Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

dimanche 31 octobre 2010

Le chiffre du jour


15.000 euros ! D’après l’édition de "l’Ardennais" du 29 octobre, c’est la somme qui a été proposée par l’entreprise luxembourgeoise Malo Investissement pour obtenir la reprise d’Oxame, une usine revinoise de 48 salariés spécialisée dans la fabrication de baignoires en fonte, mise en liquidation judiciaire le 30 septembre. C’est aussi la somme proposée le même jour devant le même tribunal de commerce de Sedan par Arnaud Surply, le Pdg de la prospère entreprise rethéloise Arden Vérins (7 millions de chiffre d’affaires consolidé réalisés en 2009 par 100 personnes réparties sur 4 sites), pour obtenir la reprise de la Seroma, une usine bognysienne de 19 salariés spécialisée dans la mécanique générale, la mécano-soudure et l’usinage, mise en liquidation judiciaire exactement le même jour.

Que faut-il penser de ce montant ? A priori, qu’il est bien faible pour obtenir la propriété d’une entreprise puisque, même si elle est en grande difficulté et truffée de dettes, elle possède des éléments corporels et incorporels ainsi que des stocks et encours de production dont la valeur vénale est très supérieure. C’est en substance ce qu’ont dit les juges consulaires le 28 octobre à Arnaud Surply en affirmant que son offre était "très largement insuffisante" pour pouvoir lui accorder la reprise de la Seroma. Pourtant, le même jour, les mêmes personnes ont avalisé le rachat d’Oxame par Malo Investissement malgré, dixit l’administrateur judiciaire, "un prix de cession insuffisant".

Incompréhensible, n’est-ce pas, d’autant que le Pdg d’Arden vérins s’engageait à investir 195.000 euros pour moderniser l’outil de travail et 60.000 euros pour former pendant un mois les 12 salariés conservés dans l’entreprise à des techniques de fabrication nouvelles afin de préparer une diversification dans la conception de machines agricoles complexes ! A moins bien sûr que les juges consulaires aient estimé que les 300.000 euros d’aides publiques octroyés à part égale par l’Etat, le Conseil régional et le Conseil général à Malo Investissement pour sauver 30 emplois constituaient la garantie d’un succès assuré. Si tel était le cas, le MRC 08 ne saurait trop conseiller aux membres du tribunal de commerce de Sedan de méditer, entre autres, sur les précédents Lenoir et Mernier, Jayot, GTS Automotive ou encore "La Bohème"...

jeudi 28 octobre 2010

Retraites : 200 manifestants dans les rues de Givet !


En cette 7ème journée d'action contre le plan de "réforme" des retraites, la CGT et la CFDT avaient décidé de rompre avec une tradition départementale bien établie en organisant une manifestation en dehors du chef-lieu, à Givet. Comme prévu, le rassemblement a eu lieu à 10h00, afin de ne pas concurrencer inutilement le défilé carolomacérien, dans un lieu hautement symbolique des difficultés que connaît la ville : la place Sourdille, bordée d'un premier côté par l'ancienne clinique fermée depuis 2003, d'un deuxième côté par le fort de Charlemont abandonné par l'Etat l'an dernier et d'un troisième côté par l'ancienne caserne de gendarmerie laissée totalement à l'abandon. Après une prise de parole effectuée par 3 dirigeants syndicaux qui se sont efforcés de montrer l'iniquité d'une "réforme" qui réduit volontairement la pénibilité à l'invalidité, les quelques 200 personnes présentes ont formé un cortège qui a longé dans une ambiance bon enfant la Meuse, avant de rejoindre la place Méhul puis la place Carnot. Là, juste avant la dispersion, une impressionnante pétarade a eu lieu devant la mairie, dégageant une épaisse fumée qui a fait penser à tort à certains que l'incinérateur dont on commence à tant parler était déjà entré en activité...

mardi 26 octobre 2010

Retraites : la contestation s'étend dans les Ardennes !

