Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

jeudi 20 décembre 2007

Sans cohérence, point de salut!

Il y a une semaine jour pour jour, une délégation du MRC-08 a rencontré des représentants de la Fédération Socialiste des Ardennes. Chose inhabituelle depuis des années mais à vrai dire prévisible depuis le changement intervenu à la tête de cette organisation à la fin du mois de septembre, l'ambiance a été des plus cordiales, ce qui a permis des échanges francs et constructifs. Tous les sujets ont été abordés, y compris ceux qui fâchent comme la façon de solder honorablement pour tous la situation héritée de la campagne législative dans la 3ème circonscription ou encore le mode de ratification de la maxi-traitrise (c'est l'expression que nous avons utilisée, mais il nous a semblé qu'elle ne recueillait pas l'assentiment de nos interlocuteurs) que constitue le traité européen de Lisbonne. Nous sommes tombés d'accord sur beaucoup de thèmes, notamment sur la nécessité de créér une dynamique de rassemblement des forces de gauche pour agir efficacement contre la politiquement outrageusement antisociale menée par le gouvernement et relayée avec zèle dans les Ardennes par l'assemblée départementale. Nous avons ainsi pu rédiger un communiqué commun synthétisant l'essentiel de nos discussions.
Tout allait donc pour le mieux dans le "meilleur" des mondes! Les querelles de personnes faisaient partie du passé, les liens du dialogue étaient renoués et des perspectives prometteuses commençaient à se dessiner. Hélas, la roche Tarpéienne n'est jamais très loin du Capitole. C'est un classique que nous avions oublié mais que la réalité s'est chargée de nous rappeler. Comment? Par un article de "l'Ardennais" publié le surlendemain dans lequel il était fait état de l'abstention de tous les élus socialistes (soyons honnêtes, sauf un qui a dû se faire taper sur les doigts...) lors du vote du budget primitif du Conseil général pour 2008. Vous avez bien lu: l'abstention, c'est à dire pour parler plus clairement la neutralité, alors que le communiqué commun condamnait avec force le zèle mis par le Conseil général pour relayer la politique du gouvernement! Une maladresse bien malheureuse, direz-vous, due certainement à un défaut de communication entre la Fédération Socialiste et ses élus. Absolument pas! En consultant nos archives, nous nous sommes rendus compte qu'il s'agissait d'une pratique récurrente: ainsi, par exemple, en décembre 2006, Dominique Billaudelle affirmait que "nous sommes partagés entre cette opposition très forte à la politique nationale et les efforts que vous faites et que nous reconnaissons" avant d'appeler les élus de Gauche à l'abstention et de l'obtenir; en juin de la même année, lors du vote du budget supplémentaire, le même dirigeant de "l'opposition" affirmait son "profond désaccord sur l'approche qu'a le Président de l'éxécutif ardennais du développement économique" et lui reprochait "sa politique d'éparpillement" puis il demandait aux conseillers généraux de Gauche d'opter pour l'abstention.
Cette attitude conciliante des élus socialistes et divers gauche ne date donc pas d'hier! C'est une constance que certains font remonter à 2004 en expliquant que si Paris valait bien une messe, une vice-présidence d'un Conseil général de droite pour un représentant de la Gauche valait bien une abstention lors du vote du budget. Cet argument a une certaine pertinence, mais nous tenons à rappeler aux élus de Gauche que le vote du budget est l'acte qui positionne dans la majorité ou dans l'opposition et que le double langage ne peut jamais durer très longtemps...

1 commentaire:

Tom a dit…

On peut donc saluer le geste de Bruno François, Conseiller Général de de Mézières-Est qui a mis son vote en adéquation avec ce que ses mandants de Mohon et de la Ronde Couture attendent de lui.
Ca n'en rend que plus écoeurante l'attitude des autres.