Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

lundi 23 janvier 2012

Chevènement a trouvé Hollande "authentique et sincère" mais s'interroge

Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC et candidat à la présidentielle, a trouvé dimanche que François Hollande avait prononcé "un discours de gauche, authentique et sincère", mais s'est demandé s'il avait "vraiment anticipé l'ampleur des résistances qu'il va rencontrer". "François Hollande a prononcé au Bourget un discours de gauche, authentique et sincère. Il a revendiqué sa cohérence et livré son secret: il aime les gens. Cela peut contribuer à redonner au pays la confiance qui lui manque aujourd'hui", a relevé M. Chevènement dans un communiqué.

Mais pour lui, si le candidat socialiste est "apparu comme un homme conscient de la difficulté de sa tâche et de l'étroitesse de ses marges", il a noté que sur l'Europe, il n'avait "pas évoqué la crise de la monnaie unique". "Je crains qu'il ne surestime la possibilité d'obtenir d'Angela Merkel, sur la simple base de son élection, la révision autre que cosmétique du futur traité européen. J'ai gardé le souvenir du Pacte de stabilité négocié par Jacques Chirac et avalisé en juin 1997 par Lionel Jospin", a poursuivi M. Chevènement.

"François Hollande n'a pas contesté le contrôle que le futur traité instaurerait sur les budgets nationaux, dessaisissant ainsi les parlements de leurs prérogatives. Il a en revanche évoqué le rôle de la Banque centrale européenne pour casser la spéculation, la création d'eurobonds, l'instauration d'une contribution écologique aux frontières et enfin la création d'une véritable taxe sur les transactions financières", poursuit M. Chevènement. "Mais tout cela dépendra de la chancelière. L'idée d'un nouveau traité de l'Elysée entre Paris et Berlin, cinquante ans après, aurait un sens, si elle permettait de remettre à plat les relations franco-allemandes", a-t-il ajouté.

Il a noté en outre que le député de Corrèze n'avait "pas présenté de scénario alternatif s'il s'avérait que le monde de la finance (...) ne lui facilitait pas les choses". "On peut s'interroger s'il a vraiment anticipé l'ampleur des résistances qu'il va rencontrer", a conclu M. Chevènement.
(dépêche AFP, dimanche 22 janvier, 19h13)

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