Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

vendredi 29 janvier 2010

mercredi 27 janvier 2010

Un manifestant averti en vaut deux !


Le 21 janvier, à l'occasion non pas de l'anniversaire de la décollation du citoyen Capet (évènement historique plus connu sous le nom de décapitation du roi Louis XVI) mais de la journée nationale d'action du secteur public, des manifestations ont été organisées un peu partout à travers la France. Soyons honnêtes, celle de Charleville-Mézières n'a pas obtenu le succès escompté puisqu'elle n'a rassemblé qu'environ 200 personnes. Mais d'autres ont été beaucoup plus suivies, comme celle qui s'est déroulée à Nice et qui a malheureusement fait la une de l'actualité. Pourquoi une telle médiatisation, êtes-vous certainement en train de vous demander ? Parce que 2 militants du SNUipp-FSU, portant des masques caricaturant Nicolas Sarkozy et des pancartes où était inscrit "casse toi, pauvre con", ont été interpellés, ce qui a provoqué une altercation très forte entre des élus et les forces de l'ordre, au point qu'une personne a été blessée et une élue jetée à terre.

Dans un Etat démocratique comme la France, où le droit de manifester est reconnu comme un des moyens permettant l'exercice de la liberté d'opinion et d'expression, un tel évènement est inacceptable, d'autant que les 2 manifestants interpellés ont été relâchés peu après et qu'aucune procédure ne sera engagée à leur encontre. C'est un exemple de plus de la restriction active de toutes les formes de mobilisation que souhaite mettre en place le gouvernement. Pour le moment, les Ardennais qui ont l'habitude de battre le pavé n'en ont pas été victimes, mais rien ne dit que ce sera toujours le cas, surtout si les grandes mobilisations du printemps dernier avec plus de 5.000 manifestants à Charleville-Mézières recommençaient. C'est pourquoi le MRC 08 a décidé de faire un geste citoyen en vous permettant, par un simple clic sur le lien http://www.guidedumanifestant.org/ , d'avoir accès à la brochure éditée en 2005 par le Syndicat de la magistrature et réactualisée en décembre 2009 dans laquelle vous trouverez tout ce qu'il faut savoir sur vos droits si vous êtes contrôlés, arrêtés, accusés, jugés en comparution immédiate ou encore fichés.

(photo reprise sur le site du NPA 06 : www.npa-var-est.com , mais aussi disponible sur www.latetocarhaix.org et sur bon nombre de blogs de citoyens de gauche attachés à la liberté de manifester et de s'exprimer)

dimanche 24 janvier 2010

Aubrives : l’année commence plutôt mal !


En 3 jours, deux évènements importants pour la commune d’Aubrives ont eu lieu. Le 1er, qui s’est déroulé mercredi dernier, a été une réunion du Conseil municipal, avec un ordre du jour constitué essentiellement par les demandes de subventions à émettre pour les projets envisagés au cours de l’année. Un grand classique donc, qui devait a priori être réglé en peu de temps. Hélas, il n’en fut rien puisqu’un conseiller municipal, clairement venu pour en découdre, a considéré que vitupérer et interrompre systématiquement l’argumentation de ses contradicteurs suffisait pour avoir raison. Ce comportement, choquant pour toute personne qui comme moi estime que le débat argumenté et l’écoute de l’autre sont 2 bases essentielles de la démocratie, a entraîné un allongement considérable de la séance.

Pour autant, celle-ci n’a pas été inutile puisqu’elle a permis de lister les projets retenus pour la programmation financière de 2010 : outre l’aménagement de la rue Votion, le renforcement de la sécurité incendie et l’élimination de la ruine Cudeaux déjà proposés en 2009, des dossiers de demande de subventions seront déposés pour l’aménagement de 3 impasses situées dans le lotissement Terre Querelle, la démolition de la ruine Lourson, la construction d’un parking sous la salle Paul Hustin et l’installation d’un abribus. Par contre, l’extension de l’assainissement dans la rue du Pâchis aux bœufs et la construction d’une salle d’activités à l’école primaire ont été reportées aux calendes grecques. Quant à l’aménagement d’une salle polyvalente, elle a aussi été abordée : après un laborieux tour de table interrompu à de multiples reprises par les interventions aussi intempestives que stériles de notre conseiller municipal aux conceptions démocratiques si particulières, il a été décidé qu’elle serait construite en bordure du lotissement Terre Querelle, ce que je considère comme étant une bonne chose, mais aussi qu’elle serait désormais à forte vocation sportive, ce que je considère comme une très mauvaise chose eu égard au surcoût estimé au minimum à 500.000 euros et à l’absence de club sportif, à part le football bien sûr, à Aubrives.

