Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mercredi 2 novembre 2011

Charlie Hebdo : un attentat inadmissible contre la liberté de la presse.

L’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo fut fondé par Cavanna et le professeur Choron en 1970, après l’interdiction d’Hara Kiri la même année pour crime de lèse-majesté gaullienne, puis remonté par Philippe Val et Cabu en 1992 après une interruption de onze ans. Il a souvent fait l’objet de poursuites judiciaires, la dernière lors de la publication de deux caricatures danoises sur Mahomet en 2007. Ses orientations libertaires et anticléricales ne sont un secret pour personne, et ses rédacteurs ont toujours testé les extrêmes limites de la liberté d’expression et de la provocation en régime républicain. A ce titre, ce média que l’on peut adorer ou détester, mais qui ne laisse personne indifférent, est irremplaçable.

Pourtant, la nuit dernière, son siège parisien a été incendié avec des Cocktail Molotov par des malfaisants encore inconnus ! Pourquoi ? A priori parce que dans son dernier numéro, Charlie Hebdo aurait égratigné le Prophète, tout en s’en prenant par ailleurs au parti islamiste tunisien Ennahda, aux intégristes catholiques parisiens et à la tauromachie. Des prises de position tranchées, certes, mais qui restaient dans le cadre de la loi puisque, si le délit de blasphème existe encore en Irlande, en Allemagne, en Espagne ou aux Pays-Bas, il a été supprimé en France en 1791 et il n’est pas encore passé dans le droit communautaire. Cet attentat dont la violence n’a d’égale que la stupidité, est donc inadmissible comme l’a montré du reste la condamnation unanime et sans réserve qu’il a suscité, y compris de la part des responsables du culte musulman.

C’est pourquoi, en témoignage de sympathie avec la rédaction de Charlie Hebdo, et en hommage à l’indépendance dont a fait preuve ce journal dans sa lutte souvent acharnée contre la bêtise universelle, le MRC 08, qui a toujours condamné toute entrave à la liberté d’expression - que ce soit dans les Ardennes ou ailleurs - s’est permis d’exhumer deux extraits de nécrologies de Mao-Tsé-Toung, du 16 septembre 1976, date de la mort de ce dictateur dont on est incapable d’estimer le nombre des victimes à dix millions près : "Il y a dans Mao une certaine sorte de grandeur qui entraîne une certaine sorte d’admiration. La personne et l’œuvre de Mao imposent l’évidence d’un génie politique" ; "Contrairement à Staline, Mao a toujours réprimé par nécessité, scientifiquement, sans s’emballer. De un à trois millions de catholiques chinois, ça dépend des sources, ont été exécutés sommairement à sa demande". Vérifiez celui qui provient du journal catholique La Croix et celui qui a été publié dans l’organe de presse que l’on a voulu réduire au silence, vous verrez que c’est instructif...

Aucun commentaire: