Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

samedi 30 juin 2012

Aubrives : les maires se suivent, mais ne se ressemblent pas !

Ce qu’il y a de bien avec les archives, c’est qu’elles constituent, pour peu qu’on sache où les trouver et comment les consulter, un vivier presque infini d’informations. Ainsi, on peut y apprendre qu’il y a aujourd’hui très exactement 411 ans une cérémonie religieuse s’est produite dans le petit village d’Aubrives, alors rattaché à la puissante baronnie de Hierges : le baptême de Jacques Debien, fils de Maurice Debien et de Marie des Preits, le parrain étant Jacques du Hausart et la "marinne" (aucun rapport avec la personnalité politique que vous connaissez...) Anne Mestallard. Un simple fait divers à destination des férus d’histoire locale, diront certains, d’autant que c’est Jean des Temples, le chapelain d’Aubrives, qui a fait entrer l’enfant dans la communauté des chrétiens et non pas Jean de Bien (eh oui, à l’époque, les noms de famille s’orthographiaient de plusieurs façons !) qui était pourtant son parent et exerçait la fonction de curé de la paroisse de Han à laquelle était rattaché le village d’Aubrives.

Pourtant, à l’époque, ce fut un évènement ! Pourquoi ? D’abord parce que la famille des Preits était particulièrement importante, au point qu’un de ses membres devint en 1622 étudiant en philosophie au collège ultra-réputé de Louvain, puis chanoine et finit par entrer dans l’ordre des jésuites. Ensuite parce que les Hausart et les Mestallard, qui s’engageaient à devenir en cas de nécessité les parents de substitution du nouveau baptisé, confortaient à cette occasion leur rapprochement qui se concrétisa par leur participation, aux côtés de la famille des Auxbrebis, à la reconstruction de l’église du village après son explosion qui avait suivi sa transformation malheureuse lors du siège de Charlemont en 1640 en dépôt de munitions. Enfin et surtout parce que le parrain, Jacques de Hausart, qui exerçait les charges de mayeur de Han et d’Aubrives et de jugeur à la baronnie de Hierges, était renommé pour sa "preudhomie, et pour donner bon conseil et avis en toute occurrence aux particuliers, surtout en temps de guerre, et était un grand pacificateur".

Un grand homme en somme, d’autant qu’il eut la malchance de connaître les dernières années des terribles guerres de religion, qui prouve qu’Aubrives a eu d’excellents maires. Bien sûr, aujourd’hui, le contexte n’est plus le même et nous avons la chance de vivre en paix ! Mais pour le bien des Aubrivois(es), il serait bon tout de même que notre premier magistrat actuel, Gilbert Leclercq, utilise les deux dernières années de son mandat pour tenter d’égaler son illustre prédécesseur. Et s’il ne peut donner des avis aussi éclairés et n’est pas doté des qualités permettant de pacifier les petits litiges, au moins qu’il écoute ceux des autres et évite d’envenimer inutilement les conflits locaux...
 LB

vendredi 29 juin 2012

jeudi 28 juin 2012

Des responsabilités pour les députés du MRC dans la nouvelle assemblée !

A l’issue de la session ordinaire et des premières réunions des commissions permanentes, les trois députés MRC exerceront des responsabilités importantes dans la nouvelle assemblée :
 - Jean-Luc Laurent a été élu secrétaire de l’Assemblée Nationale. Il siègera donc au bureau de l’Assemblée qui compte 22 membres (petite pécision du MRC 08 : dont la députée ardennaise Bérengère Poletti qui occupera elle aussi la fonction de secrétaire) et qui règle avec le président le fonctionnement de l’assemblée. Il est également membre de la Commission des Affaires Economiques.
 - Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, a été élue vice-présidente de la Commission des lois.
 - Christian Hutin, député du Nord, a été élu vice-président de la Commission des Affaires Sociales dans laquelle il était déjà investi dans la précédente législature. 

Les députés du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) siègent au groupe Socialiste, Républicain et Citoyen. Jean-Luc Laurent, qui est vice-président de ce groupe, précise : "Nous avons fait le choix de la cohérence après l’élection présidentielle, nous sommes au cœur de la majorité parlementaire et présidentielle, déterminés à travailler au redressement de la France".

(Communiqué de presse du Mouvement Républicain et Citoyen, jeudi 28 juin 2012) 

mercredi 27 juin 2012

Les députés du MRC rejoignent le groupe SRC

"Mardi 26 juin, les députés du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) ont constitué un groupe avec les députés du Parti Socialiste (PS) et des députés divers gauche. Ce groupe s’appellera « Socialiste, Républicain et Citoyen ». Ce choix pour la législature qui s’ouvre s’inscrit dans la continuité de la campagne présidentielle qui a vu le MRC soutenir François Hollande dès le premier tour après le retrait de la candidature de Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Luc Laurent précise : « Le groupe Socialiste, Républicain et Citoyen sera le moteur de la majorité présidentielle et les trois députés du MRC, qui veulent agir pour la réussite du redressement de la France et la réorientation de la construction européenne, formeront une composante du groupe, disposant de la liberté d’expression et de vote ».

