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vendredi 8 juillet 2011

Vouziers : l’intérêt général commande de sauver AMI !

Successeur le 22 novembre 2007 de la Semiac devenue Valfond puis APM Group, avec à chaque changement de dénomination une coupe claire dans les effectifs des salariés, Ardennes Machining Industries, plus connue sous ses initiales AMI, est encore avec ses 100 emplois en CDI et ses 30 en intérim le 2ème employeur de la ville de Vouziers et son 1er employeur privé. Dirigée d’une main de maitre par Jean-Michel Lessire, le directeur général  des Ateliers des Janves à Bogny-sur Meuse, qui n’a pas hésité à investir plus de 3,5 millions d’euros en 3 ans dans des machines spéciales pour l’usinage de bielles, l’entreprise moribonde lors de sa reprise a réussi à repartir sur de bons rails, au point de voir son chiffre d’affaires progresser continuellement et d’être capable depuis décembre 2008 de verser une participation à ses salariés. De quoi aborder l’avenir avec sérénité, sauf qu’une menace extrêmement grave, une véritable épée de Damoclès, se trouve au-dessus de la tête d’AMI et de ses salariés : le risque d’être expulsés des locaux qu’ils occupent sur la zone du Blanc-Mont !

Incompréhensible de prime abord, cette situation trouve son origine dans la cession gratuite en 2003 ou 2004 des bâtiments qui posent aujourd’hui problème par APM-Vouziers à APM-Clermont afin de venir en aide à cette société-sœur en difficulté en lui versant un loyer. Ces 2 entreprises appartenant au même groupe, cette cuisine interne est passée comme une lettre à la poste. Mais, lorsque APM Group a mis la clé sous la porte en septembre 2007, le repreneur du site vouzinois s’est retrouvé dans l’impossibilité d’acquérir les locaux qui devaient, comme les autres actifs d’APM, être liquidés afin de rembourser ses créanciers. Pour faire face à cette difficulté, un bail précaire de 18 mois a été signé et 150.000 euros ont été versés par Jean-Michel Lessire sur un compte bloqué de façon à racheter le bâtiment, évalué à 130.000 euros par le service des Domaines, lors de sa mise en vente par liquidation. Une solution pleine de bon sens qui ne devait a priori poser aucun problème puisque AMI était la seule candidate à l’achat du bâtiment qu’elle occupait et qu’elle disposait des moyens financiers nécessaires.

Seulement voilà, ce bail précaire s’est achevé le 24 mai 2009 et le mandataire-liquidateur, un parisien visiblement peu au fait de la réalité économique locale répondant au nom de Patrick Legras de Grancourt, s’est mis en tête de procéder à une vente aux enchères publiques du bien immeuble libre de toute occupation avec un prix de départ de 500.000 euros et l’espoir non caché d’en obtenir au final au moins 820.000. Trop cher, beaucoup trop cher pour AMI contre laquelle le liquidateur a demandé une expulsion par la force publique ! Ce sont donc 130 emplois qui sont menacés sinon de disparition, du moins de délocalisation sur la zone industrielle de Donchery et le risque de voir une friche industrielle défigurer la cité de Taine. Inacceptable pour le conseil municipal qui a décidé le 12 mai dernier de faire une proposition d’acquisition amiable au prix de 500.001 euros qui a été rejetée le 26 mai par l’intraitable Maître Legras de Grancourt. Ce refus aurait pu décourager la municipalité, mais il a eu l’effet inverse puisque les élus viennent de passer à la vitesse supérieure en demandant au Préfet d’autoriser une procédure d’expulsion de l’actuel propriétaire pour cause d’utilité publique.

Cette mesure radicale choquera certainement les ayatollahs du libéralisme à tous crins, mais pas le MRC 08 qui la soutient sans réserve, d’autant qu’elle a pour objectif essentiel de gagner du temps afin de permettre de nouvelles négociations avec le liquidateur en étant cette fois-ci en position de force puisque le sous-préfet, après avoir refusé de procéder à l’expulsion par la force publique des salariés, a déjà fait savoir qu’il fera tout pour rendre possible la procédure d’expropriation. De quoi ramener à la raison, espérons-le, Patrick Legras de Grancourt dont l’inflexibilité coupable, socialement du moins, commence à en énerver plus d’un et ne lui vaudra pas que des AMIs dans le département...  

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