A Givet, comme dans toutes les petites villes, on manifeste de temps en temps pour montrer son mécontentement face à des problèmes locaux : la fermeture du Centre d'entraînement commando, le détricotage progressif du lycée Vauban ou encore la liquidation d'une grosse usine. Par contre, on manifeste extrêmement rarement sur des thèmes nationaux puisque, de mémoire de syndicalistes, cela ne s'est produit qu'une seule fois depuis 1968 : c'était en 2006 pour dire non à la création du CPE. C'est dire si le défilé prévu après-demain, à 10h00 pour ne pas concurrencer la manifestation départementale qui partira à 14h00 du parc des expositions, est un évènement ! Pour les syndicats, c'est un gros risque puisqu'ils devront réunir au moins 250 personnes pour faire la preuve, d'une part de leur capacité de mobilisation, et d'autre part du maintien de l'opposition de la population locale à la contre-réforme voulue par le trio infernal Woerth-Fillon-Sarkozy. Mais c'est aussi la possibilité de frapper un grand coup s'ils réussissent à rassembler autant de monde, voire plus, que lors de la manifestation organisée par les élus pour la défense du CEC, soit au minimum 400 personnes. C'est pourquoi le MRC 08 appelle tous les habitants de la Pointe, quelles que soient leurs convictions politiques ou leur obédience syndicale, à participer à ce rassemblement qui commencera sur le parking de l'ancienne clinique et se terminera sur la place Carnot après une petite heure de défilé...

dimanche 24 octobre 2010

Givet : le projet d'incinérateur inquiète fortement nos voisins belges !


Ceux qui suivent avec attention l'actualité départementale savent qu'un projet de construction d'une usine dite de "valorisation thermique" de déchets de papeterie est actuellement en cours à Givet. Particulièrement important, puisque le chiffre de 120 millions d'euros d'investissement a été avancé dans la presse avec à la clé la création d'une trentaine d'emplois, il a suscité des craintes dans une partie de la population locale dont "l'Ardennais" et "la Semaine des Ardennes" se sont fait l'écho dans leurs éditions des 23/06/2010, 24/06/2010 et 17/10/2010. Ces craintes portent sur la santé des riverains et l'attractivité du territoire qui seront inévitablement impactés par la construction de ce qui n'est en fait qu'un incinérateur. Elles ont abouti à la mise en place d'un collectif citoyen qui s'appelle "Vigilance".

Dernièrement, ce projet a connu un coup d'accélérateur avec la délivrance par le maire de Givet du permis de construire demandé par les porteurs du projet. Le collectif "Vigilance" a donc décidé d'entrer dans une phase plus active. Cela s'est traduit par la diffusion d'un tract d'information dans la boîte aux lettres de tous les Givetois, ainsi que par la tenue d'une conférence de presse en Belgique qui a été largement relayée par 3 articles de la presse régionale ( Vers l'Avenir [édition de Beauraing] le 19/11 ; La Nouvelle Gazette le 20/11 ; Vers l'Avenir [édition de Philippeville] le 22/10 ) et par un article du grand quotidien national "Le Soir" en date du 22/10. Tous ces documents sont disponibles sur simple demande effectuée à cvigilance@laposte.net.

Parallèlement, prenant conscience des nuisances potentielles que pourrait engendrer la construction d'un tel incinérateur à quelques centaines de mètres seulement de leur frontière, le député fédéral belge écolo Georges Gilkinet et le député régional wallon écolo Patrick Dupriez ont publié un communiqué de presse le 21/10, dont le texte figure en intégralité ci-dessous ... de même que celui de la question écrite posée à Philippe Henry, ministre wallon de l'Environnement, de l'Aménagement du Territoire et de la Mobilité par Patrick Dupriez. Le projet de construction de cet incinérateur, que les élus locaux voulaient réaliser en catimini, est donc en train de prendre une dimension internationale. Ce n'est pas encore une affaire au sens courant du terme, mais il pourrait le devenir si l'opacité à laquelle le collectif "Vigilance" s'est heurté n'est pas levée au plus vite...


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mardi 19 octobre 2010

Retraites : la mobilisation ne faiblit pas à Charleville-Mézières !


Dans la série des actions contre la "réforme" des retraites qui a commencé le 07 septembre, c'était aujourd'hui le 6ème épisode ! Pour éviter la lassitude tout en attirant l'attention des médias, les excellents metteurs en scène que sont les membres de l'intersyndicale ardennaise devaient sortir de l'ordinaire. Ils ont donc décidé d'organiser un rassemblement au point le plus stratégique du chef-lieu du département, le pont des deux-villes, à l'heure la plus fréquentée, celle de la pause de midi ... puis ils ont fait passer le cortège sur l'axe le plus névralgique de la ville, la voie rapide, avant de rallier la Préfecture afin que le plus haut représentant de l'Etat dans le département puisse, des fenêtres de ses appartements, voir et entendre l'ampleur du mécontentement. Un joli scénario qui nécessitait cependant, sous peine de faire un bide, un nombre de figurants prêts à défiler pendant plusieurs kilomètres au moins aussi important que le 12 octobre. Heureusement, ce fut le cas puisque les manifestants, renforcés par les chauffeurs de bus de la TAC qui avaient consciencieusement aligné leur outil de travail le long de l'avenue De Gaulle, ont été peu ou prou aussi nombreux que la semaine précédente ! Ce sont donc à nouveau près de 10.000 personnes qui ont battu le pavé pour crier, malgré une présence policière plus importante et plus visible que lors des manifestations précédentes, leur opposition à la contre-réforme concoctée par un gouvernement qui décidément ne comprend rien au film qui lui est présenté. Pourtant, maintenant, il y a urgence, sauf à prendre volontairement le risque d'un dérapage dont personne ne peut dire sur quoi il pourrait déboucher...

