Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mardi 21 juin 2011

Intercommunalité : l’impossibilité de satisfaire tout le monde ne date pas d’aujourd’hui !

Dans les Ardennes, l’intercommunalité est une réalité ancienne puisque le 1er regroupement de communes – à ne pas confondre avec une fusion de communes comme celle qui s’est produite en 1966 entre Charleville, Etion, Mézières, Mohon et Montcy-Saint-Pierre pour donner naissance à l’actuelle Charleville-Mézières – a eu lieu en 1988 : c’était le district de la Basse-Meuse, constitué pour garantir le remboursement des dettes contractées par les communes d’accueil de la centrale nucléaire de Chooz B, qui existe toujours aujourd’hui sous le nom de communauté de communes Ardenne Rives de Meuse. C’est une réalité très bien perçue, ce dont le MRC 08 se réjouit, puisque au 1er janvier de cette année, il n’y avait que 11 communes sur 463 qui étaient encore isolées, soit 2,37 % seulement contre plus de 4,5 % à l’échelle nationale. Cependant, le moins que l’on puisse dire est que cette intercommunalité n’a pas toujours fait que des heureux dans notre département !

Ainsi, la commune de Barbaise, après avoir intégré la communauté de communes des Crêtes préardennaises en 1995, a préféré retrouver son indépendance en 1997 tout comme la commune de Marlemont qui est sortie de la Thiérache ardennaise en 2003, un an seulement après y être entrée. Quant à Warcq, elle s’est dressée becs et ongles contre l’arrêté préfectoral d’octobre 2004 qui l’intégrait dans le périmètre de la toute nouvelle communauté d’agglomération Cœur d’Ardenne, officiellement parce que cette décision était perçue comme "la négation absolue du principe élémentaire de démocratie locale" mais plus surement par crainte de devoir assumer une partie des coûts de fonctionnement jugés excessifs du chef-lieu. Cette opposition avait abouti à la création de l’association warcquine de défense des libertés communales, présidée par l’adjoint Bruno Pilard, et elle s’était matérialisée aux fenêtres de nombreuses maisons par l’apposition d’affichettes hostiles à l’entrée dans l’intercommunalité. Parallèlement, des panneaux pavoisés aux couleurs de la commune – le rouge et le noir -avaient été placés le long de la RN 43 pour montrer aux automobilistes de cet axe très fréquenté l’attachement de Warcq à son indépendance et une requête devant le tribunal administratif avait été déposée pour faire annuler la décision du préfet.

Cependant, tous ces efforts avaient fini par se révéler vains puisqu’après avoir été déboutée en 1ère instance au printemps 2007, puis en appel, la commune avait suivi l’avis de son maire et s’était prononcée le 15 mars 2009 par référendum pour l’arrêt des actions en justice. Warcq était donc rentrée dans le rang avec toutefois le goût amer d’avoir été forcée ! Aujourd’hui, c’est au tour de Revin de contester le schéma du préfet qui prévoit, dans le cadre de la refonte de la carte de l’intercommunalité, son rattachement à une nouvelle communauté de communes située essentiellement sur le plateau de part et d’autre de la future A304 et non pas, comme elle le réclamait à cor et à cri, à la communauté de communes Ardenne Rives de Meuse et à son tiroir-caisse bien rempli. Pour le moment, cette opposition s’est traduite par quelques sorties médiatiques de son maire et par l’implantation aux entrées de la ville de panneaux dénonçant la décision du préfet. Ira-t-elle aussi loin que celle de Warcq ? Peut-être, mais au stade actuel de la refonte en cours, personne ne le sait vraiment...

1 commentaire:

arduinna a dit…

Il y a bien la commune de Warcq qui s'est opposée à son entrée dans la communauté d'agglo de coeur d'ardenne, mais elle n'était pas seule puisqu'elle était accompagné dans son combat par la commune de Villers Semeuse. C'est vrai qu'elle a fait moins de tapage, mais elle non plus n'était pas satisfaite de son sort!!!!