Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mardi 3 mars 2009

Européennes : le PS abat ses cartes !

Le week-end dernier, par 189 voix contre 14 et 18 abstentions, le Conseil National du PS a entériné la liste de ses candidats pour les élections européennes et adopté le texte programmatique "Donner une nouvelle direction à l'Europe". Considéré comme la consultation électorale la plus importante au monde par son nombre d'électeurs potentiels (plus de 360 millions!) après celles qui se déroulent en Inde, ces élections, qui ont lieu au suffrage universel direct tous les 5 ans depuis 1979 et qui en sont donc à leur 7ème édition, permettent aux 27 Etats membres de l'Union Européenne de désigner leurs représentants parmi les 736 députés constituant le Parlement Européen dont chacun sait qu'il siège à Strasbourg. Cette année, pour cause d'élargissement à la Roumanie et à la Bulgarie, la France élira 72 députés au lieu de 78 en 2004 et même 87 en 1999. Conformément aux textes en vigueur, si le décompte des voix et la communication des résultats auront lieu exactement au même moment dans les 27 Etats, chacun choisira au nom du respect de ses règles et coutumes le jour de son élection sur une période qui s'étalera du jeudi 12 juin au dimanche 14 juin à 22 heures. Dans le même état d'esprit consistant à ménager la chèvre et le chou, c'est à dire la volonté des autorités européennes d'uniformiser le scrutin sans brusquer les Etats qui tiennent encore à leur souveraineté, si les députés seront tous élus au scrutin de liste avec représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, sans panachage et à un seul tour, chaque Etat choisira le cadre dans lequel ce scrutin aura lieu : circonscriptions régionales ou interrégionales, circonscription unique correspondant à l'ensemble du pays ou système mixte.

En France, depuis 2004, on est passé d'une élection nationale à une élection dans le cadre de 8 grandes régions. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Officiellement, c'est pour contribuer à l'ancrage territorial des élus et à leur rapprochement avec les citoyens, ainsi que pour garantir la représentation des différents territoires constituant notre pays. Des objectifs fort louables donc, mais qui n'ont pas convaincu les Français puisqu'ils n'ont été que 43,1 % à aller voter en 2004 contre 54,5 % au niveau européen et qu'ils ne connaissent toujours pas aujourd'hui le nom des eurodéputés de la circonscription dans laquelle ils vivent. Cette dénationalisation du scrutin cache par conséquent des buts officieux qui sont, d'une part d'accoutumer progressivement les Français à l'effacement du cadre national, et d'autre part de donner une prime aux grands partis : dans les régions n'ayant que peu de sièges (comme l'ensemble constitué du Limousin, du Centre et de l'Auvergne qui n'a droit qu'à 5 députés), même s'il ne faut théoriquement que 5 % des voix pour obtenir des élus, il est évident qu'une liste réalisant 10 % peut très bien n'obtenir aucun député! Une manipulation électorale donc, concoctée sur mesure par les dirigeants de l'UMP pendant l'ère Chirac avec la bénédiction du PS pour diminuer les élus des petits partis comme l'ensemble LO-LCR ou encore CPNT qui avaient eu l'outrecuidance d'obtenir chacun 5 eurodéputés en 1999. Les électeurs et les électrices ardennais voteront donc le 14 juin dans le cadre de la "région est" qui rassemble les 18 départements de l'Alsace, de la Bourgogne, de la Champagne-Ardenne, de la Franche Comté et de la Lorraine.

Cette "région est" ayant droit à 9 élus, le PS a désigné pour défendre ses couleurs la liste suivante : Catherine Trautmann (député européenne sortante, ancienne maire de Strasbourg et ex ministre de la culture), Liem Huang Gnoc (délégué national à l'économie parachuté sur un siège gagné d'avance), Aurélie Philippetti (députée de la Moselle et porte-parole du PS à l'Assemblée nationale, sensée incarner grâce à ses 36 ans un rajeunissement), Mustapha Sadni (économiste à l'ONU destiné à montrer l'ouverture vers les "minorités visibles"), Catherine Boursier (députée européenne sortante depuis la démission de la nouvelle maire de Reims, Adeline Hazan), Pierre Pribetich (adjoint à l'environnement et à la politique de la ville à Dijon), Françoise Tenenbaum (députée européenne sortante et sure d'être sortie), Eric Loiselet (1er secrétaire fédéral de la Haute Marne) et Sofia Otokoré (vice-présidente du conseil régional de Bourgogne et membre du Bureau national du PS). La région Champagne-Ardenne n'aura donc droit qu'à un seul prétendant, en position non éligible, et le département des Ardennes, qui avait pourtant proposé 4 candidats, à aucun! Est-ce à dire que la rue de Solférino considère sans intérêt les socialistes ardennais ? Pas exactement, puisque Claudine Ledoux, maire de Charleville-Mézières, et Christophe Léonard, nouveau conseiller général de Charleville-centre, bénéficieront de strapontins de consolation en figurant respectivement à la 4ème et à la 5ème place de la liste des suppléants. Quant à Joël Dujeux, président du bien connu Football Club de Flohimont et secrétaire de la section de la section socialiste de Givet, à la surprise générale et au grand dam des habitants de la Pointe des Ardennes, il n'a pas été retenu ... mais cette "erreur" de casting a encore une petite chance d'être réparée puisque les adhérents se prononceront le 12 mars sur la liste établie par leurs instances nationales.

2 commentaires:

arduinna a dit…

Les Ardennes n'ont pas de représentants sur la liste des socialistes, c'est normal quand on voit leur médiocrité. Comment est-ce qu'ils pourraient rivaliser avec un économiste à l'onu ou avec la maire de Strasbourg? Mais après tout, c'est peut etre une bonne nouvelle pour nous. Maintenant qu'ils ont fini de rêver à un grand destin européen, ils vont peut etre s'occupêr plus de nos problèmes

titi a dit…

le 12 mars, c'est le jour où le tribunal de commerce de Sedan va prononcer la liquidation judiciaire de France Ardennes aluminium et peut etre de la MIG. C'est donc un mauvais jour pour les Ardennes et si j'étais à la place de ce pauvre Monsieur Dujeux, j'espererais pas grand chose.