Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

lundi 22 février 2010

Régionales : un 2ème débat instructif et bien mené !


Hier soir, une semaine juste après le 1er débat organisé à l’occasion des élections régionales par France 3 Champagne-Ardenne, auquel avaient participé notamment les 2 principaux prétendants à la Présidence du Conseil régional, à savoir les Ardennais Jean-Paul Bachy et Jean-Luc Warsmann, le 2ème débat annoncé a eu lieu. Autour de la table se trouvaient 3 têtes de liste régionale, Thomas Rose pour Lutte Ouvrière, Eric Loiselet pour Europe Ecologie et Marie Grafteaux-Paillard pour le MoDem … ainsi que Benoist Apparu et Gérard Berthiot qui étaient les heureux bénéficiaires du privilège accordé au nom d’on ne sait quel principe aux listes UMP-NC et PS-PC-PRG d’avoir un temps d’antenne double de celui de leurs adversaires. Comme la semaine précédente, la 1ère question a porté sur les raisons de l’indifférence des citoyens envers l’élection à venir : Eric Loiselet l’a expliquée par la nécessité pour la région d’entrer dans le 21ème siècle, celui de l’économie verte ; Thomas Rose a affirmé qu’elle était due au fait que les vrais problèmes n’étaient pas abordés tandis que Gérard Berthiot a avancé que le problème était soluble en montrant ce qui a été fait depuis 2004, notamment la mise en place de nombreux schémas directeurs qui, d’après lui, commenceraient à porter leurs fruits ; quant à Benoist Apparu et à Marie Grafteaux-Paillard, ils se sont accordés pour dire que la solution consistait à aller sur le terrain à la rencontre des citoyens, avec pour le 1er un programme à leur proposer et pour la 2ème des trésors de pédagogie à déployer.

Puis, lorsque la journaliste a malicieusement demandé s’il fallait considérer ces élections comme un galop d’essai pour les prochaines élections nationales, les réponses ont été très différentes : sans surprise, les représentants de Lutte Ouvrière et de la liste de rassemblement restreint de la gauche ont répondu par l’affirmative ; Marie Grafteaux-Paillard a été plus nuancée, en rappelant cependant qu’elle ne pouvait oublier le déficit de dotation de l’Etat à la région qui s’élèverait à environ 1 milliard d’euros, tandis que Benoist Apparu s’est transformé en normand en se fendant d’un magistral "oui et non" avant d’expliquer que c’était l’occasion de mieux articuler les compétences économiques régionales avec la politique économique nationale ; par contre, Eric Loiselet a refusé cette vision des choses en arguant que l’élection régionale devait rester le temps de la proximité. La 3ème question a porté sur l’installation de la vidéo-surveillance dans les lycées, compétence fondamentale des régions. Tous s’y sont opposés, préférant le renforcement des moyens humains quitte à les financer par une augmentation de la taxe intérieure sur les produits pétroliers comme l’a suggéré la représentante du MoDem … sauf bien sûr Benoist Apparu, membre du gouvernement, qui a rappelé le succès de ce système dans les villes qui y ont recouru. Ensuite, les candidats ont été invités à dévoiler les mesures qu’ils envisagent pour retenir les jeunes diplômés : elles se sont limitées à offrir la gamme la plus large possible de formations pour Berthiot, adapter l’offre de formations autour des filières d’avenir pour Loiselet qui les imaginent parées de vert, arrêter de donner la priorité à l’apprentissage pour Rose, mettre en place des filières axées sur la valorisation de la matière première agricole pour Apparu ; quant à Marie Grafteaux-Paillard, aidée par sa fonction de chef d’établissement scolaire, elle a été la seule à avoir une vision globale du problème en proposant de faciliter l’accès à la culture en milieu rural, de mettre en place de nouvelles filières de formations tout en adaptant celles existantes et de faire un effort substantiel sur la validation des acquis de l’expérience.

La fin du débat a permis d’aborder 2 sujets touchant directement au quotidien des champardennais. Le 1er a été la faible densité des médecins que Gérard Berthiot et Benoist Apparu ont proposé de combattre en aidant à l’implantation de maisons médicales pluridisciplinaires, et Marie Grafteaux-Paillard en mettant en place un système de co-financement partiel des études en échange de l’engagement d’exercer dans une zone rurale de la région. Le 2ème, portant sur la place que les TER devait avoir dans la politique régionale de transport, a été l’occasion d’un front uni contre Benoist Apparu qui s’est élevé contre le financement des nouveaux TER par des emprunts d’une durée de 35 ans. Il a aussi permis aux représentants d’Europe Ecologie et du MoDem de se positionner en faveur de la réouverture d’un certain nombre de gares pour mieux mailler le territoire. Surtout, il a été l’occasion pour Benoist Apparu, après la passe d’armes qui avait vu Thomas Rose et Gérard Berthiot l’attaquer sur la politique fiscale du gouvernement, de réaffirmer sa volonté d’enrayer la hausse des impôts par la mise en place d’une sélection plus drastique dans les priorités de la région. Au total, les téléspectateurs ont donc eu droit à 45 minutes d’échanges clairs, sans langue de bois, sur des sujets concernant réellement l’élection à venir. Pour le MRC 08, c’est une bonne chose, même si elle aurait pu être nettement meilleure avec une programmation en première partie de soirée plutôt qu’à 23h30 …

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