Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

vendredi 17 septembre 2010

"La Bohème" fiche le camp des Ardennes en catimini !


Souvenez-vous le 06 juin 2009 ! Ce jour là avait eu lieu en grande pompe, sur le quai de l’île du Vieux-Moulin à Charleville-Mézières, le baptême par Catherine Squevin, directrice du comité départemental du tourisme, et par Benoît Huré, Président du Conseil général, du bateau-promenade "La Bohème". Cette ancienne péniche céréalière, construite en 1957 et réaménagée à grand frais par le restaurateur rémois Frédéric Colardelle, avait tout, disait-on alors en le pensant sûrement, pour valoriser l’atout numéro 1 du tourisme naturel dans le département : la Meuse.

Il est vrai qu’avec sa capacité de 130 places, sa salle de restaurant panoramique permettant de jouir du paysage en toute quiétude, sa piste de danse, sa boutique de souvenirs et son pont supérieur aménagé en terrasse, "la Bohème" n’avait rien à voir avec l’ancien bateau-promenade on ne peut plus classique de la RDTA qui avait dû arrêter ses croisières en 2005 pour cause de vétusté. Le succès paraissait donc garanti, à tel point que le Conseil général n’avait pas hésité à débourser une aide d’environ 300.000 euros, soit approximativement 30 % de l’investissement total, pour soutenir le porteur du projet et faciliter ainsi les 7 emplois qu’il envisageait de créer.

Hélas, malgré un démarrage supérieur aux prévisions avec plus de 6.000 clients accueillis pendant la 1ère saison, le soufflé est vite retombé. Pourquoi ? Certains diront que c’est dû au nombre trop limité de touristes dans les Ardennes qui ne permettrait pas de faire vivre un tel équipement. D’autres mettront en cause le gabarit hors cote de l’embarcation, notamment son tirant d’air de 4,40 mètres et sa longueur de 47 mètres qui ont rendu particulièrement délicates ses croisières sur la Meuse. Quoi qu’il en soit, "la Bohème" a dû se résoudre à passer l’essentiel de sa 2ème saison touristique amarrée au quai de Monthermé. Puis, dernièrement, elle a levé en toute discrétion l’ancre pour le port de Givet où elle se trouve actuellement avant, dit-on, de passer la frontière pour connaître une nouvelle vie dans la région bruxelloise.

Si cette information venait à être confirmée, ce serait une preuve supplémentaire, pour le MRC 08, que les discours enflammés de nos élus en faveur du tourisme relèvent plus de la méthode Coué que d’une analyse raisonnée de la situation de notre département. Pire, ce serait aussi la confirmation qu’une fois encore le Conseil général n’a pas pris toutes les précautions qui s’imposaient avant d’accorder une subvention conséquente. Par les temps qui courent, 300.000 euros, ce n’est pas rien ! S’ils ont été dépensés en pure perte, ce sera un véritable scandale qu’il faudra savoir rappeler en temps utiles à nos élus départementaux…


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