Lors des élections législatives de juin, trois députés MRC ont été élus : Christian Hutin, maire de Saint-Pol-sur-Mer, a été réélu député du Nord ; Marie-Françoise Bechtel, a été élue pour la première fois députée de l’Aisne ; Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre, a été élu pour la première fois député du Val-de-Marne. Ces trois candidatures s’inscrivaient dans l’accord politique et législatif PS-MRC signé le 9 mars par Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, et Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen".
(Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen, 27 juin 2012)

mardi 26 juin 2012

Vireux-Rive-Gauche remet le couvert...

Bis repetita ! L’association "Vireux-Rive-Gauche", créée à la fin 2010 pour donner une plus grande visibilité à l’opposition municipale de Vireux-Molhain - grâce notamment à la tenue d’un blog qui a su maintenir son attrait dans la durée – et qui s’est transformée l’année suivante en association des "Amis de Vireux-Rive-Gauche" pour adoucir son positionnement politique, constituer une structure permettant aux expatriés de Vireux de se retrouver et mettre en place des manifestations culturelles, avait organisé l’an dernier un repas champêtre. Une initiative osée puisqu‘elle avait eu lieu en même temps que la fête du cheval de Hargnies et que la compétition de jet-ski de Vireux-Wallerand, mais qui s’était néanmoins soldée par un beau succès avec une soixantaine de participants dont certains étaient restés jusqu’à une heure avancée pour profiter au maximum de l’ambiance particulièrement sympathique qui régnait !

Cette année, l’association, qui bénéficie de toute la sympathie du MRC 08  et qui s’ancre doucement mais sûrement dans le paysage viroquois, a donc décidé de récidiver en organisant un deuxième repas champêtre qui aura lieu le dimanche 8 juillet à la cabane de chasse de Vireux-Molhain. Malgré l’inflation qui n’a échappé à personne, le prix du repas (entrées diverses et variées, viandes cuites au barbecue et desserts faits maison) est resté inchangé à 12 euros pour les adultes et à 5 euros pour les enfants de 6 à 12 ans, hors boissons mais avec l’apéritif offert par "les Amis de Vireux-Rive-Gauche". Des tarifs tout à fait accessibles afin que cette animation, qui sera relevée par une promenade des environs commentée par le puits de sciences local qu’est André Majewski et qui sera complétée par des jeux champêtres pour petits (construction de barrage dans le ruisseau proche avec, éventuellement, bain de pieds pour les plus téméraires ou les plus maladroits) et grands (parties de cartes, pétanque, discussions à bâtons rompus sur les grandes choses du monde et les petites de la vie quotidienne), reste populaire.

Partant du principe qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous encourageons donc vivement tous ceux qui n’ont encore rien de prévu le 8 juillet et qui sont disposés à passer un bon moment à la fois dans la simplicité et dans la fraternité à participer à ce repas champêtre. Pour se faire, un seul impératif ! Il faut s’inscrire auprès d’André Majewski (03 24 41 63 58) ou de Michel Cartiaux (03 24 41 60 22) ou d’Alain Lambert (03 24 41 66 91) le plus rapidement possible afin que les victuailles pour les ripailles soient présentes en quantité suffisante...

lundi 25 juin 2012

Hierges : l’animation culturelle continue, mais dans un registre hélas différent !

A Hierges, charmant petit village de la Pointe des Ardennes connu, c’est selon, pour son magnifique château reconstruit à la Renaissance dans le plus pur style mosan avant d’être détruit lors de la Révolution et que les touristes peuvent visiter depuis maintenant deux ans ou pour sa vie politique locale particulièrement agitée qui n’a rien à envier à Clochemerle au point de faire périodiquement les choux gras de notre quotidien départemental, il y a une tradition qui est désormais établie depuis une petite décennie. Laquelle ? Le samedi qui précède la fête du village, c'est-à-dire le dernier samedi du mois de juin, la municipalité organise sous un chapiteau un spectacle folklorique qui voit se succéder deux groupes semi-professionnels ! Cette animation culturelle totalement gratuite, ouverte aussi bien aux habitants de Hierges qu’aux personnes venues de l’extérieur, a toujours été une réussite puisqu’elle n’a jamais rassemblé moins de 150 personnes qui repartaient pour la plupart ravies des costumes chatoyants et des danses dépaysantes qu’elles avaient pu admirer.

Un vrai succès populaire, d’autant plus méritoire et apprécié par le MRC 08, qu’en ces temps où les médias encouragent la crétinisation de masse et ne cessent de mettre en avant la fatalité du choc des civilisations, il permettait au public constitué de gens issus de tous les horizons culturels d’élever son esprit et offrait une fenêtre attractive sur les cultures venues d’ailleurs ! Hélas, cette année, cette tradition n’a pas eu lieu. D’après certains, ce serait dû au décès de l’ancien maire, René Bourgeois, qui fut longtemps un compagnon de route du parti communiste et qui était de ce fait animé par certaines valeurs qui ne sont apparemment pas celles de son successeur, Sylvain Buhot. Pour d’autres, cela s’expliquerait plus prosaïquement par le fait que les personnes chargées d’organiser cette manifestation auraient, de façon assez surprenante, oublié de s’y prendre suffisamment à l’avance. Quoi qu’il en soit, le spectacle tant attendu n’a pas eu lieu, au grand dam des habitués. Cependant, une autre animation culturelle a été programmée en remplacement.

