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dimanche 15 février 2009

GPM étiquettes : la direction retrouve la raison


Vous vous souvenez très certainement de GPM étiquettes, cette entreprise givetoise, qui avait défrayé la chronique en annonçant le 06 février le licenciement pour assurer sa survie de 7 de ses 23 salariés ... éventuellement ramené à 5 si le reste du personnel acceptait une baisse de 5 % des salaires, voire à 2 si la baisse atteignait 10 %. Un véritable chantage à l'emploi qui en avait surpris plus d'un venant d'une entreprise reprise en juillet 2007 par un holding financé en grande partie par des fonds publics! Les réactions ne s'étaient dons pas faites attendre, de la part du personnel bien sûr qui après avoir rejeté les 2 propositions de la direction avait alerté la Direction Départementale du Travail et l'union départementale de la CFDT, mais aussi de la part de "l'Ardennais" qui avait dénoncé avec force et ironie le procédé et de quelques acteurs politiques qui craignaient que cet éventuel précédent ne fasse école.

Devant cette levée de boucliers et les pressions discrètes mais fermes que l'on peut imaginer, la direction a rapidement pris conscience des vertus du dialogue social qu'elle avait jusqu'alors ignoré. Plusieurs réunions entre les représentants du personnel et la direction ont eu lieu et elles ont abouti à un accord qui a été rendu public vendredi dernier, soit une semaine après l'annonce-choc de la direction. Que contient-il pour avoir recueilli l'assentiment des 2 parties ? Rien d'extraordinaire, mais une mesure malheureusement d'une grande banalité en ces temps de crise : le recours au chômage partiel, qui frappe déjà près de 4.900 salariés ardennais, avec néanmoins une originalité puisque le personnel non commercial chômera à tour de rôle afin que l'entreprise ne connaisse pas d'arrêt périodique de production.

Ce qui aurait pu devenir "l'affaire" GPM étiquettes se termine donc, pour le moment, d'une façon assez satisfaisante. Cependant, cette offensive anti-sociale avortée amène le MRC 08 à faire 3 constats. Le premier est que lorsqu'un mauvais coup se prépare, il est possible de l'arrêter si la mobilisation est à la fois très précoce, large et bien relayée par les médias. Nous sommes désormais dans une société de communication où l'image et la réactivité sont fondamentales. Sachons en profiter au lieu de nous laisser écraser par elle en mettant en place une veille sociale qui sera d'autant plus efficace qu'elle sera largement ouverte. Le deuxième constat est que lorsque les efforts sont équitablement répartis entre les salariés et l'entreprise, un dialogue social ouvert aboutit presque toujours à un accord. Évidemment, il est rarement parfait, mais il vaut toujours mieux qu'un conflit à l'issue duquel les 2 parties sont inévitablement perdantes. Enfin, le dernier constat est que la prise de conscience de l'existence de la crise économique et de ses conséquences sociales est suffisamment avancée chez beaucoup de salariés pour que certains patrons tentent d'en profiter et de battre en brèche les avancées sociales des dernières décennies. Aujourd'hui, il est de bon ton dans les Ardennes de dénoncer les patrons voyous souvent venus d'ailleurs et de les clouer au pilori, mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt et il ne faut pas oublier tous les opportunistes qui rêvent d'utiliser le contexte actuel à la seule fin d'augmenter leurs profits.

3 commentaires:

Ophélie a dit…

Et oui... Pendant que certains se battent pour conserver leur emploi, d'autres rigolent et s'en mettent plein les poches ou du moins essayent de profiter de cette crise!
Il est possible d'arrêter un mauvais coup, c'est un bon exemple!
Peut-on stopper un projet de délocalisation masquée? Encore faut-il avoir des "preuves"...

Yohann a dit…

Je me demande si les salariés ne se sont pas sentis obligés d'accepter les mesures de chômage partiel de peur de voir resurgir la mesure précédente qui prévoyait des licenciements.

mrc-08 a dit…

Il est évident que la menace des licenciements a pesé sur les négociations et leur résultat, mais reconnaissons qu'il vaut mieux du chômage partiel que du chômage tout court: au moins, le salarié garde son contrat de travail et touche 60 % de son salaire avec la garantie de ne pas percevoir moins que le SMIC. Ce n'est pas l'idéal, amis c'est tout de même plus acceptable que la 1ère solution proposée par la direction.