Le 2ème évènement important, qui a eu lieu vendredi, a été la traditionnelle cérémonie des vœux du maire. Organisée à 19h00 dans la salle du Foyer pour Tous, dont le règlement adopté cette année par le Conseil municipal stipule qu’elle ne peut être utilisée que jusqu’à 20h00 pour préserver la tranquillité du voisinage, elle s’est déroulée en présence d’un important public, dans lequel figuraient majoritairement des personnes extérieures à la commune, dont le conseiller général du canton voisin de Fumay, le président de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, de nombreux maires des alentours et quelques représentants des corps constitués. Après les remerciements d’usage, Gilbert Leclercq, dont tout le monde aura remarqué qu’il n’était entouré que par la moitié du Conseil municipal, a rapidement rappelé les actions réalisées en 2009 : la rénovation de la façade de la mairie, l’aménagement de la salle Paul Hustin, la mise aux normes de sécurité des bâtiments communaux, la baisse de la dette, l’engagement de plusieurs études et l’amélioration de la propreté du village. Pour les informations supplémentaires, il a renvoyé à la consultation des "brèves d’Aubrives", le 4 pages style gazette conçu par la commission communication à laquelle il a rendu un hommage appuyé. Un bilan plutôt flatteur donc, que je trouve néanmoins nécessaire de nuancer puisque le lotissement annoncé lors des vœux de 2009 n’a pas vu le jour, que l’aire de jeux tant attendue n’est toujours pas opérationnelle, que les caniveaux n’ont jamais été aussi sales au point que certains se demandent si la mairie a bien acheté une balayeuse en 2008 et que l’information délivrée par la commission communication se limite à un catalogue de photos.

Puis Gilbert Leclercq a annoncé les projets de la municipalité pour 2010 : la réalisation de 2 grands chantiers de voirie, à savoir l’aménagement de la rue Votion et non pas d'une mais de 3 impasses du lotissement Terre Querelle, le renforcement de la sécurité incendie, le soutien aux associations, la poursuite des études pour la construction de la salle polyvalente désormais à vocation sportive … et même la construction d’un rond point au croisement de la route de Hierges et de l’ancienne RN 51 qui ne figure pourtant pas dans le champs des compétences de la commune. Pour finir, il s’est lancé dans un discours de politique générale digne d’un député de gauche en rappelant la nécessité, en ces temps de crise, de défendre les acquis sociaux conquis de haute lutte et en faisant part de sa méfiance à l’égard des réformes à venir, notamment celle du financement des collectivités locales provoquée par la suppression de la taxe professionnelle. Les applaudissements d’usage ont alors eu lieu et le public a pu profiter pleinement de la profusion de petits fours et du champagne servi à volonté par un personnel professionnel tout de noir et de blanc vêtu, au milieu de tables recouvertes de nappes vertes et de pétales de roses. Un véritable festin en totale contradiction avec les propos tenus par le maire juste avant, mais qui ne peut surprendre dans une commune où les illuminations de Noël brillent encore de tous leurs feux le 24 … janvier ! Et puisque les mauvaises habitudes ont la vie dure, après le départ du public, les réjouissances ont continué comme l’an dernier en comité (très) restreint par un repas bien arrosé qui s’est terminé, d’après les lève-tôt du village, aux environs de 06h00 du matin. Nul doute que les partisans d’une bonne gestion des deniers publics sauront apprécier à sa juste valeur une telle dérive et s’en souviendront le moment venu…
LB

mercredi 20 janvier 2010

Régionales : le Parti socialiste veut-il vraiment conserver la Champagne-Ardenne ?


"A moins de deux mois du premier tour des élections régionales, le Parti Socialiste champardennais tarde à finaliser les accords électoraux avec ses partenaires.

