Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mercredi 30 mai 2012

lundi 28 mai 2012

Givet : l’expo d’art contemporain fait un flop !

L’exposition d’art contemporain Méandres, qui a marqué le début d’une série de manifestations concoctées pour célébrer les 30 ans du FRAC (Fond régional d’art contemporain) et dont l’inauguration avait fait grand bruit dans la cité de Méhul, s’est terminée il y a huit jours. Tout avait été prévu pour son succès, d’un vernissage en grande pompe à la réalisation d’explications sur mesure pour sangliers mal dégrossis et autres ignares provinciaux. Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas subjugué les foules puisque seulement 368 visiteurs se sont déplacés en 41 jours pour la voir et éventuellement l’admirer ! Une fréquentation bien maigre qui a dû faire l’effet d’une douche froide pour les organisateurs qui s’étaient donnés pour mission d’ouvrir enfin à la culture moderne, à celle dont on parle dans les salons parisiens, les contrées lointaines de l’extrême-nord des Ardennes.

Cette initiative, aussi louable soit-elle sur le fond, s’est donc soldée par un bide ! Comment l’expliquer ? Peut-être parce que cette exposition n’avait pas pour objectif d’être visitée mais, à l’image du clip idiot commandé par le Conseil général à Jan Kounen et qui donne à penser que les Ardennais sont stupides de naissance, à faire le buzz dans les médias et sur la toile ? Si tel était le cas, il faut avouer que c’est raté puisque peu de sites en ont parlé et qu’aucun post sur ce sujet n’a été envoyé sur le forum de la mairie de Givet. Peut-être parce que les hobereaux qui dirigent la Pointe, grisés par la masse d’argent qu’ils ont à gérer, se souciaient plus à travers cette exposition de flatter leur image et de montrer qu’ils n’avaient rien à envier aux princes des grandes métropoles qu’à attirer le vulgum pecus ? Là encore, ce serait raté puisque Méandres n’a pas été recensée dans Art Press, la revue de la sulfureuse Catherine Millet qui fait la pluie et le beau temps chez les adeptes de l’art contemporain.

La raison de cet échec, alors que les spécialiste vantent l’exposition d’Albi où on peut "partager une rencontre physique avec la matière" ou encore celle de Royan qui permet de "s’émouvoir devant des décombres ordinaires" est donc à chercher ailleurs. Où ? Pour le MRC 08, très certainement dans l’inadéquation entre l’offre, pourtant de qualité, et les centres d’intérêt des habitants de la Pointe qui sont plus nombreux à venir en deux jours à Aubrives voir les œuvres des peintres locaux lors de l’exposition annuelle "l’Esquisse", qui en est déjà à sa neuvième édition, ou à fréquenter le musée archéologique du Malgré-Tout à Treignes qui accueille en moyenne 70 visiteurs par jour ! Une préférence au local et à l’art populaire en quelque sorte, même lorsqu'il est payant et que le parachutage est gratuit, dont seraient bien avisés de se souvenir nos décideurs lors de leur prochaine initiative culturelle...

samedi 26 mai 2012

JP Chevènement : "pour un euro à moins d'un dollar " !

"L’effritement du cours de l’euro (7 centimes) sur le marché des changes donne lieu à une campagne d’alarmisme totalement déplacée, au motif que l’automobiliste, à la pompe, ferait les frais de l’affaiblissement de l’euro. Cette thèse reflète les intérêts des rentiers, des détenteurs d’actifs financiers et pas du tout ceux des couches populaires. Celles-ci ont besoin que l’activité économique se redresse. Alors les salariés auront de quoi payer l’essence à la pompe.

L’euro à 1,25 dollar reste très au-dessus de son point le plus bas (82 centimes de dollar atteint en l’an 2000) et même au-dessus de son cours de lancement au 1er janvier 1999 (1,16 dollar). Il y a une stricte corrélation entre la surévaluation de l’euro depuis dix ans et l’accélération de la désindustrialisation de la France, même s’il y a d’autres causes à l’affaiblissement de notre tissu industriel.

La "monnaie forte", idole de l’Establishment et de la bien-pensance depuis trois décennies, a écrasé notre compétitivité. Elle a abouti à la fonte de la part de l’industrie dans le produit national (de 27 à 12%), à la perte de plus de 2 millions d’emplois industriels, à l’accélération des délocalisations et à l’effondrement de notre balance commerciale. Il faudrait que l’euro tombe à une quasi parité avec le dollar pour qu’une brise de confiance se lève à nouveau sur le vieux continent.

