Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

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samedi 30 juin 2012

Aubrives : les maires se suivent, mais ne se ressemblent pas !

Ce qu’il y a de bien avec les archives, c’est qu’elles constituent, pour peu qu’on sache où les trouver et comment les consulter, un vivier presque infini d’informations. Ainsi, on peut y apprendre qu’il y a aujourd’hui très exactement 411 ans une cérémonie religieuse s’est produite dans le petit village d’Aubrives, alors rattaché à la puissante baronnie de Hierges : le baptême de Jacques Debien, fils de Maurice Debien et de Marie des Preits, le parrain étant Jacques du Hausart et la "marinne" (aucun rapport avec la personnalité politique que vous connaissez...) Anne Mestallard. Un simple fait divers à destination des férus d’histoire locale, diront certains, d’autant que c’est Jean des Temples, le chapelain d’Aubrives, qui a fait entrer l’enfant dans la communauté des chrétiens et non pas Jean de Bien (eh oui, à l’époque, les noms de famille s’orthographiaient de plusieurs façons !) qui était pourtant son parent et exerçait la fonction de curé de la paroisse de Han à laquelle était rattaché le village d’Aubrives.

Pourtant, à l’époque, ce fut un évènement ! Pourquoi ? D’abord parce que la famille des Preits était particulièrement importante, au point qu’un de ses membres devint en 1622 étudiant en philosophie au collège ultra-réputé de Louvain, puis chanoine et finit par entrer dans l’ordre des jésuites. Ensuite parce que les Hausart et les Mestallard, qui s’engageaient à devenir en cas de nécessité les parents de substitution du nouveau baptisé, confortaient à cette occasion leur rapprochement qui se concrétisa par leur participation, aux côtés de la famille des Auxbrebis, à la reconstruction de l’église du village après son explosion qui avait suivi sa transformation malheureuse lors du siège de Charlemont en 1640 en dépôt de munitions. Enfin et surtout parce que le parrain, Jacques de Hausart, qui exerçait les charges de mayeur de Han et d’Aubrives et de jugeur à la baronnie de Hierges, était renommé pour sa "preudhomie, et pour donner bon conseil et avis en toute occurrence aux particuliers, surtout en temps de guerre, et était un grand pacificateur".

Un grand homme en somme, d’autant qu’il eut la malchance de connaître les dernières années des terribles guerres de religion, qui prouve qu’Aubrives a eu d’excellents maires. Bien sûr, aujourd’hui, le contexte n’est plus le même et nous avons la chance de vivre en paix ! Mais pour le bien des Aubrivois(es), il serait bon tout de même que notre premier magistrat actuel, Gilbert Leclercq, utilise les deux dernières années de son mandat pour tenter d’égaler son illustre prédécesseur. Et s’il ne peut donner des avis aussi éclairés et n’est pas doté des qualités permettant de pacifier les petits litiges, au moins qu’il écoute ceux des autres et évite d’envenimer inutilement les conflits locaux...
 LB

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