La direction régionale du PS voudrait-elle obtenir le soutien du Mouvement Républicain et Citoyen sans lui accorder de place en position éligible sur la liste conduite par Jean-Paul BACHY? Si tel était le cas, ce ne serait de sa part ni raisonnable ni responsable. Le MRC qui plaide sans ambiguïté depuis le début des négociations pour un rassemblement, dès le premier tour, de toutes les forces de gauche et de progrès derrière Jean-Paul BACHY a fait des propositions concrètes en ce sens.

Cette dynamique de rassemblement est la seule à même de permettre à la liste conduite par le président du conseil régional d’arriver en tête au soir du premier tour et de l’emporter au second. Toute autre stratégie donnerait à la droite des chances de victoire.

Il appartient donc au PS et à la tête de liste de créer les conditions de ce rassemblement. C’est en fonction des propositions qui lui seront faites que le MRC arrêtera sa position. Pour l’instant et contrairement à ce que certains voudraient bien laisser croire, Jean-Paul BACHY ne peut se prévaloir du soutien du MRC."
(communiqué de Claude Maîtrot, coordonnateur régional du MRC pour les élections)

dimanche 17 janvier 2010

Ardenne Rives de Meuse : l'utilité du "Taxi à la carte" encore renforcée


La Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse est une collectivité très riche grâce aux retombées fiscales de la centrale nucléaire de Chooz qui est implantée sur son territoire. Parfois, elle utilise ses moyens financiers considérables de façon très contestable, comme par exemple lorsqu'elle cherche à impulser envers et contre tout une activité touristique en construisant des équipements pharaoniques qui se révèlent de véritables gouffres à deniers publics. Mais il lui arrive aussi de mettre la main à la poche pour créer des dispositifs dont l'utilité ne fait aucun doute. Parmi eux, le plus récent est le service "Taxi à la carte", imaginé dès 2001, mais inauguré seulement en octobre 2008 après qu'un laborieux accord soit intervenu avec la Préfecture sur les critères sociaux à y intégrer.

Partant du constat que le chemin de fer ne dessert pas toutes les communes de l'intercommunalité et qu'il n'y a pas systématiquement des trains qui passent lorsque les gens en ont besoin, ce dispositif permet un accès facile au transport par taxi. Comment ? Grâce à un accord entre la Communauté de communes et les 7 artisans taxis installés sur son territoire qui stipule qu'une course effectuée dans l'intercommunalité intra-muros, payée évidemment par le client, sera ensuite remboursée par la Communauté de communes à l'exception d'un forfait de 3 euros. Cette générosité concerne 2 catégories de personnes : celles âgées d'au minimum 65 ans, n'ayant pas de véhicule ou de permis de conduire ou étant dans l'incapacité de conduire pour raison médicale avérée ; celles bénéficiant du RMI ou de l'ASS, inscrites au PLIE, dans le cadre de leur parcours de retour à l'emploi.

Pour limiter les abus, les déplacements pris en charge doivent être supérieurs à 500 mètres, sauf pour les personnes à mobilité réduite dûment identifiées. Par exception, les trajets hors Communauté de communes peuvent faire l'objet d'un remboursement en cas d'urgence approuvée après coup, comme par exemple pour se rendre à la pharmacie de garde lorsque celle-ci est située à Revin. Les esprits chagrins trouveront certainement que ce dispositif n'est pas parfait, puisqu'il ne fonctionne que du lundi au samedi de 07h00 à 19h00, qu'il ne peut être utilisé que 50 fois par an et par foyer, et qu'une course correspond à un aller-retour uniquement si le délai d'attente entre l'aller et le retour est inférieur à une demi-heure. Mais pour le MRC 08, c'est une réelle avancée sociale en faveur des personnes les plus fragiles qu'il convient de saluer, d'autant que le dispositif vient de connaître une amélioration notable avec l'extension depuis le 15 janvier du service aux déplacements jusqu'à l'hôpital de Dinant et les médecins spécialistes de Beauraing, 2 localités situées en Belgique mais nettement mieux loties que la Pointe dans le domaine médical.

vendredi 15 janvier 2010

Ardam : l'avenir n'a jamais été aussi incertain !