Personne n’ose le dire, car l’idéologie dominante de la monnaie forte, est celle des classes dominantes.

En fait, un euro à 1 dollar vingt cinq est encore beaucoup trop cher. Je souhaite, pour le redressement productif du pays, que l’euro tombe à au moins un dollar et même moins. Ce serait la meilleure chose qui pourrait arriver à notre industrie et à notre commerce extérieur".
(communique de presse, 25 mai 2012) 

mercredi 23 mai 2012

Chevènement : "l’avenir de gouvernement se jouera" sur la renégociation du traité européen

L'avenir du gouvernement "se jouera" sur la renégociation du traité de discipline budgétaire européen dans le sens de la croissance, a estimé mardi sur LCI le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement. "L'avenir du gouvernement de la gauche se jouera sur la renégociation du traité aujourd'hui purement disciplinaire et purement punitif" qui a été signé par Nicolas Sarkozy, a dit l'ancien ministre. Selon lui, "il faut peut-être en revoir le calendrier, en changer un peu les perspectives et puis y ajouter ces moteurs de croissance". "Il faut tout mettre sur la table et discuter. Le rôle de la Banque centrale (européenne) doit par exemple figurer au menu des discussions", a estimé M. Chevènement. 

L'ancien ministre s'est prononcé d'autre part, en réponse à une question, en faveur du maintien de la Grèce dans la zone euro, à la création de laquelle il fut pourtant fermement opposé. "Il vaut mieux ne pas sortir la Grèce, conserver l'unité de la zone euro et revoir les règles de la zone euro pour permettre en effet à des pays en difficulté de ne pas emprunter à des taux mirobolants", a-t-il souligné. "Ce n'est pas tenable", a-t-il en effet estimé, prenant les exemples de l'Espagne et de l'Italie. 

Jean-Pierre Chevènement a d'autre part laissé entrevoir sa déception qu'aucun membre de son parti n'ait été retenu pour figurer dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. "Vexé? Non. Mais je l'ai regretté", a-t-il confié.
(dépêche AFP, mardi 22 mai 2012, 10h59)

mardi 22 mai 2012

Givet : pour l’incinérateur, le changement c’est maintenant !

Il y a bien longtemps que l’on n’a plus entendu parler du méga-incinérateur à déchets de papeterie qu’un industriel néerlandais envisage de construire dans la cité de Méhul, à deux pas de la frontière belge. D’après certains, ce serait parce que le projet a capoté, qu’il est mort et enterré avant même que la première pierre de l’installation n’ait été posée. Evidemment, ce serait l’idéal, mais en réalité la raison est tout autre et le MRC 08 le sait très bien ! C’est tout simplement dû à la période électorale que nous connaissons actuellement et qui impose au Préfet un devoir de réserve jusqu’au 17 juin. Dans ces conditions, il lui est impossible de prendre une décision susceptible d’influer sur le résultat des élections, ce qui serait le cas s’il acceptait ou s’il refusait le fumeux projet sur lequel il devra pourtant se prononcer.

Est-ce à dire que le dossier est au point-mort, en stand-by comme on dit dans les milieux usant et abusant des anglicismes ? Heureusement non, puisqu’avec la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle, la main a changé de camp. Désormais, ce ne sont plus ces messieurs de l’UMP - Claude Wallendorff, Bernard Dekens et Boris Ravignon – qui étaient et qui sont encore tous d’ardents défenseurs de cette installation industrielle ô combien controversée du fait des retombées négatives qu’elle engendrera, qui sont écoutés avec attention par les dirigeants nationaux. Ce sont les élus de gauche, et en tout premier lieu Philippe Vuilque, le député de la deuxième circonscription, qui a pris dès le 22 mai sa plus belle plume, comme vous pouvez le voir sur la lettre ci-dessous, pour demander à "sa chère amie" Nicole Bricq, la nouvelle ministre de l’écologie, de faire en sorte que le projet n’aboutisse pas. Aura-t-il gain de cause ? C’est encore trop tôt pour le dire même si la nouvelle donne est a priori nettement favorable aux opposants à l’incinérateur...
(pour une meilleure lecture du document, vous pouvez l'agrandir en faisant un clic gauche dessus) 

mercredi 16 mai 2012

mardi 15 mai 2012

ENFIN !!!!

lundi 14 mai 2012

Le couperet s'apprête à tomber sur "L’Union-L’Ardennais" !