Au lieu du samedi après-midi, elle s’est déroulée le dimanche matin, non pas sous le chapiteau installé dans la prairie située près de la salle des fêtes mais en l’église Saint Jean-Baptiste blottie en contrebas du château. Elle a consisté en un concert de musique classique donné par l’ensemble musical ardennais joliment dénommé "De si, de la" qui a déjà eu l’occasion de se produire dans 10 communes de notre département, dans plusieurs de l’Aisne, et même à Florenville en Belgique en première partie de l’Harmonie Royale de Muno. Une formation de qualité donc, qui a profité de l’acoustique parfaite du lieu pour ravir les oreilles de la petite quarantaine de mélomanes qui avaient fait le déplacement ! De Mozart fils à Mozart père en passant par Bach, Haendel et Albinoni, ce ne sont pas moins de 14 morceaux qui ont été exécutés avec un grand talent. Pourtant, les bâillements à répétition d’une partie du public, dont un bon tiers s’est éclipsé discrètement avant la fin du concert, n'ont pu échapper à personne. De quoi avoir les plus grands doutes sur l’opportunité de cette animation culturelle apparemment trop élitiste qui, souhaitons-le, ne sera qu’une parenthèse avant le retour l’an prochain de l’animation folklorique grand public qui, elle, a fait ses preuves...

dimanche 24 juin 2012

samedi 23 juin 2012

"C'est une erreur d'avoir réduit l'Europe à une monnaie"

Marianne: Alors que les partisans de l’Europe, tels Michel Rocard, François Bayrou ou François Hollande, ont multiplié leurs autocritiques, les eurosceptiques se montrent très discrets au moment où ils pourraient triompher. Vous-même, pourquoi ne vous manifestez-vous pas davantage sur le sujet? 
Jean-Pierre Chevènement : Je ne triomphe pas bêtement pour ne pas provoquer inutilement ceux dont la pensée a commencé d’évoluer : en tant qu’homme politique, je ne pense pas qu’on puisse sortir de Maastricht à moindre frais pour la France et pour l’Europe sans les maastrichtiens d’hier... 
La monnaie unique a une force symbolique que je ne sous-estime pas, même si je ne crois pas que, comme disait Nicolas Sarkozy, « l’Europe, c’est l’euro ». L’Europe devrait être un projet de civilisation. C’est une erreur de l’avoir réduite à une monnaie, de surcroît unique. La monnaie unique fait en effet l’impasse sur les nations et leurs irréductibles différences de structures économiques, politiques et culturelles. 
Les concepteurs de la monnaie unique pensaient qu’avec le « pacte de stabilité », les économies finiraient par converger. Pari bien léger : l’expérience des unions monétaires a montré, soit qu’elles finissaient par exploser, faute de véritable unité politique (union latine, union scandinave), soit qu’elles renforçaient les inégalités de départ en polarisant la richesse et le sous-développement aux extrémités ; c’est le cas de la lire italienne creusant l’écart entre l’Italie du Nord et le Mezzogiorno, ou de l’unification monétaire allemande de 1990, faisant des Länder de l’Est une zone périphérique. Entre l’Allemagne et les pays du nord de la zone euro d’une part et les pays de la Méditerranée d’autre part, les écarts de compétitivité et de balances commerciales se sont creusés en dix ans.

Angela Merkel propose une union budgétaire en prenant au mot le credo fédéral des socialistes français. Que lui répondre ?
Mme Merkel ne peut subordonner des réponses urgentes à un projet d’intégration politique pour le moins fuligineux : l’élection du Président de la Commission européenne au suffrage universel - que la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe aussi bien n’autoriserait pas - ou la nomination d’un Ministre des Finances européen qui équivaudrait à priver les Parlements nationaux de leur attribution essentielle, le vote du budget. Les « nouveaux cabris » nous proposent le « grand saut fédéral ». Mais c’est un saut dans le vide ! Une « union de transferts » impliquerait un effort de partage insupportable et pas seulement pour l’Allemagne. Un petit exercice arithmétique, à la portée d’un élève de sixième, montre que la solidarité en Europe est financée à 97,5 % par les nations. Si la moyenne des prélèvements obligatoires – le meilleur indice de la solidarité – est de 40 % du PIB dans la zone euro, le budget européen n’est que de 1 %. Le projet de porter le niveau de transfert à l’intérieur de l’Europe à 20%, 10%, voire 5%, est totalement impraticable. Le « fédéralisme » dont on nous rebat les oreilles ne peut être qu’un régime disciplinaire et punitif : c’est celui que nous propose aujourd’hui Mme Merkel. 

