Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

lundi 18 juin 2012

Le chiffre du jour !

3 ! Au lendemain du deuxième tour des élections législatives qui s'est déroulé hier, c'est, pour le MRC 08, le chiffre qui mérite d'être retenu. Pourquoi ? D'abord, bien sûr, parce qu'il correspond au total des députés d'extrême-droite qui, par l'onction du suffrage universel direct, ont reçu le droit d'entrer par la grande porte dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, à savoir Gilbert Collard (2ème circonscription du Gard : 42,82 % des voix, ce qui lui permettra de "jouer les casse-couilles démocratiques" malgré le maintien in extremis pour "porter haut les valeurs de la République" du candidat UMP Etienne Mourrut), Marion Maréchal-Le Pen qui n'est autre que la petite-fille et la nièce de qui vous savez (3ème circonscription du Vaucluse : 42,09 % grâce au maintien contre les directives de ses instances nationales de la candidate PS Catherine Arkélovitch) et Jacques Bompard (4ème circonscription du Vaucluse : 58,77 % des voix grâce à son éloignement uniquement tactique du Front national).

Ensuite parce qu'il s'agit du nombre de très grandes personnalités politiques, c'est-à-dire de celles et de ceux qui figurent dans le cercle très restreint des candidats récents à l'élection présidentielle, qui ont été désavouées par le peuple souverain : Ségolène Royal, la parachutée de La Rochelle, qui a été sèchement battue par le disident socialiste local Olivier Falorni ; François Bayrou, qui n'a pas réussi à redresser une situation grandement compromise dans son fief béarnais et dont on voit mal comment il pourrait rebondir sur la scène nationale ; Marine Le Pen dont le cas est différent puisque, avec 49,89 % des voix, elle a presque atteint son pari de remporter la circonscription de Hénin-Beaumont et conforte ainsi ses ambitions pour l'avenir. Sans compter, même si rares sont ceux qui ont remarqué cette mini-révolution, qu'il s'agit du nombre de députés qui manquera au Front de gauche et à ses alliés d'outre-mer pour atteindre le seuil fatidique des 15 élus permettant la formation d'un groupe parlementaire.

Mais surtout, dans un esprit purement boutiquier, ce chiffre de 3 correspond pour nous au nombre de députés obtenus par le MRC alors que nous n'en avions qu'un seul dans la mandature précédente. Il s'agit de Jean-Luc Laurent, le président du MRC, qui a réussi l'exploit de l'emporter dans la 10ème circonscription du Val-de-Marne, c'est-à-dire dans celle qui était la plus anciennement détenue par le PCF et qui fut le fief de Maurice Thorez de 1932 à 1964 ; de Marie-Françoise Bechtel, la 2ème vice-présidente du MRC et par ailleurs ancienne directrice de l'ENA, qui l'a emporté avec 53,62 % des suffrages dans la 4ème circonscription de l'Aisne après avoir échappé aux multiples chausse-trapes qui lui avaient été tendus au premier tour par les représentants de plusieurs courant de gauche ; et bien sûr de Christian Hutin, le 1er vice-président du MRC et seul maire d'une ville de plus de 20.000 habitants à avoir été élu au 1er tour en 2008 avec 100 % des voix, qui a été brillamment réélu avec 64,73 % des suffrages dans la 13ème circonscription du Nord, malgré son redécoupage tout à fait pernicieux par le droite.

De quoi être satisfait, puisque non seulement la gauche républicaine sera mieux représentée à l'Assemblée Nationale, mais en plus elle aura son mot à dire étant donné qu'avec 280 députés, le PS ne dispose pas à lui tout seul de la majorité absolue, et qu'avec 343 élus, il manque 3 sièges à l'ensemble de la gauche pour atteindre le seuil des 3/5 permettant de modifier la Constitution. Un regret toutefois, l'échec de très peu de ... 3 autres candidats du MRC, à savoir Etienne Butzbach, Catherine Coutard et Julien Landfried qui ont obtenu respectivement 48,26 % des voix dans la 2ème circonscription du Territoire-de-Belfort, 49,19 % dans la 2ème de la Drôme et surtout 49,82 % dans la 13ème des Hauts-de-Seine, qui n'est autre que le fief de Patrick Devedjian !    

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