Les lecteurs les plus assidus de "L’Ardennais" ont pu constater depuis plusieurs mois que quelque chose ne tourne pas rond dans leur quotidien départemental. Certains jours, telle ou telle antenne locale bénéficie de deux pleines pages, alors qu’elle n’en a plus qu’une seule quelques temps plus tard, voire une demie, sans que cette variation ne soit déclenchée par une intensité moindre de l’actualité locale. Les journalistes sont trimbalés d’une agence à l’autre, et parfois même d’une extrémité du département à une autre, à tel point qu’on ne sait plus à quelle personne il faut envoyer les communiqués de presse. Pire, certains journalistes spécialisés se sont mis à rédiger des articles sur des thèmes ne relevant pas de leur champ de compétences, ce qui a donné lieu à des écrits que beaucoup de lecteurs ont trouvé d’une grande maladresse. 
   
Cette pagaille, surprenante au premier abord, trouve son origine dans la situation financière globalement très dégradée du propriétaire de "L’Ardennais", le géant de la presse écrite GHM (Groupe Hersant Média), qui a cumulé une dette de plus de 200 millions d’euros à la suite d’erreurs stratégiques, comme le défaut d’anticipation du basculement du marché de la petite annonce sur Internet qui a abouti l’an dernier à la liquidation de Paru Vendu avec à la clé plus de 2.000 licenciements, soit le plus important plan social de tout le pays ! Dans ce contexte, GHM a ouvert des négociations pour vendre au groupe belge Rossel son pôle Normandie et son pôle Champagne Ardenne Picardie (CAP) constitué de trois quotidiens ("L’Union-L’Ardennais", "L’Est Eclair" et "Libération Champagne") et du quadri hebdomadaire "L’Aisne Nouvelle".

Une restructuration inévitable dont on savait, depuis le licenciement du PDG Jacques Tillier qui ne souhaitait pas mettre en œuvre le plan social envisagé, qu’elle s’accompagnerait d’une casse sociale importante. Depuis le 09 mai et la réunion qui a eu lieu au ministère du Travail, on en connaît l’ampleur : le groupe Rossel conditionne son offre de reprise du pôle Normandie, où un plan de 112 suppressions d’emplois est prévu, à une restructuration préalable du pôle CAP qui se solderait par le licenciement de 270 de ses 650 salariés, dont au moins 37 journalistes, et ce impérativement avant la mi-juin ! Un véritable coup de massue pour les employés qui ont réuni aujourd’hui à Reims une AG des personnels avant le rendez-vous prévu le 24 mai au ministère du Travail pour évoquer les conditions de départ. De grandes modifications aussi en vue pour les lecteurs étant donné qu’avec moins de personnel, il sera impossible de faire mieux.

Sans compter qu’un certain nombre d’agences locales passeront inévitablement à la trappe. Lesquelles ? Pour le moment, le MRC 08 est bien incapable de le dire, mais il y a de grandes chances pour qu’une des deux agences de la Pointe en fasse partie, pour le grand malheur des abonnés qui n’auront plus droit qu’à une information plus lointaine et donc fatalement moins précise et moins réactive...

jeudi 10 mai 2012

C’était il y a tout juste 31 ans !

Le 10 mai 1981, François Mitterrand remportait l’élection présidentielle. Avec cette victoire, la Gauche arrivait au pouvoir pour la première fois depuis 1958, date de la création de la Vème République ! Une véritable alternative commençait alors, marquée par de grands progrès sociaux et sociétaux : hausse du SMIC de 10 %, cinquième semaine de congés payés, réduction du temps de travail hebdomadaire à 39 heures, retraite à 60 ans, limitation des hausses de loyer en cours de bail, interdiction des expulsions arbitraires, création des zones d’éducation prioritaire dans l’éducation, abolition de la peine de mort, dépénalisation de l’homosexualité, suppression des cours de sûreté et des quartiers de haute sécurité dans les prisons, autorisation des radios libres, ... Un vent d’espoir souffla alors sur la France, l’espoir d’un changement en profondeur qui redynamiserait le pays et profiterait aux plus défavorisés. 