S’agit-il simplement d’un égoïsme allemand ?
Je ne donne pas tort à l’Allemagne de mettre l’accent sur la responsabilité des Etats. Les Allemands ont déjà payé plus de 1000 milliards pour l’intégration de leurs Länder de l’Est. Ils ne veulent pas payer encore pour le Péloponnèse ou l’Estramadoure. L’ardoise de la monnaie unique est déjà de plus de 500 milliards. Jusqu’où les peuples sont-ils prêts à aller dans la voie de la solidarité ? Les Français ne sont pas vraiment conscients qu’on leur demande de payer un peu plus de 100 milliards pour sauver non pas la Grèce ou l’Espagne mais la monnaie unique, véritable tonneau des Danaïdes. Les Allemands ont la tête plus près du bonnet. 
L’Allemagne vise la compétitivité à l’échelle mondiale. La réponse de Mme Merkel à la crise de la zone euro est de vouloir mettre tout le monde en Europe à la diète. Mais ce faisant, elle ne programme que l’austérité à perte de vue. La récession qui s’ensuivrait se retournerait contre l’Allemagne. La paupérisation des Etats leur permettrait à peine d’exercer leurs fonctions régaliennes. La seule puissance subsistante serait celle des grands groupes industriels et financiers qui sont pour la plupart concentrés dans l’espace rhénan. Le « modèle allemand » ne peut être transféré au reste de l’Europe. L’Europe méditerranéenne ne se laissera pas transformer en un vaste Mezzogiorno. Revenons aux réalités : La Grèce n’est pas l’Allemagne, et la France non plus. 
Il faut donc changer les règles de la monnaie unique. Et, en particulier, donner à la Banque Centrale la mission de garantir, bien plus que la stabilité monétaire, la stabilité financière du système. Il serait nécessaire d’adosser le MES (mécanisme européen de stabilité) à la Banque Centrale européenne. Comme le propose François Hollande, une très forte initiative de croissance doit être prise à l’échelle de l’Europe : plan d’investissement d’au moins 1000 milliards d’ici 2020 financé par l’emprunt, relance salariale là où c’est possible, action concertée des banques centrales à l’échelle mondiale pour soutenir la croissance. On ne peut fermer le robinet budgétaire que si on laisse couler le robinet monétaire. 

Vous n’étiez pas pour le décollage de cet euro, mais maintenant qu’il est en vol, avez-vous dit, il faut tout faire pour qu’il ne s’écrase pas. A quelles conditions ?
Il faudrait un « atterrissage en douceur ». La sagesse voudrait que nous revenions à terme à un euro « monnaie commune ». L’euro resterait la devise commune de tous les pays européens qui le souhaitent : ceux de la zone euro mais d’autres aussi, qui se sont tenus jusqu’ici à l’écart. L’euro vaudrait dans les transactions internationales et les monnaies nationales recréées ne seraient convertibles qu’en euros. Ce SME bis permettrait, à travers des parités négociées, de tenir compte des écarts de compétitivité qui se sont creusés. Cela dit, un tel projet raisonnable est sans doute optimiste… 

La crise de l’euro peut s’expliquer par le fait que l’on a voulu politiser un outil économique – la monnaie – au mépris de la réalité des économies nationales. N’est-ce pas la même erreur que fait François Hollande en mettant en avant les Eurobonds, comme un élément de sortie de crise alors qu’ils impliquent un bond en avant fédéral, que la plupart des pays ne semblent pas décidés à accepter?
François Hollande a souhaité dépasser l’opposition du « oui » et du « non » (à Maastricht ou au TCE). Il faut convaincre les dirigeants européens que l’intérêt commun peut quelquefois consister à faire « marche arrière »… 

La marche arrière n’existe pas dans la mécanique européenne…
C’est peut-être le moment d’innover : quand on a raté une bifurcation (entre la monnaie unique et la monnaie commune, par exemple) il vaut mieux y revenir. Le « droit à l’erreur » existe. On ne fera avancer l’Europe qu’en partant des réalités, c’est-à-dire des nations elles-mêmes. C’est pourquoi je ne suis pas partisan qu’on mette à la porte ni la Grèce ni l’Espagne qui sont l’une et l’autre deux grandes nations auxquelles l’Europe doit beaucoup. A court terme nous devons trouver des solutions qui nous donnent du temps : celui d’une réflexion collective sur l’Europe que nous voulons faire. Celle-ci, au XXIe siècle, est nécessaire au regard de la nouvelle bipolarité du monde entre la Chine et les Etats-Unis. Mais nous la ferons avec les nations, à leur rythme, c’est-à-dire à géométrie variable, et en l’ouvrant largement vers l’Est et vers le Sud. Non, l’Europe ne doit pas disparaître mais elle doit être construite sur des bases réalistes pour ne pas devenir une nouvelle « prison » des peuples. 
(Entretien de J.P. Chevènement avec Philippe Cohen et Eric Conan pour Marianne, 16 juin 2012) 

vendredi 22 juin 2012

Etrépigny : le curé Meslier est de retour !

Réunis en assemblée générale pour le 348ème anniversaire de leur curé favori, les adhérents de l'association "Les Amis de Jean Meslier (1664-1729)" ont pris acte avec une très grande satisfaction du transfert du siège social de leur toute jeune structure à la mairie d'Etrepigny, la commune ardennaise où Meslier fut prêtre pendant 40 ans. En officialisant l'accord de son conseil municipal, le maire a ainsi permis à l’association de s’installer au ... numéro 1 de la place Meslier ! Une décision hautement symbolique qui va permettre à la structure d'engager une campagne de promotion auprès de tous les élus de la République afin de susciter une multiplication des rues, places et autres lieux publics portant le nom encore trop méconnu de Jean Meslier.