A Ardam, l'usine revinoise du groupe multinationational suédois Electrolux spécialisée dans la fabrication de lave-linge, l'inquiétude ne cesse d'augmenter depuis plusieurs années. Les motifs ? la crainte d'une fermeture à moyen terme du site depuis la mise en service d'une usine jumelle en Pologne en 2006, ainsi que la possibilité à court terme d'un plan social pour résorber le sureffectif causé par la baisse récente de la production. Bien sûr, la direction jure sur tous les dieux de la Terre que ces peurs sont infondées, mais rien n'y fait : les salariés, instruits par les nombreuses catastrophes économiques et sociales qui se sont abattues ces dernières années sur la vallée de la Meuse, continuent à craindre le pire. Le climat est donc de plus en plus tendu dans l'usine, ce qui se traduit par de soudaines poussées d'adrénaline comme lorsque le personnel, dont le salaire a été gelé en 2009, s'est mis spontanément en grève à la mi-décembre après avoir découvert que les cadres de l'usine allaient bénéficier de leur habituel cadeau annuel.

Cette situation, incompatible avec la bonne marche de l'entreprise, pouvant entraîner à tout moment un mouvement social que les syndicats ne contrôleraient pas forcément, ces derniers se sont entendus avec la direction du site et celle du groupe pour organiser une réunion destinée à répondre aux inquiétudes légitimes des salariés. Tenue avant-hier dans les locaux du site revinois, cette table ronde a réuni du beau monde puisque, outre les représentants du personnel et le directeur du site, le directeur industriel Europe d'Electrolux lui-même y a participé avec à ses côtés son directeur des affaires sociales et un de ses directeurs du marketing. Après 4 heures de discussions et d'explications, elle a abouti à 3 annonces importantes : la production sera stabilisée pour les trois années à venir entre 430.000 et 450.000 machines par an alors que la direction avait fixé en décembre un objectif de 420.000 machines à l'usine de Revin, un nouveau modèle est envisagé pour 2011 afin de remplacer la Claudia déjà vieille de 3 ans et un plan de chômage partiel de 40 jours sera appliqué en 2010 pour faire face au sureffectif.

Une véritable opération vérité donc, qui a convaincu quelques salariés, mais qui a laissé la majorité d'entre eux dubitatifs. Pourquoi ? D'abord parce que les volumes pour la période 2010-2012 sont historiquement bas (pour comparaison, lors de l'ouverture de l'usine polonaise, Electrolux prévoyait la fabrication à Revin de 650.000 lave-linge par an!) et de surcroît pas garantis puisque la direction a précisé qu'ils étaient valables "à condition que le marché se stabilise", ce qui est tout sauf certain en ces temps de crise. Ensuite parce que le nouveau modèle, qui n'a été présenté qu'en des termes très flous pour ne pas faciliter la tâche à la concurrence, sera un lave-linge haut de gamme à chargement par le dessus alors que le marché de la "top" a perdu 20 % en un an en Europe et que le segment le plus touché est justement celui du haut de gamme. Enfin et surtout parce que le plan de chômage partiel, dû à la faiblesse des volumes de production qui se maintiendra pendant au moins les 3 années à venir, ne permet de faire face au sureffectif, estimé entre 80 et 100 salariés, que pour 2010. Et au-delà? C'est la grande question à laquelle le MRC 08, comme de nombreux salariés, aurait aimé avoir la réponse. Hélas, ce n'a pas été le cas, ce qui laisse envisageables toutes les hypothèses, y compris la pire, celle d'un plan social de grande envergure...

Enia : la colère des salariés après la mise en redressement judiciaire

lundi 11 janvier 2010

Les voeux tristement sélectifs de Philippe Vuilque


Que fait un député-maire lorsqu'il présente ses voeux à la population ? Il rend compte de l'action qu'il a menée au cours de l'année passée dans l'enceinte du Palais Bourbon, il rappelle les évènements marquants qui ont eu lieu dans sa circonscription, il détaille ses initiatives en faveur de ses administrés et il trace quelques unes des grandes lignes qu'il compte suivre au cours de l'année à venir. Qu'a fait ce soir Philippe Vuilque, député de la 2ème circonscription des Ardennes et maire de Revin, lorsqu'il a présenté ses voeux ? La même chose ... à une nuance près qui est très loin d'être un détail! Après avoir accueilli personnellement, conformément à la tradition, ses invités parmi lesquels les élus de droite étaient rarissimes, il a laissé la parole à Dominique Ruelle, conseillère générale du canton, qui s'est efforcée de justifier le retard dans la construction du nouveau pont Saint Nicolas par un principe de réalité : la crise est là, elle remet en cause les montages financiers mis en place il y a quelques temps, mais elle n'exonère pas les collectivités territoriales de leurs engagements passés et le nouvel ouvrage d'art verra le jour ... à une date qui n'est toujours pas déterminée.