Hélas, avec l’ouverture en 1983 de la parenthèse libérale qui n’a toujours pas été refermée depuis, cette espérance collective, qui n’était pas sans rappeler celle de 1936, a cédé la place à une suite de reculs qui n’ont cessé de s’accentuer au fil des années. Mais, depuis le 06 mai dernier et l’élection à la présidence de la République du socialiste François Hollande avec 18.000.668 voix contre 16.860.685 au président sortant Nicolas Sarkozy, chiffres officialisés ce matin même par le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, l’espoir d’un véritable changement est réapparu. Aura-t-il véritablement lieu ? Le MRC 08 l’espère vivement, mais pour cela, il faudra d’abord que la Gauche remporte une majorité lors des élections législatives de juin, puis que notre nouveau président réussisse à convaincre nos partenaires européens de l’impérieuse nécessité de mettre en place une politique de relance économique. Deux impératifs incontournables pour ne pas connaître à nouveau une cruelle désillusion... 

lundi 7 mai 2012

Présidentielles : il faut transformer l'essai aux législatives !

Hier, les Ardennais(es) ont rendu leur verdict : ils ont été 51,89 %, soit à peu de chose près la même proportion qu’au niveau national, à élire François Hollande Président de la République ! Ce résultat, obtenu avec un taux de participation élevé de 79,39 %, strictement égal à celui du 1er tour, marque la volonté d’une population durement frappée par la crise, les délocalisations et la montée de la pauvreté de mettre fin à la politique d’austérité et de division mise en place depuis 5 ans par Nicolas Sarkozy avec l’appui de ses relais départementaux. Il met aussi un terme à la droitisation enclenchée dans le département depuis 2007 et permet aux Ardennes de redevenir la terre de gauche qu’elle a si longtemps été.

Le MRC 08 se réjouit vivement de ce score et de ce retournement qui ouvre des perspectives nouvelles. Mais, pour qu’elles se concrétisent, il faudra que la gauche soit en mesure d’avoir une majorité à l’issue des élections législatives qui auront lieu les 10 et 17 juin prochains. Il lui faut donc conserver la deuxième circonscription détenue par un soutien de la première heure de François Hollande, ce qui est tout à fait faisable étant donné que Boris Ravignon, le candidat de l’UMP, a perdu son atout majeur qui était d’être le conseiller du Président de la République. Il lui faut aussi engager une opération de reconquête dans les deux autres circonscriptions, qui sera certes difficile, mais qui n’est pas totalement hors de portée.

De nouveaux combats se profilent donc à l’horizon ! Ils arriveront vite, très vite. La mobilisation exemplaire dont ont fait preuve les Ardennais(es) ne doit par conséquent en aucun cas faiblir. C’est la condition indispensable pour que l’espoir apparu hier se transforme en possibilité réelle de changement. Notre département en a besoin, la France aussi, de même que l’Union européenne. Alors, haut les cœurs et sachons ne pas baisser la garde trop tôt...   

Le changement, c'est aujourd'hui !

"Le Mouvement Républicain et Citoyen salue la victoire historique de la gauche. Le peuple français a choisi de tourner la page de dix ans de sarkozysme en confiant la présidence de la République à François Hollande. Le Mouvement Républicain et Citoyen qui l'a soutenu dès le premier tour s'inscrira naturellement à ses côtés, dans la majorité présidentielle qui sera issue des élections législatives de juin. 

La France demande à respirer après cinq ans d'hyper-présidence et une politique de division et de stigmatisation. Cette stratégie a échoué car elle heurte profondément les principes républicains qui vivent en chaque citoyen. Aujourd'hui, nous comptons sur François Hollande pour refonder la République, la remettre d'aplomb et lui redonner l'ambition de traduire sa devise en actes. Aujourd'hui, nous comptons sur François Hollande pour sortir la France de l'impasse dans laquelle elle se trouve. C'est une occasion historique d'abandonner la stratégie suicidaire d'austérité budgétaire qui échoue partout en Europe. Cela passera par une renégociation du récent traité européen et par un dialogue sérieux avec l'Allemagne et l'ensemble de nos partenaires européens. Aujourd'hui, nous comptons sur François Hollande pour faire le choix de la justice, de l'intérêt général et de l'activité contre la rente, les privilèges et les inégalités. 


La mise en œuvre du programme très clair qu'il a présenté aux Français nécessitera demain une ferme volonté politique pour convaincre mais aussi faire plier les oppositions. L'histoire de la gauche au pouvoir est rarement celle d'un long fleuve tranquille, une nouvelle page va s'écrire maintenant: le président de la République peut compter sur le Mouvement Républicain et Citoyen". 
(communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC, 06 mai 2012)

