillet 2009

Poste : agissons pendant qu'il est encore temps !


A la fin du mois de juin, Marc Bories, directeur départemental de la Poste, a organisé une grande messe dans le cadre enchanteur de Vendresse. Contrairement à ce que la logique pourrait laisser penser, les ouailles venues pour écouter son sermon n'étaient pas des agents du service public postal bénéficiant d'un ordre de mission, mais des élus et des gérants de ce que l'on appelle désormais les points de contacts nouvelle génération. Parlons clairement, il s'agit des Relais Poste Commerçants, dont le 1er a vu le jour dans les Ardennes à Thin le Moutier le 1er juin 2004, et d'Agences Postales Communales qui se développent à la vitesse d'un colis express dans le but, officiellement de permettre à la Poste d'aménager sa mission de service public en recherchant un partenariat avec les élus partout où il y une fréquentation très faible ou en nette baisse (autrement dit dans les régions rurales isolées et dans les territoires en crise que la Poste abandonne à leur triste sort au lieu d'y maintenir une présence forcément bénéfique), et officieusement de préparer la libéralisation totale du courrier qui aura lieu en 2011.

Évidemment, le maître de cérémonie a vanté les vertus de cette modernisation d'un réseau poussiéreux qui a déjà abouti au remplacement de 46 bureaux de poste traditionnels sur les 108 que comptait le département il y a 5 ans par 26 agence postales communales, 1 agence postale départementale (une unicité en France installée au musée "guerre et paix" à Novion Porcien) et 19 relais poste commerçants. Ses arguments? L'augmentation du nombre total de points de contacts grâce à la création de bureaux de poste à Sévigny-Waleppes et Eteignères, un taux de satisfaction de 90% des usagers pour les 3 types d'accueil dans les Ardennes légèrement supérieur à celui des bureaux de poste traditionnnels et un respect strict de la loi de régularisation des activités postales votée en 2005 qui stipule qu'aucun habitant ne doit être à plus de 20 minutes d'un point de contacts postal ... sans faire de distinction entre le bureau à part entière et le simple relais. Sans oublier l'argument choc : la Poste met généreusement la main au portefeuille en allouant chaque mois 265 euros aux gérants d'un relais postal commerçant et 900 aux mairies prenant en charge une agence postale communale, ce qui permet de faire face aux frais engendrés par le maintien des activités postales "sans dégât collatéral"!

Malheureusement, cette vision extrêmement optimiste du redéploiement du réseau postal n'est pas partagée par las syndicats qui estiment qu'il a abouti à la suppression de plusieurs dizaines d'emplois fixes à temps plein dans les Ardennes. Elle ne déchaîne plus d'enthousiasme chez les élus qui se sont rendus compte à l'usage qu'ils étaient les dindons financiers de cette farce, étant donné qu'en plus de la rémunération du personnel affecté aux tâches postales ils doivent aussi prendre en charge l'entretien et le chauffage des locaux dévolus à cette activité. Surtout, elle est loin de convaincre les usagers qui ont pu constater, d'une part que dans les bureaux traditionnels qui n'ont pas encore fermé les horaires d'ouverture se sont réduits et les files d'attente allongées, et d'autre part que dans les bureaux nouvelle génération beaucoup de services financiers ne leur sont plus rendus, ce qui les contraint à investir dans un ordinateur au moment où la Poste désinvestit le territoire. Pour le MRC 08, cette situation est donc inacceptable. C'est pourquoi nous avons décidé de soutenir l'initiative du Comité national contre la privatisation de la Poste, pour un débat public et un referendum sur le service public postal d'organiser une consultation nationale dans les conditions décrites dans la déclaration que vous lire ci-dessous :

"La population doit se prononcer sur la privatisation de la Poste par une consultation populaire. Le Président de la République n’a pas répondu aux interpellations du Comité National qui l’appelle à organiser un référendum sur le service public postal. Réuni en assemblée plénière le 6 juillet 2009, le comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal a choisi la date de la consultation nationale sur l’avenir de La Poste : elle se tiendra le samedi 3 octobre 2009.
Les organisations signataires de l’appel pour La Poste s’engagent à tout mettre en oeuvre pour la réussite de cette consultation. Organisée localement partout en France par les comités locaux et collectivités partenaires de l’action du comité national, cette consultation pourra se tenir dans les mairies comme devant les bureaux de poste, dans la transparence et la démocratie pour que chacun ait une chance de se prononcer sur le projet de privatisation de La Poste."

dimanche 5 juillet 2009

Marionnettes à Charleville : une crise de croissance qu'il faut surmonter


Qui connaîtrait au-delà de nos frontières Charleville-Mézières sans l’APCC, l’IIM, l’ENSAM et le FMJ? Bien peu de monde hélas, sauf quelques rimbaldiens distingués ! Expliquons un peu ces acronymes sibyllins : le 1er, l’Association des Petits Comédiens de Chiffons, est la géniale invention créée dès 1945 sous l’impulsion de Jacques Félix pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès au spectacle vivant de la marionnette. Sous son impulsion, cette troupe de théâtre a mis sur pied en 1961 le festival mondial des théâtres de marionnettes qui, à force de persévérance, s’est hissé au 2ème rang des festivals culturels français après celui d’Avignon avec 150.000 spectateurs en 2006 dont 80.000 payants. Le succès de cette manifestation triennale ayant permis au chef-lieu des Ardennes de devenir la capitale mondiale incontestée de cet art, l’infatigable Jacques Félix y a obtenu en 1981 la création de l’Institut International de la Marionnette, lequel a donné naissance en 1987 à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette, qui forme tous les 3 ans une quinzaine d’étudiants quasiment assurés d’avoir un débouché professionnel. A cet ensemble cohérent s’est ajouté en 2002 le Festival des Marionnettes en Jardin, dont l’objectif officiel était de renforcer la présence de marionnettes à Charleville-Mézières en créant une animation annuelle, puis l’atelier de création et de diffusion de la marionnette destiné à orienter les manifestations vers un public plus large.

