Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mercredi 4 juillet 2012

Un poète professeur à Givet !

Ce n’est un secret pour personne que l’horizon du lycée Vauban de Givet s’obscurcit de plus en plus ! Une preuve ?  Il faut maintenant beaucoup chercher avant de trouver un(e) local(e) qui accepte de parier un kopeck sur sa survie à moyen terme. Pourtant, cet établissement, qui contribue à un aménagement harmonieux et équilibré du territoire, ne démérite pas, comme l’a montré le dernier classement des lycées réalisé il y a quelques mois par le magazine L’Express. En plus, il fait partie intégrante du patrimoine givetois puisque ses premiers bâtiments ont été construits à l’emplacement d’une Ecole Primaire Supérieure - créée elle-même en 1881 sur les lieux où se trouvait auparavant une simple école primaire - qui préparait les élèves de la Communale ayant réussi le Certificat d’Etudes au Brevet élémentaire et au Brevet supérieur qui constituaient à l’époque une des rares possibilités d’ascension sociale pour les fils et les filles de la classe ouvrière.

Un petit retour en arrière montre d’ailleurs que cet ancien établissement eut la chance de compter parmi ses enseignants pendant l’année scolaire 1903/1904 un jeune instituteur de très grande qualité : Alphonse-Marius Gossez, docteur en histoire à l’Université de Lille, spécialiste de la Deuxième République, qui fut surtout un des pères fondateurs du régionalisme français en créant dès 1900 la revue lilloise Le Beffroi avant de devenir un membre éminent du courant des poètes prolétariens pendant l’entre-deux-guerres ! Une véritable pointure donc, qui a gardé un souvenir pour le moins mitigé de son passage dans la cité de Méhul comme le montre ce sonnet doux-amer qui figure dans son recueil "Du soleil sur la porte" publié en 1905 dans le prestigieux Mercure de France et que le MRC 08 se fait un plaisir de porter à votre connaissance :

GIVET
Bourgade somnolente auprès du calme fleuve,
Sous un ciel en ardoise, et d'ardoises vêtue ;
Et ce pont, au matin, dans la brume ! Et pointu
Le jet d'un long clocher coiffé d'ardoises neuves. 

Rien en moi à ton nom qui, chèrement, s'émeuve !
L'ennui de mon regard, sur l'horizon confus,
Cherche en vain la douceur du coteau : Il me fut
... Un instant, agréable ! En profil dans la Meuse

S'évoque, une autre fois retrouvé, mon ennui...
Seulement cet appel suraigu dans la nuit,
— Le train — cahotement régulier qui s'ébranle —

Eveille le désir d'un départ, aussitôt...
Ou bien je goûterais encor cette indolence
Des pins du cimetière au penchant du coteau.

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