La belle victoire de François Hollande

"Cette belle victoire est d’abord celle de François Hollande, de la force tranquille qu’il a exprimée avec talent et constance, à partir des orientations tracées dans son discours du Bourget le 22 janvier 2012. Il a su opérer les corrections nécessaires par rapport à certaines dérives et se situer au-dessus des partis. C’est cette posture présidentielle et ce sens des responsabilités conforme à l’esprit des institutions, qui lui ont fait gagner l’élection. En ce sens, cette victoire est aussi plus que la victoire de la gauche : elle est celle de tous les républicains. Elle témoigne d’un esprit de rassemblement qu’il faudra préserver pour la suite. François Hollande a appelé à plus de justice. C’est la condition d’un effort partagé qui sera nécessaire compte tenu de l’ampleur des défis. Pour ma part, j’apporterai au Président Hollande "le soutien ferme, sans démagogie, mais les yeux ouverts", que j’ai affirmé dans ma déclaration du 13 mars dernier, après que j’ai retiré ma candidature à son profit.

L’échec de Nicolas Sarkozy exprime le rejet du néolibéralisme et d’une politique européenne à courte vue, telle que l’a manifestée le traité européen signé le 2 mars dernier. Je mesure l’amertume qui peut être celle du Président sortant, qui n’avait pas que des défauts. Mais le peuple français a parlé. Il appartient désormais à tous les citoyens de servir ses intérêts.

Maintenant les choses sérieuses vont commencer car la campagne ne permettait sans doute pas de traiter au fond les problèmes nés de la crise de la monnaie unique. Le Président Hollande aura à créer avec l’Allemagne le rapport de convictions qui amènera celle-ci à accepter de revoir le rôle de la Banque Centrale européenne, à la fois pour casser la spéculation contre l’euro et pour en abaisser le cours, aujourd’hui surévalué. C’est ainsi seulement qu’on pourra prévenir une rechute de la crise de l’euro et faire souffler sur l’Europe une brise de croissance dont elle a bien besoin. Le Président Hollande saura, j’en suis sûr, dessiner le projet de redressement européen à travers lequel la France pourra continuer son Histoire. Les semaines qui viennent seront décisives. Je souhaite qu’une large majorité de Français lui donne aux élections des 10 et 17 juin prochains, les moyens de relever ce superbe défi".
(communiqué de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, 06 mai 2012)

jeudi 3 mai 2012

Voilà comment le Conseil général gaspille les deniers publics !

Partant de l’idée que les Ardennes ont une image à reconstruire, le Président du Conseil général et par ailleurs sénateur UMP, Benoît Huré, a lancé depuis 2004 différentes opérations de communication. D’abord tournées vers les Ardennais(es) eux-mêmes pour qu’ils deviennent les "ambassadeurs de leur département", elles ont ensuite été élargies aux acteurs économiques, en particulier à travers le projet Territoire de compétences mené depuis l'an passé en partenariat avec "L'Ardennais-L’Union". Il ne leur restait plus qu’à s’adresser au grand public, ce qui est désormais fait avec le spot publicitaire diffusé depuis hier et pour une durée d’une semaine sur France 2 et France 3 vers 22h30, soit juste après le prime-time, ainsi que sur France 3 Champagne-Ardenne à 19h25 ! Pour atteindre l’objectif fixé, à savoir faire le buzz comme on dit dans les milieux branchés à moindre coût, les grands pontes du département ont fait appel au réalisateur Jan Kounen.

Pourquoi ce choix ? D’abord parce que Jan Kounen, qui parraine depuis plusieurs années le festival Chimeria à Sedan, est attaché aux Ardennes, à tel point qu’il a même profité en 2009 de son passage sur la Croisette, à Cannes, pour présenter la bière de Sedan ! Ensuite parce que ce réalisateur sulfureux né en 1964 à Utrecht, aux Pays-Bas, s’y connaît pour faire parler de ses créations comme l’ont montré le très controversé Doberman, son premier long-métrage ultraviolent tourné en 1997 avec Vincent Cassel et Monica Bellucci, le western hallucinatoire Blueberry ou encore 99 francs, une dénonciation au vitriol du monde de la publicité. Enfin parce que cet artiste aux multiples facettes qui a fait ses premières armes dans les spots publicitaires, entre autres pour Adidas, Peugeot, Miko et Nuts, et dans le court-métrage sait parfaitement s’y prendre pour aller à l’essentiel en un temps très court. Sans compter, cerise sur le gâteau, que ce réalisateur à la renommée montante a accepté de faire un effort financier pour coller au budget mis à disposition par le Conseil général.