La vitrine de cette "nébuleuse marionnette" carolomacérienne reste donc le festival mondial qui a accueilli en 2006 135 compagnies en provenance de 34 pays pour la partie in et 63 compagnies pour la partie off, auxquelles il faut ajouter 48 compagnies pour les animations de rue. Le tout, rendu possible par le travail de 240 bénévoles et de 3 salariés, a permis des retombées économiques estimées à 2 millions d’euros pour un budget de 1,4 millions d’euros et un accès à cet art si particulier à plus de 10.000 Ardennais résidant dans les autres villes du département grâce à des efforts bienvenus de décentralisation. Evidemment, le concours financier de l’Etat et des collectivités a été et reste indispensable, mais il faut dire les choses comme elles sont : ce festival est une bonne affaire économique et un support de communication exceptionnel pour le département ! Malheureusement, il a généré un déficit cumulé de 80.000 euros, tandis que l’IIM dont il dépend maintenant prévoyait pour 2008 un déficit de 75.000 euros, dû en grande partie au gel depuis 2006 d’une partie des subventions de l’Etat destinées à assurer son équilibre financier. La situation n’est donc pas si rose qu’il y parait, surtout depuis que le chef-lieu est dirigé par une coalition menée par le PS qui semble privilégier, avec une subvention annuelle de 27.000 euros, le festival des Marionnettes en Jardin, présidé par Liliana Moyano … connue par ailleurs pour être l’épouse de Philippe Lenice, adjoint vert de la coalition municipale. L’atelier de création et de diffusion de la marionnette, dirigé par le très socialiste Franck Mohimont, bénéficie également d’un soutien à faire pâlir d’envie bien des associations.

Pour faire face à ces questions de gros sous qu’il faut bien avoir en mémoire, 2 solutions sont aujourd’hui proposées. La 1ère est la biennalisation du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes qui a pour objectif d’augmenter les recettes générées par cette manifestation. Si elle a été acceptée par Jean-Luc Félix, le fils du père fondateur devenu le nouveau directeur des Petits comédiens de Chiffons, elle se heurte toutefois encore à de nombreuses critiques, provenant aussi bien de l’opposition du Conseil général, de certains élus municipaux de Gauche et de ceux qui craignent que ce nouveau rythme n’engendre des difficultés pour les pourvoyeurs de subventions ainsi que pour les troupes étrangères venant des pays pauvres. La 2ème est le regroupement de toutes les structures liées à l’art de la marionnette dans un pôle unique qui permettrait de limiter les coûts et de développer des synergies aptes à diversifier encore plus l’offre globale. Prévu dans un 1er temps sur le site des anciens magasins Troussel, ce projet dont le financement était déjà pourtant bouclé vient d’être remis en cause par le souhait de la municipalité de voir le pôle marionnettes s’installer dans les locaux de l’ancienne Ecole Normale, certes mieux placés et plus grands mais qui nécessiteront une reprise totale du dossier. Bref, une professionnalisation à tout crin qui laisse pense que l’histoire d’amour entre les marionnettes et Charleville-Mézières ne s’arrêtera donc pas demain, mais le MRC 08 souhaite que la crise de croissance que connaît cette activité si porteuse pour notre département trouve au plus vite des solutions raisonnables. Les bonnes volontés ne manquent pas, ce serait dommage de les décourager par des querelles sans rapport aucun avec l’art. Quant à la 15ème édition du Festival Mondial qui se tiendra du 18 au 27 septembre prochain, nous souhaitons bien sûr qu’elle connaisse un succès encore plus grand qu’en 2006.

mercredi 1 juillet 2009

Le hijab n'est pas mieux venu que la burqa dans les Ardennes (version féminine)


Sans être en train de scruter de la tête aux pieds les passants qui déambulent dans la rue, toute personne qui a des yeux pour voir, et non pas des oeillères, a pu s'apercevoir que de plus en plus de femmes de confession musulmane portent le hijab dans nos contrées. Ce long vêtement, de couleur très foncée, recouvre entièrement la tête et le corps et seule une partie libre au niveau des yeux permet à ces dames de voir de façon très réduite où elles mettent les pieds. Il y a quelque temps, nous pouvions voir ces femmes uniquement dans les grandes villes, telles que Paris ou Lille, mais désormais on peut en croiser aussi à Charleville-Mézières, voire à Revin et dans d'autres localités de notre belle vallée de la Meuse.

Cette constatation inquiétante amène à rappeler l'un des fondements de la République française, à savoir l'égalité entre les hommes et les femmes. Bien sûr, cette égalité n'est pas encore parfaite, puisque des discriminations subsistent, notamment dans le monde du travail. Mais depuis les luttes menées à partir des années 60, les femmes ont réussi à devenir maîtresses ... de leur corps, au même titre que les hommes. Elles en montrent et en font ce qu'elle veulent, ce qui n'empêche pas l'immense majorité d'entre elles d'adopter librement une attitude non choquante.

Or, le hijab, quoi qu'en disent certains, est destiné à marquer une infériorisation de la femme par rapport à l'homme. Il ne remet pas en cause au sens strict le principe de la laïcité tant qu'il se porte dans la sphère privée. Mais sur la voie publique, son port s'apparente à une provocation et à une remise en cause des valeurs de notre pays. C'est pourquoi le MRC 08 soutient la création d'un commission d'enquête parlementaire destinée à réfléchir à l'opportunité d'une loi interdisant le port de ce vêtement qui en choque plus d'un et surtout plus d'une!