Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

lundi 15 décembre 2008

Conseil général: les socialistes réinventent le jeu du "ni Oui ni Non"


En son temps, Talleyrand disait qu’il n’y avait qu’une seule façon de dire oui : c’était oui tout simplement et que toutes les autres formules voulaient dire non. Mais c’était sous Napoléon (le Grand, celui qui a exporté les principes républicains à travers toute l’Europe, et non le Petit, le fossoyeur de la 2ème République) et depuis, en tout domaine, on a fait des progrès. Ainsi, l’opposition socialiste et apparentés au Conseil général des Ardennes a eu successivement recours à trois manières de dire non :
1. Voter non et dire qu’on vote non. Cela a le mérite de la clarté et de la simplicité mais demande un minimum de conviction.
2. S’abstenir et ne rien dire. C’est évidemment moins courageux mais les observateurs de la vie politique ardennaise ont pu remarquer que c’est la méthode qui a été utilisée de 2004 à 2008 par la soi-disant opposition de Gauche en échange, disent les mauvaises langues, d’une vice-présidence.
3. S’abstenir et affirmer qu’on émet ainsi un non de vigilance. C’est la dernière trouvaille des socialistes ardennais lors du vote du budget primitif 2009 qui, à défaut de réflexion de fond sur les problèmes du département, savent faire preuve d’une inventivité remarquable lorsqu’il s’agit de noyer le poisson sans se fâcher avec le pêcheur.

C’est simple, mais il fallait y penser. On met en avant des divergences politiques, si faciles à trouver entre la Droite et la Gauche, pour se démarquer de la majorité départementale. Mais au moment de voter, on s’abstient tranquillement parce que sur le fond on est en quasi-adéquation avec la proposition formulée. Lorsque le sujet est d’importance mineure, cela ne prête pas à conséquence, mais lorsqu’il s’agit du vote du budget qui est l’acte qui différencie par excellence la majorité de l’opposition, il n’échappe à personne que la portée en est toute autre.

Le MRC-08 tient à faire savoir qu’il n’est pas dupe de ces effets de style qui montrent que le refus en 2008 d’une vice-présidence par les conseillers généraux socialistes n’a modifié en rien leur positionnement politique. Chassez le naturel, il revient au galop ! Lorsque la différence avec l’adversaire est aussi mince que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette, les accommodements sont inévitables et le recours à des simagrées cosmétiques ne peut tromper que ceux qui veulent bien l’être...

3 commentaires:

titi a dit…

Nos conseiller généraux socialistes continuent à se comporter comme des alliés de la majorité départementale. ça ne me surprend pas, c'eest une façon pour eux de croire qu'ils sont majoritaires dans le département. Il faudra un jour qu'ils remettent les pieds sur terre et comprenne qu'on ne peut pas dire une chose et faire son contraire si on veut rester crédible. Mais là, je reve peut-etre un peu trop

Ophélie a dit…

C'est tout de même incroyable de voir ça!
Incapables de dire NON! Ce n'est pas de ça que les Ardennes ont besoin! De quoi ont-ils peur? D'être "mal vus" par l'opposition?
De toute façon que l'on fasse n'importe quoi on est toujours critiqué alors autant dire ce que l'on pense et faire ce qui nous semble juste... Peur? Manque de courage? Ou les deux? Je ne comprends pas

mrc-08 a dit…

Peur ? A priori non. Manque de courage ? certainement! Mais ce n'est pas ça le plus grave. Ce qui est vraiment génant dans cans cette affaire, c'est qu'elle révèle que sur le fond, il n'y a pas vraiment de différence d'analyse et donc de solution entre la majorité départementale clairement ancrée à Droite et la soi-disant opposition de Gauche. C'est pour ça qu'il faut d'urgence une recomposition de la Gauche qui passe, à notre sens, par la constitution de front de gauche aux européennes de 2009 capable de dépasser le PS et susceptible par conséquent de l'amener à changer sa ligne politique.