Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

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lundi 30 août 2010

Raguet : l'épilogue est proche !


Spécialisée dans la fabrication en sous-traitance de pièces de sécurité pour la SNCF et les constructeurs de poids lourds, l'entreprise Raguet, véritable institution industrielle de la vallée de la Meuse installée dans 2 usines situées à Monthermé et à Bogny-sur-Meuse, a connu un bien triste 130ème anniversaire puisqu'elle a été placée le 05 février 2009 en redressement judiciaire. Les raisons de ce dépôt de bilan ? La crise économique mondiale bien sûr dont le MRC 08 constate les dégâts croissants sur le tissu industriel des Ardennes, mais aussi la vétusté de son parc de machines et des soucis criants de trésorerie. La 1ère période d'observation n'ayant pas permis de redresser la barre, l'entreprise n'a eu d'autre choix en octobre, pour bénéficier d'un sursis de quelques mois, que de licencier 65 de ses 189 salariés et de se lancer à la quête du Graal : un repreneur financièrement solide et désireux de maintenir sur place une activité industrielle digne de ce nom !

Si l'on excepte le groupe Azimuth qui a retiré son offre à la fin du mois de juin, 3 sociétés ont fait acte de candidature auprès du tribunal de commerce : Farinia, 1er forgeron français avec 9 sites de production et 1.100 salariés, qui envisage d'abandonner l'usine de Monthermé tout en sécurisant celle de Bogny-sur-Meuse grâce à l'installation d'un pôle d'excellence en matière d'usinage qui permettrait le maintien de 25 emplois ; Forgex France, une entreprise haut-marnaise spécialisée dans la forge et l'estampage d'acier et de métaux, qui prévoit de sauvegarder 85 emplois à condition que les contrats de travail soient considérablement revus, qu'une partie des machines et 6 salariés soient transférés dans son usine de Nogent et que la direction actuelle reste en place ; JM Arden Invest, une petite société dirigée par un ancien directeur administratif et financier de Raguet, qui souhaite reprendre uniquement l'atelier de colliers d'adduction d'eau et ses 6 salariés.

Logiquement, l'offre de Forgex France, qui est de loin la mieux disante en matière d'emploi, a été privilégiée par les pouvoirs publics. Mais elle a divisé les salariés et leurs représentants ! Pourquoi ? D'abord parce qu'elle émane d'une société qui est elle-même en redressement judiciaire depuis 2007. Ensuite parce que Forgex France n'a connu aucun exercice complet excédentaire depuis 2004. Enfin et surtout parce qu'elle est de loin la moins disante en matière sociale puisqu'elle prévoit la suppression de 5 primes, le calcul de la rémunération sur 151,67 heures au lieu de 169 et un gel des salaires pour 2 ans. Un vrai carnage social que les salariés, consultés pendant le mois d'août, viennent de rejeter à une très large majorité ! Le mot de la fin reviendra donc, dans quelques jours seulement, au tribunal de commerce de Sedan qui aura à choisir entre la liquidation pure et simple et le transfert de la totalité de l'actif à un repreneur qui ne maintiendra qu'une petite minorité des emplois...

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