Favoriser la connaissance de la personnalité et de l'oeuvre de Jean Meslier, curé athée, matérialiste et considéré par beaucoup comme étant un des précurseur du communisme bien qu’ayant vécu sous le long règne de Louis XIV, est l'objectif principal de l'association. A l'heure de l'instrumentalisation politique des religions un peu partout à travers le monde, cela paraîtra à certains un combat d’arrière-garde perdu d’avance. Raison de plus pour le mener, avec l’espoir d’ouvrir les yeux aux quelques ceux qui ne sont pas encore aveuglés par les vents dominants et qui, comme nous, répondent résistance dès qu’on leur parle d’oppression !

Dans cet objectif, plus de 40 "mécréants" se sont réunis à Etrépigny le 15 juin, jour de la naissance du fameux curé, pour une balade sur le "chemin Meslier" qui relie cette commune à Elan en passant par Balaives, sa deuxième paroisse d’exercice. Chemin faisant, malgré les menaces d’orage, ils ont profité avec attention des commentaires historiques de Yvon Ancelin, la mémoire locale de Meslier, avant de pique-niquer à la nuit tombée à la chapelle Saint Roger, magnifique site où notre ecclésiastique aux idées bien trempées aimait se rendre pour réfléchir en toute tranquillité.  

Il reste maintenant à espérer que cette commémoration du 15 juin se pérennisera, ne serait-ce que pour maintenir dans les mémoires le propos de Meslier qui affirmait que "la religion est une vraie pépinière de fanatiques [...] le théâtre où ils jouent le mieux leurs personnages". C’est tout le mal que souhaite le MRC 08 à cette association que vous pouvez découvrir sur le très bon site internet www.jean-meslier.com

mardi 19 juin 2012

Le MRC fera entendre une voix responsable à l’Assemblée Nationale

"Les Français ont choisi clairement de donner au Président de la République François Hollande et au Gouvernement de Jean-Marc Ayrault les moyens de conduire les changements qu'appelle la situation du Pays. Le Mouvement Republicain et Citoyen (MRC) a apporté une contribution ferme et déterminée à cette victoire de la gauche. 

Avec trois députés, dont son Président Jean-Luc Laurent élu dans le Val de Marne, et ses deux Vice-présidents, Marie-François Bechtel élue dans l'Aisne et Christian Hutin réélu dans le Nord, le MRC fera entendre sa voix à l'Assemblée Nationale. Une voix responsable et argumentée pour mettre la gauche à la hauteur du défi que la France doit relever pour réorienter l'Europe. 


Je me félicite de l'excellente tenue de nos candidats dont plusieurs ne ratent l'élection que de quelques centaines de voix. Je déplore enfin que dans la 2ème circonscription du Territoire de Belfort, qui a longtemps été la mienne, une candidature dissidente et de mauvais reports de voix au 2nd tour aient permis à nouveau la réélection du député de droite". 
(communiqué de Jean-Pierre Chevènement, 18 juin 2012)

lundi 18 juin 2012

C'est beau la perspicacité !

Le chiffre du jour !

3 ! Au lendemain du deuxième tour des élections législatives qui s'est déroulé hier, c'est, pour le MRC 08, le chiffre qui mérite d'être retenu. Pourquoi ? D'abord, bien sûr, parce qu'il correspond au total des députés d'extrême-droite qui, par l'onction du suffrage universel direct, ont reçu le droit d'entrer par la grande porte dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, à savoir Gilbert Collard (2ème circonscription du Gard : 42,82 % des voix, ce qui lui permettra de "jouer les casse-couilles démocratiques" malgré le maintien in extremis pour "porter haut les valeurs de la République" du candidat UMP Etienne Mourrut), Marion Maréchal-Le Pen qui n'est autre que la petite-fille et la nièce de qui vous savez (3ème circonscription du Vaucluse : 42,09 % grâce au maintien contre les directives de ses instances nationales de la candidate PS Catherine Arkélovitch) et Jacques Bompard (4ème circonscription du Vaucluse : 58,77 % des voix grâce à son éloignement uniquement tactique du Front national).

Ensuite parce qu'il s'agit du nombre de très grandes personnalités politiques, c'est-à-dire de celles et de ceux qui figurent dans le cercle très restreint des candidats récents à l'élection présidentielle, qui ont été désavouées par le peuple souverain : Ségolène Royal, la parachutée de La Rochelle, qui a été sèchement battue par le disident socialiste local Olivier Falorni ; François Bayrou, qui n'a pas réussi à redresser une situation grandement compromise dans son fief béarnais et dont on voit mal comment il pourrait rebondir sur la scène nationale ; Marine Le Pen dont le cas est différent puisque, avec 49,89 % des voix, elle a presque atteint son pari de remporter la circonscription de Hénin-Beaumont et conforte ainsi ses ambitions pour l'avenir. Sans compter, même si rares sont ceux qui ont remarqué cette mini-révolution, qu'il s'agit du nombre de députés qui manquera au Front de gauche et à ses alliés d'outre-mer pour atteindre le seuil fatidique des 15 élus permettant la formation d'un groupe parlementaire.

