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Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

dimanche 29 novembre 2009

Aubrives : l'exécutif municipal perd les pédales !


Lundi dernier, un événement rare a eu lieu à Aubrives : une réunion du Conseil municipal ! Pensez-donc, cela faisait 101 jours qu'il n'y en avait pas eu, ce qui en dit long sur les conceptions démocratiques de celui qui a le pouvoir de convoquer une telle réunion, à savoir le maire, Gilbert Leclercq, qui préfère visiblement les décisions d'alcôve et les jeux de coulisse au débat public. Heureusement, la loi ayant anticipé ce genre de dérive, elle a fixé des garde-fous (expression à prendre uniquement dans son acceptation première, bien sûr) en imposant au minimum une réunion par trimestre. Les Aubrivois(es) intéressé(e)s par la gestion des affaires communales ont donc pu, enfin, savoir l'usage qui a été fait de leurs deniers et prendre connaissance des projets envisagés pour le futur. Et visiblement, l'attente était forte puisque la réunion a été suivie avec un grand intérêt par 16 personnes, un chiffre tout à fait inhabituel, y compris pour des communes beaucoup plus peuplées.

Que faut-il retenir de cette séance du Conseil municipal ? Tout d'abord, qu'elle a commencé par un embrouillamini digne des plus belles républiques bananières, pour ne pas dire des régions reculées de l'intérieur sicilien ou albanais, puisque 2 élus présents, à savoir Gianmarco Burniat et Maria-José Laurier, ont présenté chacun un pouvoir leur donnant le droit d'agir au nom ... du même conseiller municipal absent, Julien Godart. 2 pouvoirs pour représenter le même élu, il n'y a pas besoin d'avoir fréquenté Sciences Po pour comprendre que ça en fait un de trop. Chacun étant convaincu de son bon droit, le ton est monté très vite, une vérification des signatures a eu lieu et il a été jugé préférable d'annuler les 2 pouvoirs. Sage décision à mon humble avis, mais qui en dit long, très long, extrêmement long sur la fébrilité de l'exécutif municipal qui commence à sentir le sol se dérober sous ses pieds !

Le ton étant donné, les premiers sujets inscrits à l'ordre du jour ont été débattus dans une ambiance électrique, avec notamment une attaque en règle par Modeste Miscoria de l'adjoint en charge des travaux, Gianmarco Burniat, auquel il a reproché à juste titre de proposer de réaliser un aménagement sans s'être au préalable rendu sur le terrain et avoir procédé à l'établissement d'un devis estimatif. Il a ensuite été question du non-renouvellement au 30 juin 2010 du bail du logement communal occupé depuis 1987 par les époux Cecchi, au prétexte officiel que leur situation aurait changé (plus d'enfants à charge, ai-je entendu, ce qui est vrai mais loin d'être nouveau) et au prétexte officieux - tout le monde l'aura compris - de ne plus avoir dans la mairie de locataires susceptibles de voir ou d'entendre des choses que certains préfèrent garder confidentielles. D'après certains, il s'agirait même d'un règlement de compte post-électoral par parents interposés. Sans me prononcer sur ces allégations, ce projet m'est apparu inacceptable, étant donné l'âge de Monsieur Cecchi (70 ans en avril prochain) et l'état de santé de son épouse (invalidité reconnue aux 2/3). J'ai donc détaillé avec force à l'ensemble du Conseil municipal, documents à l'appui, les protections offertes par la loi du 06 juillet 1989 aux locataires ayant atteint l'âge de 70 ans et ne dépassant pas un certain niveau de revenu. Apparemment, ce rappel à la loi a été convaincant puisque le projet a été retiré, ce qui n'a pas empêché, hélas, notre brave maire d'importuner 4 jours plus tard René Cecchi en ironisant sur son incapacité supposée à monter les marches menant à son appartement !

