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lundi 14 février 2011

Ardenne Rives de Meuse : 3ème édition d'une initiative toujours aussi bienvenue !


Jeudi dernier, 10 février, jour du 2ème anniversaire de la signature du Contrat de Redynamisation du Site de Défense de Givet ou encore de l'entrée de Bernard Dekens dans le petit monde de La Beuquette sous le nom de "Nanar Coupdesang", la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, présidée par ce dernier, a organisé pour la 3ème année consécutive la présentation de ses voeux aux conseillers municipaux des 17 communes qui la constituent. Sur les 263 participants potentiels, à peine une petite cinquantaine avait fait le déplacement, ce qui justifie sans doute, plus que la volonté affichée de ne pas perturber la projection d'une séance du film "Rien à déclarer", que la soirée, contrairement aux deux éditions précédentes, n'a pas eu lieu dans la grande salle de l'espace de spectacles le Manège à Givet, totalement surdimensionnée avec ses 350 places, mais dans celle plus modeste du Richat à Fromelennes. Après quelques mots de bienvenue prononcés avec humour et grande aisance par Pascal Gillaux, le 1er magistrat de la commune, un diaporama de 1h15 a été projeté afin de retracer les réalisations faites en 2010 par l'intercommunalité et de présenter les principaux projets de l'année en cours.

Comme d'habitude, mais j'imagine mal quelqu'un s'en plaindre en ces temps de marasme économique, le début du montage a été consacré aux actions économiques menées par la Communauté de communes. Après une présentation détaillée des 3 zones d'activités, qui ont vu le démarrage des entreprises New Allardin (7 emplois) et Fumacienne de mécanique (11 emplois) ainsi que la construction d'un bâtiment en blanc et l'ajout de 2 cellules à l'hôtel d'entreprises, le projet de "valorisation de biomasse végétale" sur le Pacog a été longuement décrit : il comprendra, "s'il aboutit", une unité de fabrication de combustible (Paperpower) et une unité de cogénération de biomasse (Bioénergie Val de Meuse) qui occuperont 10 hectares, soit un quart de la superficie de la zone d'activités de Givet ; l'ensemble sera relié au port par une voie lourde en site propre de 1,6 kilomètres permettant, non seulement le cheminement annuel des 126.000 tonnes de déchets importées et des 30.000 tonnes de résidus inutilisables qu'il faudra réexporter, mais aussi la diminution du volume de CO2 émis par les norias de poids-lourds ; quant à la chaleur produite, elle sera valorisée dans des serres situées à moins de 5 kilomètres de l'usine afin de limiter sa déperdition ; enfin, pour répondre aux "quelques interrogations" de la part des voisins belges, la Communauté de communes s'est engagée à tenir une réunion publique à Hastières. Une parfaite démonstration de lobbying, ou pour parler plus simplement de propagande, qui n'aura convaincu que les personnes dont les capacités de réflexion et l'esprit critique dépassent à peine ceux d'un moineau !

L'accent a ensuite été mis sur le développement du port, dont on a appris, entre autres, qu'il a reçu 193.000 tonnes en 2010 et qu'il en a expédié 157.000. Puis, il a été rappelé que la collecte des déchets, dont 4.838 tonnes a été réalisée en déchèteries et 961 tonnes en tri sélectif, avait coûté 2.269.886 euros, soit 104,46 euros par habitant. Une coquette somme donc, qui a donné lieu à une affirmation méritant incontestablement de figurer dans le bêtisier de l'année : elle ne pèse pas sur la population étant donné qu'il s'agit d'un "service gratuit financé par l'impôt local" ! Ce fut alors au tour des actions menées dans le domaine touristique d'être listées (visite du château de Hierges par 1.918 personnes, entretien de 10 sentiers VTT et de 3 sentiers pédestres d'une longueur totale de 212 kilomètres, aménagement du camp romain de Vireux, gestion de l'après tempête au parc TerrAltitude,...), puis de celles relevant de la formation et de la vie sociale (octroi de 276.279 euros à des étudiants dans le cadre du dispositif ACCES, création d'un Espace Métiers Transfrontalier, accueil de 4.462 caravanes sur l'aire dédiée aux gens du voyage,...) et enfin de celles relatives à la solidarité aux communes (construction de nouvelles voiries d'intérêt communautaires et surtout redistribution de 13.300.988 euros aux 17 communes membres).

La transition était toute trouvée pour amener le discours de Bernard Dekens qui, après avoir rappelé que la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse avait été constituée à l'origine par les seules communes ayant accepté les inconvénients - notamment financiers - induits par la construction de la centrale nucléaire de Chooz B, a répété une nouvelle fois sa position vis-à-vis de la volonté de Revin d'intégrer de gré ou de force l'intercommunalité : c'est non, définitivement non et il a expliqué longuement pourquoi ! Ce n'est ni par égoïsme, ni par esprit politique ou partisan, mais simplement parce que les recettes apportées par l'entrée de Revin (environ 500.000 euros de dotations de l'Etat) seraient dérisoires au regard des transferts financiers qui en découleraient, comme la contribution supplémentaire au Service Départemental d'Incendie et de Secours qui s'élèverait à elle seule à 330.000 euros. Autrement dit, l'intégration de Revin obligerait, soit à augmenter fortement la fiscalité pour maintenir les services publics de qualité dont bénéficie aujourd'hui la population de l'intercommunalité du 1er au 3ème âge, soit à diminuer les compétences actuelles pour ne pas taxer davantage des habitants dont le potentiel fiscal est inférieur à celui des Revinois. Deux perspectives inacceptables pour Bernard Dekens, comme me semble-t-il pour tout élu conscient que les dotations reversées par la communauté de communes représentent parfois jusqu'à 75 % des recettes municipales, qui a conclu en exhortant Revin à regarder du côté des 3 autres intercommunalités qui la bordent.
LB

1 commentaire:

titi a dit…

Pour n'importe quel élu, il faut faire passer le bien de son territoire avant le bien du territoire voisin. revin ne pourra que affaiblir la comcom, il faut donc être réaliste et dire non à son entrée