Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

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dimanche 23 septembre 2007

Offensive anti-sociale: la réaction s'organise

Après son élection au mois de mai et le renouvèlement de la majorité parlementaire de Droite en juin, le président Sarkozy n'a pas perdu de temps. Un gouvernement entièrement dévoué, à sa personne ou pour ceux de ses membres pêchés dans la Gauche molle à leurs propres intérêts, a été constitué et il a profité de l'habituelle trève estivale pour mener une politique de classe d'une ampleur rarement atteinte: en vrac, un paquet fiscal a multiplié les cadeaux aux favorisés de la fortune, allant jusqu'à vider de sa substance l'ISF et à rétablir de fait la non-imposition des héritages; une loi sur le pouvoir d'achat a défiscalisé les heures supplémentaires, ce qui permettra aux patrons de maintenir des salaires horaires bas et obligera les salariés à travailler davantage au détriment bien sûr des chômeurs et de leur propre vie de famille; le droit de grève a été remis en cause dans les transports publics avant de l'être assurément dans les autres domaines, ce qui privera les salariés d'un moyen de défense alors que les employeurs pourront en toute quiétude utiliser des menaces et des pressions diverses pour obtenir un recul des avantages sociaux.
Certains pensaient que la rentrée freinerait cette offensive anti-sociale. C'est le contraire qui s'est produit. Le gouvernement a confirmé son intention de supprimer 11.200 postes de fonctionnaires dans l'Education Nationale, essentiellement des enseignants. Il a adopté ce détestable amendement aux relents nauséabonds obligeant les candidats au regroupement familial à procéder à des test ADN. Il a persisté dans sa volonté initiale d'instaurer une franchise médicale qui créera de fait une médecine à 2 vitesses. Et ce n'est sans doute pas fini, les cartons élyséens regorgeant de projets de la même veine!
Pour ceux qui ont suivi avec attention la campagne présidentielle, cette politique douce aux puissants et dure aux faibles n'est pas une surprise. Nicolas Sarkozy était le candidat du grand capital, il ne fait que le confirmer. Mais une telle accumulation de mesures anti-sociales en si peu de temps, c'est du jamais vu. Trop, c'est trop, il est temps de réagir. 9 partis politiques de gauche se sont donc regroupés dans un comité dénommé "Riposte" et ont décidé de s'associer à la journée de protestation organisée par les syndicats le 29 septembre contre les franchises médicales. Le MRC fait bien entendu partie de ce comité et il veillera à ce que son action ne se limite pas à une simple protestation, mais aboutisse aussi à la proposition d'une vraie politique alternative.
Dans les Ardennes, malgré les statistiques officielles, la situation sociale ne s'améliore pas: le taux de chômage reste très élevé, le nombre de Rmiste augmente et les fermetures d'usines continuent, tout comme celles des services publics. Notre département est donc en première ligne de ceux qui pâtiront de la politique sarkozyste. Aussi, même si nous ne savons pas encore quelle forme exacte prendra la journée de protestation du 29 septembre, le MRC-08 s'y associera pleinement et il espère que ce sera l'occasion de mettre sur pied une structure départementale qui réunira toutes les forces de gauche pour opposer un front commun à la politique de régression de la Droite revancharde qui nous gouverne.

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