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mercredi 1 février 2012

Givet : la commissaire-enquêtrice a rendu un avis très réservé sur le projet d’incinérateur !

Après l’enquête publique sur le projet d’incinérateur qui s’est déroulée du 07 novembre au 17 décembre 2011, soit pendant une durée exceptionnellement longue de 41 jours afin de prendre en compte la forte mobilisation du public, l’avis de la commissaire-enquêtrice était attendu avec une grande impatience ! Initialement prévu pour être rendu le 20 janvier, il a été finalement déposé sur le bureau du Préfet le 26 janvier et depuis hier, il est consultable sur le site en ligne de la préfecture des Ardennes. Constitué d’un rapport circonstancié de 34 pages, dont les 25 premières se limitent à un simple rappel des grandes lignes du projet et à la description de l’organisation et du déroulement de l’enquête, de conclusions motivées de 11 pages et de nombreuses annexes dont la plus intéressante est le procès-verbal des observations associé au mémoire en réponse du porteur du projet, il est comme il se doit pour ce genre de document sans la moindre complaisance.

Tous les protagonistes sont passés à la moulinette de la critique ! Les opposants au projet, bien sûr, auxquels il est reproché de ne pas avoir parfaitement respecté la démocratie, en étant venus aux réunions publiques pour les perturber, et d’avoir instrumentalisé l’enquête à des fins idéologiques et/ou politiciennes. Mais aussi le président de l’association Vigilance-Givet, Joël Dujeux, qui est présenté justement, mais pas innocemment, comme étant déjà candidat pour les élections municipales de 2014 à Givet. Sans oublier le porteur du projet qui aurait cumulé les insuffisances, par exemple en ne démontrant pas la fiabilité de la valorisation agricole envisagée, et les élus à qui il est rappelé qu’ils auraient dû organiser en amont une consultation avec la population et les associations pour créer un climat plus apaisé. Enfin, même si la démocratie n’y trouve pas son compte, la presse locale en prend pour son grade puisqu’elle est montrée du doigt pour avoir relayé "quasi quotidiennement et parfois de façon peu objective" les évènements qui se sont déroulés.

Mais l’essentiel n’est pas là, il se trouve dans l’avis formulé par la commissaire-enquêtrice après avoir pris connaissance, d’une part des 1.347 remarques laissées par les 643 personnes qui se sont exprimées par l’intermédiaire du registre d’enquête publique - soit directement par écrit, soit en déposant un courrier ou une lettre-pétition - et d’autre part des propos qui lui ont été tenus lors des diverses réunions qu’elle a organisées. Un avis qui refuse d’être "un point de vue idéaliste sur ce type de création de site industriel" mais qui se veut "pondéré et réaliste". Par conséquent, il est "réservé", ce qui réglementairement se formule de la façon suivante : "avis favorable assorti de conditions suspensives" qui devront impérativement être levées, faute de quoi l’avis deviendrait automatiquement défavorable ! Un oui si donc, un oui très conditionnel puisque les conditions suspensives sont tout de même au nombre de 26...

Parmi elles, certaines sont de simples formalités, comme l’engagement écrit de ne jamais faire fonctionner l’unité Bioénergie Val de Meuse sans utiliser de filtres, ce qui devrait réjouir le porteur de projet auquel tout espoir n’a pas été enlevé. Mais ce n’est pas le cas de toutes les mesures imposées par la commissaire-enquêtrice, à commencer par les obligations de lever toutes les réserves émises par l’autorité environnementale dans son avis du 31 août 2011 et de lancer une tierce expertise par un cabinet d’experts accepté au préalable par le Préfet. De quoi ragaillardir les opposants au projet, d’autant que les contrôles devront être nettement plus importants que ceux initialement envisagés, avec notamment la mise en place à proximité du site d’une centrale de contrôle de la qualité de l’air et d’un réseau de 3 stations de collecte des poussières. Pour le MRC 08, les jeux ne sont donc pas encore faits et même si la construction de l’incinérateur sera beaucoup plus difficile que certains l’espéraient dans un passé récent, elle est encore possible. Par conséquent, il ne faut surtout pas baisser la garde...    

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