Bref, cet amateur d’ardennitude et ce professionnel de scandale et de cinéma avait tout pour plaire. Encore fallait-il voir son œuvre que beaucoup pressentaient surprenante ! Depuis hier et la présentation officielle du spot publicitaire à la presse par Benoît Huré, c’est chose faite. Jan Kounen a choisi de représenter dans un cadre forestier un jeune parisien un peu paumé qui rencontre un énergumène tout sourire vêtu d’un grand cœur rouge qui court vers lui et l’enlace. D’abord incrédule, le Parisien est finalement séduit et une voix off annonce : "ayez le coup de cœur pour les Ardennes à 1h10 de Paris". Voilà, cela dure 25 secondes (42 pour la version longue visible sur Internet que vous pouvez visionner ci-dessous) pour un coût de 200.000 euros. Certains ont trouvé cette réalisation insolite et décalée absolument géniale, moderne et parfaite pour vanter sur un ton humoristique le sens de l’accueil des Ardennais. Mais pour le MRC 08, qui n’oublie pas que ces 25 secondes d’images reviennent à plus de 180 SMIC mensuels, comme pour beaucoup d’autres, c’est d’une niaiserie absolue qui a plus de chance de dévaloriser le département, et par la même occasion de ridiculiser ses habitants, que de lui donner une image attractive. Une gabegie de plus dont on aurait très bien pu se passer à l'heure où les effets de la crise frappent une part toujours plus grande de la population ardennaise...  

mercredi 2 mai 2012

En mai, fait ce qu'il te plait...

mardi 1 mai 2012

Le 1er mai dans sa version originale...

En France, le 1er mai est le seul et unique jour férié et obligatoirement chômé de toute l’année. C’est donc une journée très appréciée par les salariés qui est traditionnellement marquée par des défilés syndicaux dans toutes les grandes villes du pays. Mais à quand remonte cette fête qui a fait cette année l’objet de tant de débats ? Si l’on excepte le geste plein de galanterie du jeune roi Charles IX qui, dans l’attente de son prochain sacre, offrit le 1er mai 1561 un brin de muguet aux dames présentes à la Cour, c’est à 1889 ! Cette année, à l’occasion de l’exposition internationale de Paris et du centenaire de la Révolution française, les organisations ouvrières de plusieurs pays d’Europe prirent  pour la première fois la décision de principe d’organiser un mouvement commun afin d’obtenir une législation en faveur de la journée de 8 heures.

Le premier 1er mai eut donc lieu en 1890 dans plusieurs pays à la fois, mais sans mot d’ordre commun, chacun faisant ce qu’il pouvait là où il était, car le droit de manifester n’était pas reconnu partout. Ainsi, en France, ce sont les guesdistes, c’est-à-dire la frange la plus radicale de la nébuleuse socialiste de l’époque, qui prirent la tête du mouvement. Ils appelèrent les ouvriers à se mettre en grève, puisque le 1er mai n’était pas encore férié, et à manifester pour "mettre en demeure" les députés sur la loi des 8 heures. De quoi inquiéter les classes dirigeantes, même si les défilés ne rassemblèrent guère plus de quelques centaines de personnes ! C’est donc sans surprise que l’année suivante, lorsque les actions du 1er mai furent reconduites, les patrons de nombreuses villes industrielles demandèrent au pouvoir de mobiliser la troupe pour contenir les "partageux". 

Le face-à-face entre l’armée et un mouvement resté très éclaté fut tendu partout. A Clichy, il dégénéra en une échauffourée qui provoqua l’arrestation puis la condamnation de plusieurs anarchistes. Pire, à Fourmies, les soldats équipés du tout nouveau fusil Lebel tirèrent à feu nourri sur les manifestants, au point de faire en à peine 45 secondes 9 morts et au moins 35 blessés ! Ce drame amena dès 1892 la deuxième Internationale à faire du 1er mai une journée pérenne de revendications, avec trois objectifs : obtenir la journée de 8 heures, imaginez collectivement un projet d’avenir et lutter pour la paix et la solidarité internationale. Depuis, la CGT a pris en 1905 la direction du 1er mai, elle a obtenu la satisfaction de sa revendication première en 1919 et, accompagnée par les syndicats qui se sont progressivement créés, elle perpétue la tradition des rassemblements, comme à Givet, et des défilés, comme à Charleville-Mézières.

Rien à voir donc avec la rhétorique antisyndicale et le débat sur le "vrai travail" que l’on a pu trouver dans les déclarations récentes du Président-candidat Nicolas Sarkozy, qui rappellent plus certains propos entendus pendant le régime de Vichy que les slogans traditionnellement scandés lors de la fête des travailleurs...
(affiches de la CGT datant de 1936, 1919 et 1906)