Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

lundi 21 juin 2010

Chevènement et le gaullisme : "Il reste aujourd’hui un réflexe républicain"


70 ans après l’appel du 18 Juin et alors que Dominique de Villepin vient de créer un nouveau mouvement, "la France solidaire", pour tenter de réunir tous ceux qui se reconnaissent dans le gaullisme, quel est l’héritage du général de Gaulle ? Voilà la réponse de Jean-Pierre Chevènement, l’une des personnalités représentant le mieux le gaullisme selon un récent sondage, faite le 19 juin dans un entretien accordé à Céline Mazeau pour le journal "Le pays" :

Le Pays : Qu’est-ce que le gaullisme selon vous ?
Jean-Pierre Chevènement : Je connais le général de Gaulle. Je ne connais pas le gaullisme. Le général de Gaulle a assumé la France dans la période la plus tragique de notre histoire après un désastre militaire sans précédent sanctionnant la faillite de toutes les élites d’avant guerre (État-major des armées, Haute Banque, Comité des Forges), sans parler évidemment des hommes politiques qui ont préparé non pas la guerre de 1939-1945 mais la précédente. En fait, les élites françaises ne voulaient pas d’une guerre avec l’Allemagne de Hitler. Elles souhaitaient par anticommunisme que celui-ci attaque l’URSS. Politique myope ! D’où Munich, l’abandon de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, la drôle de guerre, et surtout l’esprit de capitulation présent dès les premiers jours de l’attaque allemande.
De Gaulle a pensé à l’avance la révolution stratégique des chars. Il a surtout eu d’emblée une vision mondiale du conflit. Il a rendu un service éminent à la France en la maintenant dans le combat. Nous lui devons beaucoup.

Si l’on en croit un sondage Ifop, le gaullisme est pour une majorité de Français un courant d’idées périmé.
Le gaullisme est divers : il y a celui des Français libres, celui de la Libération, celui du RPF, celui de la Ve République à ses débuts. Il reste aujourd’hui un réflexe républicain qui allie étroitement le souci de la démocratie et celui de l’indépendance nationale. Ce réflexe n’a rien de périmé. Si une majorité de Français considèrent que l’indépendance de la France et la démocratie sont périmées, je ne suis pas d’accord avec eux. Mais ce n’est pas ce que les Français pensent, ils l’ont montré le 29 mai 2005, en rejetant le projet de constitution européenne.

Toujours selon ce sondage, vous êtes l’un des hommes politiques actuels représentant le mieux les idées gaullistes, devant Nicolas Sarkozy.
Il n’est pas douteux que j’incarne mieux que Nicolas Sarkozy et l’UMP le souci de l’indépendance nationale et de la démocratie, même si je ne me range pas parmi les "anti-sarkozystes primaires". Bref je suis un républicain et j’admire le général de Gaulle qui, en juin 1940, a incarné la République, c’est-à-dire l’intérêt supérieur du pays.

2 commentaires:

arduinna a dit…

Chevènement et De Villepin, même combat ?

mrc-08 a dit…

Même vision de la place de la France dans le monde, peut-être, mais de là à dire qu'ils sont sur la même longueur d'onde pour ce qui concerne la politique intérieure, et notamment les questions sociales, il y a un pas qu'il ne faut tout de même pas franchir.