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mercredi 16 février 2011

Givet : le projet d'incinérateur commence à battre de l'aile !


Avant-hier, le projet de la construction d’un incinérateur sur le Pacog à Givet a connu un rebondissement, et non des moindres, puisque la commission permanente du Conseil régional a décidé d’annuler une subvention de 30.000 euros qu’elle avait initialement prévu de verser à la SARL Paperpower afin de l’aider à financer une étude de faisabilité ! Cette décision, prise de surcroit à l’unanimité à l’exception de l’abstention des 3 élus du Front National, a été motivée par la non fourniture par la société d’un certain nombre de documents, relatifs entre autres à l’origine et au contenu des déchets, qui lui étaient demandé depuis 2007. Et contrairement à ce que clament les défenseurs du projet, au 1er rang desquels se trouve le sémillant apolitique de Droite et maire de Givet Claude Wallendorff, c’est loin, très loin même, d’être une goutte d’eau au regard des 100 millions d’euros d’investissement prévu.

Pourquoi ? Parce que cette décision a été prise en accord avec l’ADEME, l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, un établissement public placé sous la tutelle de plusieurs ministères – dont celui de l’Ecologie et du Développement Durable – qui a pour mission d’aider à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. Autrement dit, un instrument clé, si ce n’est le plus essentiel, utilisé par les pouvoirs publics pour intervenir dans tout ce qui touche de près ou de loin aux questions environnementales ! De quoi écorner sérieusement, au-delà du montant de la somme en jeu, l’habillage vert que les "industriels" et leurs relais politiques locaux s’évertuent de donner à ce que la presse belge n’hésite pas à appeler sans détour un incinérateur.

Pour le collectif Vigilance, qui avait déjà réussi à casser le mur du silence qui entourait ce projet fumeux, c’est incontestablement une deuxième victoire. C’est la preuve que si la CRE 3 a bien retenu le projet Bioénergie Val de Meuse-Paperpower lors de son appel d’offres de l’an dernier, tous les acteurs institutionnels ne le soutiennent pas pour autant, contrairement à ce qu’affirme le duo Claude Wallendorff-Bernard Dekens, qui se retrouve ainsi le nez face aux contre-vérités qu’ils ont tous deux allègrement claironnées ces derniers mois. Lentement mais sûrement, la lumière est en train de se faire sur ce dossier ! Ce n’est donc pas le moment de baisser la garde, bien au contraire, d’autant que la Communauté de communes vient de confirmer son soutien au projet en décidant, lors de son conseil qui s’est tenu le 30 décembre dernier, d’acquérir pour plus de 50.000 euros une parcelle dépassant 80.000 m2 afin d’y implanter des serres destinées à valoriser la chaleur qu’elle espère voir produite prochainement...

5 commentaires:

dédé a dit…

Il y a quelque chose qui m'échappe : le type qui veut construire l'incinérateur dit qu'il n'a pas besoin des 30000 euro mais il fait acheter des terrains par la comcom pour 50000euro. Avec les 100 millions de son projet, il n'aurait pas pu les acheter tout seul?

mrc-08 a dit…

Ce qui est plus étonnant,c'est que le porteur de projet affirme qu'il n'a pas besoin des 30.000 euros qu'il avait sollicités auprès du Conseil régional en 2007 ... alors qu'il n'a pas hésité à encaisser la subvention de 15.000 euros votée la même année par la Communauté de communes pour financer là encore une étude de faisabilité ! Cherchez la cohérence...

titi a dit…

Je demande une subvention, mais je n'en veux pas, c'est bizarre mais ce qui m'inquiète le plus c'est la façon de parler de Loubet. Franchement, ça ne fait pas du tout homme d'affaire qui manipule des millions d'euro

arduinna a dit…

Tout ça commence à sentir mauvais : on ne sait pas d'où viennent les dechets, on ne sait pas ce qui sera rejeté et maintenant on a des doutes sur les personnes qui sont derrière l'incinérateur. Ca fait beaucoup d'incertitudes et je me demande pourquoi les dirigeants de la mairie et de la comcom s'entêtent dans ce projet. S'il est bon, ils n'ont qu'à mettre sur la table tout ce qu'ils savent ou alors ils n'ont qu'à arreter les frais maintenant

mrc-08 a dit…

Et pendant ce temps, la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse continue de faire comme si de rien n'était ... comme le montre la vente, certes sous condition mais à un prix plutôt préférentiel, de 100.000 m2 de terrain sur le parc d'activités du Pacog. Visiblement, le "dialogue" de sourd continue...