Philippe Vuilque est ensuite entré en scène. Il a d'abord dressé un tableau très sombre de la situation économique, affirmant que 2009 avait été l'année la plus noire de la crise économique et que tous les indicateurs étaient au rouge. Bien sûr, il a accusé le gouvernement d'être à l'origine de tous les maux, en axant son argumentation sur les cadeaux fiscaux faits en 2008 aux plus riches et sur l'inefficacité de la politique de Nicolas Sarkozy qu'il considère comme de l'agitation sans résultat tangible. Il a ensuite décerné, de façon assez surprenante, un satisfecit au Préfet des Ardennes auquel il reconnaît le mérite d'avoir utilisé tous les moyens à sa disposition pour atténuer les effets sociaux de la crise ... et un blâme au Président de la Commission des lois, Jean-luc Warsmann, par ailleurs député de la 3ème circonscription des Ardennes et surtout tête de liste régionale de l'UMP pour les élections du mois de mars, pour l'amendement qu'il a fait voter et dont la scientologie a profité. Le ton étant donné, il en a profité pour apporter tout son soutien à Jean-Paul Bachy, président en exercice du Conseil régional et candidat à sa propre succession. Bel exemple de solidarité, diront certains, ou d'hypocrisie, diront d'autres qui auront remarqué comme le MRC 08 que les voeux de Philippe Vuilque avaient lieu en même temps que ceux de Jean-Paul Bachy qui n'aura donc pas pu réunir autour de lui toute la gauche ardennaise!

Le député a continué son intervention en listant les actions qu'il entend mener à bien cette année pour la ville de Revin : le lancement de la construction du pont Saint Nicolas bien sûr, mais aussi l'achèvement de la médiathèque-crèche et la rénovation de l'école de la Bouverie. Enfin, il a conclu son propos par une attaque au vitriol contre la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, dont il a qualifié l'attitude "d'inadmissible et de déplacée", parce qu'elle persiste à refuser l'entrée dans son périmètre de sa bonne ville de Revin. Il est même allé jusqu'à s'en prendre nommément à son Président, Bernard Dekens, et à son Directeur général, Claude Wallendorff, dont l'honnêteté oblige à rappeler en cette période pré-électorale qu'ils sont tous 2 de droite. Visiblement très remonté contre la situation actuelle qui l'empêche de profiter de la taxe professionnelle versée par la centrale nucléaire de Chooz dont il n'a apparemment pas intégré qu'elle disparaîtra bientôt, il a également brandi son argument-massue : la nouvelle carte de l'intercommunalité dessinée par le Préfet dont il espère qu'elle sera appliquée au plus tôt. Puis les discussions ont pu commencer autour d'un buffet voulu volontairement modeste afin de s'adapter à la situation économique générale (cidre des Ardennes et charcuteries essentiellement).

Du classique donc, à ceci près que Philippe Vuilque a complètement omis de parler de la circonscription dont il est l'élu, sauf pour s'en prendre à Nicolas Sarkozy dont il fustigé les velléités de se croire le ministre belge des transports lorsqu'il a promis, un peu rapidement, la réouverture de la ligne ferroviaire Givet-Dinant. Ce ne sont donc pas les voeux d'un député-maire qui ont été délivrés à la population, hélas, mais ceux d'un homme de gauche dont l'horizon ne semble pas dépasser la ville de Revin!

jeudi 7 janvier 2010

L'hommage de Jean-Pierre Chevènement à Philippe Seguin


"J’apprends avec beaucoup de peine le décès de Philippe Séguin. C’était un homme politique de grand talent, un orateur hors pair, un républicain et un patriote.

Il a symbolisé au moment du traité de Maastricht un projet et un destin républicains dans lequel la France aurait mieux trouvé son compte. Son mérite est d’avoir essayé. J’avais voté l’exception d’irrecevabilité qu’il avait présentée devant l’Assemblée nationale. Je regrette que rien n’ait été possible entre les républicains des deux rives.

