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samedi 18 décembre 2010

Bioénergie Val de Meuse : le collectif Vigilance rencontre des élus belges


Entre les distributions de tracts qu’il effectue pour tenir la population locale informée des dernières découvertes qu’il a réussi à faire concernant le désormais célèbre projet "d’unité de valorisation énergétique" prévu sur le parc d’activités de la route de Philippeville, le collectif Vigilance ne reste pas les bras ballants avec le cerveau sur le mode "pause" ! Il poursuit ses investigations sur les méfaits de l’incinération, avec l’aide d’experts scientifiques dont la renommée n’est plus à faire, il établit discrètement mais efficacement des contacts avec des personnes qui sont en position de savoir ce qui se cache derrière le mur de silence qui entoure le projet et il prend connaissance avec amusement du contenu des feuilles de chou de couleur verte (que ne faut-il pas faire pour essayer de transformer un projet générateur de pollution en un projet bon pour l’environnement ?) signées par le duo Wallendorff-Dekens. Il en profite aussi pour rencontrer des élus afin de leur expliquer ses craintes et de voir quelles actions pourraient être menées en commun.

C’est ainsi qu’après avoir longuement dialogué le 03 décembre avec le député de la circonscription, Philippe Vuilque, qui s’est engagé à relayer auprès du préfet des Ardennes les arguments qui lui ont été exposés, le collectif Vigilance a organisé le 16 décembre une réunion avec des élus belges directement concernés par le projet, à savoir Jean Claude Maene (bourgmestre de Beauraing et député au Parlement wallon), Philippe Belot (1er échevin de Doische, chargé notamment de l’environnement et du tourisme) et Philippe Vincke (échevin de Hastière, dont la délégation comprend entre autres l’environnement, l’économie ainsi que la Meuse et ses affluents). Le projet leur a bien sûr été présenté de la façon la plus précise possible, puis une discussion sans langue de bois s’est engagée.

Le plus loquace a été l’élu de Hastière qui a révélé que sa commune avait eu il y a 2 ou 3 ans un contact avec le maire de Givet sur un projet de récupération de chaleur, puis qu’il avait participé en personne il y a environ 1 an à une réunion en Préfecture avec le porteur de projet au cours de laquelle il avait appris que la construction ne pourrait se faire que si un terrain de plusieurs dizaines d’hectares situé sur sa commune était cédé (apparemment à un Hollandais dirigeant des activités en Afrique) pour y réaliser des serres qui valoriseraient la chaleur en produisant des roses. Pour sa part, Jean Claude Maene, après avoir rappelé que personne n’avait réussi à créer un incinérateur dans la province de Namur et que ses administrés étaient très sensibilisés aux questions environnementales depuis la tentative d’implantation d’un dépôt de déchets radioactifs à Baronville, a précisé que, dans une zone économiquement sinistrée comme l’est aujourd’hui Givet, il ne pouvait que porter un regard bienveillant sur les projets créateurs d’emplois ... à condition toutefois qu’ils n’aient aucune incidence sur la santé des Wallons, ce dont visiblement il doute. Quant au représentant de la commune de Doische, il s’est contenté d’écouter les débats avec une grande attention.

Les 3 élus belges ont donc adopté 3 attitudes différentes ! A priori, cela peut surprendre, mais à bien y réfléchir, cela s’explique aisément. La retenue de Philippe Belot est certainement due, outre le fait que sa commune ne se trouve pas sous les vents dominants, à la décision prise par le conseil communal de Doische qui s’est tenu à la fin du mois de novembre de demander de plus amples informations à Claude Wallendorff avant de se positionner sur la motion déposée par le conseiller communal Lathuraz concernant l’incinérateur de Givet. La volubilité de Philippe Vincke trouve à n’en pas douter sa source dans la différence existant entre le projet tel qu’il lui a été présenté en Préfecture et tel qu’il est décrit depuis quelques temps dans la presse. La modération toute relative de Jean Claude Maene se justifie probablement par ses responsabilités qu’il a promis d’utiliser pour interroger dès le mois de janvier le ministre wallon de l’environnement, Philippe Henry, dans lequel il a toute confiance, sur les informations qu’il aura pu obtenir du préfet des Ardennes.

Le dossier de "l’unité de valorisation thermique" de Givet n’est donc toujours pas clos, malgré les efforts de la Communauté de communes qui a organisé le 15 décembre une réunion avec les bourgmestres des communes belges voisines afin de les informer, enfin, du projet et de tenter de les convaincre de son innocuité...

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