Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

lundi 22 septembre 2008

Sénatoriales: on prend les mêmes et on recommence!


Hier, des élections ont eu lieu dans presque la moitié des départements français. Conformément au principe "restreint le suffrage, restreint l'intérêt de la population", ce vote réservé aux députés, aux conseillers régionaux, aux conseillers généraux et aux délégués des conseils municipaux n'a pas suscité une grande attention parmi nos concitoyens. Pourtant, il était loin d'être anecdotique puisqu'il avait pour objectif de renouveler un tiers des sénateurs, autrement dit de désigner des parlementaires participant à part entière à l'élaboration des lois avec en plus la mission de modérer l'ardeur parfois excessive des députés. Les Ardennes étant concernées par ce scrutin, 972 grands électeurs ont eu la tâche de départager les 8 candidats qui postulaient aux 2 sièges à pourvoir: les sortants UMP Benoît Huré et Marc Laménie, le divers Gauche Jean-Paul Bachy toujours en délicatesse avec son parti, le socialiste officiel Manuel Ramalhète, les communistes Sylvain Dalla Rosa et Michèle Leflon (seule féminine de l'épreuve), le divers Droite Philippe Mathot et le frontiste Eric Samyn qui espérait certainement rebondir après sa déroute sedanaise d'il y a 2 semaines.

A l'issue du 1er tour, la logique était respectée: Benoît Huré arrivait en tête avec 442 voix et devançait le tandem Laménie-Bachy qui se tenait dans un mouchoir de poche avec respectivement 397 et 391 voix. Derrière, Philippe Mathot réussissait la performance de recueillir 183 voix et de dépasser Manuel Ramalhète qui devait se contenter de 172 suffrages. Suivaient les 2 communistes avec 41 et 38 voix devant Eric Samyn qui fermait la marche avec 14 bulletins. Aucun des candidats n'ayant obtenu la majorité absolue, un 2ème tour a eu lieu avec seulement le trio arrivé en tête. Il a abouti à l'élection des 2 candidats UMP Benoît Huré et Marc Laménie, ce dernier devançant de très peu Jean-Paul Bachy qui obtenait 49,41% des suffrages.

Les sortants ayant été reconduits conformément à tous les pronostics, y compris à ceux du MRC-08, on pourrait penser qu'il s'est agi d'une élection pour rien. Pourtant, à bien y regarder, on peut en tirer 3 enseignements. Le premier est que la Droite ardennaise, qui occupe une position hégémonique au Conseil général, n'est pas un bloc monolithique: elle est traversée par des ambitions personnelles qui ont failli être fatales à Marc Laménie et qui ne semblent pas prêtes de disparaître si on en juge par l'âge de ceux qu'elles agitent. Le deuxième est que Jean-Paul Bachy, au lendemain de son mariage, a quitté en beauté la scène politique ardennaise en manquant d'un cheveu une élection qui aurait déclenché un séisme d'une magnitude rarement atteinte dans le microcosme politique départemental. Doit-il être fâché des quelques voix qui lui ont manqué? Non, bien sûr, puisqu'il sait que celui qui est malheureux aux jeux est heureux en amour! Enfin le troisième enseignement est que Maurice Blin a parfaitement négocié sa sortie politique: en démissionnant de son poste de sénateur l'an dernier et en faisant élire au cours d'une partielle estivale son dauphin désigné Marc Laménie, il lui a donné un statut de sortant qui a certainement été décisif dans sa réélection. Chapeau l'artiste!

Maintenant, il n'y a plus qu'une chose à espérer: que nos "nouveaux" parlementaires défendent becs et ongles les intérêts de notre département dans les hautes sphères parisiennes qui nous ont mis si souvent à mal ces derniers temps...

1 commentaire:

titi a dit…

En 2007, les 3 députés sortants ont été réélu. En mars 2008, ce sont les maires de toutes les grandes villes du département qui ont été réélu. Maintenant, ce sont les 2 sénateurs qui sont réélu. Décidémént, on peut dire que les Ardennes savent regarder vers l'avenir!!!