Depuis son retrait de la vie politique, Philippe Séguin a manqué à la France, il lui manquera hélas toujours."

lundi 4 janvier 2010

Travailler plus pour gaspiller plus ?



"on a poussé jusqu'à l'absurde le principe de précaution. Nous avons le tiers du Tamiflu mondial qu'on est en train de fourguer aux pharmacies ; nous avons 10 % des vaccins. Le coût est plus que le déficit de tous les hôpitaux français, trois fois le plan Cancer" (Professeur Bernard Debré, député UMP, sur RTL le 04/01/2010)

dimanche 3 janvier 2010

Le chiffre du jour !


Depuis 2008, motivée par un souci évident d'économie, l'INSEE a renoncé à procéder à un recensement exhaustif de la population française. A la place, elle a décidé de recourir à des enquêtes de recensement annuelles portant sur un cinquième des communes de moins de 10.000 habitants et sur 8 % des habitants de celles dépassant ce seuil. Cette nouvelle méthode permet de calculer chaque année des populations légales actualisées, à partir des données collectées au cours de 5 dernières années, qui portent le millésime de l'année du milieu de la période de référence. C'est ainsi qu'ont été déterminées pour la 1ère fois, dans les premiers jours de 2009, les populations légales 2006 utilisées pour l'application d'environ 350 textes législatifs et réglementaires, dont ceux fixant le montant des différentes dotations des collectivités territoriales et des indemnités des élus locaux. Une information essentielle donc pour nos décideurs politiques, qui vient d'être réactualisée puisque l'INSEE a publié hier les populations légales millésimées 2007 qui serviront de référence à partir du 1er janvier 2010.

Que faut-il en retenir ? Au-delà de la poursuite de la baisse de la population du département qui confirme les difficultés économiques et sociales dont chacun peut se rendre compte au quotidien, les plus optimistes diront le maintien de la population de Charleville-Mézières, de Sedan et de Fumay au-delà respectivement des seuils de 50.000, 20.000 et 4.000 habitants. Les plus pessimistes préféreront retenir que la population de Revin est tombée sous les 8.000 habitants, celle de Givet sous les 7.000 et, pour les amateurs de petite bourgade en bordure de Meuse, qu'Aubrives s'éloigne encore un peu plus du seuil des 1.000 habitants avec seulement 936 âmes contre 959 l'année précédente. Quant au MRC 08, il considère pour sa part que la principale information est la nouvelle population totale de Vireux-Wallerand : 1.991 habitants au lieu de 2.008 ! 17 personnes en moins, ce n'est a priori pas beaucoup, mais d'un point de vue symbolique, cela enlève à la commune son statut de ville. Surtout, d'un point de vue financier, c'est une catastrophe puisque le seuil pour être éligible aux voiries d'intérêt communautaire dans la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, dont le maire de Vireux-Wallerand est par ailleurs le président, est fixé à 2.000 habitants. De là à penser que les travaux d'embellissement qui se sont multipliés ces dernières années dans cette commune vont connaître un sérieux ralentissement, il n'y a qu'un petit pas à franchir ... sauf bien sûr si le seuil d'éligibilité aux voiries d'intérêt communautaire était prochainement abaissé !

samedi 2 janvier 2010

Régionales : l'affrontement final se précise


Ce n'est un secret pour personne, les élections régionales ne passionnent pas les foules. A bien y réfléchir, c'est assez compréhensible étant donné, d'une part la longue tradition centralisatrice de notre pays qui n'a permis que récemment la naissance de régions dotées de vrais pouvoirs politiques, et d'autre part le scrutin utilisé (scrutin proportionnel de liste départementale avec prime majoritaire) qui semble avoir été conçu pour décontenancer les électeurs les plus avertis. Pourtant, aux yeux du MRC 08, celles qui auront lieu dans 2 mois et demi sont loin d'être secondaires puisqu'elles constitueront la dernière consultation populaire avant les présidentielles de 2012. C'est encore plus vrai en Champagne-Ardenneun véritable enjeu politique existe étant donné que c'est une des rares régions où la droite possède des chances très sérieuses de victoire.