Mais surtout, dans un esprit purement boutiquier, ce chiffre de 3 correspond pour nous au nombre de députés obtenus par le MRC alors que nous n'en avions qu'un seul dans la mandature précédente. Il s'agit de Jean-Luc Laurent, le président du MRC, qui a réussi l'exploit de l'emporter dans la 10ème circonscription du Val-de-Marne, c'est-à-dire dans celle qui était la plus anciennement détenue par le PCF et qui fut le fief de Maurice Thorez de 1932 à 1964 ; de Marie-Françoise Bechtel, la 2ème vice-présidente du MRC et par ailleurs ancienne directrice de l'ENA, qui l'a emporté avec 53,62 % des suffrages dans la 4ème circonscription de l'Aisne après avoir échappé aux multiples chausse-trapes qui lui avaient été tendus au premier tour par les représentants de plusieurs courant de gauche ; et bien sûr de Christian Hutin, le 1er vice-président du MRC et seul maire d'une ville de plus de 20.000 habitants à avoir été élu au 1er tour en 2008 avec 100 % des voix, qui a été brillamment réélu avec 64,73 % des suffrages dans la 13ème circonscription du Nord, malgré son redécoupage tout à fait pernicieux par le droite.

De quoi être satisfait, puisque non seulement la gauche républicaine sera mieux représentée à l'Assemblée Nationale, mais en plus elle aura son mot à dire étant donné qu'avec 280 députés, le PS ne dispose pas à lui tout seul de la majorité absolue, et qu'avec 343 élus, il manque 3 sièges à l'ensemble de la gauche pour atteindre le seuil des 3/5 permettant de modifier la Constitution. Un regret toutefois, l'échec de très peu de ... 3 autres candidats du MRC, à savoir Etienne Butzbach, Catherine Coutard et Julien Landfried qui ont obtenu respectivement 48,26 % des voix dans la 2ème circonscription du Territoire-de-Belfort, 49,19 % dans la 2ème de la Drôme et surtout 49,82 % dans la 13ème des Hauts-de-Seine, qui n'est autre que le fief de Patrick Devedjian !    

samedi 16 juin 2012

Aubrives : voilà le triste bilan de nos délégués communautaires en 2011 !

Depuis que j’ai été élu conseiller municipal d’Aubrives il y a maintenant plus de 4 ans, j’ai pu constater que les 2 délégués qui représentent la commune auprès de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse agissaient en leur nom propre, c'est-à-dire en prenant des positions dont ils ne rendaient jamais compte, et non pas en tant que représentant d’une assemblée élue par la population à laquelle ils expliquaient périodiquement leur action. Une aberration démocratique qui, m’a-t-on dit, ne date pas d’hier et ne se limite pas à Aubrives, mais dont il est impossible de se satisfaire lorsqu’on a un tant soit peu le sens de la responsabilité politique dans un régime républicain ! J’ai donc décidé, tel un bénédictin des temps anciens, de m’astreindre à consulter le volumineux recueil des actes administratifs mis tous les 6 mois à la disposition du public par la Communauté de communes et d’informer, par l’intermédiaire de ce modeste blog, les Aubrivois des prises de position et des votes de ceux qui ne sont que leurs délégués, à savoir le fameux duo de chasseurs de subventions constitué du tireur d’élite, Gilbert Leclercq, et de son rabatteur le plus fidèle, le toujours très libéral Fabien Prignon.

Jusqu’à présent, j’ai effectué ce travail d’information tous les semestres. Mais devant la maigreur de l’action de nos représentants, il m’a semblé qu’un compte-rendu annuel était largement suffisant. Qu’a donc fait notre redoutable duo de prétendants à l’argent communautaire en 2011 ? D’abord, il a été plus présent que les années précédentes puisque Gilbert Leclercq a assisté à 7 des 11 réunions du conseil communautaire et Fabien Prignon à 8. Une assiduité assez satisfaisante, du moins en apparence puisqu’aucun n’était présent à la réunion du 23 février qui était pourtant consacrée au débat d’orientation budgétaire, un sujet ô combien important. A noter que lors de leurs absences, nos délégués n’ont cédé leur place à leurs suppléantes, à savoir Maria-José Laurier et Peggy Bolotti, qu’une seule fois, préférant se donner mutuellement leur pouvoir, voire l’accorder à un délégué d’une autre commune comme l’a fait Fabien Prignon en faveur de René Liénard, représentant de la commune de Ham-sur-Meuse. Une attitude surprenante, mais qui en dit long sur la conception qu’a notre duo du mandat qui lui a été confié...

Passons maintenant à leurs actions ! Si on excepte la question posée le 19 janvier par Fabien Prignon pour savoir pourquoi la réouverture du parc TerrAltitude a été annoncée avant qu’elle n’ait été discutée, ce qui prouve qu’il n’a toujours pas compris le fonctionnement réel de notre intercommunalité, elles ont commencé seulement après que le printemps fut revenu. Ainsi, le 14 avril, nos 2 délégués se sont mêlés à la fronde d’une partie du conseil communautaire contre l’octroi d’une subvention au club nautique givetois, au prétexte qu’il s’agit d’une association communale et que la Communauté de communes ne dispose pas de la compétence d’aider des clubs sportifs. Une position en soi pas sotte, mais qui a été démontée par le président, Bernard Dekens, qui a eu beau jeu d’arguer qu’il s’agit de la seule association à rayonner sur tout le territoire communautaire, qui plus est en utilisant les 3 piscines qui sont des équipements communautaires. Dans la foulée, l’inénarrable Gilbert Leclercq, toujours à la recherche de financement pour son projet pharaonique de salle polyvalente, s’est fendu d’une sortie pour demander qu’aucune subvention ne soit demandée à la région pour la construction des 3 sites multi-accueil communautaires afin que l’enveloppe dédiée par la région aux communes du Parc Naturel Régional des Ardennes ne soit pas impactée. Des propos hallucinants qui ont amené Bernard Dekens à rappeler à notre bon maire à la mémoire bien courte qu’il était incohérent puisqu’il avait voté le plan de financement de ces structures le 3 novembre 2010...

