Jean-Pierre Chevènement, invité de LCI

Chevènement : "on a détruit l'école de l'intérieur"

mercredi 18 avril 2007

Après Vistéon, voici Delphi!


Il n'aura pas fallu longtemps pour que le précédent Vistéon fasse des émules. Moins d'un mois après avoir obtenu au forceps le rachat de la moitié des jours de RTT à la moitié de leur valeur, ce qui équivaut à une baisse "volontaire" des salaires de 2,625%, la direction de cette entreprise vient d'être imitée par celle de l'usine Delphi de Donchery.

Quoi de plus normal, direz-vous? Les 2 entreprises se ressemblent: ce sont de grosses unités industrielles spécialisées dans la sous-traitance automobile et connaissant des difficultés importantes du fait de la pression continue exercée par les constructeurs sur les prix des produits fournis par leurs équipementiers. L'une comme l'autre ont de ce fait été contraintes de procéder à des plans sociaux, ce qui s'était déjà traduit chez Delphi par la suppression en novembre 2006 de 106 emplois après la délocalisation en Pologne et au Mexique de la production d'évaporateurs. Quant à leur avenir, il semblait à toutes les 2 particulièrement sombre, surtout chez Delphi après la perte du marché des modules de climatisation "hvac" destinés à la nouvelle Opel Astra.

Même profil, même remède! La direction de Delphi s'apprête donc à mettre en place une consultation du personnel le 25 avril. A cette occasion, elle proposera aux salariés de choisir entre 4 propositions: les deux premières prévoient à quelques nuances près la même chose, à savoir la suppression des RTT et le blocage des salaires pendant 3 ans, ce qui ne permettrait de conserver un salaire identique qu'à la condition expresse d'effectuer des heures supplémentaires (en décodé, cela s'appelle une baisse du salaire horaire!); la 3ième permet la suppression en juin 2007 de 4 jours de RTT et en janvier 2008 de 6 jours supplémentaires en échange d'une augmentation des salaires d'environ 1,5% par an pendant 3 ans; la dernière maintient le système actuellement en vigueur. Le tout est assorti d'une carotte, l'obtention des marchés Epsilon et Mériva assurant du travail pour plusieurs années, et d'un bâton, la certitude qu'en cas de refus l'obtention desdits marchés sera plus qu'improbable et qu'il y aura une menace certaine pour l'avenir du site.

Le résultat de cette consultation ne fait aucun doute. Devant le chantage à l'emploi, les salariés accepteront une des 3 premières propositions. Si ce n'est pas le 25 avril, ce sera lors d'un deuxième référendum, voire d'un troisième ou même d'un suivant. Le cas de Vistéon nous a appris que les patrons savent faire preuve de persévérance! au MRC-08, nous pensons même que ce sera la plue hypocrite des propositions qui sera choisie, la troisième, dans la mesure où elle fait miroiter une augmentation de salaire (mais pas du pouvoir d'achat qui sera dans le meilleur des cas à peine maintenu!). Cela ne nous empêche pas de condamner avec la plus grande fermeté cette nouvelle "avancée sociale" à la mode Parisot, Sarkozy et Barroso et de dénoncer encore et toujours le recours à cette pratique détestable du référendum interne. Et pour tous ceux qui veulent enrayer la spirale de la remise en cause des droits sociaux, nous avons un conseil: votez le 22 avril pour la seule candidate de gauche susceptible d'arriver au pouvoir, Ségolène Royal!


1 commentaire:

vigie08 a dit…

D'accord avec vous! Ce sera oui et après 3 ou 4 ans on fermera quand même l'usine. Les patrons ne font pas dans la philanthropie. Tout ce qui les intéresse, c'est le profit, pas l'homme. Mais le système leur donne raison, alors plutôt que de condamner les patrons il vaudrait mieux réfléchir à la façon de réviser ce système dans un sens plus humain