Actuellement, même si les discussions entre les partis politiques sont loin d'être terminées, on commence à y voir plus clair sur les formations qui se présenteront devant les électeurs. A gauche, une liste de rassemblement sera emmenée par le divers-gauche Jean-Paul Bachy, président sortant du Conseil régional exclu du Parti Socialiste en 2007. Elle comprendra essentiellement ses ex-camarades socialistes, dirigés sans surprise par Jacques Meyer dans la Marne, Olivier Girardin dans l'Aube, Roland Daverdon dans la Haute-Marne et le tandem Jean-Paul Bachy - Claudine Ledoux dans les Ardennes. Elle sera complétée par quelques communistes, puisque les militants régionaux de ce parti, contrairement aux options choisies au niveau national, ont décidé à 68 % de faire une liste commune de la gauche dès le 1er tour afin officiellement de "battre la droite et éviter qu'elle fasse de nouveau main basse sur la région" et officieusement de sauver tout ou partie de leurs 6 sortants. Enfin, si les accords nationaux sont respectés, ce qui est loin d'être certain, 1 ou 2 strapontins seront réservés au PRG et au MRC afin de pouvoir bénéficier du droit d'utiliser leurs logos.

A droite, Jean-Luc Warsmann, maire de Douzy, conseiller général du canton de Grandpré, président de la Communauté de communes des 3 cantons, député de la 3ème circonscription des Ardennes et président de la très influente Commission des lois à l'Assemblée nationale, a été choisi pour être la tête de liste régionale de l'UMP. A ses côtés, le Secrétaire d'Etat Benoist Apparu conduira la liste dans la Marne, la députée Sophie Delong en Haute-Marne et Gérard Menuel, adjoint au maire de Troyes, dans l'Aube. Ce quatuor bénéficiera du soutien de Luc Chatel, ministre de l'Education nationale et maire de Chaumont, qui figurera sur la liste, mais en position non-éligible, et du député-maire de Troyes, François Baroin, qui présidera le comité de soutien. L'ensemble sera renforcé par le Nouveau Centre de Charles de Courson, député de la 5ème circonscription de la Marne, conseiller général et maire de Vanault-les-dames, qui a renoncé à présenter une liste indépendante au 1er tour après un sondage sur les intentions de vote commandé en interne et qui donnait le NC 4ème derrière l'UMP, le PS et le FN.

Ces 2 listes qui se disputeront la victoire finale devraient être concurrencées au 1er tour par 5 autres formations. Parmi elles, 2 peuvent espérer franchir la barre des 10 % qui permet le maintien au second tour : le Front National, qui sera à nouveau emmené par Bruno Subtil, conseiller régional sortant, qui a choisi de narguer les 2 principaux prétendants à la présidence régionale en présentant ses têtes de liste départementale dans la petite commune ardennaise de Rubécourt et Lamecourt ; les Verts, qui ont désigné le 11 novembre dernier Eric Loiselet, ex-secrétaire fédéral du Parti Socialiste en Haute-Marne, tête de liste régionale et qui espèrent bien surfer sur la vague du score obtenu par Europe Ecologie aux élections européennes de juin dernier pour imposer leur diktat à la liste de rassemblement de la gauche. 2 autres listes peuvent espérer franchir la barre des 5 %, synonyme de possibilité de fusion : le MODEM, qui devrait être conduit par Marie Grafteaux-Paillard, adjointe au maire de Pont-Sainte-Marie (Aube) et qui aura fort à faire pour sauver ses 2 sortants ; le Front de gauche, lâché par le PC, mais renforcé par le NPA - une 1ère nationale - qui certes cherche encore son programme et la tête de liste pour le défendre mais qui pourrait surprendre en récupérant les voix des nombreux électeurs de gauche lassés par la politique trop tiède à leurs yeux menée par Jean-Paul Bachy. Enfin, Alliance écologiste indépendante, liste d'union de Génération Ecologie de Brice Lalonde, du Mouvement Ecologiste d'Antoine Waechter et de la France en action de Jean-Pierre Governatori cherchera à se faire une place au soleil derrière la bannière de l'Aubois Ghislain Wysocinski.

Un bel affrontement en perspective, avec néanmoins déjà une certitude : le futur Président du Conseil régional sera quoi qu'il arrive un Ardennais !

vendredi 1 janvier 2010

Ardam : l'année de tous les dangers ?


