Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mercredi 26 mars 2008

La boîte de Pandore kosovare fait des émules

Dans les colonnes de « l’Ardennais » du 24 mars, il est écrit que le maire de Givet Claude Wallendorff a accordé 3 jours plus tôt un entretien à des représentants du parti rattachiste RWF (Rassemblement Wallonie France) devant les caméras de la RTBF dans lequel il affirme que « Givet serait mieux dans une région wallonne qu’elle ne l’est dans la région Champagne-Ardenne, une région créée de toute pièce ». Il se serait aussi déclaré publiquement, d’après le représentant de ce journal présent lors de l’échange, en faveur d’un rattachement de la Wallonie à la France dans l’hypothèse où la Belgique se scinderait. A titre de personne privée, c’est son droit le plus strict de penser ainsi et le MRC-08 le reconnaît volontiers. Mais Monsieur Wallendorff est aussi un élu : cela lui donne certes droit à une liberté de parole étendue, mais cela lui confère surtout la charge d’être le représentant de l’Etat dans sa commune.

A ce titre, ses propos sont particulièrement osés. Sur le plan international, c’est souhaiter une violation des résolutions de la conférence d’Helsinki qui interdit depuis 1975 toute modification de frontière unilatérale en Europe. Ce fondement du droit international auquel se sont jadis soumis Ronald Reagan et Léonid Brejnev s’impose encore aujourd’hui et aucun démocrate, sauf exception humanitaire, n’a jamais discuté ce principe. Bien sûr, si la Belgique venait à éclater à la suite d’un consentement mutuel, la situation serait différente. Mais une chose est certaine, ce ne serait pas le maire de Givet qui prendrait alors la décision : pour regrettable que ce soit, il n’est pas membre du Conseil de Sécurité de l’ONU et son nouveau mandat de conseiller général ne lui donne aucun droit régalien, ni celui de battre monnaie, ni celui de modifier les tracés frontaliers qui même dans l’Union européenne ne sont pas de simples lignes sur une carte. Sur le plan national, c’est remettre en cause la Constitution qui a confié le soin de diriger la politique de la Nation au gouvernement, mené par François Fillon, et non au conseil municipal de Givet, présidé par Claude Wallendorff. Sur le plan historique, c’est oublier que si la région Champagne-Ardenne a été créée de toutes pièces, il en est de même pour la Pointe qui résulte de très longues négociations qui se sont étalées du traité de Nimègue en 1678 à celui de Paris en 1815 et pour la région Wallonie qui est une invention politique de fraîche date.

Le MRC-08, convaincu que c’est encore le Quai d’Orsay qui a le monopole en France de la politique étrangère et que c’est toujours le peuple français qui décide souverainement de ses frontières, condamne fermement les propos à l’emporte-pièce tenus par le 1er magistrat de la commune de Givet. Il l’encourage cependant à maintenir son audace politique, pour peu qu’elle soit appliquée à des problèmes plus immédiats et plus sérieux, comme la prise à bras le corps des difficultés économiques que connaît la Pointe ou encore l’amélioration des conditions de vie, notamment en matière de soin et de transport, problèmes que Monsieur Wallendorff promettait il y a encore peu de traiter en priorité.

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