La séance suivante, qui a eu lieu le 03 mai, a été l’occasion pour Gilbert Leclercq, visiblement en quête d’une revanche, de voter contre la modification de la fiscalité demandée par Bernard Dekens, qui avait pourtant expliqué qu’elle était due à la réforme de la fiscalité locale et qu’elle ne serait suivie par aucune autre jusqu’en 2014 au moins. En vain puisque cette position relevant de la plus pure démagogie est restée très minoritaire et à nouveau en toute incohérence puisque notre bon maire, visiblement à court de courage, s’est dans la foulée seulement abstenu sur le budget primitif qui avait pourtant été établi à partir de cette fiscalité en hausse ! Puis, cette poussée de fièvre printanière sans aucune efficacité a laissé la place à une longue léthargie estivale et automnale qui a duré jusqu’à la réunion qui s’est tenue le 30 novembre. A ce moment, Fabien Prignon est sorti de sa coquille pour s’opposer, lors du vote sur la recomposition du conseil de communauté, à la proposition de Fromelennes qui souhaitait abaisser à 1.000 le nombre d’habitants nécessaire pour qu’une commune puisse bénéficier de 3 délégués.

Enfin, lors de la séance du 29 décembre, notre Aubrivois en chef a eu une attitude ahurissante puisque, bien qu’absent à la réunion, il s’est permis d’intervenir par mail (non, non, vous ne vous trompez pas !) pour, d’une part affirmer que le problème des soins médicaux dans la Pointe méritait plus que l’investissement de quelques associations qui apprécieront sûrement ce manque de considération, et d’autre part prendre à nouveau le contre-pied de ce qu’il avait pourtant voté en remettant en cause la délibération demandant une subvention à l’Etat pour le réaménagement de l’ancien local de FTV à Vireux au profit des ambulances Coquet. De quoi donner des ailes à Fabien Prignon, son acolyte, qui est intervenu dans le débat sur le dossier Pointe EnR (dit aussi l’incinérateur) en affirmant qu’il valait mieux attendre l’avis de la commissaire enquêtrice avant d’émettre un avis. Une position plutôt encourageante, mais qui ne saurait faire oublier que le 14 avril 2011, il avait estimé que ce projet relevait d’une gestion intelligente de la biomasse comme source d’énergie renouvelable ! Les optimistes diront sûrement que ce n’est pas grave et que c’est la preuve que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, mais ceux qui comme moi le connaissent ne seront pas dupes et se rappelleront que lorsqu’on est une girouette, on va toujours dans le sens du vent...        

Au total, cette année 2011 a donc été marquée par une plus grande assiduité, ce qui est positif, mais aussi par des interventions déplacées, pour ne pas dire ridicules, et par une activité encore particulièrement limitée et toujours aussi inefficace. De quoi comprendre pourquoi notre commune est la risée des élus des communes voisines ! Un espoir cependant, 2012 pourra difficilement être une année plus médiocre.  
LB 

mercredi 13 juin 2012

dimanche 10 juin 2012

Législatives : les résultats du 1er tour dans les Ardennes

Le 1er tour des élections législatives a eu lieu aujourd'hui. Les résultats officiels dans les Ardennes sont maintenus connus. Les voilà en avant-première, avant même leur parution dans votre quotidien départemental :

1ère circonscription (Mézières-Rethel) :
 - Poletti (UMP) : 39,56 % (ballottage)
 - Ledoux (PS) : 33,83 %(ballottage)
 - Leclère (FN) : 16,76 %
 - Dalla Rosa (FdG) : 4,77 %
 - Dumont (EELV) : 1,89 %
 - Lauby Herber-Suffrin (MoDem): 1,85 %
 - Nouet (LO) : 0,51 %
 - Goulden (AEI) : 0,45 %
 - Gey (DVD) : 0,37 %

2ème circonscription (Charleville-Givet) :
 - Léonard (PS) : 30,41 % (ballottage)
 - Ravignon (UMP) : 29,80 % (ballottage)
 - Girard (FN) : 16,20 %
 - Vuilque (divers gauche) : 13,56 %
 - Leflon (FdG) : 5,50 %
 - Baumel (EELV) : 2,05 %
 - Sutter (NC) : 1,08 %
 - Takawé (LO) : 0,50 %
 - Pierrard (AEI) : 0,45 %
 - Combis (divers droite) : 0,44 %

3ème circonscription (Sedan-Vouziers) :
 - Warsmann (UMP) : 52,50 % (élu)
 - Fesseau (PS) : 29,38 %
 - Guilbert (FN) : 11,63 %
 - Moraine (FdG) : 3,40 %
 - Perrin (EELV) : 2,12 %
 - Bihin-Dury (AEI) : 0,49 %
 - Octave (LO) : 0,37 %
 - Trotin (divers) : 0,12 %

samedi 9 juin 2012

BHL pris en flagrant délit de manipulation de l'information !