Plus connue sous le nom d'Arthur Martin, la marque qui lui a permis d'atteindre son développement maximum, voire d'Electrolux, son actuel propriétaire, l'usine Ardam de Revin n'est pas un site industriel quelconque : c'est le 1er employeur de la 4ème ville des Ardennes, le 1er employeur privé de la vallée de la Meuse et l'un des tous premiers du département! Longtemps florissant, ce fleuron de l'industrie ardennaise, spécialisé dans la production de machines à laver haut de gamme et moyenne gamme, se fait des soucis pour son avenir depuis 2005. Pourquoi ? Tout simplement parce que sa maison-mère, la multinationale suédoise Electrolux qui n'a plus rien à apprendre sur les avantages à tirer de la mondialisation, a alors décidé de construire à Olawa, en Pologne, une usine afin de fabriquer ... des machines à laver. La main sur le coeur, les dirigeants du groupe avaient expliqué que ce n'était en rien une menace pour l'avenir du site de Revin puisque l'usine polonaise serait cantonnée dans la fabrication de lave-linge bas de gamme et moyenne gamme à destination des marchés émergents. D'ailleurs, les volumes de production initiaux n'étaient en rien comparables : 650.000 appareils pour Revin et 360.000 pour Olawa.

Pourtant, depuis 2007, année record pour Ardam qui avait alors profité de l'arrêt pour travaux du site polonais pour faire produire par ses 620 salariés en CDI et 250 intérimaires 770.000 appareils, des nuages noirs de plus en plus épais ne cessent de s'amonceler au-dessus de l'usine de Revin. D'abord, la reprise d'activité de l'usine d'Olawa a conduit en novembre 2007 au non renouvellement des contrats de 150 intérimaires. Puis, la SNCF a arrêté le mois suivant la desserte en wagons isolés du site revinois, ce qui l'a amené à recourir au transport routier beaucoup plus cher pour expédier 150.000 appareils à l'année. Ensuite, en 2008, l'annonce par Electrolux d'un investissement de 3,2 millions d'euros à Olawa pour pouvoir fabriquer sur place des pièces jusqu'alors envoyées par le site de Revin a fait apparaître, à juste titre, des craintes de délocalisation de la totalité de la production. Un moment calmées par la validation en janvier 2009 du projet Adriana, un lave-linge haut de gamme dont Revin aurait le monopole de la fabrication, ces craintes ont été réactivées par les annonces en mars du blocage du projet pour cause de crise économique, du gel des salaires pour toute l'année alors qu'ils étaient augmentés en Pologne, et surtout d'un plan de restructuration prévoyant 3.100 suppressions d'emplois dont 950 en Europe.

Le reste de l'année n'a pas été plus rassurant, avec la décision en juin de fermer le bureau d'étude en licenciant les 11 personnes qui y travaillaient. Certains trouveront cette mesure très modérée, mais pour le MRC 08 elle est gravissime puisque, en supprimant ce service qui constitue la tête pensante de l'usine, elle a rétrogradé le site de Revin au statut de simple usine de montage. En octobre, la situation s'est encore dégradée avec la mise en route d'un plan de chômage partiel d'une durée de 8 jours d'ici la fin de l'année. Enfin, le pompon, si l'on peut dire, est arrivé en décembre avec la divulgation des objectifs fixés à l'usine pour 2010 : 420.000 appareils, soit 15 % de moins que la production de 2009! Pour les syndicats, cela signifie qu'avec 560 salariés en CDI, le site est en sureffectif d'environ 100 personnes. L'année 2010 s'annonce donc très difficile, avec 3 options pour la direction : un plan social, un recours d'au moins 30 jours au chômage partiel ou la mise en place de pré-retraites de 80 salariés. Apparemment, c'est la 2ème option qui tiendrait la corde, ce qui n'est pas du goût des syndicats qui privilégient les départs en pré-retraites. Tout le monde l'aura compris, l'avenir est sombre pour Ardam et l'ambiance dans l'usine électrique, ce qui s'est d'ailleurs traduit par une grève spontanée le 17 décembre lorsque les ouvriers ont découvert que la direction, qui les avait mis au régime sec cette année, offrait comme à l'accoutumée des lave-linge aux cadres pour qu'ils puissent les tester ... ou encore par la publication dans notre quotidien départemental des 2 dessins ci-dessous :