Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

dimanche 17 avril 2011

Le (préoccupant) chiffre du jour !


79,5 ! C’est le nombre total de postes d’enseignants, tous niveaux confondus, qui sera supprimé à la prochaine rentrée dans les Ardennes. Que faut-il penser de ce chiffre ? Pour certains, à commencer par les adeptes de la politique ultralibérale menée par le gouvernement, ainsi que pour le plus haut représentant de l’Etat dans le département, le préfet Pierre N’Gahane, ex-universitaire ayant parfaitement intégré le maniement de la règle à calcul, qu’il n’a rien d’inquiétant puisque "le taux d’encadrement des élèves dans les Ardennes restera supérieur à la moyenne nationale". Pour d’autres, comme Karine Fuselier, la secrétaire départementale du syndicat enseignant SNES/FSU, qu’il est absolument inacceptable puisque, dans un territoire géographique déjà en grande souffrance économique et sociale, il représente "une véritable saignée qui s’apparente à la fermeture d’une grosse PME".

Entre ces 2 interprétations opposées, le MRC 08, qui n’oublie pas que le nombre d’enseignants dans les Ardennes a déjà été diminué de 71 en 2009 et de 81 en 2010, penche sans hésiter pour la deuxième. 232 suppressions d’emplois en 3 ans, cela représente tout de même l’équivalent des fermetures cumulées des usines Lenoir et Mernier à Bogny-sur-Meuse et Idéal Standard à Revin ! Cela représente aussi près de 5 millions d’euros de pouvoir d’achat en moins pour l’économie départementale. C’est donc bien un mauvais coup, un très mauvais coup, porté par l’Etat aux Ardennes, et un coup d’autant plus malvenu qu’il touche en priorité les secteurs les plus fragiles du département, à savoir les villes de Sedan et de Charleville-Mézières ainsi que la Vallée de la Meuse qui concentreront les 2/3 des suppressions de postes. Sans compter que cette nouvelle saignée affectera fortement les élèves les plus en difficulté puisque les 2 seuls collèges ardennais classés "réseau ambition réussite" et disposant de ce fait de moyens supplémentaire pour mener à bien une mission d’éducation renforcée seront désormais labellisés ECLAIR (école, collège et lycée pour l’ambition, l’innovation et la réussite), ce qui se traduira pour eux par une déréglementation totale tant en terme de programme, de recrutement que de moyens supplémentaires qui seront laissés à la seule appréciation du recteur. C’est donc une preuve de plus de la volonté du gouvernement actuel de mettre en place une école à 2 vitesses et de ne rien faire pour freiner le désaménagement en cours du territoire...

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