(pour un meilleur décryptage de cette photo honteusement truquée, vous pouvez faire un clic gauche dessus)

jeudi 7 juin 2012

Aubrives : espérons que l'histoire ne se répétera pas !

Dans un vieux numéro de la revue Ardenne Wallonne, on trouve une copie du budget d’Aubrives pour 1804 et 1809. Dans les deux cas, que ce soit sous le Consulat ou sous le Premier Empire, la commune - qui ne comptait alors que 204 habitants - tirait le plus gros de ses revenus de la forêt. Ainsi, sur 1.826 francs des recettes de 1804, 1.600 provenaient de la vente du bois communal. Par contre, les dépenses étaient nettement plus variées, avec l’ameublement de l’église Saint Maurice pour 80 francs germinal, le logement du curé pour 60 francs, son traitement pour 300 francs (en sus des 1.000 définis par le Concordat de 1801 qui étaient versés par le gouvernement), les salaires du piéton appelé aussi facteur communal, du ramoneur, du greffier, et de l’instituteur pour respectivement 9 francs, 13 francs et 50 centimes, 24 francs et 36 francs. Sans compter le garde forestier qui recevait royalement ses 120 francs annuels, quand un ouvrier agricole touchait au mieux 40 francs pour l’ensemble de la saison, et les frais divers du conseil municipal constitués du maire Jean Guilmin, nommé par le baron Frain, et de messieurs Joris, Dinant, Piron, Bourlant, Lambert et Waslet, qui s’élevaient à 40 francs, soit environ ... 150 de nos euros actuels.  

Cinq ans plus tard, on peut remarquer que les dépenses des édiles avaient explosé puisqu’elles représentaient 56 francs. Mais comme il s’agissait encore de choses utiles au travail comme le bois, l’éclairage, l’encre, le papier et les plumes, cela n’avait rien de choquant, surtout en comparaison des 305.189 euros auxquelles se sont élevées les charges à caractère général de la commune pour l’année 2011 ! Par contre, un autre changement, beaucoup plus important celui-là, s’était produit. Alors que le budget de 1804 était excédentaire de 760 francs sur 1.826 francs de recettes, il était déficitaire en 1809 de 697 francs sur des recettes ramenées à seulement 732 francs. Un renversement complet de situation qui s’explique par le fait que quarante ans auparavant, la commune avait emprunté à une noble dame du Hainaut plus de 14.000 francs, puis avait "oublié" de les rembourser, pensant sans doute que le rattachement à la France en 1772 puis la Révolution rendaient cette dette caduque. C’était sans compter sur la persévérance des héritiers qui portèrent en 1807 l’affaire devant le Conseil d’Etat. Napoléon leur donna alors satisfaction en prenant un décret qui obligea la commune à s’acquitter de sa dette, au besoin en pratiquant une "retenue sur ses revenus provenant des coupes de bois". Un coup dur qui contraignit Aubrives à se serrer la ceinture pendant une bonne dizaine d’années…


Pourquoi ce rappel historique ? Tout simplement parce que la commune d’Aubrives a lancé le 24 mai un avis d’appel public à la concurrence afin de recruter des entreprises pour construire une salle polyvalente à vocation sportive et culturelle. Un projet totalement démesuré qui couvrira une surface de 1.814 m2 avec des gradins d’une capacité de 150 personnes et des installations permettant d’organiser des compétitions officielles dans plusieurs disciplines sportives. Une vraie folie pour un village qui ne compte plus que 879 habitants et qui ne possède comme organisation sportive qu’un club de football évoluant au plus bas niveau existant et une toute nouvelle association cycliste ! Pire, un engagement financier inconsidéré et irresponsable puisque son coût prévisionnel est de 2.741.504 euros qui devraient provenir pour une moitié de l’autofinancement communal et pour l’autre moitié soit de subventions, soit d’emprunts. En clair, comme la Communauté de communes et le Ministère de la jeunesse et des sports ont déjà fait savoir qu’ils ne mettront pas la main à la poche, que le Conseil régional et le Conseil général qui doivent faire face tous les deux à des situations financières très difficiles ne se montreront pas très généreux, et que l’Etat n’a accordé à ce jour qu’une subvention de 100.000 euros pour 2012, cette construction pharaonique nécessitera d’utiliser tous les moyens financiers de la commune et de souscrire des emprunts très importants.

De quoi endetter la commune pour de très longues années tout en s’interdisant de réaliser à court terme les travaux de voirie dont certaines parties du village ont incontestablement urgemment besoin. Pourtant, comme en 1809, il faudra bien s’acquitter de cette dette nouvelle ! Alors, pendant qu’il est encore temps, il serait souhaitable que ceux qui détiennent aujourd’hui les rênes de la municipalité se décident à réfléchir sérieusement aux conséquences pour nos enfants, qui seront les futurs contribuables de la commune, de leur folie dépensière dont je n’arrive pas à savoir si elle relève du besoin ostentatoire ou de l’incompétence financière...
LB