La suite de la séance a été beaucoup plus calme, sauf pour 2 sujets qui ont fait l'objet de débats animés. Le 1er a été la répartition pour 2009 du Fonds Départemental de Péréquation de la Taxe Professionnelle, qui prévoit d'attribuer à notre commune 299.620 euros contre 328.847 en 2008. Une baisse conséquente donc, qui n'est pas sans influence sur les finances municipales, mais que le Conseil général justifie par la diminution du nombre de salariés d'EDF Chooz domiciliés à Aubrives, par la baisse de la population de la commune et par l'augmentation de notre potentiel fiscal par habitant. Il faut reconnaître que cette argumentation est cohérente, mais elle n'a pas convaincu Gilbert Leclercq qui souhaite que les 5 salariés d'EDF travaillant à Chooz A soient pris en compte dans les calculs du Conseil général. Un débat s'est donc engagé, au cours duquel j'ai fait valoir que la centrale de Chooz A ne participe pas au financement du FDPTP puisqu'elle est en cours de démantèlement, que les agents d'EDF y travaillant n'avaient pas été pris en compte en 2008 sans que cela ne provoque la moindre réaction de notre part (cela s'appelle un précédent !) et surtout qu'un refus de la répartition proposée entraînerait le blocage des sommes issues du FDPTP pour les 9 autres communes concernées, ce qui me parait très maladroit. Il m'a été rétorqué que c'était une façon de montrer que l'on existe et que la commune, dont je rappelle que l'exécutif municipal ne cesse de clamer qu'elle est surendettée, n'avait pas besoin de cette somme dans l'immédiat ! La décision a donc été prise de refuser le montant proposé. Par souci de responsabilité, j'ai néanmoins voté contre ce refus, que je juge dangereux et aléatoire en terme de résultat, tout en espérant sincèrement que les faits me donneront tort.

Le 2ème sujet animé a été le versement par la mairie au Centre Communal d'Actions Sociales d'une participation financière de 4 euros par enfant et par jour pour les familles ne bénéficiant pas de bons CAF mais envoyant leur progéniture à l'ALSH , ainsi que d'une somme de 6.940 euros pour le camp de vacances organisé à destination des enfants ayant participé au chantier jeunes de cet été. Sur le 1er point, j'ai fait valoir que je ne comprenais pas qu'un CCAS puisse aider financièrement des familles dépassant les seuils fixés par les organismes sociaux nationaux : je suis pour une politique sociale, à condition qu'elle profite à ceux qui en ont réellement besoin ! Sur le 2ème point, j'ai fait remarquer que 6.940 euros pour 14 participants auraient permis d'aller bien au-delà de la côte Atlantique et que le nombre d'accompagnateurs, 3 auxquels il faut ajouter 2 autres personnes du Centre social Le Lien passant tout à fait par hasard (!!!) leurs vacances à proximité immédiate du camping où se trouvaient les jeunes Aubrivois, me paraissait aberrant. Il a été convenu d'améliorer l'ensemble du dispositif l'an prochain, ce qui est une très bonne chose, tout comme la décision d'améliorer la sécurité de la route des Rouges Terres en y installant un éclairage public, celle de refaire le lettrage du monument aux morts ou encore celle d'étendre le service d'accueil périscolaire au mercredi.

Au total, cette séance du Conseil municipal, sans avoir été totalement négative, aura démontré que l'exécutif municipal a un besoin urgent de clarifier certaines de ses positions, notamment dans le domaine social, qu'il doit revoir sa philosophie afin de chercher à améliorer la vie de la population et qu'il devra s'habituer à s'appuyer sur une majorité municipale de plus en plus ténue.
LB

5 commentaires:

vigie08 a dit…

un embrouillammini, ben voyons, il vaudrait mieux dire que c'est une magouille. D'ailleurs, c'est pas la premiere ni la derniere. Vous avez qu'a ecouter ce qu'on dit dans le village et vous ensaurez beaucoup plus

julie a dit…

Enfin des nouvelles de notre cher conseil municipal. Apparemment, ça ne s'ameliore pas. Après les indemnités pour les conseillers et le champagne qui coule à flot, c'est au tour de ceux qui n'en ont pas besoin d'etre aider par la commune. De mieux en mieux, on voit maintenant à quoi sert nos impots

charlemont a dit…

Bon, ça pourrait être pire, les maires pourraient être nommés à vie. Horresco referens. Vive la démocratie et les électeurs régulièrement convoqués aux urnes !

charlemont a dit…

Bon, ça pourrait être pire, les maires pourraient être nommés à vie. Horresco referens. Vive la démocratie et les électeurs régulièrement convoqués aux urnes !

Ophélie a dit…

Il ne manquerait plus que ça... Je crois très sincèrement que des tentatives d'attentat seraient belles et bien présentes et surtout justifiées dans certains cas!