Givet : quelques vérités sur le futur incinérateur dont certains rêvent !


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dimanche 17 octobre 2010

Retraites : 12 minutes édifiantes pour tailler en pièce le discours gouvernemental !


( Avec tous nos remerciements à Incultures 5 pour sa brillante démonstration)

samedi 16 octobre 2010

Retraites: appel à la grève générale reconductible dans les Ardennes


"L'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, CFE-CGC) des Ardennes a voté vendredi à Charleville-Mézières un appel à la grève générale reconductible à partir de lundi contre la réforme des retraites, a-t-on appris de sources syndicales.

Les syndicats ont lancé un appel à la "grève reconductible dans tous les secteurs d'activités", a déclaré à l'AFP Patrick Lattuada, secrétaire général de l'Union départementale CGT des Ardennes. "Pour l'instant il s'agit d'une initiative unique en France", a-t-il expliqué, soulignant que la dernière manifestation du 12 octobre avait atteint selon lui 10.000 personnes (7.000 selon la police), "des chiffres qu'on n'avait pas atteints depuis 1968". "La base, les salariés ardennais réclamaient ça", a-t-il ajouté, évoquant "un vrai ras-le-bol" et une "saturation" du fait que "le gouvernement ne prenne pas en compte les revendications et les attentes de la population".

"Pour nous c'était une démarche naturelle", a quant à elle déclaré Sylvie Cochard, secrétaire générale de la CFDT des Ardennes. "Certaines personnes ont fait grève depuis la dernière manifestation, (...) ne veulent pas s'arrêter là et ne veulent pas rester seules", a-t-elle ajouté.

Selon M. Lattuada, 250 à 300 syndicalistes du public et du privé se sont rassemblés à la maison des syndicats vendredi en assemblée générale. Cet appel doit être soumis aux salariés lors d'assemblées générales dès lundi matin, et une AG intersyndicale interprofessionnelle doit se réunir lundi soir afin de se prononcer sur la reconduction du mouvement. Les syndicats de l'usine PSA (Peugeot Citroën) de Charleville-Mézières, qui compte 2.300 à 2.500 salariés, doivent se réunir lundi matin, et devraient "probablement" décider de procéder à des débrayages, selon M. Lattuada."
(AFP 15 octobre 2010)

mardi 12 octobre 2010

Retraites : mobilisation record à Charleville-Mézières !


Pour le 4ème rassemblement organisé en à peine plus d'un mois contre la "réforme" des retraites, certains craignaient une baisse du nombre des manifestants. Ils ont eu tort puisque ce sont pratiquement 10.000 personnes qui ont défilé cet après-midi dans les rues du chef-lieu du département avec comme seul mot d'ordre le retrait du projet de loi Woerth ! Bien plus donc que les 8.000 qui avaient battu le 23 septembre le pavé, ou plutôt le macadam, de la voie rapide et presque le double de ceux qui avaient bravé la pluie le 07 septembre. Dans le cortège, il y avait bien sûr beaucoup de représentants des services publics et des entreprises assimilées, mais aussi un nombre important de salariés venus d'entreprises privées plus ou moins grandes ainsi que, fait nouveau, des lycéens dont la vitalité n'est pas passée inaperçue. Une fois n'est pas coutume, le défilé s'est achevé sur la place ducale où les dirigeants syndicaux ont brièvement pris la parole pour faire 3 annonces : un nouveau rassemblement aura lieu le 16 octobre, la formation rapide d'intersyndicales dans les différents lieux de travail est vivement souhaitée pour décider des suites à donner au mouvement ... et surtout les cheminots ainsi que les communaux de Charleville-Mézières ont décidé de poursuivre leur grève jusqu'à une date indéterminée. La grogne est donc en train de se radicaliser, au grand soulagement de ceux de plus en plus nombreux qui considèrent que les grèves ponctuelles à répétition manquent d'efficacité. Un vent mauvais semble sur le point de se lever, le gouvernement serait bien avisé de s'en rendre compte au plus vite avant que les choses ne dégénèrent...